Enfin si les mots veulent… – Sony Labou Tansi

Enfin si les mots veulent
s’ils veulent
prendre ventre
et chausser mon cœur

au temps de la peur
si les mots veulent
sur la carte du sang
rejouer l’espoir enfin

je choisirai cette haine
qui danse pour régler
leur compte aux morts

vivant vie de mot
comme jadis
mais maître à danser cette haine

et jeu de mots
et jeu de peau
et jeu de noms
mais cœur de passe

terre donc
mais terre qui tienne
terre servant de corps
et vivre à qui sera pour
lancer le monde au monde

donc-terre
mais terre qui sauve
or il sera cet homme
où le temps est court

il sera cet homme-parole de foin
triste et simple
mais déjà venu au monde
par quatre chemins

enfant du tohu-bohu
et gardien de la passion
il sera peur
qui s’entête à crier son cœur

mais bouches
salives
fondées

or nous cracherons
la pierre salée
le manège
et l’arc de honte

Jet de mots – Séverin Mebenga – 2019

Quatrième de couverture

Depuis un certain temps le bruit court
Que la renaissance africaine est dans nos cours
Et puisque chaque Africain doit prendre part à la Fête
J’ai choisi parmi mes plus beaux atours
Une tunique qui me couvre des pieds à la tête
Et qui du monde peut encore faire le tour

Mon Avis

Pourquoi avoir choisi ce recueil de poésie parmi tant d’autres? La curiosité. Par curiosité, j’en ai fait la demande auprès des Editions l’Harmattan. Je n’ai pas été déçue. Des mots. Beaucoup de mots. Jetés les uns après les autres. Pour chanter. Pour honorer la vie. La réflexion. L’humain. Les mots sont scandés en musique. Tel un slam qui fait battre des mains en cadence.

Jet de mots. Le titre dit tout. Explore tout. En douceur. En force. C’est une ritournelle de mots qui tourne. Qui tangue. Sans jamais s’essouffler. Je disais une musique. Oui, une musicalité qui bat en rythme la mesure poétique.

Séverin Mebenga nous transporte dans son monde. Dans son futur. Dans son vécu. Juste avec les mots. Avec la fluidité de ses rimes. Ses interrogations sont les nôtres. Les rimes aussi. Il chante l’amour. La tendresse. Il questionne le monde environnant. Il questionne l’Humain, l’Afrique, sur ses actes. Sa destinée. Son devenir. Les mots se posent avec délicatesse. Avec douceur. Sans bruit. A peine audibles. Mais si bruyants. Si présents. Si hurlants. Ils tombent en jet et s’éparpillent sur la feuille. Sur les pages. Juste des mots. En jet.

Ma note 18/20

9782343166315    Editions L’Harmattan Cameroun   111p.   14€

Légère amertume (une histoire de thé) -Elanni & Djaï – Koffi Roger Nguessan – 2018

Quatrième de couverture

Découvrez l’histoire du thé dans le monde, depuis sa découverte en Asie jusqu’à son expansion en Afrique, au travers de la vie d’Adjoua, femme indépendante née au milieu du XXème siècle en Côte d’Ivoire.

Mon Avis

Le thé. Une boisson consommée dans le monde entier. A toute heure. A toute occasion. Cependant, s’est-on vraiment penché sur son histoire? Comment cette boisson est-elle arrivée en Côte d’Ivoire? Pourquoi ne pas plonger au cœur de la petite histoire dans la grande histoire? C’est avec de belles planches en couleurs que les auteurs nous emmènent en voyage à travers le monde. Ils nous font plonger dans l’origine de cette plante. De l’Occident à l’Orient en passant par l’Afrique, nous allons à la rencontre des auteurs de l’implantation mondiale du thé.

Les anecdotes se suivent pour le plus grand bonheur du lecteur. Adjoua écoute avec attention l’histoire que lui raconte sa mère. Elle est avide d’en savoir plus. Tout comme le lecteur d’ailleurs. Elle n’imagine pas les aventures qu’elle vivra pour assouvir sa curiosité. Quel sera son rôle dans la transmission de cette histoire? Au gré de la vie. Au gré des rencontres. Le thé se fait roi. Le thé se fait trésor. A travers le monde. Le thé devient objet de convoitise. Plus surprenant, il devient l’objet de tous les dangers.

Au fil des pages, nous plongeons dans les trois étapes de la vie. Les trois étapes du thé: force de la vie. Amertume de l’amour. Suavité de la mort. Ces étapes sont aussi les titres des chapitres de cette superbe bande dessinée. Légère amertume (une histoire de thé) nous fait rêver et regarder différemment le thé, la plante la plus consommée à travers le monde, parfois dans une grande indifférence. Quel que soit le goût. Même avec une légère amertume. Celle de l’amour. Forte. Douce. Amère. Mais que l’on prend un grand plaisir à vivre. Ainsi que l’on prend plaisir à boire son thé, malgré son léger goût d’amertume.

Ma note 18/20

9782343156859 Editions l’Harmattan 60 p. 12,90€

Atterrissage – Kangni Alem – 2002

Quatrième de couverture

Yaguine et Fodé, deux adolescents guinéens, sont impétueux, innocents et téméraires. Comme beaucoup de jeunes africains, ils construisent le rêve de débarquer en Europe pour y faire fortune et revenir partager leur réussite. Surtout avec leur mère adoptive, Ma Carnélia, une femme aux mille bras, résignée et toute aussi rêveuse.

Mais la clé de cette Europe mythique est détenue par le passeur, un rapace dont la gloutonnerie exige aussi bien des dollars que des vieux disques de rumba. En échange, il leur offre de les cacher dans le train d’atterrissage d’un avion en partance pour Bruxelles.

Mon avis

Rêver d’un ailleurs meilleur est fortement, terriblement humain. Alors, imaginez pour deux adolescents dont l’avenir semble limité dans leur pays. Ainsi, Yaguine et Fodé vont-ils décider  d’aller dans un eldorado qui fait fantasmer: l’Europe. Cette pièce de théâtre met en scène un fait divers qui avait défrayé la chronique: deux jeunes guinéens qui étaient partis à l’aventure sans prévenir leur famille respective. Ils s’étaient cachés dans le train d’atterrissage d’un avion. Ils étaient morts de froid et leurs corps étaient tombés sur le tarmac lorsque l’avion avait sorti son train d’atterrissage.

Atterrissage nous fait découvrir les raisons du départ de ces deux jeunes rêveurs. Arrivés dans l’eldorado tant rêvé, leurs âmes  devront passer la douane et s’acquitter du rituel administratif pour leur entrée sur la terre promise. Sans papier, ces âmes seront confrontés au mal accueil. Au racisme. A la mauvaise foi. Ils ne goûteront pas au repos éternel tant qu’ils ne présenteront pas des documents administratifs en bonne et due forme. Tant qu’ils ne seront pas passés au tribunal des hommes qui leur reproche le défaut de ces papiers.

Atterrissage est un récit touchant où les deux corps doivent expliquer leur périple, leurs préparatifs, leurs rêves, leurs déceptions. Kangni Alem leur donne la parole pour raconter l’innocence d’un rêve. L’innocence de la jeunesse. C’est une pièce de théâtre forte. Belle. Dure. Pleine de douceur. De douleur. De fureur. D’aigreur. L’humain n’y est pas décrit sous son meilleur jour. Pourquoi faire des reproches à des corps qui ont beaucoup souffert? Pourquoi leur demander des explications? Le terme « reposer en paix » ne peut-il pas être respecté? Et la douleur des familles, qui y pense?

Atterrissage est la partie visible  de l’iceberg. Il est d’une actualité criante au vu des évènements actuels. Ces deux jeunes ont ouvert la voie à d’autres rêveurs tout aussi déterminés. Sauf qu’ils préfèrent un amerrissage à un atterrissage.

9782911464133  Editions Ndzé   64 p.

Abdelhadi Saïd – A une Tangéroise

Avec bonté de fusil et dextérité d’ouragan, je tente ma chance avec l’abîme et tu danses. Dans l’air insomniaque tu reproduis une madone sonore douce-amère au toucher et je m’empêtre. Poétiquement je veux dire. Toute harmonie est criminelle, en ce sens qu’elle mobilise d’emblée notre désarroi.

Discuter en tête-à-tête avec le Pythagore qui préside à ton visage est une entreprise vouée nous le savons à un bel échec. A la rigueur, une haine sans fioritures pourrait m’aider à survivre à la toxique après-midi repue d’ombres, trop bien t’imitant quand de loin en loin tu redoubles d’existence.

Après ils s’étonneront de trouver enlacés nos cadavres. Et plaquées aux parois du néant nos âmes séchant comme le plus spirituel des linges. De nos rires tressés en colonne vertébrale le long du gouffre ils ne saisiront pas une miette. Ni à notre envie décuplée d’ingurgiter le vent détraqué ne comprendront goutte.
Absence solennelle de tout ce qui navre. Beauté momentanée et poison rare.

Entretien avec Fara Ndiaye dit Fara Poète – Poète Sénégalais – 1989

51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nFara Ndiaye est né à Saint Louis du Sénégal en 1989. Ne vous fiez pas à son âge car « la valeur n’attend point le nombre des années » et Fara Ndiaye le prouve bien. Il est président et fondateur du collectif parlons Poésie. C’est ainsi qu’il a pu faire éditer Le livre de cris et d’encre  qui est une anthologie publiée en mars 2018 chez maître du jeu éditions.

A.D. Bonjour Fara Ndiaye, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée
Bonjour Amélie, c’est pour moi un plaisir que vous portiez l’attention sur ma modeste51188958_301177723934401_7982015338852122624_n personne.

A.D Pouvez-vous vous présenter?
Se présenter est parfois un rude exercice s’il s’agit de parler de soi, alors je vais utiliser les propos de Khalil Gibran qui disait « je suis à l’aise sur toutes les questions sauf la question qui es tu ? » Mais n’empêche, pour ne pas être prolixe, je dirai que je me nomme Fara Ndiaye, je suis enseignant de formation, je sers dans l’I E F de Kanel mais j’habite à Saint-Louis. En même temps, je suis un féru des mots. Enfin, je dirai que je suis l’initiateur et le coordonnateur général du collectif Parlons Poésie qui a publié une anthologie titrée de cris et d’encre en mars dernier.

A.D. Votre surnom est Fara Poète. Je suppose que c’est par rapport au slam ?
En fait, ce surnom m’a été donné par des condisciples, c’est sans doute pour mon 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nobsession à l’écriture, en particulier de la poésie

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Pratiquement j’ai fait toutes mes études à Saint Louis. Ah des souvenirs! Je garde dans ma boite crânienne autant de souvenirs que même le verbe n’aurait pu suffire pour les y sortir. Non j’exagère! J’avoue que les meilleures relations amicales, que je garde jusqu’à présent, je les ai tissées à l’école. Certains de mes professeurs aussi m’ont beaucoup marqué. Mais à l’école j’étais un élève du genre bizarre, je voulais toujours m’auto-former.51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Pouvez-vous nous parler de vos souvenirs d’enfance?
J’étais un enfant curieux et très têtu. Je faisais tout ce qu’on m’interdisait. Un jour, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque khalif général des mourides avait donné ndiggel à Cheikh Bethio et ses talibés, de venir à khelcom pour faire des travaux champêtres de fin d’hivernage, sans même aviser mes parents j’y suis allé. Mais devinez quoi, à mon retour j’ai été farouchement fouetté. Justement pour vous dire que je faisais tellement de bêtises. Mais au fil du temps, j’ai su que chaque bêtise faite était une expérience pour moi, donc une nouvelle connaissance acquise. Et aujourd’hui, ces bêtises transformées en connaissances m’ont forgé dans la vie.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
51293372_2238620133127540_2838017357295648768_nJe ne connais pas d’écrivain dans ma famille, donc je ne crois pas qu’il soit un héritage familial. Par contre, j’aimais la lecture, et je l’aime toujours d’ailleurs. Il m’arrivait parfois en marchant dans les rues, de ramasser des papiers volants qui portaient des écrits, et de les lire. C’est peut être la lecture qui m’a poussé à l’écriture. Ecrire et lire sont deux verbes qui ont un dénominateur commun.

A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Il peut sembler prétentieux pour moi de dire que je suis un écrivain. Mais je dirai simplement que j’écris. Et cela, depuis tout petit.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?IMG-20180406-WA0075
Ma maman et mes sœurs me disaient toujours que j’allais devenir fou. Car elles me voyaient tout le temps dans mon petit coin en train d’écrire et de papoter sans relâche avec moi-même. C’est fou !

A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
Je travaille sur mon premier roman. Ce n’est pas encore sorti. Donc je m’abstiens d’en parler, si vous me le permettez.

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Ecrire, c’est d’abord pour moi un don de Dieu. Il y’a des gens qui ont une soif d’écriture, mais gribouiller des 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nmots sur des papiers serait pour eux une vraie quête de mine d’or. Par contre, d’autres sans le moindre effort, écrivent avec dextérité. Nous sommes tous des porteurs de mots et de maux, mais nous ne sommes pas tous des alchimistes des mots.

A.D. Que représente l’écriture pour vous?
Ecrire pour moi est une source de libération, de quête de soi, mais aussi de soulagement. C’est comme un bébé qui atteint son terme dans le ventre de sa maman, il tient coûte que coûte à sortir, car pour lui c’est le seul moyen de se soulager. C’est le même processus parfois avec l’inspiration, quand elle se pointe, on est obligé de lui frayer un exutoire pour qu’elle se déverse afin que nous soyons nous aussi libres.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
Si engagement dans l’écriture veut dire, être un défenseur ou un avocat de son peuple, je51188958_301177723934401_7982015338852122624_n dirai simplement que ce n’est pas toujours le cas, car nous n’avons pas tous les mêmes préoccupations.

A.D. Vous êtes écrivain, poète et slameur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis dans l’écriture, et dans l’art oratoire aussi. L’écriture et l’oralité sont liées. Donc il n’y a pas trop de choses à dire car c’est le côté pile et le côté face sur une même pièce de monnaie.

A.D. Une telle carrière est-elle difficile à gérer ?
Tout est dans l’organisation et la méthode. Il suffit juste d’avoir une maitrise de soi, ensuite de faire peu d’effort pour s’en sortir. Mais il faudra savoir aussi qu’écrire n’est pas facile.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?
Pour mes projets personnels, je dirai publier les livres que j’ai déjà écrits. Pour le collectif parlons poésie, je travaille avec un éditeur pour voir comment mettre en place une 51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nanthologie africaine, avec des auteurs de nationalités différentes.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Je suis très proche des jeunes qui sont des passionnés de lettres. Je sais aussi que beaucoup d’entre eux ont des talents inouïs. Mais il faut qu’ils sachent que l’œuvre artistique demande du travail et de la patience. Il ne faut pas que nous jeunes, soyons des culs de plomb dans l’exercice littéraire, cela exige un travail laborieux. Vous allez me permettre aussi d’ajouter les propos de A Hampâté Ba qui disait « si vous voulez faire une œuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains».51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien esthttps://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/?
C’est un blog que j’aime bien. Maintenant il faut assurer une bonne communication, en parler à d’autres pour plus de visibilités. Parler aussi des thèmes qui touchent les jeunes comme le slam par 51165102_285796232058455_1061147652743233536_nexemple. Inviter si possible des auteurs à faire des débats en ligne sur leurs œuvres ou des thèmes donnés.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Je voulais justement interpeller les autorités compétentes afin qu’elles misent sur la jeunesse, si réellement elles veulent éviter l’obsolescence de la culture. La jeunesse fait énormément d’efforts dans l’art, je pense aux jeunes poètes, slameurs, romanciers, nouvellistes…qui n’attendent que des coups de pouce pour émerveiller le monde.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
Je vous remercie Amelie. Ce fut un réel plaisir pour moi.

Masque nègre – Léopold Sédar Senghor

Elle dort et repose sur la candeur du sable.
Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.
Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!
in Chants d’ombre

Afro Women Poetry -https://afrowomenpoetry.net/fr/

À toutes les poétesses d’Afrique subsaharienne, un site web rien que pour vous a vu le jour. Vous rimez avec art, vous maniez la prose avec dextérité, ce site vous attend et vous offre une place privilégiée pour vous exprimer. afrowomenpoetry@vociglobali.it
To all the poets of sub-Saharan Africa, a website just for you has emerged. You rhyme with art, you handle the prose with dexterity, this site awaits you and offers you a privileged place to express yourself. afrowomenpoetry@vociglobali.it

head-sito-fr
AfroWomenPoetry est un site web pensé d’abord au Ghana par Antonella SINOPOLI, rédactrice en chef de Voci Globali, magazine italien qui permet une expression libre et soutient le projet. Il est actuellement disponible en 3 langues: anglais, français et italien. Il a plusieurs objectifs:

  • Raconter la femme africaine à travers la poésie.
  • Expliquer l’Afrique à travers les yeux des femmes, en donnant la parole aux poètes africains et en laissant de la place à leurs versets

AfroWomenPoetry is a website first thought in Ghana by Antonella SINOPOLI, editor-in-chief of Voci Globali, an Italian magazine that allows free expression and supports the project  It is currently available in 3 languages: English, French and Italian. It has several objectives:

To tell the African woman through poetry.

Explain Africa through the eyes of women, giving voice to African poets and leaving space for their verses

head-sito-fr

POURQUOI LE GHANA?
Parce que c’est un pays où les femmes jouent un rôle important dans la société, la politique et l’activité entrepreneuriale. Cependant, les différences culturelles et la suprématie des traditions sexistes restreignent l’émancipation des femmes et limitent leurs chances de croissance personnelle et de liberté de pensée. Tous les artistes contactés ont répondu avec enthousiasme au projet lorsqu’ils ont été invités à y participer.

WHY GHANA?
Because it is a country where women play an important role in society, politics and entrepreneurial activity. However, cultural differences and the supremacy of sexist traditions restrict the emancipation of women and limit their chances for personal growth and freedom of thought. All the artists contacted responded enthusiastically to the project when they were invited to participate.

head-sito-fr
UN PROJET AMBITIEUX
C’est un projet qui s’est poursuivi au Togo et en Côte d’Ivoire avec pour ambition:

  • de faire connaissance avec des poétesses de chaque pays d’Afrique subsaharienne et de les présenter à un public occidental et africain.
  •  que de plus en plus de passionnées rejoignent celles qui ont déjà emprunté cette voie.

AN AMBITIOUS PROJECT

It is a project that has continued in Togo and Ivory Coast With ambition:

  • to get acquainted with representatives of women poets from every country in sub-Saharan Africa and present them to a Western and African audience.
  • more and more enthusiasts join those who have already taken this route.

head-sito-fr

THEMES ABORDES

  • Violence domestique,
  • Aspiration à la liberté et à l’autonomie,
  • Egalité des sexes
  • Respect de l’environnement
  • Dynamiques sociales et familières rigoureuses
  • Migration
  • Traditions au détriment des femmes
  • Féminité africaine
  • et beaucoup d’autres…

DISCUSSED SUBJECTS

  • Domestic violence,
  • Aspiration to freedom and autonomy,
  • Gender equality
  • Respect the environment
  • Rigorous social and family dynamics
  • Migration
  • Traditions to the detriment of women
  • African femininity
  • and many others…

 

Doumbi-Fakoly, écrivain Panafricaniste Malien – 1944

doumbi-fakoly-660x330Doumbi-Fakoly est né le 1er janvier 1944 à Kati (Mali). Il a grandi au Sénégal puis fait des études supérieures en France et obtient un D.E.S. de banque. Il retourne au Mali où il travaille pour la B.I.A.O-Mali jusqu’en 1983, date de son retour en France où il vit actuellement.

Doumbi-Fakoly est un initié de la religion traditionnelle africaine. Il prône la renaissance de l’Afrique par l’abandon des religions abrahamiques et le retour à la spiritualité traditionnelle africaine. Il est l’auteur de littérature de jeunesse, de romans et d’essais. Il aborde des faits de société comme le sida, la religion, le racisme, etc.

Bibliographie

C’est un écrivain prolifique.

s-l3001983 Morts pour la France – un hommage aux Tirailleurs Africains qui ont combattu pour la France durant la seconde guerre mondiale. Les méthodes de recrutement musclé de la France coloniale, les actes de bravoure des soldats africains sur les champs de bataille européens, la tragédie de Thiaroye au Sénégal où quelques uns d’entre eux ont été abattus de sang froid après leur retour en terre africaine, y sont décrits avec clarté.

1984 La retraite Anticipée du Guide Suprême dénonce les dictatures51hyvnnjorl._uy250_ qui étaient monnaie courante en Afrique durant les trente premières années de son indépendance.

1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida relate les malheurs d’une adolescente métisse dont le père africain est injustement accusé d’être md11292651903malade du sida.

1991 Aventure à Ottawa l’histoire d’un chien et d’un chat extra-terrestres recueillis par deux jeunes amis ; un Canadien et un Africain dont les parents vivent au Canada.

1992 Bilal le Prophète  réinstalle le Négro-Africain Bilal dans sa dignité.000159412 Il révèle que ce grand personnage dont les historiens arabes racistes ont falsifié l’histoire et tenté d’occulter le rôle fondamental qu’il a joué dans la naissance et la promotion de l’Islam, n’a jamais été l’esclave de qui que ce soit.

doumbi-fakoly-la-revolte-des-galsenesiennes-livre-368088330_l1994 La Révolte des Galsénésiennes  un hommage à la femme africaine, compagne des millions d’années, pour son amour oblatif de femme-femme et de femme-mère. Afin de redresser la course folle de la barque de la République du Galséné qui glisse dangereusement vers tous les maux, elle n’hésitera pas à déclencher une mémorable double grève du lit et du ménage qui aboutira à la tenue d’une conférence nationale.un-mariage-force-de-doumbi-fakoly-1088735084_l

1997 Le Guide du Panafricaniste – un livret qui donne des réponses claires aux grandes interrogations du Panafricaniste Qu’est-ce que le Panafricanisme ? Quels en sont les dates, les faits marquants et les lieux d’expression ? Quels sont les grands acteurs de ce vaste mouvement qui continue de nourrir l’espérance de millions de personnes dans le Monde Noir ?

1999 Un Mariage forcé raconte la vie d’une jeune lycéenne dont le père a décidé d’interrompre les études pour la marier à un commerçant riche et influent. Brillante élève souhaitant poursuivre sa scolarité, elle ne peut compter que sur le soutien de sa mère adoptive et de sa tante paternelle. Les risques de division et d’éclatement de la grande famille sont réels. Mais la jeune fille trouvera et proposera un compromis convenable à tout le monde.

2000 Afrique, la Renaissance – cet essai tente de passer en revue les raisons véritables de cette situation, ses conséquences dramatiques, tant dans les domaines politique, économique que social et religieux. Et puisqu’il ne faut jamais se contenter de formuler des critiques, si fondées soient elles, l’auteur esquisse des solutions de sortie de crise dignes d’intérêt.

livres 2

1983 Morts pour la France
1984 La Retraite anticipée du Guide Suprême
1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida
1991 Aventure à Ottawa
1992 Bilal le prophète
1994 La Révolte des Galsénésiennes
1997 Le Guide du Panafricaniste
1999 Un mariage forcé
2000 Afrique, la Renaissance
2003 Pour une ligue des peuples noirs
2003 On a volé la coupe d’Afrique – jeunesse
2003 À la conquête de la fontaine magique – jeunesse
2004 L’Origine négro-africaine des religions dites révélées
2004 Le Mali sous Alpha Oumar Konaré
2005 L’Origine biblique du racisme anti Noir
2005 Introduction à la prière négro-africaine
2005 Fakoly Prince du Mande,
2005 Anta, grand prêtre d’Atum
2006 Horus fils d’Isis – le mythe
2006 La Colonisation, l’autre crime contre l’humanité – le cas de la France coloniale
2006 Cheikh Anta Diop texte
2006 Mali-Sadio, l’hippopotame de Bafulabé
2006 Le Mali sous Amadou Toumani Touré
2006 Complot contre la jeunesse africaine
2008 Les Chemins de La Maât
2008 Aimé Césaire expliqué aux adolescents
2008 Barack Obama expliqué aux adolescents
2008 Ces Dieux et ces égrégores étrangers qui tuent le peuple noir
2008 La Bible en procès
2009 Horus, fils d’Isis le mythe d’Osiris expliqué
2009 Akhenaton – le sort tragique d’un pharaon mégalomane
2009 L’Islam est-il une religion pour les noirs
2009 Marcus Garvey expliqué aux adolescents
2010 Une veillée au village ; contes du Mali
2010 le Mali 50 ans après – de Modibo Keïta à Amadou Toumani Touré
2010 Le tarot divinatoire Kam
2012 L’occupation du nord du Mali
2013 Le Mali sous Amadou Toumani Touré – Acte 2 – la guerre au nord du Mali
2014 Medu Neter – Paroles du créateur Amon-Râ
2014 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – un an après la nation toujours trahie
2015 Panafricanisme & spiritualité négro-africaine – l’indispensable connexion
2015 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – Après erreur sur la personne – Y a-t-il             quelqu’un pour sauver le Mali ?
2017 Il sera une fois, demain prochain – de la république des Etats-Unis de Kamita Merit   An 6254
2018 Livret sur les rituels kamits (sous la direction de)

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Le chant de la résistance – Kama Sywor KAMANDA

Vers les grandes fascinations de la vie,
S’en vont les âmes fanatiques
Sous l’aile protectrice du néant.
C’est aussi l’instant des immenses désillusions
Où se fait sentir la solitude des êtres
Comme une mémoire vidée de messages
Et dépeuplée d’images qui fécondent l’éphémère.
Au-delà du tumulte des guerres,
Un appel au travers des flammes,
Brise les liens qui unissent les hommes à leurs mânes.
C’est l’heure où les destinées
Se mêlent aux étoiles filantes
Et s’épuisent toutes les forces vitales,
Confondant dans le sang et la cendre
Les héros et les martyrs.
Porteurs de laves et de moissons,
Nous irons dans les marais et les forêts, les mers
Et les volcans, apporter les offrandes et les chants.
Nous suivrons les chuchotements des ténèbres
Et les gémissements des ombres
Jusqu’où la racine terrestre s’accouple
Avec les corps célestes
Dans l’écho des mystères lointains.
Nous irons au-delà des Dieux,
Au-delà des chimères, ranimer les esprits
De tous nos morts déracinés.
Nous irons, implacables et dévoués,
Brandissant la foudre comme une étincelle
Dans la nuit de nos souffrances aiguës
Apporter la controverse et les contredits.
Nous irons, sous la pression des vents de l’histoire,
Libérer toutes les consciences
Trop longtemps assujetties.
Les racines de l’arbre à palabres
Finiront par absorber les pluies
En même temps que nos espoirs
Mêlés à l’alchimie des passions.

In Le Songe des origines

Mon pays entre soleil et pluie – Pierre Akendengue

Mon pays s’attarde vers la mer,
Puis, soudain voyage à travers soleil et pluie
Mon pays accroche ses forêts
Tel un radeau de feuilles mortes le long du fleuve
Est bien étrange la lente marche des mortels
À l’est de l’immortalité
Dans mon pays il y a tant de rêves qui pagaient
Tant de pagayeurs qui n’arriveront jamais.

Mon pays avale à forte dose
De ce vin en poudre dont raffolent nos dames-jeannes
Mon pays a planté dans ses fortins
Quelques canons qui serviraient de téléphones
Que sont étranges tant de signes avant-coureurs
Des folies et des drames à venir
Dans mon pays il y a bien des regards
Qui espèrent ou redoutent
Quelque chose qui doit venir.

Soudain dans la nuit, un grand éclat de rire
C’est mon pays qui rit ou qui pleure comme on rit
C’est mon pays qui pleure sa liberté
En riant comme font les tambours
Et en battant des mains.
Accourent alors les étrangers
Ceux qui chantent en silence
Soupirent en silence, s’étonnent en silence
Car dans mon pays,
Le rire des pauvres gens,
C’est étrange pour les riches qui ont perdu
Leur pays
Ton pays

Midi – Sidi Ahmed Cheik Aliou Ndao – 1970

Voici que l’air s’immobilise
Pas une aile d’oiseau
La cigale a délaissé l’archet de son violon
Aucune cadence du pilon de Kumba
Ô femme pas une graine de mil
Concassé sur ton van
Midi tu me fais peur
Tu as éparpillé tes braises
La femme assise à l’ombre
Tresse les cheveux de ses compagnes
Femme à l’affût d’un imprudent
Midi tu me fais peur
Voici que l’air s’immobilise
Comme du lait caillé au fond
D’une calebasse

Mogariennes  1970

L’homme qui te ressemble – René PHILOMBÉ -1977

J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur
pour avoir bon lit
pour avoir bon feu
pourquoi me repousser ?
Ouvre-moi, mon frère… !

Pourquoi me demander
si je suis d’Afrique
si je suis d’Amérique
si je suis d’Europe ?
Ouvre-moi, mon frère… !

Pourquoi me demander
la longueur de mon nez
l’épaisseur de ma bouche
la couleur de ma peau
et le nom de mes dieux ?
Ouvre-moi, mon frère… !

Je ne suis pas un noir
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune
Je ne suis pas un blanc
mais je ne suis qu’un homme
Ouvre-moi, mon frère… !

Ouvre-moi ta porte
Ouvre-moi ton cœur
Car je suis un homme
l’homme de tous les temps
l’homme de tous les cieux
l’homme qui te ressemble !…

René PHILOMBÉ Petites gouttes de chant pour créer l’homme Éditions Semences Africaines

Kouty, mémoire de sang – Aïda Mady Diallo – 2002

Quatrième de couverture

Gao, Mali, 6 mars 1984. Le village est attaqué par une bande de pillards Touaregs. La famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes: le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu…

L’auteur

Aïda Mady Diallo est née à Mopti (Mali). Elle a passé son enfance en France, avant de retourner au Mali. Elle poursuivra ses études supérieures en Ouzbékistan et aura un diplôme d’ingénieur agronome. Elle vit actuellement à Bamako où elle travaille pour un fournisseur de services Internet.

L’oeuvre

Qui n’a jamais rêvé de se venger d’une infâmie? Qui n’a jamais pensé à torturer un agresseur ou à se venger d’une profonde blessure en tuant l’auteur de différentes façons? Mais, combien ont osé franchir le pas? Très peu de personnes. Kouty, elle, est passée à l’acte après y avoir mûrement réfléchi.

A travers Kouty mémoire de sang, émerge la notion de violence, de vengeance. A quel point? A quel prix? Ce roman pose le problème de la revanche hors la loi. La substitution à la justice par une femme obsédée par la vengeance. En avait-elle le droit? Ce qui soulève beaucoup de questions concernant l’intolérance, l’absence de compassion, l’absence de pitié dela part de cette jeune femme. Kouty a grandi en gardant ses réflexes d’enfant. Ce qui interpelle, c’est sa méthode pour tuer ses agresseurs. Elle agit froidement. Aveuglément. Elle n’épargne personne. Même pas les proches des assassins de ses parents, annihilant ainsi leur innocence. Telle une enfant qui agit sans discernement et sans penser aux conséquences. Telle cette petite fille terrorisée et violentée à dix ans qui a assisté à tant d’horreurs contre sa famille. Après avoir vécu toute cette violence, qu’aurions-nous fait à sa place? Aurions-nous été si loin et si aveuglément?

Kouty, mémoire de sang est malheureusement un roman d’une grande actualité au vu des exactions qui se passent à travers le monde. Au vu des horreurs vécues par certaines populations. A travers tous les territoires en guerre. A travers tous les génocides. A travers les luttes anti ethniques qui engendrent une grande pauvreté sur tous les plans (humains, affectifs, financiers). Cependant, le roman ne parle pas que d’horreurs. Il fait aussi la part belle à l’humanité, au partage. Kouty a été « adoptée » et élevée par des inconnus. Ils l’ont recueillie par charité humaine.  Kouty mémoire de sang est un roman fort. Profondément humain. Profondément intrigant. Qui ne laisse pas indifférent.

 

 

 

A ma mère – Camara Laye

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère, je pense à toi…
Ô Daman, ô ma Mère,
Toi qui me portas sur le dos,
Toi qui m’allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas,
Toi qui la première m’ouvris les yeux aux prodiges de la terre,
Je pense à toi…

Ô toi Daman, Ô ma mère,
Toi qui essuyas mes larmes,
Toi qui me réjouissais le cœur,
Toi qui, patiemment, supportais mes caprices,
Comme j’aimerais encore être près de toi,
Etre enfant près de toi !

Femme simple, femme de la résignation,
Ô toi ma mère, je pense à toi.
Ô Daman, Daman de la grande famille des forgerons,
Ma pensée toujours se tourne vers toi,
La tienne à chaque pas m’accompagne,
Ô Daman, ma mère,
Comme j’aimerais encore être dans ta chaleur,
Etre enfant près de toi…

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère,
Merci, merci pour tout ce que tu fis pour moi,
Ton fils si loin, si près de toi.

Femme des champs, femme des rivières
femme du grand fleuve, ô toi, ma mère je
pense à toi…

Mère Awa – Malick Fall

Il paraît que maman est morte
Quelle importance
Quelle importance puisque je peux lui parler
A mon aise
Qu’elle me répond toujours
Avec son même sourire d’enfant
Pris en faute
Quelle importance puisqu’il ne se passe de nuit
Qu’elle ne me chuchote à l’oreille
Récite trois fois ce verset
Couche-toi sur le coté droit
Et dors
Il ne se passe de nuit sans qu’elle ne s’assure
Que ma journée sera belle à gravir
Il parait que maman est morte
Pas pour moi qui écris ces lignes
Avec mes larmes
Ces lignes qu’elle ne sait lire
Avec ses larmes
Mais que son coeur assèche
Avec un sourire d’élue
Puisque je te vois là sous mes yeux
Puisque ta voix est la plus puissante
Sur terre
Sous terre
Qu’importe l’illusion de ceux qui t’ont couchée
Sur le coté droit
Et que tu regardes de ton regard
D’enfant pris en faute.

« Reliefs » Poèmes. Présence Africaine-Paris-1964

Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-momi2elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”. Cette partie de mon nom interroge mon humanité et ma condition de mortelle pour ne pas dire, un appel ou rappel à plus d’humilité.
Mon nom spirituel ou post-nom Ata Ye Mieko Momi veut dire “L’Homme persévérant (celui qui ne renonce pas jusqu’à avoir eu la meilleure solution à un problème”. Momi, dont l’équivalent au Cameroun Moumie, veut dire Homme, Virilité.

AD Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
1551522_10153815469365173_1505154004_n-loxi9xdcjlhwqxe7tvkdewribmawazkpn930nka1u0MM Mes souvenirs d’enfance sont très riches, riches des lieux que j’ai pu voir de mes yeux, et y séjourner : Sénégal, Suisse, Israël, France… Et surtout le pays, la forêt équatoriale, mon école à Kinshasa mais aussi celles lors de mes séjours hors du pays… Bref, il y a beaucoup à dire sur mes souvenirs865_img3 d’enfance. Tout un roman…
Pour ce qui est de mes études, elles furent très linéaires jusqu’à mes secondaires et mes études supérieures. Vous savez, s’assumer seul et suivre des cours ou formations qualifiantes, ce n’est pas chose aisée mais j’ai su avoir mon diplôme d’assistant comptable.
AD Je comprends cela car j’ai fait le même parcours ; travailler et faire des études. C’est dur mais enrichissant.
MM Tout à fait. Ça forge le caractère et la vision ainsi que les lignes directrices de la vie.

AD Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
MM C’est un désir qui m’est venu bien avant d’acquérir le statut d’écrivain. J’ai commencé d’abord comme auteur-compositeur gospel, puis dans un collectif hip hop et de fil en aiguille, lorsque j’ai commencé à acquérir une véritable conscience politique panafricaine, j’ai commencé à écrire d’abord des articles pour des dossiers politiques sur le Congo, ensuite sur la communauté congolaise et africaine en Belgique.
L’écriture, celui des livres, est donc un prolongement de celle qui a débuté dans la musique. Le souci du partage d’idées, d’avis, d’opinion et de mes pensées.750-xempire-ntu

« Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants. »

AD Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
51irpjndv+l._ac_us218_MM C’est avec l’arrivée de ma fille aînée, Nyasha, que j’ai réellement commencé à écrire. Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants.
Donc j’ai vraiment décidé de devenir auteur lorsque j’ai écrit ce carnet de notes devenu un livre, assez intimiste, MEMOIRE DE PATERNITE, où je tiens un monologue en direction de ma fille1 aînée alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère. Et le Destin a voulu que la dernière page de la dernière feuille de mon carnet de notes soit celui du jour de la naissance de ma fille.
Après quelques années, j’ai eu le désir de lui écrire une petite histoire sur une princesse guerrière africaine car je voulais lui créer un imaginaire épique et fantastique qui lui parle de l’Afrique, qui lui donnera envie de se plonger dans l’histoire de ce continent et ses peuples. Et c’est en écrivant la trilogie, LES CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU, que je me suis réellement rendu compte que l’écriture était en moi et que j’ai un don : celui d’écrire une quantité phénoménale de livres en peu de temps. D’ailleurs la trilogie, donc trois livre d’environ 290 à 350 pages en six mois seulement…
AD C’est émouvant et impressionnant.
MM Merci

AD Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
51rt+6d8x2l._uy250_MM Dans ma famille, tout le monde sait que mon père, en plus de ses fonctions diplomatiques et ministérielles, était aussi un homme de lettres. Il a été professeur dans l’enseignement secondaire et ensuite supérieur et avait publié trois livres avant ses 35 ans. Pour dire la vérité, les membres de ma famille n’étaient pas vraiment au courant, sauf ma mère et quelques proches très portés sur la culture et la littérature. C’est avec le51ir0qducdl._uy250_ temps, et les sorties de livres, les prix, les invitations ici et là pour parler et exposer mes publications que de plus en plus de membres de la famille ont pris conscience qu’il y avait un écrivain dans la famille. Donc, beaucoup se disent que c’est « normal » car comme on dit «le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre qui l’a porté».
AD En fait, c’est un passage de flambeau en quelque sorte.
MM C’est exactement ça. Nous sommes là. Raison pour laquelle d’autres, nos aïeux, ont existé.

AD De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
MM Clairement, la reine Nzinga de Ngola. Elle est la femme monarque et guerrière par excellence qui a été réellement mon inspiration pour le personnage de la trilogie les CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU à qui j’ai donné le nom de NEHESHA. Ensuite, il y a toute l’histoire ou les histoires d’Afrique, les mythologies, les légendes et autres contes populaires. Je voulais faire un mix de toutes ces choses et les condenser en un seul récit.
AD Il faut dire que pour ce qui est de l’imaginaire, nous sommes très gâtés en Afrique. Il y a l’embarras du choix.
MM Oui, il faut se donner la peine d’aller chercher en profondeur les idées… Dans les profondeurs de notre Histoire, de nos croyances, légendes et mythes.
choniques

AD Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
51oftibk6il._ac_us218_MM La trilogie ? En six mois. Ensuite il y a eu le temps de la relecture, des corrections. C’est celui qui a pris le plus de temps.
Satisfait ? Oui, mais avec le temps, j’ai dû y apporter des modifications en ajoutant plus de dialogues entre les personnages. Mais dans l’ensemble, oui, j’en suis très satisfait. Tellement satisfait que j’ai écrit 11 hors-séries dans lesquels je raconte les histoires personnelles de personnages clés, de leur naissance au contexte de la trilogie.
AD J’adore. Il faut que je lise cette trilogie car j’aime l’histoire des reines guerrières africaines.
MM Nos héros et héroïnes du passé ne demandent qu’à revenir à la vie pour nous 41q+br5i8kl._ac_us218_transmettre force et puissance d’esprit, d’intelligence et de créativité

A59925eae3d866D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
MM En général, je dirai qu’il est bien accueilli mais… Il y a toujours ce frein lié aux types de lectures qui semblent coller aux africains et parmi lesquels les romans d’épic fantasy, de science-fiction n’ont pas trop leur place. Donc ce fut assez galère de faire connaître et reconnaître mes livres. Et même à l’heure où je vous parle, je lutte encore car… Il y a un réel manque d’intérêt de structures médiatiques, associatives et événementiels qui devraient accordercover1 plus d’importance à ce type de littérature, surtout dans la sphère des livres africains d’expression francophone.
AD Je confirme. J’écris de la fantasy et je fais face à ces freins. Mais, petit à petit le bouche à oreille fonctionne. C’est très difficile.
MM C’est un genre littéraire dont les africains ont besoin mais aussi, par lequel ils ont été bercés via les contes et légendes anciens. Mais il nous faut passer à un niveau supérieur: l’épic fantasy et l’agro futurisme pour faire revivre ces histoires de nos terroirs.

« À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » « 

cover ebookAD Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous sentez-vous à chaque publication ?
MM Oui, j’ai écrit beaucoup d’autres, plus de trois quart de mes projets de livres sont encore au stade de maquette, c’est à dire, la structure du livre avec les idées principales, action par action, scène par scène, est déjàsans titre0 faite pour plusieurs livres.
Ceux publiés à ce jour sont :
Le premier hors-série de la trilogie LE JAMAANU ANCIEN : RECITS SUR LES DIEUX.
KEMETOS LE NOUVEAU PARADIGME, trois des sept livres sont déjà publiés
OTIS – WAY OF LIFE – EP 1
À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » mais en même temps j’ai cette envie de continuer à écrire pour continuer à sortir d’autres histoires car j’en ai tout plein que j’aimerai faire connaître, des histoires touchant à beaucoup de thématique dans le cinéma, par exemple, mais avec des africains ou afro-descendants et l’Afrique en centre du sujet…

AD Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
51oftibk6il._ac_us218_MM Oui, j’en suis convaincu. Je l’expérimente avec ma fille aînée. Un bon écrivain est d’abord un bon lecteur, c’est à dire, une personne qui aime lire, qui trouve le temps et le plaisir dans la lecture.
Moi, je raconte beaucoup d’histoires à mes enfants, j’en invente quasiment une tous les soirs (rire). Je mets dans la tête de mes enfants beaucoup d’images et je les aide à se construire un imaginaire en les aidant à comprendre le monde qui les entoure et à pouvoir raconter, eux aussi, des histoires. Par exemple, lorsque je donne à mes deux filles une lecture à faire, je leur demande ensuitecover-recto de m’expliquer avec leurs mots ce qu’elles ont compris mais aussi de m’écrire une ligne de l’histoire avec leurs mots.
AD C’est une très bonne idée. Est-ce qu’elles vous disent ce qu’elles ressentent en écrivant un bout d’histoire?
MM Je peux sentir la Vie en elles lorsqu’elles me racontent leurs histoires, du moins la passion avec laquelle elles aiment me raconter les lumières qui s’allument dans leurs têtes. J’adore, vraiment. La créativité est un don qui nous rapproche du Divin.

« L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective « 

AD Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
arcanesMM L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective car elle permet de partager avec celui qui lit, peu importe son éloignement ou sa différence culturelle, des choses que sans l’écriture on ne pourrait que partager avec son environnement direct, avec le risque de la déformation du récit comme cela peut arriver avec l’oralité.
Donc oui, c’est clairement un engagement car en écrivant on s’engage à dire des choses, à transmettre des choses, des pensées, des mots qui sont nôtres ou dont on est dépositaire. Des pensées et mots que l’on assume pour ce qu’ils sont et deviendront après notre mort.
AD Ce que vous dites est extrêmement beau et vrai.
MM Merci beaucoup.

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AD Quels sont vos futurs projets ?
MM Pour ce qui est de la littérature, mes projets sont les adaptations : je suis sur deux voire trois projets d’adaptation en bande dessinée, des adaptations en anglais de certains de mes livres, des adaptations en livres audio et de films d’animation.
AD Alors, on va croiser les doigts pour vous.
MM Doigts et orteils!!!  (rires)


imagesf5atlafoAD Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

MM Je leur dirai que c’est une passion qui prend et demande du temps comme toutes les passions. Soyez des rêveurs avant tout, des gens qui aiment apprendre sur le monde, des gens qui aiment lire et surtout sachez qu’un livre est une projection de son esprit, de sa pensée, vers une autre personne. Tenez-en compte afin que le proverbe qui dit «la 59925eae3d866lecture est le nourriture de l’esprit», soit pour vous un socle. Car celui qui écrit est celui qui nourrit le lecteur. Soyez de bons cuisiniers des lettres. ET un cuisinier doit aimer apprendresans titre0 d’autres recettes, se remettre en question et surtout tester de nouveaux plats.

AD Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
MM Je dirai qu’il faudrait faire un peu plus de publications vidéos, pas forcément avec vous à l’image, mais du son et de l’image car il existe un public qui n’aime pas prendre le temps de lire mais qui prendra le temps de regarder une vidéo qui dira exactement la même chose qu’un article écrit.
AD J’y pense car de nombreux auteurs m’en ont parlé. C’est un de mes projets pour la nouvelle année.
MM Alors lancez-vous sans tarder! Il faut libérer la parole de l’Africain et consolider notre imaginaire par notre vision du monde c’est à dire notre paradigme renouvelé.

phpmre88f

AD Avez-vous quelque chose à rajouter ?
MM Non, rien d’autre

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

 

Baobab – Jean-Baptiste Tati-Loutard 1968

Baobab! Je suis venu replanter mon être près de toi
Et racler mes racines à tes racines d’ancêtre;
Je me donne en rêve tes bras noueux
Et je me sens raffermi quand ton sang fort
Passe dans mon sang.

Baobab! «L’homme vaut ce que valent ses armes».
C’est l’écriteau qui se balance à toute porte de ce monde.
Où vais-je puiser tant de forces pour tant de luttes
Si à ton pied je m’arc-boute? Baobab!
Quand je serai tout triste Ayant perdu l’air de toute chanson,
Agite pour moi les gosiers de tes oiseaux

Afin qu’à vivre ils m’exhortent.
Et quand faiblira le sol sous mes pas
Laisse-moi remuer la terre à ton pied:
Que doucement sur moi elle se retourne! »

Les Racines congolaises L’Harmattan, 1968 

Amina Seck – Interview avec Biscottes littéraires – 7 Janvier 2019

« Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et la plus noble tâche: celle d’enfanter et donner la vie. »

BL: Bonjour Amina SECK. Veuillez-vous présenter s’il vous plaît.
AS: Je suis auteure, scénariste, réalisatrice sénégalaise mais à la base, j’ai fait une formation en Comptabilité, en Marketing et Communication des entreprises. J’ai servi pendant plus de 15 ans dans des entreprises commerciales et de communication mais aujourd’hui je suis une femme qui travaille et évolue dans le monde de la culture, entre la littérature et le cinéma. Mon premier roman est publié en novembre 2017 aux éditions « Diaspora Académie » et s’intitule « Mauvaise pente ».

BL: Le statut de la femme en Afrique subsaharienne a-t-il vraiment évolué selon vous quand on voit que subsistent encore les pesanteurs culturelles?
Quels sont les indices qui vous permettent de l’affirmer?
AS: La femme en Afrique a encore du chemin à faire. Le travail consiste à changer d’abord la mentalité des africains, Homme comme Femme, pour arriver à un résultat positif et ce changement commence dans les foyers. Il faut que les parents arrêtent de maintenir seulement les garçons à l’école et d’abonner les filles aux tâches ménagères et de leur faire croire que la réussite sociale d’une fille c’est le mariage.
Mais il est aussi important de faire une analyse sur le statut de la femme africaine d’avant, pendant et après la colonisation pour se rendre compte d’une amélioration, d’une évolution qui chaque jour monte encore d’une marche. Les femmes africaines deviennent présidentes de la république, chefs d’entreprise, écrivaines. Elles sont devant de la scène, elles s’expriment et s’imposent à la face du monde.

BL: Quelle est, d’après vous, la part qui revient à la femme africaine dans la situation qui lui est faite? Autrement dit, comment les femmes se rendent-elles la pente mauvaise et dangereuse sous nos cieux?
AS: La femme en Afrique est formatée dès le bas âge à être une personne faible, programmée pour le second rôle. Sa part de responsabilité dans cette situation qui lui est faite, c’est l’acceptation, la résignation, le silence, la peur et ce besoin permanent d’être protégée et soutenue par les hommes.

BL: Quand on sait que le taux d’analphabétisme des femmes reste encore élevé sous les tropiques, n’est-ce une utopie, du moins une gageure, que de s’adresser à ces dernières dans une langue qu’elles ne comprennent pas, puisque fondamentalement dans « Mauvaise pente » vous parlez des femmes aux femmes?mauvaise-pente_amina_seck_biscottes-littéraires

AS: « Mauvaise Pente » est un roman écrit par une femme qui raconte l’histoire d’une femme et qui a comme cible les femmes et aussi les hommes.
Pour répondre à la question, je puis vous confesser que plus de la majorité des exemplaires écoulés ont été achetés par des femmes. C’est encourageant. Mais il faut reconnaître que l’analphabétisme constitue l’un des facteurs, je dirais même, le plus important qui fait que la femme africaine n’arrive pas à se trouver un chemin de sortie face à sa condition. C’est plus fréquent dans les zones rurales où, toujours attachée à la tradition, les femmes de chez nous ont du mal à s’émanciper et à s’affirmer. Mais ce n’est pas toujours de leur faute si elles n’ont pas accès à l’éducation quand on sait que parfois au manque de motivation, s’ajoute aussi celui d’infrastructures ou de moyens pour envoyer ou maintenir les filles a l’école. Je suis consciente de ces pesanteurs sociales. C’est pourquoi, comme j’ai un message à passer, je joins à la littérature le cinéma. C’est ainsi qu’est né mon intérêt de me lancer dans le cinéma et faire des films qui parlent des femmes aux femmes.

BL: Dans ce cas, pourquoi n’avoir pas écrit plutôt en Wolof, par exemple ou une autre langue du Sénégal?
AS: (Rires) Je ne peux pas écrire en wolof et je le lis difficilement.

BL: Ecrire, pour une femme en Afrique, de quoi cela relève principalement, pour vous? De la nécessité ou de la passion?
AS: La passion tout d’abord. L’écriture pour moi est une sorte de liberté, mon parloir. Un engagement personnel ou citoyen pour participer au changement. Jusqu’à présent, je n’écris que sur les femmes, c’est ma façon de lutter contre les violences faites au genre. Une femme qui écrit en Afrique est une femme qui s’affirme à travers ses écrits.

BL: N’est-ce pas s’engager sur une pente glissante, que de quitter « son pain » pour la plume et la planche?
AS: Il faut reconnaitre que ce n’est pas chose facile mais c’est une décision qui n’est pas prise sur un coup de tête. J’étouffais dans les bureaux pendant toutes ces années, or je suis une femme de terrain. J’aime aller à la rencontre d’autres personnes pour échanger, apprendre, rire et me sentir libre. Nous avons tous un chemin à suivre, un destin à vivre. Et la petite histoire c’est que le monde artistique me fascine, j’adore être avec les artistes, ils sont créatifs, beaux, libres et ils sourient à la vie. Heureux celui qui ose souffrir pour se refaire.

BL: Votre premier roman s’intitule « Mauvaise pente ». Qu’est-ce qui en a motivé l’écriture?
AS: « Mauvaise Pente » est le cinquième à être écrit et le premier à être publié.
Au début je voulais juste mettre l’accent sur la solitude des femmes. Et ce roman connu aujourd’hui sous le vocable de « Mauvaise Pente » s’intitulait « Seules » mais après l’histoire d’Alimatou Ly s’est imposée à moi et je me suis laissée aller sur cette pente.

BL: Pourquoi avoir commencé les publications par « Mauvaise pente »?
AS: J’étais très sensible à cette histoire et les autres manuscrits avaient vraiment besoin de plus de recherches pour être parfaits.
maquette-mauvaise-pente

BL: Parlez-nous un peu du processus et de toutes les péripéties qui ont conduit à l’édition et à la publication de votre premier roman.
AS: Mon premier souci c’était l’argent pour supporter le coût de publication. Alors je me suis mise à envoyer des demandes de subvention dont je n’ai reçu aucune réponse, même pas de ma commune d’arrondissement (rires). Ce n’était peut-être pas important pour eux mais pour moi c’était une nécessité. Je m’accrochais à ce livre, à sa publication, je ne lâchais pas, je ne voulais pas abandonner. Je rencontre mon éditeur une année après avoir terminé le manuscrit qui accepte de m’éditer et le roman voit le jour encore une année après, ce qui fait deux ans.

BL: On entend dire que Gustave Flaubert aurait affirmé : « Madame Bovary, c’est moi. ». Amina Seck pourrait-elle confesser : « Alimatou Ly, c’est moi »?
AS: Alimatou Ly ce n’est pas Amina Seck.

BL: Quand on se confie à son journal intime et qu’à la fin on le publie, n’est-ce pas se trahir soi-même ou divulguer un secret qu’on aurait bien voulu garder pour soi?
AS: Certainement, mais pour le cas d’Alimatou ce n’était point un secret, tout ce qu’elle a écrit dans son journal était des choses qu’elle a vécu au sein de sa propre famille. Parler à son journal était une façon de s’exorciser, d’éteindre le feu qui consumait son intérieur et d’entendre sa propre voix pour ne pas disparaitre dans son malheur.

BL: A la fin, aurait- on tort de dire qu’Alimatou Ly n’a récolté que ce qu’elle a semé, quand on la voit coucher, à 18 ans, avec le copain de sa meilleure amie?
AS: Elle a eu tort, oui, mais, loin de défendre mon héroïne envers qui j’ai beaucoup de compassion (rires), 18 ans, c’est un âge méchant ; l’adolescence est une période méchante, menteuse, égoïste et hypocrite qui te fait croire que tout ce que tu fais est mieux que tout ce que tu ne fais pas. Sa faute, c’est qu’elle a eu confiance au désir, à la passion, à la curiosité et à l’amour.

BL: Aurait- elle tort de croire à l’amour et d’y mettre toute sa confiance?
AS: Non. Nous croyons tous au premier Amour jusqu’à ce qu’il devienne notre pire cauchemar.

BL: C’est-à-dire?…
AS: Alimatou est comme toutes ces jeunes filles inconscientes livrées à elles-mêmes dans leur besoin et recherche d’amour et de compassion qu’elles ne reçoivent pas toujours à côté d’une mère dure et insensible.

BL: Vous peignez le portrait d’un personnage sans religion. Que voulez-vous traduire concrètement?
AS: Concrètement, nous n’avons pas de religion à la naissance. On devient chrétien, musulman, juif ou autres en suivant la religion de nos parents.

BL: Être célibataire jusqu’à 46 ans, comment peut-on se sentir? A cet âge, peut-on encore remonter la pente?
AS: On peut toujours remonter la pente, quel que soit son statut, son âge ou son environnement. Il suffit juste de se battre et de vouloir revoir la lumière.amina-seck

BL: Quelle est la ligne de démarcation entre féminisme et féminité? Pourquoi selon vous, certaines personnes sont réticentes face au féminisme?
AS: Selon moi, le féminisme est la continuité de la féminité. Il est clair qu’avant d’être féministes, nous sommes d’abord des femmes qui s’acceptent. Nous n’avons pas besoin de ressembler à autre chose pour réclamer des droits et lutter pour l’égalité ou contre la violence.
Il n’y a peut-être pas de réticence mais plutôt une incompréhension. Elle est très répandue l’habitude de voir les femmes au second plan toutes silencieuses et soumises. Et voir du coup des femmes qui osent parler et réclamer des droits, cela peut laisser des hommes pantois ou stupéfaits. Mais, on n’a pas le choix, on ne peut plus se laisser faire, on ne peut plus continuer de vivre en fermant les yeux sur certaines injustices. Les temps ont changé et tout changement, en Afrique ou partout ailleurs, fait peur.

BL: Alors, de quel féminisme vous revendiquez-vous? Celui qui pense que la garde de l’enfant, la cuisine et le ménage doivent revenir à l’homme ou celui qui croit que la parité dans l’administration, c’est 50% de femmes et 50% d’hommes, faisant fi des compétences et des aptitudes? Quel est votre féminisme en réalité?
AS: A l’âge de cinq ans déjà, je gardais et gérais mes petits cousins et plus tard avant mes dix ans et malgré mon statut d’écolière, j’avais rejoint la cuisine et savais faire toutes les tâches ménagères. C’est quelque chose qu’on ne perd jamais, donc, je n’ai aucun problème pour ça. Ce n’est un secret pour personne qu’une femme qui ne s’occupe pas bien de son foyer l’expose à la dislocation.
Mon féminisme prône le maintien des filles à l’école, qu’elles aient accès à l’éducation, à la formation. Qu’elles puissent être autonomes et libres professionnellement, qu’elles aient le droit à la parole et arrivent au sommet par leurs compétences.
Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et noble tâche, celle d’enfanter et donner la vie. A part diriger une prière quelles que soient nos religions respectives, nous pouvons être devant et gérer comme les hommes sinon mieux.

BL: Incarner deux personnages en soi n’est pas aisé. Vous êtes à la fois écrivaine et cinéaste. Comment modérez-vous en vous les ardeurs de l’un et de l’autre? Quelles relations ces deux facettes entretiennent-elles et quelles sont leurs influences sur votre plume?
AS: Tous les deux débutent par l’inspiration et l’écriture. Le cinéma est aussi une passion pour moi depuis mon enfance comme la littérature. L’une n’empêche pas l’autre bien que différentes parce que le scenario est beaucoup plus difficile que le roman. C’est plutôt compliqué quand je dois jouer ou réaliser. Mais, je m’organise en fonction de mes priorités, et pour dire vrai, il y a plus d’actions et d’activités dans le cinéma (ateliers, festivals, tournages et rencontres) contrairement à la littérature.seck-amina-biscottes-littéraires

BL: Parlez-nous de vos projets en matière de littérature.
AS: « Mauvaise Pente » est toujours en promotion après un an. Je participe aux salons et fais une tournée dans les lycées du pays. Un deuxième roman est en chantier et sera disponible peut-être début 2020, incha Allah.

BL: Votre mot de fin
AS: Mon mot de la fin, c’est un cri de cœur à l’endroit des jeunes filles . » Prenez votre vie en main. Le mariage seul ne constitue pas une réussite sociale. Prenez le temps de vous aimer, de vous connaitre, de vous comprendre. Étudier, se former, travailler, se surpasser, c’est beaucoup plus important et payant que de s’accrocher à la bourse d’un homme. »
Je tiens aussi à remercier Biscottes littéraires, ainsi que ma famille, mes amis et toutes les personnes qui m’ont soutenue et m’ont accompagnée dans la réalisation de ce roman. Un grand merci à mon éditeur, mon ami et oncle, Mr Mamadou Kandji, qui dès le début a cru en moi. Merci à tous les lecteurs et à tous ceux qui se procureront mon livre. Que Dieu vous bénisse et vous la santé et la joie de toujours soutenir les auteurs.

 

 

Mbuze Momi, écrivain et homme de conscience Congolais – 1979

« Je suis de cette génération, éduquée, décomplexée et 51irpjndv+l._ac_us218_visionnaire qui sait que ce que nous avons reçu et emmagasiné, nous nous devons de le restituer« .

Mbuze Noogwani Ataye Mieko Momi est né le 11 juin 1979 à12247029_10156272772175173_7709082768276789043_n Kinshasa, en République démocratique du Congo.  Il vit actuellement en Belgique et travaille dans la comptabilité. A l’annonce de l’arrivée de son premier enfant, il publie en 2012, son premier livre qui retrace les mois précédents sa première paternité «Mémoire de paternité». Puis, en 2013, il publie le premier tome «Genèse et conquêtes» d’une trilogie épique et fantastique «Les 1chroniques de Ntu» qui raconte l’histoire d’un royaume africain imaginaire du 16ème siècle. En 2014 il publie le second tome « Les chroniques de l’empire Ntu : La Forteresse de Katombé-Mongè« , ainsi que le Tome 3 « Les chroniques de l’empire Ntu: La restauration de l’Empire« .

Après avoir perdu son père, son mentor, il décide de prioriser51rt+6d8x2l._uy250_ sa culture ainsi que la tradition bantou. C’est ainsi qu’il a décidé de mettre en place plusieurs projets et a fondé plusieurs associations. Il a créé et préside:

  • l’association à but non lucratif panafricaine BanaMboka.com, qui vise à proposer un ouvrage numérique de référence du patrimoine historico-culturel des civilisations et sociétés d’Afrique Noire, depuis l’origine de l’humanité.
  • 51ir0qducdl._uy250_la plateforme internet http://www.ingeta.com qui signifie « qu’il en soit ainsi » en Kikongo, le cri de tous Congolais qui souhaite changer la destinée de son pays. Cette plateforme centralise toutes les actualités congolaises et les met à la portée de la population et de la diaspora.
  • le concept socioéducatif/politique «Campus Congo» http://www.mbuze.com/campus.
  • le concept débats socio-politique « Masolo« .
  • le Projet de développement agroalimentaire et énergie en province de l’Équateur en République Démocratique du Congo.

 

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soleil à son lever – Amina Saïd – 2002

chaque jour tu rattrapais la lune
qui fuyait

chaque jour tu approchais de mon silence
pour y mêler le tien

je me voyais poser la main sur une ombre
moi-même j’étais une ombre
sans paupières

nous étions notre propre désert
pierre au vif des sables
et source dans l’amour du monde

nous étions l’oiseau blanc
qui porte le nuage entre ses ailes
nous étions le vol et l’oiseau
fendant le ciel du regard
quand s’abolit la distance
et que renaît le feu

soleil à son lever
chaque jour tu rattrapais la lune
qui fuyait

nous étions la lune et le soleil
et la couleur qui soutient le ciel
et son commencement

nous étions lumière et ténèbres
nous étions la roue
qui assemble le jour et la nuit

nous étions l’homme la femme
et l’enfant que je voyais en toi

chaque jour tu approchais de mon silence
pour y mêler le tien

nous étions la totalité
des voyelles et des consonnes
que scellaient nos bouches de chair

nous étions le feu vif et la cendre
et nos propres décombres

nous étions tout ce qui n’eut pas lieu
et qui dure

La douleur des seuils, Paris, Clepsydre/ La Différence, 2002.

Celui qui a tout perdu – David Diop – 1956

Le soleil brillait dans ma case
Et mes femmes étaient belles et souples
Comme les palmiers sous la brise des soirs.
Mes enfants glissaient sur le grand fleuve
Aux profondeurs de mort
Et mes pirogues luttaient avec les crocodiles
La lune, maternelle, accompagnait nos danses
Le rythme frénétique et lourd du tam-tam,
Tam-tam de la joie, tam-tam de l’insouciance
Au milieu des feux de liberté.

Puis un jour, le Silence …
Les rayons du soleil semblèrent s’éteindre
Dans ma case vide de sens.
Mes femmes écrasèrent leurs bouches rougies
Sur les lèvres minces et dures des conquérants aux yeux d’acier
Et mes enfants quittèrent leur nudité paisible
Pour l’uniforme de fer et de sang.
Votre voix s’est éteinte aussi.
Les fers de l’esclavage ont déchiré mon coeur,
Tams-tams de mes nuits, tam-tams de mes pères.

David Diop (« Coups de pilon » – Présence Africaine, 1956)

Crépuscule – Malick Fall – Reliefs – Présence Africaine – 1964

Mes villages ont peur de l’ombre
Mais l’ombre les prévient
Avant de les habiller de nuit

Une mère avive le tison pâle
Un enfant ramène les chèvres
Un père bénit le soir hésitant
Et l’ombre mord un pan du village
Si doucement que la peur s’estompe

Bonne nuit villages d’Afrique.

Jérusalem – Abdelwahab Meddeb (poète Tunisien) 1946 – 2014

Absolu perçu raison d’histoire
Chez ceux qui ont vaincu
Comme chez ceux qui ont perdu
Absolu que scelle le silence des pierres
Face au désastre face à la victoire
Au lieu de gager Absolu contre Absolu
N’est-il pas juste de céder l’Absolu
A son irrévocable silence ? »

Mes meilleurs vœux pour 2019

Parler de la Littérature Africaine est un grand bonheur et, surtout un honneur. Nous avons cheminé ensemble. Avec vos commentaires. Avec vos conseils. J’espère  vous avoir permis de faire des découvertes, d’avoir envie de lire ces livres, ces auteurs. D’ailleurs, je les remercie, ces auteurs. De tout cœur. Un grand merci pour être présents. Abordables. Humbles. Profondément humains.

Merci d’avoir accepté en toute simplicité de participer à l’enrichissement de ce blog. NOTRE blog. Merci de m’avoir autorisée à diffuser vos extraits. Merci de toujours répondre présents. Je vous aime beaucoup et je vous respecte énormément. Maintenant, il faut que je trouve un moyen d’avoir un autographe de votre part sur vos livres que je possède (rires).

Aux amis lecteurs. A vous qui durant toute l’année passée aviez pris le temps de lire. D’apprécier. De conseiller. Je vous dis humblement merci. Chaque nouvelle année exige de nouvelles résolutions. Des résolutions qui enrichissent. Qui font découvrir. Alors, cette nouvelle année verra l’existence d’une nouvelle page consacrée à l’art Africain. L’Afrique est un continent riche culturellement et artistiquement.  Vous pourrez le découvrir.  De plus, je vous donnerai des nouvelles des auteurs qui ont été interviewés. Nous découvrirons leurs nouveaux projets ensemble.

A TOUS, EXCELLENTE ANNEE 2019!!

Ama Ata Aïdoo, dramaturge Ghanéenne – 1942

Ama-Ata-Aidoo

Christina Ama Aïdoo est née le 23 mars 1942 à Beadzi Kyiakor au Ghana. Elle a grandi dans la famille royale Fanti.  Elle est l’une des plus grandes dramaturges du Ghana. Elle a été Ministre de l’Education nationale de son pays. Elle démissionne de son poste suite à desdilemna divergences d’opinion. Elle s’exile au Zimbabwe puis aux Etats-Unis d’Amérique. Poète, romancier, critique et auteure de contes, la ghanéenne Ama Ata Aïdoo est considérée comme l’une des grandes plumes d’Afrique.

md22877916761Dans ses écrits, elle aborde souvent la différence philosophique entre le monde occidental et africain. Elle a été l’une des premières féministes africaines. Selon elle, l’idée du nationalisme a été utilisée par les nouveaux dirigeants pour garder les gens opprimés. Elle critique ceux qui conseillent aux Africains éduqués d’aimer leur pays, mais qui sont immédiatement attirés par les avantages matériels des pays développés. Elle croit en une identité africaine, qu’elle voit par le biais d’une perspective féminine.

13511261._UY630_SR1200,630_Elle a été lauréate de plusieurs prix littéraires, y compris le Commonwealth Writers Prize for Best Book en 1992 pour son livre Changes: A love story (Désordres amoureux). En 1999 elle obtient le71YrcMhVYQL Companion of the Star of the Volta, (ordre civil au Ghana) et elle est nommée docteur honoris causa du Mount Holyoke College. Elle fut récompensée en 1987 par le Prix Nelson Mandela of Poetry pour Someone Talking to Sometime. Elle fut la première à être récompensée, en 1992, par la International PEN Women’s Committee Travel Fellowship de l’UNESCO, en plus d’avoir été choisie comme Présidente du African Visions Literature Tour en 1998.

Ses oeuvres

1411409Dans toutes ses œuvres, on retrouve une thématique centrée sur la femme et son rôle dans la société. Pour l’écrivaine, la liberté de l’Afrique est directement liée à la liberté de ses femmes.Dans Anowa (1970), elle réécrit une vieille légendechanges. ghanéenne narrant l’histoire une jeune fille qui veut se marier contre la volonté de ses parents. Cependant, la détermination d’Anowa pour prendre ses propres décisions entraînera des conséquences tragiques. Cette thématique est perceptible dans l’ensemble de son activité littéraire qui inclut notamment des titres attrayants comme No Sweetness Here: A Collection of Short Stories (Pas de Douceur ici : un ensemble d’histoires courtes) (1970), Birds and Other Poems (Oiseaux et autres poèmes) (1988) ou The Girl Who Can and Other Stories (La fille qui peut et Autres Histoires) (1997).

Bibliographie

1969 No stress hereAma Ata Aidoo by NanaKofiAcquah
1977 Our sister Killjoy
1985 Someone talking to sometime
1986 The eagle and the chicken
1989 Birds and other poems
désordre amoureux1992 An angry letter in January
1992 Daughters of Africa
1995 Daylight and darkness
1997 The girl who can and other stories
2008 Ghana where the bed speal
2008 Désordre amoureux (trad)
2012 Diplomatic pounds
2017 After the ceremonies – New and selected poems

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Une Bibliothèque a brûlé au Mali – Seydou Badian (1928 – 2018)

Seydou Badian Kouyaté, né en 1928, vient de poser définitivement sa plume et de sceller la porte de sa bibliothèque. A 90 ans, le 28 décembre 2018, il est parti sur la pointe des pieds. Seydou Badian n’est plus. Paix à son âme et condoléance à ses proches et à sa famille littéraire ainsi qu’au peuple Malien.

 

 

Migration – Abdellatif Laâbi

Fès, mamie
mon imprécatrice chauve
aux talons gercés dans la boue de l’hiver
ma folle aux dix chats sataniques
aux douze tortues pieuses
mon irrésistible défunte
au suaire de basilic
taché du premier sang de la vierge
ma mendiante sous l’auvent
de la « Boutique du prophète »
ma lavandière
ma tamiseuse
ma savetière
ma rouleuse de semoule
ma brodeuse
ma distilleuse
ma sellière
ma marieuse
ma dinandière
ma passementière
ma tisserande
ma babouchière
ma youyoutière
ma liseuse de bonne aventure
ma masseuse
ma rebouteuse
ma tatoueuse
de harqous et de henné
ma musicienne
ma conteuse
ma datte fourrée
au cheveu de la possession
mon herboriste
ma vendeuse d’œufs d’autruche
et de poils de souris orpheline
ma guérisseuse
ma gardienne de colombiers
et sanctuaires
ma planche coranique
et mon calame brisé
ma flagellante
mon amour mystique
se brûlant la main pour s’éprouver
et ne pas s’avouer
toi ma lointaine
ma recouverte du voile écrit
et des grandes eaux
de la nouvelle barbarie
Fès de nul terroir
poussée ainsi qu’une caravane de gitans
vers le large incrédule
échouée sur le roc
sommée d’apprendre le dur métier
des navigateurs

La Littérature Ivoirienne en Deuil – l’écrivaine Fatou Fanny Cissé s’en est allée(1971 – 2018)

« C’est avec beaucoup d’émotions que proches et amis ont appris la nouvelle du décès de Fatou Fanny Cissé, grande écrivaine ivoirienne. Elle s’en est allée le vendredi 22 décembre 2018. »  Irène Coulibaly 100% culture .com

MON LIVRE AU FOND DE L’ÉTANG !Le Poète de Ndayane.

(à ceux, celles, qui adorent la poésie)

Midi !
L’heure où se ramollissent les esprits
Les métaphores alors s’épanouissent.
Dans le lointain, un ruisseau somnole et s’étire,
Ses rives bleues tapissées de nénuphars.
Mille petits papillons blancs sous l’éther calme,
Font étoiles, titubant d’ailes et d’allégresse.
Ici, la douce complainte d’un oiseau,
S’égoutte à courbe de roseau,
Sur les rides pâles de l’onde.

Midi !
D’assez longue méditation ma volonté fléchit
Parmi les sirènes, s’endort !
J’ai confondu rose et jasmin,
Et brisé l’harmonie d’un vers !
Hélas ! Ma Muse heurtée dans les nues s’en vole !
Une rose sur ma joue vient de tomber !
Ma plume gémit au rêve qui s’évanouit.
Alors j’ai fermé mon livre au tango des cygnes
Je l’ai balancé ému,
Sombrer dans les fonds bleus de l’étang !

Entretien avec le Dr Ndongo Mbaye, le conteur et poète Sénégalais qui chante les mots

Prendre la parole, dans la tradition africaine, est d’une grande importance. Passer la parole est une grande responsabilité. La poésie a toujours fait partie de l’oralité. Elle était présente dans toutes les cours, pas seulement royales. La poésie permettait de démontrer la part d’humanité en chaque homme. Sa culture. Son amour des traditions et des jeux de mots. Son intelligence. Ndongo Maye est un de ces chantres de la poésie, de la parole. Il sait captiver son auditoire et faire danser les mots.
34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Bonjour Ndongo Mbaye, Je suis Amélie Diack. Merci d’avoir accepté cet entretien.
C’est plutôt moi qui vous suis redevable, de m’avoir prêté la parole, qui, en Afrique, ne se donne pas….

Pouvez-vous vous présenter?
Je m’appelle Ndongo Mbaye. Je suis né à Yeumbeul,33073126_602243370133530_2919928379404713984_o dans la banlieue, dans un village traditionnel lébou, très paisible. Ma mère s’appelle Adja Faballa Mbaye et mon père El Hadj Babacar Mbaye. Je suis né le 31 juillet 1952. Dans ma famille , nous étions 14 sœurs et frères très unis, très proches et complices.
Yeumbeul ayant été un village d’agriculteurs, nous avons passé une bonne partie de notre belle enfance, et de notre agréable jeunesse, à jouer, à gambader et à chaparder dans les champs de nos parents et grands-parents, au milieu de la nature. Nous avons donc été forgés par ce milieu , certes rude, mais bucolique , où prévalaient les valeurs de la famille et du travail.

DSC05980_01-1Parlez-nous de votre enfance, de vos études  
Après l’école primaire et mon admission en 6ème, je fus orienté dans la capitale Dakar, au Lycée Blaise Diagne, un lycée célèbre pour ses nombreuses grèves, mais aussi, paradoxalement, pour ses excellents résultats scolaires. Et c’est là où, après mon admission au baccalauréat, avec la mention BIEN, j’ai obtenu une bourse de l’état, pour aller faire ce que l’on appelle encore aujourd’hui, les « prépas», donc les classes préparatoires aux grandes écoles françaises. En vérité, cela faisait partie d’un vaste plan, des lubies du président-ndongo_mbaye-27-10-2016_01.10.02 (2)poète Léopold Sédar Senghor, de faire de nous tous, des normaliens, des agrégés comme lui, des saints cyriens, des polytechniciens etc.
C’est ainsi qu’après mon Hypokhâgne et ma Khâgne, successivement aux Lycée Honoré de Balzac et Jules Ferry à Paris, je suis allé tranquillement poursuivre mes humanités à l’Université Paris X Nanterre, pour y préparer un Doctorat-es-lettres que j’ai soutenu le 15 octobre 1982, sur le sujet : «Les mentalités dans le roman sénégalais: images et présupposés du discours« .
Puis, dans la lancée, j’ai préparé concomitamment un DEA en sociologie, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), et un DESS, en tant qu’auditeur, en New Phototastic CollageDocumentation et Bibliothéconomie, à l’Institut d’Etudes Politiques, plus connu sous le nom de Sciences Po Rue St Guillaume.
Il faut souligner qu’à partir de la licence, en 1977, j’avais déjà commencé à travailler dans l’administration territoriale, notamment à la mairie de Bagnolet, au Centre socio culturel Anne Franck…
Cependant, aussitôt mes études universitaires terminées, je suis rentré au Sénégal, où, pendant 2 années, j’étais enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), spécialement à l’Ecole des Bibliothécaires Archivistes et Documentalistes (EBAD), où j’assurais les cours de catalogage auteurs et matières, de résumé ou analyseNew Phototastic Collage0 documentaire, des systèmes documentaires …
Au bout des ces deux ans, j’ai démissionné, et je suis retourné en France où m’attendait encore mon travail, pour y embrasser une autre profession, et faire DSC05980_01-1carrière ainsi dans les collectivités territoriales, surtout dans les communes, où je jouais le rôle de cadre, Responsable de service .
Mais comme pour moi, l’enseignement est un sacerdoce, et que transmettre est mon crédo, je suis revenu enseigner à l’ENSUT (devenue plus tard Ecole Polytechnique Supérieure), pour aider mon ami et Professeur Libasse Niang, dans la section «Tourisme», où je dispensais des cours et séminaires en communication et sociologie, à travers diverses thématiques. C’est dans ce cadre aussi, que je me suis retrouvé à donner les mêmes cours à l’Institut de Formation en Administration des Affaires (IFAA) avec mon ami le Professeur Mame Birame Diouf..….

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? 34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Dès l’école primaire, en CM2, j’étais fasciné par l’écriture, et surtout par la poésie, d’abord française, puis africaine. Dès lors je voulais devenir professeur de français, journaliste et écrivain…
Mais plus tard, je me suis aperçu que ce n’était qu’un désir, qu’un rêve d’écriture qui était incarné par la figure charismatique de mon Maître, notre Directeur d’école, Monsieur Cheikh Tidiane Seck, un excellent pédagogue, amoureux des lettres, qui m’a fait aimer la lecture. Je le revois encore avec sa guitare, pour nous jouer et réciter «Minuit», «La Chanson du Djoliba» du Guinéen Keïta Fodéba, «Le chant des rameurs», «Souffles« de Birago Diop etc. Ce monsieur, très rigoureux, très exigeant, voulait que nous écrivions sans faute, avec le Plaisir du texte, mais aussi un amour infini de la «belle» littérature.

Nous sommes tous marqués, en général par un professeur qui nous a donné le goût des belles lettres. Pour moi, il s’agit de deux professeurs de français, Oumy Guèye et Madame Renaudot, respectivement au Collège et au Lycée

Amours_SavanQuand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Et évidemment, ce désir n’était qu’enfantin, inconscient en nous. Et forcément, il était différent, et très loin d’une quelconque volonté de devenir réellement écrivain. Je ne sais même pas, et vraiment je ne peux pas l’affirmer ici, si j’ai jamais eu, en dehors de ces rêves d’enfant, la volonté de devenir écrivain. Ou alors, c’était complètement inconscient.
Par contre, j’ai commencé à écrire égoïstement pour moi, dès le lycée, donc tout jeune.
Et plus je prenais de l’âge, plus écrire s’imposait à moi, devenait indispensable, mais toujours pour moi seul, sans aucune intention de publication.
En réalité, être édité ne m’intéressait pas du tout, ne m’effleurait même pas l’esprit.
Je voulais juste écrire, me débarrasser de mes beautés ou démons intérieurs, dans le secret des Dieux , avec le mystère jubilatoire de cette parturition solitaire et singulière.
Il a fallu donc que mes amis, qui me bousculaient pour lire mes écrits, se mettent à me fustiger, à me secouer, pour m’obliger à envoyer au moins un manuscrit à un éditeur.
Ce que je n’ai jamais pu faire.
En fait, c’est mon ami et binôme, le brillant poète, écrivain, enseignant-chercheur ensans sciences cognitives, Amadou Elimane Kane, qui, après une conférence que j’animais à Paris sur «L’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, m’a présenté à un de ses amis écrivain-dramaturge- éditeur, le Congolais Caya Makhélé, Fondateur et Responsable de la maison d’édition Acoria, qui, sans même m’avoir lu (parce qu’il faisait confiance à Amadou Elimane Kane, qui lui avait copieusement parlé de mes poèmes), me proposa sur le champ de me publier. C’était en 2005.
Dès ce moment, ont commencé mes angoisses de devoir me «débarrasser» de mes enfants–textes… La fameuse angoisse de l’écrivain face à ses écrits qui vont le quitter !
Ainsi donc, je n’ai jamais envoyé de manuscrit à l’aveuglette, à des maisons d’édition, afin d’attendre le verdict fatal… C’est dans ces circonstances, qu’en mai 2005, parut mon premier recueil de poésie : «Amours-savanes», aux éditions Acoria (France).

ombre.jpgQu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Vous savez, c’est toujours une joie, du bonheur, et surtout une fierté et un honneur, pour nos parents, de voir leurs enfants embrasser leurs passions, surtout quand il s’agit de devenir écrivain.  D’autant plus qu’ils ont toujours su mon penchant pour la littérature et les langues, depuis ma prime jeunesse .
Quant à mon ex épouse Nanou, qui est Française, elle a, depuis le début de notre belle aventure sentimentale, et de nos délicieuses relations amoureuses, intégré cette dimension de l’homme qu’elle aimait, et qui serait sûrement souvent absent. Mais elle aimait la lecture, et connaissait le prix à payer.
Cependant, et à elle, et à mes deux fils Théo-Daouda et Issa-Timothée, j’ai toujours tenu à leur demander pardon, à travers mes livres, pour le temps que je leur volais, ce temps que je devais leur consacrer, et que j’investissais dans l’écriture, et dans la solitude.
Mais ils ont toujours compris combien c’était essentiel pour moi. Et je crois que telle était aussi leur participation dans la construction et la structuration de mon être, de mon existence, mais aussi leur part d’humanité et d’Amour.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Disons-le tout de suite, et comme vous avez pu le deviner, je ne suis pas du toutNew Phototastic Collage romancier. Je suis, comme aime le dire mon ami Marouba Fall, un écrivant, un poète en la circonstance, et, accessoirement je suis nouvelliste et essayiste.
Mais ma passion, mon terrain de prédilection demeure la poésie, parce que c’est le champ du Partage, du rythme, de la scansion, de la musicalité des mots, de la beauté des images qui en naissent, pour que toute cette floraison de forces mystérieuses et miraculeuses converge vers un seul but : la Magie du poème.
Ce qui m’intéresse donc, c’est cette exaltation jouissive des sens, des signes, de la littérarité du texte, de cet arbre dont parlait si bien le grand écrivain Congolais feu Sony Labou Tansi, cet arbre qui sourd et pousse inconsciemment dans notre ventre, et qui nous fait écrire, pour qu’il fasse plus humain en nous.
En ce qui concerne l’inspiration, tout m’est source d’inspiration. Elle est inclusive, carAmours_Savan elle peut jaillir de partout, de nulle part, avec sa force, sa puissance, sa propre dynamique, qui nous font prendre la plume, qui font parler, rire, hurler, pleurer ou sourire notre calame.
C’est pourquoi, j’ai tendance à affirmer que l’écriture, certes, c’est du bonheur, mais c’est aussi de la souffrance, car elle naît parfois dans des terres très sombres, obscures, impudiques, et que des fois, nous aurions bien voulu qu’elle reste dans ces ténèbres inconnues, pour ne pas assister, impuissants, à notre propre dévoilement, à notre mise à nu. Cette posture est terrible, car une fois sortie et vulgarisée, l’écriture ne nous appartient plus : elle vit sa vie, en dehors de nous. Elle n’a plus besoin de nous pour affirmer sa manifestation. Elle nous échappe complètement, et s’affranchit de notre tutelle.
Pour parler de mon premier recueil de poésie «Amours-savanes», mon inspiration vient justement de ces merveilleux paysages de savanes, notamment ces champs florissants, qui s’étendent à perte de vue, à Keur Samba Kane, et à Mbaufé, royaume d’enfance de ma mère. J’étais (et je le suis encore !) tellement charmé par cette brousse, juste derrière le village, avec la quiétude et la 33073126_602243370133530_2919928379404713984_osérénité qui naissent entre ces arbres, ces buissons, ces chemins…

Je suis heureuse de lire ces mots car en tant qu’auteure (je  ne me considère aucunement comme étant écrivaine), c’est exactement ce que je ressens. Je dis toujours « L’accouchement fut difficile et l’enfant se porte mieux que la mère ». A chaque écrit, nous y laissons une part de nous.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Comme je n’ai jamais projeté de le publier, je ne peux pas vous dire le temps que j’ai consacré à son écriture. Par contre, je peux seulement vous affirmer que, comme le temps ne m’était nullement compté, et que je ne subissais aucune pression, j’ai pris le temps de l’écrire, dans le plaisir de travailler pour soi, et rien que pour soi. Je ne peux pas vous dire non plus, si j’en étais satisfait ou non … mais vous savez qu’un auteur est rarement satisfait de son œuvre .
Mais à la parution du livre, j’ai senti comme une ambivalence, un paradoxe, entre le fait de m’être débarrassé d’un gros poids, et l’angoisse de la naissance de quelque chose de monstrueux, dont je ne maîtrisais pas les effets et les conséquences. Comme si j’entrais dans une cinquième dimension inconnue.

Eh oui, la fameuse angoisse de l’écrivain qui ne le quitte jamais

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Et justement, ce qui est extraordinaire, c’est l’accueil de cet opus dans le milieu littéraire!34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Je me rappelle d’une cérémonie de dédicaces à Paris 11ème, à l’Avenue Parmentier, au restaurant «Grand Place», où j’ai fait des signatures jusqu’à 2 h du matin, heure à laquelle j’ai pu seulement manger…
J’ai eu droit à des interviews, a des passages dans des médias pluriels, et d’autres séances mémorables de dédicaces, comme celle à Choisy Le Roi, la ville où j’habitais, et où j’étais le responsable du service des loisirs des retraités et handicapés depuis de nombreuses années… et où j’ai exercé pendant 26 ans, jusqu’à ma retraite en octobre 2017… Cette après midi là, ce sont mes deux amis et frères, les musiciens –chanteurs-compositeurs feu Seydina Insa Wade, et Meïssa Mbaye, qui sont venus animer en live, bénévolement, ces merveilleux et savoureux moments.
Ce livre a aussi bien marché, parce que, comme un enfant, je lui ai pris la main pour l’accompagner sur les chemins de sa Vie, et qu’il a su grandir, grâce à mes récitals/lectures de poésie, spectacles que je mène, accompagné de grands dialis, joueurs de kora, comme Idrissa Diabaté, Soriba Sakho, Lamine Kouyaté, Moussa Kanouté, et le jeune et talentueux balafoniste, Kamory Kouyaté. Ces échanges fréquents, et sur des scènes très différentes, en France et à l’étranger, ont élargi l’audience de cette écriture, et l’ont fait connaître à d’autres univers.

Depuis, vous en avez écrit d’autres, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
sansDepuis cette première naissance, d’autres ont suivi, toujours avec angoisse et bonheur : «Les lézardes du silence», un recueil de nouvelles «Ombres», un troisième recueil de poésie «Les poètes meurent aussi», et le dernier livre qui est un essai littéraire, écrit sur mon binôme Amadou Elimane Kane, qui a fondé l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yène(ICPR) au Sénégal, dont je suis membre du Comité Scientifique, Directeur des universités d’été, et du Département «Lettres et Culture»; et la maison d’édition «Lettres de Renaissances», dont je suis le Directeur de la collection poésie0536872001461143110 «Paroles arc en ciel».
Dans ce livre, que nous avons écrit à quatre mains avec Isabelle Chemin, professeure documentaliste à l’Académie de Paris : «Amadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine, c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille», nous avons voulu camper un personnage pluriel, dont toute l’œuvre, foisonnante, tend vers l’essentialité de la lecture, l’oralité, l’écriture et la poésie.
En dehors de mes écrits, j’ai participé à plusieurs anthologies poétiques, et à l’écriture d’ouvrages collectifs, comme celui sur Alioune Badara Bèye, Président de l’Association des écrivains du Sénégal, écrivain-dramaturge-poète : «Sur les traces d’Alioune Badara Bèye» Abis éditions et éditions Maguilen ; «Regards sur la Francophonie» éditions Maguilen ; «Poètes pour Haïti» chez l’Harmattan France, et le dernier qui est un ouvrage contre Boko Haram et pour la tolérance, paru aux éditions AfricAvenir à Douala, sous la houlette de mon ami, l’écrivain-essayiste-polémiste Gaston Kelman : «Contre la nuit des ombres; les plumes de la colère».
En ce qui concerne les nouvelles que j’ai écrites (et que je continue à écrire pour honorer Amadou-Elimane-Kaneune commande de mon éditeur Acoria), trois fois lauréat du Concours de nouvelles «J’écris, je lis« organisé par Teham éditions (France), j’ai reçu le premier Prix en 2014, sur le thème de «l’unité», avec ma nouvelle intitulée «La muraille humaine».

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Transmettre la passion de l’écriture, c’est transmettre d’abord la passion de transmettre, de la connaissance de soi, de la confiance en soi, de l’estime de soi; c’est transmettre le goût de l’oralité, de l’écriture, de la lecture; c’est transmettre l’amour de la liberté, l’importance du Partage et de l’Altérité.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
Je me suis toujours méfié de la notion d’engagement, car elle est rarement clairement définie. C’est une question qu’on m’a posée assez souvent . Et je me rappelle avoir fait DSC05980_01-1une série d’émissions radio sur la CRTV , et de conférences à Yaoundé au Cameroun, avec mon ami Gaston Kelman. Et j’ai tendance à dire que si l’engagement faisait l’écriture d’un beau texte, ça se saurait! Il suffirait alors tout juste d’être engagé pour produire une œuvre littéraire. Or nous savons que cette assertion est fausse.
Par contre, dans l’histoire de l’écriture, et dans l’archéologie littéraire, il est arrivé que l’engagement vienne enrichir la vision d’un auteur, et illuminer une écriture, comme ce fut le cas de grandes figures et noms de la littérature : Simone de Beauvoir , Jean Paul Sartre, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Aragon, Ousmane Sembène, David Diop, Léon Gontran Damas, les auteurs révolutionnaires Malgaches, Paul Dakéyo, Amadou Elimane Kane…
En ce qui me concerne, je ne suis pas un Prophète, un Messie ou un démiurge. Derrière0536872001461143110 mon écriture, il n’y a aucune autre chose à chercher, aucune cause à défendre, aucune mission à remplir ou à trahir, mais juste l’écriture à porter aux nues. En définitive, la seule cause qui vaille la peine d’être défendue à mes yeux, c’est la littérarité d’un texte. En somme, comment un texte peut être qualifié de littéraire, de poétique. Et comme je le disais au début, bien avant d’être publié, j’écris égoïstement pour moi. J’écris pour essayer à tout moment de toucher la grâce de l’écriture. Ce qui, évidemment, est une chose vers laquelle on tend, à la quelle on rêve. Un peu comme un musicien qui cherche désespérément et éperdument à trouver une nouvelle note de musique, et qui, peut-être, toute sa vie va courir derrière ce Graal, cette belle chimère.

Quels sont vos futurs projets ?
Mes projets, c’est avant tout la parution très prochaine, en octobre 2018, d’un nouveau recueil de poésie : «Entre les silences et les bruits, les mots.. », aux éditions Lakalita, suivie de suite de la publication d’un autre recueil poétique par notre maison d’édition «Lettres de Renaissances» (France et Sénégal), puis d’une éventuelle autre sortie à Yaoundé, aux éditions Ifrikiya de mon frère et ami l’écrivain-poète, Jean Claude Owono.

New Phototastic Collage0Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
A de jeunes auteurs, d’ailleurs à de jeunes tout court, je donne toujours ce même conseil : travailler, encore travailler, toujours travailler. Pour ce qui touche plus particulièrement l’écriture: être exigeant avec soi, avoir la patience, écrire, savoir effacer, raturer, réécrire, déchirer, jeter à la poubelle, reprendre l’ouvrage, se relire, corriger toutes les fautes, être rigoureux, avoir une grande humilité, et éviter la grosse tête, ou la «divinisation», ou la «starisation», dès le premier texte publié, ou le premier succès venu…

Des conseils éclairés car l’humilité pousse toujours à aller plus loin dans ses écrits
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Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Votre blog s’améliorera au fil du temps, des rencontres, des échanges, des choix éditoriaux qui l’enrichiront. Il porte déjà, de par son existence, et sa volonté de pérennisation, toutes les qualités déontologiques et professionnelles de sa propre maturation…
Il faut continuer à mieux cerner la complexité des auteurs interviewés, et à extraire les sens, les non-dits, derrière les entre-deux, entre les lignes, même sur les marges, car les Mots sont trop mystérieux, et ils portent en eux leur part de miracle, et/ou d’ambigüité.

Merci de ces conseils. Effectivement, en un an, mon blog a beaucoup évolué et va continuer car je tiens compte des conseils donnés. De plus, pour suivre l’évolution de la Littérature, mon blog est obligé de s’adapter pour mon plus grand plaisir et, je l’espère, celui des lecteurs

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Seule la poésie sauvera le monde, dans cette grande crise que traverse l’humanité, parce que poétiser, c’est faire briller tous les soleils de nos libertés, afin de donner l’espoir à l’homme, par les promesses de ses dons…

C’est aussi faire chanter les cœurs et rendre à l’Humanité ses émotions

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

UNE VIE…Poème inédit – Dr Ndongo Mbaye

Elle n’est pas triste
Une vie qui s’en va
Même à l’aube d’un jour
Nouveau
Brodée des couleurs de feuilles
D’automne
Tapissant les allées de velours
De forêts hospitalières
Ce n’est pas triste
La vie qui s’éloigne
Quand les souffles printaniers
Bourgeonnent
Et bénissent de leurs effluves
Les espoirs des hommes
En quête de rêves à réaliser
De créations à sublimer
Et que les vents ex île
Caressent les rivages
Aux chevelures d’or
Elle n’est pas triste
La vie qui s’échappe
D’un corps livré
A la Liberté de l’esprit
Quand les vêpres ouvrent
Les portes de prières
Pour renouveler à l’âme
Leur serment
Protecteur
Quand dans la fureur
De l’exaltation
Et des interstices
Du Temps
Naissent des enfants
Qui enfantent le Bonheur
Ce n’est pas triste
Une vie qui meurt
Telle une graine dans les mains
D’un semeur
Une vie qui se meurt
Tel le regard d’un mineur
Dans la fierté des corons
Telle la joie d’un musicien
Débutant enchanté
Qui réussit son ré mineur
Elle n’est pas triste
Une vie qui jalouse
Les étoiles filantes
Quand elle a déjà
Illuminé
Tous les êtres
Qu’elle a touchés
Toutes les vies-lucioles
Qu’elle a fait pétiller

Le 16 octobre 2017 au Resto Le Saïgon , Paris 13

Ndongo Mbaye, le poète sénégalais qui fait chanter les mots

L’Auteur

34465993_610972075927326_2116321280855638016_nNdongo Mbaye est le Maître des mots. Il a plusieurs casquettes: Docteur-es-lettres, sociologue et journaliste, poète-écrivain Professeur -Associé en Communication et Sociologie à l’Université Cheikh33073126_602243370133530_2919928379404713984_o Anta Diop (UCAD) et à l’Institut de Formation en Administration des Affaires (IFAA) à Dakar, Membre du Comité Scientifique de l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yène (ICP) au Sénégal, Directeur des Universités d’été et du Département Lettres et Cuture de l’ICP, Responsable de la collection « Poésie » des éditions « Lettres de Renaissance » (France, Sénégal), Responsable du Pôle Loisirs Retraités et Handicapés de la Mairie de Choisy Le Roi (Val de Marne) France.

Bibliographie

Amours_SavanAmours –savanes – Poésie – 2005 Nous fait aimer les paroles. Fait de la langue un acte d’amour et d’ouverture. Réinvente le regard pour un monde de paix, d’amour et de liberté.

Les Lézardes du silence – Poésie  2007 Quand les silences sesans lézardent, s’ouvrent des brèches qui laissent passer la lumière, source de magie et de mystère, vers des mondes d’où sourdent des mots appelant à la révolte, à l’amour, aux rêves et à la Renaissance Africaine….juste pour crier à pleine voix contre tous les bruits qui parasitent la Terre Africaine, cette terre si fortement chevillée à notre esprit, à notre corps , à notre ventre, à notre cœur. De derrière les Lézardes du silence, se profilent des paroles pour une poésie de la mémoire, afin qu’il fasse plus Humanité en nous

ombre.jpgOmbres – nouvelles 2011 Les personnages des nouvelles d’ « Ombres », ne sont pas des zombies qui errent passifs, dans une hypothétique attente d’un destin quelconque. Ce sont de fortes individualités qui cheminent armées d’une volonté farouche et inébranlable de gravir des montagnes, quitte à en mourir ou en …vivre, renforcées dans leurs principes et leurs convictions. Naviguant entre leur part d’ombre et de lumière, chacun d’eux n’aura qu’une idée fixe : aller jusqu’au bout du chemin.

Les Poètes meurent aussi – Poésie – Rayonnante d’une inspiration lumineuse, la poésie0536872001461143110 de Ndongo Mbaye est l’expression d’une littérature talentueuse, qui ouvre le champ du patrimoine africain avec une belle volonté universelle. Contrairement à ce que laisse imaginer le titre, ce recueil poétique est une ode à l’ancestralité de la terre africaine. Il est le témoignage de la mémoire des poètes, de ces êtres qui inscrivent dans le temps et dans l’espace des mots pluriels pour rebâtir la cosmogonie de la culture africaine.

Amadou-Elimane-KaneAmadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine , c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille…..Un essai littéraire – Ecrit avec Isabelle Chemin – Cet ouvrage rassemble une double réflexion, écrite à quatre mains, qui explore l’œuvre florissante de l’écrivain poète, enseignant et chercheur Amadou Elimane Kane .A travers le prisme de l’unité littéraire emblématique des livres d’Amadou Elimane Kane, à la fois hétérogène, libre et didactique, on assiste à une lecture enrichie qui éclaire, à angles variés, les dimensions culturelles, intellectuelles, littéraires, pédagogiques et poétiques de l’œuvre d’Amadou Elimane Kane. Assurément, cet ouvrage fait œuvre dans l’œuvre et donne à vouloir découvrir toute l’étendue littéraire d’Amadou Elimane Kane.

Dr Ndongo Mbaye sur YouTube

 

Leïla Aboulela, écrivaine Soudanaise

L’auteure

AVT_Leila-Aboulela_5704Leila Aboulela est née en Égypte en 1964,. Cependant, elle grandit à Khartoum au Soudan. Sa mère est égyptienne et son père soudanais . Elle fait ses études à la Khartoum American School et à l’Université de Khartoum avant de se rendre en Angleterre et d’y obtenir un diplôme en statistique à la London School of Economics. Elle vit Doha, au Qatar.

Ses écrits

Voici ce que dit l’auteure à propos de ses écrits:« Mes romans reflètent une logique41-C2w3VrmL._SX310_BO1,204,203,200_ musulmane, mais mes personnages n’ont pas nécessairement un comportement de « bons » musulmans. Ils ne sont ni parfaits ni des modèles à suivre mais des personnages complexes qui essaient de pratiquer leur foi et de donner un sens à la volonté d’Allah dans des 51GMly-vweL._SX319_BO1,204,203,200_conditions difficiles ».

« Quand j’écris, je ressens du soulagement et de la satisfaction de voir que ce qui occupe mon esprit, ce qui me fascine et me trouble, est légitimé par la forme et la tension d’une histoire. Je veux montrer la psychologie, l’état d’esprit et les émotions d’une personne qui a la foi. Je voudrais aller en profondeur, ne pas regarder le mot «musulman» comme une identité culturelle ou politique, mais quelque chose de proche du centre,New Phototastic Collag quelque chose qui transcende mais ne nie pas le genre, la nationalité, la classe et la race. J’écris des fictions qui reflètent la logique 61aFgzrNQ3L._SX323_BO1,204,203,200_islamique; mondes fictifs où la cause et l’effet sont régis par une logique musulmane. Cependant, mes personnages ne se comportent pas nécessairement comme de «bons» musulmans; ils ne sont ni des idéaux ni des modèles. Ce sont, à mon sens, des personnages imparfaits qui tentent de pratiquer leur foi ou de donner un sens à la volonté de Dieu, dans des circonstances difficiles. »

La traductrice – Nouvelle – [1999, traduit en français en 2003]41JVZMTJ9KL._SX195_

Dans Le Musée [2002 publié en français en 2004] elle dresse un portrait satyrique de la société écossaise. Elle met en parallèle 51vQ+W+7GoL._SX324_BO1,204,203,200_la vie de deux étudiants, l’une Soudanaise, l’autre écossais. Ce roman a obtenu le Prix Caine

Le Minaret [2005, traduit en français en 2006] aborde l’exil, la difficulté de se reconstruire après avoir vécu des moments traumatisants.

Leïla Aboulela a écrit d’autres livres en anglais:  Coloured lights [2001], Lyrics Alleys [2010], The kindness of ennemies [2015], Elsewhere home [2018].

Ses prixNew Phototastic

Leila Aboulela a été primée à de nombreuses reprises: 2011 Commonwealth Writers Prize (Eurasia Region, Best Book), 2011 Scottish Mortgage Investment Trust Book Award (Fiction), 2003 Race and Media Award, 2002 PEN/Macmillan Silver Pen Award, 2000 Caine Prize for African Writing, 2000 Saltire Society Scottish First Book of the Year Award.

Entretien avec Yamina Mazzouz Auteure de polar franco Algérienne qui monte, qui monte

C’est toujours avec un grand plaisir que je présente les entretiens d’auteurs. Celui ci me touche particulièrement car il s’agit d’une auteure de polar. Yamina Mazzouz a un don: nous faire vibrer au rythme des enquêtes de la généreuse Norah. Une nouvelle reine du Polar est née et c’est peu de le dire. 

Bonjour Yamina Mazzouz, Je suis heureuse de m’entretenir avec vous. Merci d’avoir accepté.
C’est un plaisir d’échanger avec vous.

Pouvez-vous vous présenter ?
AVT_Yamina-Mazzouz_6533Je suis issue d’un milieu modeste, de parents immigrés algériens, ce qui fait de moi une schizophrène heureuse, car j’adore être franco-algérienne. En fonction des moments, mes réactions sont à associer à l’une ou à l’autre de mes cultures. C’est l’excuse rêvée… ou pas. Enfin, on peut toujours essayer… Plus sérieusement, j’accorde beaucoup d’importance à la famille et aux amis, et j’aime être entourée.
J’ai choisi de vivre à Toulouse, une ville agréable et vivante, et dès que je le peux, je voyage. J’en ai besoin pour écrire et pouvoir décrire des cadres dépaysant. J’aime les rencontres et découvrir d’autres cultures, c’est très enrichissant.
Je suis fan de littérature classique britannique comme Jane Austen, les sœurs Brontë, Elizabeth Gaskell. Aussi de romans policiers, Wilkie Collins, Agatha Christie, bien sûr, mais aussi Charles Exbrayat. Evidemment, je prends du plaisir à lire des œuvres plus récentes, particulièrement Stephen King et les auteurs nordiques comme Jussi Adler-Olsen ou Henning Mankell. Je vous rassure, je lis d’autres genres que le policier, mais ce serait un peu long de tout citer.

Parlez-nous des souvenirs de votre enfance, de vos études ?image0
J’ai eu la chance de grandir à Meudon, un joli cadre. Mes parents étaient plutôt stricts mais j’ai réussi, avec le temps, à les faire évoluer sur bien des sujets, même si le poids des traditions est resté présent. J’ai aussi un grand frère de quatre ans mon ainé qui a fait de moi une tata comblée. Je me souviens d’avoir passé beaucoup de temps à la bibliothèque municipale, j’ai toujours aimé la lecture.
Pour les études, j’ai suivi, à tort, l’évidence : j’avais des facilités en mathématiques, alors j’ai suivi un cursus scientifique. Puis, je me suis lancée dans la chimie. Ce n’était pas épanouissant pour moi. Je me rattrape aujourd’hui en me replongeant dans la littérature.

ob_5355ec_42596799-2237062356307236-892102531008Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
De temps à autre, l’idée d’écrire m’avait traversé l’esprit sans jamais être réellement mise en pratique. À la suite d’une longue maladie, j’ai décidé de mettre sur papier diverses idées qui me trottaient dans la tête, puis je me suis lancée dans une forme de rédaction. Au départ, je ne pensais pas dépasser les vingt pages. Finalement mon premier volet a coulé de source. J’ai été la première étonnée en voyant mon livre abouti.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Je crois qu’on ne décide pas de devenir écrivain, ça vient naturellement. Il faut juste accepter de se lancer et de se structurer. L’écriture devient vite un besoin impérieux.
Ensuite, le hasard des rencontres m’a permis de concrétiser ce rêve.

Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
Ma mère est très fière… peut-être parce qu’elle ne l’a pas lu ! Elle est malheureusement91R3MyoN0-L.SR160,240_BG243,243,243 analphabète. Je lui ai toutefois donné les grandes lignes de l’histoire et depuis la sortie de « du Couscous dans le pudding », elle me pousse à continuer. Mon frère et ma belle-sœur m’ont beaucoup soutenue. D’ailleurs ma belle-sœur a toujours la primeur de mes textes, elle garde un regard objectif et comme c’est une grande lectrice, son jugement exercé est précieux.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Contrairement à ce que les gens pensent, il y a très peu de moi dans le premier roman. Le personnage principal est un mélange de plusieurs jeunes filles qui ont croisé ma route à un moment ou un autre de ma vie. Je l’ai néanmoins affublé de mon caractère… la pauvre ! Mme Grey est un hommage à Mme Danvers (Rebecca de Daphne du Maurier).
Les autres personnages sont un pur fruit de mon imagination avec quelques touches 51AUUvglW7L._SY346_piochés dans mon entourage pour les rendre crédibles.
La demeure de mon premier volet m’a été inspirée par Manderley (Rebecca de Daphne du Maurier) et par Pemberley (Orgueil et préjugés de Jane Austen).

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Le premier jet a pris six mois, puis je l’ai travaillé de nouveau durant quelques mois. J’ai été conseillée entre autre par l’auteur Gérard Muller qui a réussi à faire sortir le meilleur de moi. C’est toujours difficile d’être satisfait, mais il faut partir du principe que le mieux est l’ennemi du bien. Un regard extérieur vous aide souvent à déceler la version la plus aboutie.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Gérard Muller m’a mise en contact avec les presses littéraires qui ont tout de suite accepté d’éditer « Du couscous dans le pudding ».
Des chroniqueurs littéraires et d’autres auteurs m’ont également beaucoup aidée pour la communication ainsi que Claude Mesplède.
Les auteurs de polar sont comme une grande famille. Il y a d’ailleurs quatre jeunes femmes dont je me sens particulièrement proche et avec lesquelles nous avons créé « la ligue du Chapitre 22 ». On échange énormément, on se lance des défis littéraires, on se51bLwuqAycL._SX322_BO1,204,203,200_ tient informées…

Comment vous sentez-vous à chaque publication (pour vos différents romans) ?
Il y a toujours un stress lié à l’attente de l’accueil des lecteurs mêlé à une excitation et à la satisfaction du travail achevé.
Très vite s’installe un manque. L’écriture est comme une drogue alors on cherche une autre idée, quelque chose de nouveau à développer.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion d’écrire vient avec la lecture. M’immerger dans différents univers m’a très vite donné envie de créer le mien et de faire « danser les mots » pour apporter du plaisir à des lecteurs. J’aime l’idée de faire passer un bon moment à quelqu’un. Une lectrice m’a dit une fois qu’elle avait emmené mon livre partout y compris aux toilettes, car elle pouvait plus s’arrêter, c’était pour moi un très beau compliment.

imageQue représente l’écriture pour vous ? Peut – elle être synonyme d’engagement ?
Il y a deux formes à l’engagement.
L’engagement se prend envers le lecteur, on lui doit une œuvre de qualité, crédible et, dans le cas d’un polar, je considère qu’il ne faut pas le prendre pour un idiot en parachutant une solution non amenée par des indices.
On s’engage aussi en étant porteur de messages. Le roman polar est un très bon véhicule pour cela. Dans mon cas, je souhaitais parler d’émancipation féminine, de chocs des cultures et des classes.

Quels sont vos futurs projets ?
Norah devrait pointer son nez très prochainement pour une troisième aventure. EnAVT_Yamina-Mazzouz_6533 attendant je souhaite m’essayer au feel good book, je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Patience !

Je serai curieuse de le lire

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Trouver son style d’écriture et travailler avec rigueur régulièrement. Ne pas hésiter à participer à des ateliers d’écriture et lire beaucoup différentes formes de littératures. Faire lire ses textes à des personnes objectives.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog
Il est super ce blog, j’y ai découvert une pléiade d’auteurs notamment africain que j’ai hâte de lire.
Rien à dire, il est parfait pour moi.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Juste que j’ai hâte de découvrir vos propres écrits : « Shouna, la genèse maudite »
Oups. Un oubli de ma part (rires) Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
À très bientôt !

 

Des bulles dans l’océan & le repère de la Murène

9782344010761_clPourquoi deux maisons d’éditions? me direz – vous. Tout simplement parce qu’elles ont été créées par Jean-Luc Schneider (fondateur du Festival Cyclone BD) à Saint-Denis de la Réunion.  Elles sont spécialisées dans la BandeCouv-Le-roi-du-Lys-750x1070 Dessinées, les figurines et les objets en lien avec la bande dessinée . Des bulles dans l’océan a été créée en 2010 et le repère de la murène en 2003.

Jean-Luc Schneider est le fondateur et le Président du Festival Cyclone BD. Ces maisons d’éditions sont le fruit de sa passion pour le neuvième art. De sa frustration de ne pas trouver d’endroits spécialisés réservés aux passionnés de Bandes Dessinées comme lui. La passion, le hasard couv-LMDLM-webde la vie. Le début d’une aventure qui fera de lui un éditeur passionné.  Ainsi, les bédéistes de l’Océan Indien ont-ils trouvé un lieu où mettre en exergue leur art. Dans ces deux  maisons d’éditions, vous trouverez des mangas, des comics, des albums jeunesse… La distribution des albums a été confiée à Flammarion pour la Métropole et le reste du Monde

 

Voici quelques exemples non exhaustifs d’albums que vous pourriez y trouver:

LE MOUSSE DE LA MÉDUSE  – THIREL & FRUCHcouv-LMDLM-web
Le mousse de La Méduse est un personnage imaginaire qui traverse une des périodes les plus mouvementées de l’histoire de France, mais aussi un pan de l’histoire du Sénégal et de La Réunion au XIXe siècle. Mêlé à plusieurs affaires de droit commun puis soupçonné de complot, il connaitra l’exil. Rescapé du naufrage de La Méduse au large du Sénégal, Maxime est ce témoin privilégié des jardins botaniques de Richard Toll au Sénégal et du Jardin du Roy à La Réunion. Il travaillera ainsi auprès de la famille du botaniste Jean Michel Claude RICHARD qui l’adopta en 1816 et ce durant plus de 25 ans. Dans ce récit plein de rebondissements la période post napoléonienne, la colonisation, la traite des Noirs et l’esclavage sont abordés sous fond d’espionnage. S’appuyant sur une base historique réelle, les destins exceptionnels de Richard, en filigrane, et de Maxime, le personnage principal, croiseront celui d’Edmond Albius. C’est à cet esclave qu’est attribué en 1841 le procédé de fécondation de la vanille.

Brouillon-1-750x1061LA RÉUNION – KELY DWA & LIVA
À Madagascar, pays parmi les plus pauvres de la planète, inexorablement des centaines de personnes quittent tous les ans leur village natal pour tenter leur chance à Tananarive, la capitale. Si quelques chanceux s’en sortent et trouvent du travail, la majorité, à bout de forces et de ressources finissent par s’installer dans des bidonvilles. La Réunion kely est le plus célèbre d’entre eux. En quelques années, plus d’un millier de ces malheureux s’y sont sédentarisés et vivent essentiellement de la vente d’objets récupérés dans les bacs à ordures. Fabrice, homme fier et déterminé habite La Réunion kely où sont nés ses deux enfants. Cet album raconte son histoire, ses combats quotidiens.

Kinshasa, Rugby Club – Julien Yanga, international français de rugby d’originecouv-Kinshasa congolaise, revient au pays à l’issue de sa carrière dans un but bien précis : remonter l’équipe de rugby de ses débuts, Le Rugby Kin Club. Objectif : la prochaine coupe du monde de rugby. Mais ses anciens amis de club ne sont plus ce qu’ils étaient. Dans une ville délabrée et dépravée, Julien parviendra t-il à les ramener sur la voie de l’effort et du dépassement de soi ? Au milieu d’ une ambiance pittoresque dépeignant le quotidien des kinois, le lecteur découvre la dure réalité de la vie en RDC mais aussi une population qui, malgré une situation économique catastrophique, n’oublie jamais de garder sa dignité et son sens de l’humour. Les deux auteurs, qui ont vécu de nombreuses années à Kinshasa, décrivent avec force et tendresse l’univers de « Kin la belle ».
>> 48 pages – 12€ – ISBN 978-2-919069-31-6

Afrique-de-papa-Hippolyte-762x1024L’Afrique de Papa
Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar. C’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest. En haute saison, plus de 20 000 personnes s’y retrouvent le long des plages. Soleil, mer, golf, quad… Saly attire aussi des retraités européens. L’un d’eux est le père d’Hippolyte. «Elle est pas belle la vie ?» lui demande-t-il. Le fils ne répond pas : il dessine, photographie et raconte «L’Afrique de papa».
>> 48 pages – 14€ – ISBN 978-2-919069-00-2

Vous voulez visiter? Voici les liens. Belle visite et n’hésitez pas.

http://www.canalbd.net/le-repaire-de-la-murene

http://www.des-bulles-dans-l-ocean.com/

Yamina Mazzouz, auteure Franco-Algérienne de romans policiers – 1974

Yamina Mazzouz est née à Issy-Les-Moulineaux le 17 août 1974. Ses parents sont51bLwuqAycL._SX322_BO1,204,203,200_ originaires d’Algérie. Elle a grandi en banlieue parisienne. Elle est, actuellement, inspecteur développement chez MMA Assurances depuis 2014. Yamina Mazzouz vit à Toulouse. Elle a écrit deux polars et est reconnue dans le milieu du polar. Elle fait partie du collectif « 22 les v’là » où elle est auteure de nouvelles. En effet, elle a reçu le Prix de la meilleure série en cours Salon Pôle Art Plaine-Haute en 2018. 

D91R3MyoN0-L.SR160,240_BG243,243,243u couscous dans le pudding – 2017
Norah, jeune fille d’origine maghrébine au caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie. Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse. Au-delà d’un roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose : la noblesse britannique et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Des croissants purs beurr…ette51AUUvglW7L._SY346_ – 2018
Le lecteur retrouve avec plaisir Norah, la jeune maghrébine expatriée en Angleterre dans une famille aristocratique, où elle a résolu une intrigue policière. Norah revient en France pour tenter de renouer avec son père qui n’a jamais accepté son départ du cocon familial. Alors que ces retrouvailles ne prennent pas le chemin souhaité, Mariame, son amie d’enfance, lui demande son aide pour récupérer une mystérieuse montre tombée entre les mains d’un séduisant gigolo. Norah n’hésite pas une seconde et plonge dans une nouvelle aventure policière. Saura-t-elle conjuguer rapprochement familial avec résolution de l’intrigue et… amour ?

 

 

Ibrahima Mané – Le 05 Décembre 2018

Une grande flamme bouillonne en moi
À chaque instant où je me trouve devant elle
Mon regard se pose sur ses lèvres fines
Et mon imagination suit une réalité.
Je me souviens de son regard si attirant
De son sourire radieux ainsi que la douceur
De ses mots qui font battre mon petit cœur
Qui en ce moment, ne ressent que de la solitude.
Aujourd’hui, je me trouve ailleurs, loin d’elle
Tout seul, avec un grand vide dans la poitrine
Un vide dont les promenades sur les plages
Ou les sorties nocturnes ne peuvent combler.
Je me lève chaque matin dépourvu de joie
Personne à mes côtés pour me sourire
Du coup, un rien me remplit de tristesse
Me rendant le goût du bonheur amer…
Les jours meurent, je les compte sans arrêt
En ayant l’espoir de te revoir le plutôt possible
Afin de revivre ces moments de grand bonheur
Passés dans les jardins publics de ma terre natale.

NDAYANE, TERRE DE MES ORIGINES – Alioune Badara SENE – Extrait – Mai 1990

(à toute Ndayanoise, tout Ndayanois)
à Amel Lee

Que souffle légère la brise du soir
Sur ce don sublime que m’offre le Seigneur !
Que souffle légère la brise dans le gris du soir
Sur Ndayane, calme, étendu là-bas, au pied de la colline.
Ah ! Ndayane !
Je me rappelle pittoresques tes clairs de lunes
Sous le regard gai des étoiles…
Je me rappelle merveilleux, vers les nues s’élevant,
Les contes de Mame Ndella CISS, la douce Grand-mère.
Ah ! La voix nostalgique d’Outre – Temps !
C’était, tout près de l’âtre ardent, quand s’entendait tout bas,
La prière humble du brave, méditant sur sa corvée prochaine !
Innocent que berce l’éternel chant de l’onde,
Le jour, Ndayane, tu sondes le murmure profond des vagues
Dans leur alternance continue de flux et de reflux.
La nuit, tu es mille reflets diamantés de lampions
Sur l’océan, vaste valse silencieuse d’étoiles !
Ô Ndayane, ta beauté est poème que chantent
Les anges dans l’immensité du firmament !
Voici que la tendresse de tes syllabes fait
Pluie de bonheur sur tes enfants pieux et preux !
La brise du soir passe légère sur tes toits assoupis,
Couvrant un tout beau faubourg qui s’endort.
Et le poète ému, passe sur l’aile fine de la nuit,
Éternels pour toi, son amour et ses prières ! .

Annette Mbaye d’Erneville, femme de Communication, de Lettres et de Culture Sénégalaise – 1926

MbayedernevilleBagueAnnette Mbaye d’Erneville est née à Sokone (Sénégal) le 23 juin 1926. Elle a fait ses études primaires à St-Joseph de Cluny à Saint-Louis, puis àimagesNTDZZQBX l’Ecole normale de Rufisque  et enfin à Paris où elle a obtenu un diplôme de journaliste radio. Elle est la pionnière des journalistes sénégalais. De retour au Sénégal en 1957, elle fonde la revue qui deviendra en 1964 Awa la Revue de la Femme Noire. Annette a été tour à tour enseignante, poète, journaliste, directrice des programmes de Radio Sénégal. Elle a également été reporter pour la revue Elle, journaliste pour de nombreuses publications et a écrit Mbayeplusieurs livres pour enfants. Elle est aujourd’hui directrice du Musée de la femme Henriette Bathily, créé en 1994 et (situé à Gorée jusqu’en 2014 eternevillechasseur actuellement à la Place du Souvenirs africain et de la diaspora à Dakar). L’essentiel de son œuvre relève de la poésie et de la littérature enfantine. Dans ses poèmes, elle aborde la souffrance, la révolte et l’amour. Sa poésie est nourrie de trahison, de nostalgie, d’humanité, de solitude et de regrets ainsi que de certains aspects de la négritude.

1965 : Poèmes africains
1966 : Kaddu (réédition des poèmes) ernevillechansoernevillepic
1976 : Chansons pour Laïty comptines
1983 : Le Noël du vieux chasseur
1983 : La Bague de cuivre et d’argent (prix Jeune Afrique en 1961)
2003 : Motte de terre et motte de beurre
2003 : Picc l’Oiseau et Lëpp-Lëpp le papillon

 

Koffi Roger N’Guessan – Graphiste, Dessinateur et Bédéiste Ivoirien

Koffi Roger N’Guessan est né à Bouaké en Côte d’Ivoire. C’est un auteur de nombreuses bandes dessinées dont la dernière (légère amertume) sortira  en janvier 2019. Il est aussi illustrateur et professeur d’arts plastiques dans un lycée de San Pedro (Côte d’Ivoire) depuis décembre 2001.

00couv SeductionsMILLE MYSTÈRES D’AFRIQUE / SÉDUCTIONS – Juillet 2013
Koffi Roger N’Guessan – L’Harmattan BD BANDE DESSINÉE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Côte d’Ivoire – Album double à couvertures tête-bêche (illustrations noir et blanc). Une BD en deux volets : d’un côté, les péripéties amoureuses d’Anaïs pour séduire de façon sérieuse et efficace son futur mari chirurgien en évitant tous les pièges de l’amour urbain contemporain (Séductions), et de l’autre des histoires courtes et percutantes autour des pratiques magiques, mystérieuses et inquiétantes, dans une Afrique paradoxale prise entre modernité et traditions (Mille mystères d’Afrique).
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40740

NOUVELLES D’AFRIQUE – Mai 2014 00couv nouvelles d' afrique
Adjé, Christophe Cassiau-Haurie, Jean-François Chanson, Gildas Gamy, Kangol Ledroïd, KHP, Christophe Ngalle Edimo, Koffi Roger N’Guessan, PovL’Harmattan BD BANDE DESSINÉE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Entre un trafic d’ânes au Cameroun, la création à Abidjan d’une des chansons les plus connues de Barbara, le désir d’émigration de la jeunesse africaine ou la guerre civile au Congo, cet album fait partager 6 histoires originales qui sont autant de points de vue sur l’Afrique. Les auteurs sont déjà édités ou sont de jeunes talents.
http://www.editionsharmattan.fr/index.aspnavig=catalogue&obj=livre&no=43394&razSqlClone=1

00cou003785546PARIS VAILLE QUE VAILLE – Décembre 2014
Koffi Roger N’GuessanL’Harmattan BD – BANDE DESSINÉE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Côte d’Ivoire – (Illustrations en noir et blanc). Marie-France rêve de quitter l’Afrique et de découvrir la France par n’importe quel moyen. Par le biais d’internet, elle rencontre un français qui la séduit et la fait venir à Paris. Mais le conte de fées va tourner au cauchemar… Avec ce deuxième album, Koffi Roger N’Guessan décrit le désespoir d’une jeunesse africaine qui voit en l’émigration la seule planche de salut.

LES FINS LIMIERS00couv9782343077239r – 2016
Koffi Roger N’Guessan, Christophe Cassiau-HaurieL’Harmattan BD –
BANDE DESSINÉE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Côte d’Ivoire -Le commissaire Koro et l’inspecteur Kouamé, deux policiers aussi dissemblables que complémentaires, mènent l’enquête dans la Côte d’Ivoire de l’après-guerre civile. Avec eux, le lecteur plonge au cœur de la vie quotidienne ivoirienne tout en apprenant l’argot typiquement local : le nouchi. La solution de chacune de leurs six enquêtes n’est livrée qu’à l’ultime page de chaque épisode, ce qui fait de ce livre la première BD africaine à énigme.

00couv9782343124322rCHAKA D’APRÈS L’OEUVRE DE THOMAS MOFOLO – Janvier 2018
Bande dessinée en couleursJean-François Chanson, Koffi Roger N’Guessan – L’Harmattan BD – BANDE DESSINÉE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Afrique du Sud  – Ne réussissant pas à avoir d’une de ses quatre femmes un enfant mâle pour lui succéder, Senza’ngakona, chef d’une petite tribu d’Afrique du Sud au XVIIIe siècle, s’éprend d’une jeune femme et lui fait un enfant hors mariage, un garçon, Chaka. Enfant du péché, Chaka est rejeté par les siens. Obligé de s’enfuir, il commence une longue errance qui l’amènera à un destin hors du commun. A mi-chemin00couvHT45464881_2188586467827336_4164424500932247552_n entre récit historique et légende, Chaka d’après l’oeuvre de Thomas Mofolo revient sur la naissance d’une des plus grandes épopées du continent, celle des zoulous. Une histoire pleine de magie, de folie et de sang.

pour le prochain album LEGERE AMERTUME, UNE HISTOIRE DU THE
sortie prevue pour le 9 janvier 2019

http://leblogdekoffirogern.blogspot.com/

Coeur insomniaque – Sophie Adonon – 2012

L’auteure

Sophie-AdononQui dit que le roman policier est une affaire d’hommes en Afrique? Sophie Adonon a fait une entrée fracassante dans ce domaine littéraire. Cette Béninoise est née en 1964 et vit en France depuis 1983. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est rentrée de plein pied dans le Polar et a fait un carton plein dès le départ. Dire qu’elle est juriste à la base!

Ses trois premiers romans (Le sourire macabre 2011, cœur insomniaque 2012, le plat qui se mange froid 2011) se déroulent au Bénin et le quatrième en France (Paroles d’immondices 2013). Le commissaire AZA (chapeau en Fon) est un dandy très cultivé, toujours tiré à quatre épingles et le fils chéri de sa maman. Entre ses enquêtes, il vit avec la femme idéale pour lui et sa mère.

Vous cherchez un rythme trépidant, des coups de feu, une chasse-poursuite? Que nenni, le commissaire est trop classe pour ça. Les enquêtes sont réglées doucement, mais sûrement, au rythme Africain. Tout arrive au bon moment, en bonne intelligence.

Le livre001919010

Un petit garçon ramasse ce qu’il pense être deux balles sur une plage, deux banals objets qui vont transformer la vie de ses parents en épouvante… Le pique-nique à la plage devient une terrible affaire criminelle… Ce que le petit Léon prenait pour des jouets, ce n’étaient pas vraiment des balles de jeu comme il le croyait, mais deux cœurs humains…

Et qui dit deux cœurs humains en balade, dit deux cadavres sans cœur. Le commissaire Lionel Aza se voit confier cette nouvelle enquête.

Chansons du Djoliba -Keïta Fodéba -Aubes africaines

Coule donc Djoliba, Vénérable Niger, passe ton chemin et poursuis à travers le monde noir ta généreuse mission. Tant que tes flots limpides rouleront dans ce pays, les greniers ne seront jamais vides, et chaque soir, les chants fébriles s’élèveront au-dessus des villages pour égayer le peuple malinké. Tant que tu vivras et feras vivre nos vastes rizières, tant que tu fertiliseras nos champs et feras fleurir nos plaines, nos Anciens couchés sous l’arbre à palabres te béniront toujours.

Coule et va plus loin que toi-même à travers le monde entier, étancher la soif des inassouvis, rassasier les insatiables et dicter, sans mot dire, comme d’habitude, à l’Humanité, que le bienfait désintéressé est le seul qui vaille, le seul qui, absolument, signifie.

LE REPOS DU CYGNE -Le Poète de Ndayane – Extrait – 2001

(A Alioune B. COULIBALI Pdt du Cercle des poètes de St Louis)

Sous le ciel indigo, par la source azurée
Une blancheur de cygne aux courbes veloutées
– Gerbe de jasmins dérivant –
S’en va.
Caresses belles glissant sur le bleu de l’onde
N’êtes – vous point la bise de manne venue
Dormir ce soir, paisible à la Sainte Prairie ?
Trois roses sur rive s’inclinent
Leurs âmes bercées par le doux chant des sirènes.
Ému, j’ai demandé tout bas au Vent – Du – Sud
De la fresque sublime la valeur profonde.
Et résonne limpide la voix des Esprits !
Depuis lors j’ai compris ce que je n’ai su dire
Sous un ciel indigo, la blancheur d’un cygne ;
Sa caresse glissant sur l’onde qui s’endort.
Mais j’ai surtout compris par le salut des roses
Dans l’immense Prairie, le repos du beau cygne :
Au royaume des Elus,
Léopold Sedar SENGHOR
S’en est allé !

Entretien avec Kama Sywor Kamanda, dramaturge, écrivain, conteur et poète Congolais

 

Bonjour Kama Sywor Kamanda. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien. J’en suis honorée. À la question « qui êtes-vous », que avec Aimé Césairerépondrez-vous ?

 Kamanda – Je suis écrivain, poète, dramaturge et essayiste Congolais. A.D. Pas seulement. Vous êtes conteur aussi

A.D. Vous parlez de vous en tant que Congolais d’origine Égyptienne. Je crois deviner pourquoi.41txBDCuDyL._SX195_ Cependant, je souhaite que vous nous en parliez

 Kamanda – Je suis né Congolais avec des grands parents Égyptiens déportés au Congo en tout début de l’occupation du pays par les Belges. Ils avaient le statut des colons indépendants de 280413_270482819760974_834406419_ol’administration coloniale Belge ! Mon père avait d’immenses plantations et faisait travailler des milliers de familles.

A.D. J’étais loin d’imaginer cela. Je pensais à Cheikh Anta Diop et de sa théorie sur l’origine négroïde des pharaons d’Égypte

A.D. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?

Kamanda – J’ai eu une enfance et une jeunesse très solitaire. Je ne me connais pas d’amis51Q9GD4H65L._UY250_ d’enfance. J’ai beaucoup étudié et beaucoup lu. J’ai été dans le journalisme, la philosophie, les sciences politiques et le droit. En vérité, je n’avais besoin d’étudier que pour satisfaire mon indépendance intellectuelle et élargir mes compétences. Mon 51AX4Z6YXDL._SX195_chemin était déjà tracé: l’écriture.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? Kamanda – J’ai découvert l’écriture très jeune ! A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ? Kamanda – Dès l’âge de 12 ans. Mes premiers poèmes et mes51w6a+558GL._UY250_ premiers contes datent de cette époque. A.D. Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ? Kamanda – Je ne l’avais jamais exprimé ! Pour les miens, les écrits et les études se confondaient. A.D. Vous avez édité des poèmes que vous aviez écrit à douze ans. Vous les aviez toujours gardé en mémoire ? Kamanda – Je les ai toujours, mais jamais je n’ai voulu les éditer. 2738455476rA.D. Je pensais qu’ils faisaient partie de ceux que vous aviez édités.

A.D. De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?  Kamanda – Quand vous lisez mes romans, c’est mon imaginaire propre et mon style qui viennent immédiatement ! J’ai toujours voulu être original dans mon inspiration et dans mon style littéraire.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En 9782343075228rétiez-vous satisfait ?  Kamanda – Trois ans! Un peu!

A.D. Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?  Kamanda – Très bien.

A.D. Vous écrivez aussi bien des contes, des romans, que des pièces de théâtre ou de la poésie. Est-ce facile de passer de l’un ramses-ii-drame-historique-de-kama-sywor-kamandaà l’autre ou avez-vous une technique, une méthode ?

Kamanda – Je n’ai pas de méthodologie particulière quand j’écris. Je suis mon idée originelle jusqu’au bout et je l’enrichis avec mes observations du monde et de la vie!

A.D. Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous002500116 sentez-vous à chaque publication ?

Kamanda – Les CONTES DE KAMANDA est une œuvre complète de 1786 pages. C’est l’une de mes plus belles réalisations ! Un écrivain, c’est une OEUVRE ! À sa sortie ,j’étais soulagé! Je venais d’accomplir un rêve d’enfant! 9782919613137A.D. Je vous comprends. C’est l’aboutissement d’une belle carrière. 

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ? Kamanda – Oui ! Par la lecture!

A.D. Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement ?

Kamanda – Tout! C’est ma contribution à l’évolution du monde des idées, du savoir et de l’imaginaire. C’est aussi un engagement pour améliorer si possible les conditions de2738475760r l’homme !

A.D. Vous intervenez dans le monde entier. Vous parlez et écrivez le japonais. Ce qui est un art très rare. Avez-vous envisagé de réécrire vos contes ou vos poèmes dans cette 978-3-639-65428-8-frontlangue. Je dis bien réécrire et non traduire. Pourquoi ?

Kamanda – Je ne me crois pas doué pour réécrire mon œuvre ! Chaque livre symbolise une étape de vie .J’ai écris 70% de mes livres au Japon. C’est le pays qui m’a beaucoup donné ! J’espère voir les Japonais lire tous mes livres en Japonais, mais traduits par de très bons traducteurs Japonais.

A.D. En fait, je pensais que vous écriviez en japonais et qu’il vous était possible de traduire personnellement vos livres, malgré la difficulté de cette langue.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?11160658_975969965755626_8758022158899565722_n-2

Kamanda – Après mes contes complets, ma poésie complète, je voudrais finir mon théâtre complet. Le reste de ma vie sera consacré aux justes causes, à l’écriture romanesque et aux essais sur l’Afrique perdue entre les rêves et les réalités.

A.D. De beaux projets en perspective.

002500123A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

Kamanda – Tout jeune auteur doit croire en ses dons et se méfier de l’arrogance ! Il doit se considérer comme un artisan !

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?

Kamanda – En faire une tribune d’idée neuve, un lieu de mémoire littéraire avec plus des images d’archives sur les écrivains, éviter de vous laisser manipuler par ceux qui se disent faiseurs de légendes, de héros et de dignitaires Noirs.9782708707153FS

A.D. C’est mon rêve le plus cher. Et quand je reçois des bonnes 2747525864rcritiques de personnes en Corée, aux Etats-Unis ou d’ailleurs, qui sont heureux de découvrir la Littérature Africaine, cela me donne envie de faire plus et mieux. Pour les images, Je suis en train d’y travailler car beaucoup d’écrivains me le demandent. 

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Kamanda – Je suis fier de vous et reconnaissant. Parler des écrivains sans préjugés ni volonté d’exclure est un immense courage et un honorable engagement.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.  

A TOI MA – Badou Sène, le Poète de Ndayane

(2002. Second anniversaire de maman au royaume des ombres)

Hier en songe, j’ai souvenance,
Caressant sa pierre tombale,
Avoir murmuré à ma mère :
Ma, j’ai confié à l’ange ton salam matinal
Je n’ai voulu ce faisant, manquer de prestance
Je lui disais bien : «Tu sais, j’adore ma mère
Qui plus encore me chérit
Le jour pour moi, aux flancs de ma mère
Est comme un songe qui ne tarit
L’un pour l’autre si souvent
Nous demandions à Dieu le bonheur éternel
Aux petits bouquets de jasmins si bels
Que de temps en temps je lui tendais
Elle m’arrachait du sol me contemplant dans le vent
Sa bise tendre au beau soleil d’or, explosait
Sur mes joues roses bronzées »
Maman, tu es le plus beau des poèmes
Que le poète n’étale sur son parchemin
Ton nom plante le Baobab de la joie, sème
Les pollens de l’amour dans le cœur de l’humanité.
Tu es, maman, la poésie vivante
Qui se vit quant on ne sait avec art la déclamer.
Et l’ange a souri comme tu viens de sourire !
Je savais qu’il t’apporterait
Le souffle nostalgique
De ton petit garçon

Maisons hantées – Kama Sywor KAMANDA In Éclipse d’étoiles

Maintenant, nous avons nos doutes pour pleurer.
Quand les identités et les années
Se perdent dans le sable,
Nos villes moroses
Se parfument de roses
Déposées sur les tombes.
Nos maisons hantées
Par de longues solitudes
S’ouvrent aux vagues de l’amour,
Aussi abondantes qu’une mer des adieux.
Les offrandes amères
Peuplent les sphères de nos ambitions.
Nous cherchons nos racines
Comme d’autres des vérités cachées.

 

Mamie Denis, évadée de la maison de retraite – Edimo & Adjim Danngar – 2017

Les chroniques de Lee Ham

Quatrième de couverture

J’ai le sentiment qu’il va m’arriver quelque chose. Comme si j’étais une blonde d’Alfred Hitchcock.

Mon avis

Mamie Denis a des idées bien arrêtées sur tout ce qui l’entoure. Sur son arrondissement. La vie de quartier. Ses voisins… Son maire est bien placé pour le savoir, lui qui reçoit tous ses courriers de protestation. Alors, imaginez sa réaction quand des « coloniaux » (Africains) emménagent dans son immeuble. Que va -t-il se passer? Le supportera t-elle? Comment vont évoluer leurs relations? La vie de cette brave dame devient de plus en plus difficile. Elle doit faire face à de nombreux problèmes. Son neveu entre autres. La vie de Mamie Denis n’est vraiment pas un long fleuve tranquille. Surtout qu’elle est pleine de fougue, de verbe, de vie.

C’est avec beaucoup d’humour que nous faisons connaissance de cette mamie et de ses tribulations. Une Tatie Danielle puissance dix. Un regard…

Voir l’article original 162 mots de plus

Le corbeau de Zurich -Gaspard-Hubert Lonsi-Koko – 2018

Les chroniques de Lee Ham

Quatrième de couverture

A la fin des années 1980, en pleine affaire Kopp et dans le contexte d’un probable trafic d’or entre la Turquie et la Suisse, le détective natif de Kinshasa débarqua dans la capitale du canton de Zurich. Ainsi devait-il assurer l’intérim de la direction de l’entreprise familiale AD Finanzen und Treuhand à la suite de l’hospitalisation de son frère qui, après avoir été empoisonné, luttait entre la vie et la mort dans l’un des services du Kantonsspital à Winterthur.

Mais le ressortissant zaïrois se rendrait compte, très vite, que les montagnes suisses cachaient des bunkers bourrés d’armes de guerre. Des voyous en costard et cravate, ainsi que des hommes d’affaires en col blanc, mais maffieux, agissaient en toute impunité. Les banques helvétiques n’étaient pas aussi respectueuses de la législation internationale que dans certains pays en voie d’industrialisation. Dans ce pays d’Europe centrale, le chocolat ne contiendrait pas…

Voir l’article original 344 mots de plus

Naissance d’une femme – Camomille – 2017

Les chroniques de Lee Ham

Quatrième de couverture

Geneviève grandit dans les années 60, à Langevin, un écart de Saint-Joseph, au sud de l’île de la Réunion. Après une enfance heureuse auprès des siens, malgré la misère et le décès prématuré du père, une rencontre entraîne la jeune fille naïve dans un tourbillon qui lui enlève tout contrôle sur sa vie. Choc des cultures, violence et humiliations deviennent progressivement son lot. Mais Geneviève tient bon. Elle espère. Surtout pour ses enfants, sa seule consolation et l’objet de sa fierté. Jusqu’à ce qu’éclate le scandale, qui brisera sa famille et ses dernières illusions. Geneviève saisit alors l’opportunité de devenir la femme libre et capable qui, au fond d’elle, attendait d’être révélée.

Mon Avis

Etre femme dans certains endroits du monde peut représenter une grande difficulté. Tout peut contribuer à ce qu’une jeune fille à la fleur de l’âge découvre et exploite son statut de femme dans…

Voir l’article original 267 mots de plus