Holy Dolores – Poétesse Ivoirienne – 1980

de chair et de sangMarjorie Goué est née en 1980 en Côte d’Ivoire. Sous le nom de plume de Holy Dolores, elle a publié un recueil de poésie en 2017.  De chair et de sang qui retrace sa vie à travers les épreuves, les joies, les peines vécues. Ce recueil poignant retrace aussi l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire,holy dolores surtout durant la guerre (1998-20015).

Très jeune, elle écrivait des poèmes et a été lauréate de plusieurs prix scolaires et nationaux. Elle écrivait « pour assouvir un besoin personnel« . En 2012, elle a été éditée dans une anthologie de la poésie « tendresse et passion« . Actuellement, Holy Dolores est rédactrice et anime un blog « L’autre Afrique » qui démontre son attachement à son continent et son désir de montrer toutes les richesses culturelles de ce dernier.  L’Autre Afrique Holy Dolores

L’éternelle bataille entre le bien et le mal

5,0 sur 5 étoiles

Par Laurynne le 27 août 2018

Format: Format Kindle Achat vérifié

Très agréablement surprise par ce livre. J’ai adoré le voyage. Eh oui c’est un vrai voyage à travers l’Afrique avec ses traditions et ses contes. De plus l’auteure exerce l’art de la description de façon remarquable, si bien que les images défilent devant nos yeux, on s’y croirait vraiment. Le suspense y est de mise aussi, on a hâte de savoir qui va triompher, est ce que le jeune Shouna va choisir le chemin du bien ou du mal. Une rude bataille se livre, avec des images fortes et cruelles, mais l’espoir que le bien triomphe ne nous lâche pas. Et pus je suis arrivée à la fin de ce tome avec une grande déception, celle de ne pas connaitre la suite…J’attends donc impatiemment la suite des aventures du Roi Shouna.

Un monde plein de mystère

 

5,0 sur 5 étoiles
Par Client d’Amazon le 20 septembre 2018
Format: Format Kindle Achat vérifié
Dés les premières lignes, je me suis laissé emporter dans ce curieux univers. J’ai eu la sensation d’entendre les animaux autour de moi, sentir l’ombre pesante de la nuit envahir la pièce. Il y aurait tellement de chose à dire que je préfère relire certains passages particulièrement prenant pour me laisser de nouveau saisir par cette histoire. On a pas la sensation de lire des mots, on a l’impression de les entendre d’un vieux conteur assis sous son arbre.

Editions ZEBULO – Ile de la Réunion

couv labaladedelittlemomoEn 2009 nous avons créé ZéBuLO, l’atelier des tout-petits, au Village couverturetrimartolodArtisanal de l’Eperon, à Saint Gilles les Hauts, Île de la Réunion Depuis 9 ans, ZéBuLO accueille des jeunes enfants de 0 à 6 ans tous les jours. Les enfants se rencontrent, jouent, peignent, dessinent, font du jardin, de la musique, se déguisent, apprennent à vivre en société en toute sécurité, dans la douceur, le partage et le plaisir. Un lieu d’éveil et de créativité.

Lorsque nous avons créé l’atelier des tout-petits nous imaginions éditer un jour desEXE_livre_.indd beaux livres pour les enfants, c’était une évidence : le livre doit garder une place première pour que les tout-petits découvrent le monde et développent leur imagination. Et nous avons bien des efforts à faire face à la multiplication des écrans dès le plus jeune âge.

Fin 2011 nous sortons notre premier livre CD : « Le bal des animaux » suivront en 2013 les premiers livres sonores de la Réunion, les livres musicaux « Séga » et « Maloya » qui font le succès des éditions ZEBULO encore aujourd’hui. En 2014 c’est la sortie de « Moutya » un livre musical sur les livre_ les zazous dans la nature.inddSeychelles commandé par le Conseil Général de la Réunion, et la sortie de «dans les hauts» et «dans les bas» deux livres sonores sur les bruits de la Réunion.

En 2016 et pour la première fois nous sortons trois livres que nous n’avons pas imaginés nous-mêmes : ce sont les auteurs qui sont venus à nous en proposant leur projet. Il s’agit de la BD « Des Abeilles et des Hommes » de Fred THEYS et de « Zistoir 3 ti Tang » & « Kissa la vole 7 zeuf ti Pintad gri ?» de Katty Lauret-Lucilly et Florencecouv salegy Miranville, deux livres bilingues & sonores à calculer.

2017 voit la sortie de quatre nouveaux titres : Les Zazous dans la nature un beau livre de Fred Theys, Salegy, livre musical sur Madagascar avec Moniri M’Baé et Georges Razafintsotra, La balade de Little Momo, un livre accordéon de Moniri M’baé et le premier roman jeunesse de Lalou « Où le vent te mène ».

couv tangCette année 2018, un nouveau livre musical sur la Bretagne « Tri Martolod » illustré par Solen Coeffic et le magnifique « livre des métiers » de Julie Bernard. En octobre sortira un livre de contes en créole réunionnais et Anjouanais accompagné d’un CD.

Chaque année nous participons au Salon jeunesse de Montreuil sega couvet au Salon de Paris sur le stand de la Réunion des Livres, nos livres suscitent un réel intérêt de l’autre côté de la mer, nous sommes actuellement distribués par Pollen-Littéral, toutes les librairies de la métropole peuvent passer commande. Nos livres sont disponibles dans toutes les librairies de l’île, mais aussi un grand nombre de boutiques, musées, office de tourisme… et bien sur le site de notre distributeur réunionnais où l’on peut commander les livres : 

https://www.des-livres-et-des-iles.fr

 

 

Petite chronique d’une passionnée – un avis

Ma petite chronique :
je découvre la plume fluide et envoûtante de Amélie Diack, que je remercie pour ce service presse. Nous entrons dans un univers fantastique de contes et légendes Africaines.
Shouna est né, et plus rien ne sera jamais comme avant. Il est né pour régner en Maître, roi des animaux de la forêt. Issu de Diolor, mère maudite infertile et repoussée de tous pour s’être assise sur un mortier enfant (offense envers les Dieux), et d’un père veuf Ndiogou, qui eu pitié de la pauvre fille, il grandit dans la forêt avec sa cour et ses serviteurs.
Seul, il cherchera à découvrir la vie de ses ancêtres afin de savoir quelle direction prendre. Le monde dans lequel il évolue est maudit. De suspense en rebondissements le début du roman sera complètement bouleversé. Des découvertes surprenantes et inattendues.
Les animaux de la forêt sont la cour de Shouna, même les astres sont soumis, la lune et le soleil brillent en fonction de ses humeurs ingérables.
Mais Shouna cherche à comprendre, fait-il vraiment parti du monde des ténèbres ? Est-il né pour perpétuer le mal ? Ses parents lui ont-ils dit toute la vérité ?
J’ai été littéralement envoûtée par l’écriture fluide et poétique de l’auteure, par le mythe africain et l’ambiance terrifiante. j’ai hâte de retrouver les personnages si effrayants soient-ils.
Ma petite note : 8.5/10

À UN PAYSAN NOIR _ Mamadou Moustapha Wade

Ils rêvaient d’étrangler le jour
Dans la faim noyer ton sourire
Mais l’amour couvait silencieux sous la cendre
La braise brûlante calcinait la nuit.

Mûrie dans la souffrance
Ma puissance et infinie
Je chante pour toi pour tous…

Ton regard d’aigle a chassé les ombres
Porte-moi sur tes épaules géantes
Écoute dans les ténèbres filer les fantômes
Écoute ! La force éclate dans l’aube dépliée
Présence 2002

Les derniers de la rue Ponty – Serigne M. Guèye – 2009

Quatrième de couverture

Un jeune homme étrange qui se dit déjà mort et prétend être un ange, Gabriel, atterrit au Sénégal. Silhouette haute, allongée par son grand manteau aux poches si remplies de billets qu’on les croirait sans fond, Gabriel sillonne Dakar en quête de rédemption peut-être, d’une forme de salut certainement…

L’auteur

Disiz1Serigne Mbaye Guèye, plus connu sous le nom de Disiz ou Disiz la Peste est né le 22 mars 1978 à Amiens (France). Il est rappeur et à ses heures perdues, écrivain.  c’est ainsi qu’en 2005, il écrit son premier roman René, un roman d’anticipation qui dépeint la vie d’un jeune homme dans une France gouvernée par l’Extrême Droite. Puis, en 2009, sort les derniers de la rue Ponty aux Editions Naïves.

Roman

 rue ponty disizDe nuit, dans les rues de Dakar, une ombre se déplace. Humain? Fantôme? Elle Pose son ombre, sa protection sur une fratrie à la rue. Bon ou mauvais présage? Un roman qui nous emmène dans les profondeurs de la société sénégalaise. Différentes rencontres. Différents portraits. Différentes histoires. Tristes. Touchantes. C’est un roman écrit à la première personne. Récit d’un homme qui va au bout de sa foi. De sa douleur. Un homme-ange qui ne peur résister aux sirènes de Cupidon. Homme dans sa vie. Ange dans ses actions. Quelle est la réalité de cet homme?

Extrait P. 95-96

« Ce jeune garçon qui, pour oublier qu’il vend son corps à de monstrueux touristes rouges, renifle des tornades de solvants organiques, inhale ces vapeurs maléfiques, mais ô combien apaisantes. Elles lui feront passer une nuit tranquille, car elles dissoudront la masse poisseuse et noire des cauchemars de sa vie. Cette passerelle vers l’oubli, cette bouffée de joie envahit ses alvéoles pulmonaires et atteint son cerveau en un flash rapide, qui le transporte vers l’ivresse. Il se sent léger et éloigné de l’épaisseur du monde. Il s’endort, bercé par la mer, tous ses cauchemars enfermés dans un petit flacon de vernis à ongles, tels des génies dans la lampe d’un jeune Aladin qui n’a plus de vœux. »

Mille ans dans le tunnel – El Hadj Gana Sène

Je ne suis pas criminel
Je suis juste devenu rebelle
À cause de mes mille ans dans le tunnel
Qui rendaient ma vie de plus en plus cruelle

 
Je ne suis pas méchant, je suis rancunier
À cause de ces regards qui me dédaignaient
À cause de ces bras qui me repoussaient
À cause de ces sales doigts qui me pointaient

 
Seule la solitude devint mon amie
Et le silence ressuscitait mes soucis
Le monde me ressemblait à un sinistre nid
J’ignorais vraiment le goût de la vie

 
Haha ! J’ai reçu tant de coups
Mais je me suis toujours tenu debout
Dans ce tunnel qui me paraissait sans bout
Où le désespoir voulait me mettre à genoux…

 
Elhadji Gana Sène le Benjamin des poètes

Tombe , ô douce pluie – Holy Dolores – 2017

Tombe, tombe, tombe
Tombe, ô douce pluie !
Tombe sur ces monceaux de corps dans les rues, gisant
Tombe sur ces mares de sang séchées, au ciel criant.

Tombe, tombe, tombe
Tombe, ô douce pluie !
Tombe sur cette hécatombe, triste requiem
Tombe sur ces dépouilles, eau de l’ultime baptême

Tombe, tombe, tombe
Tombe, ô douce pluie !
Tombe sur cette odeur immortelle de poudre
Tombe sur cette puanteur pestilentielle, à grosses gouttes.

Tombe, tombe, tombe
Tombe, ô douce pluie !
Tombe sur cette existence dénuée de sens
Tombe sur ce monde perdu, en déliquescence

Épure, décrasse, blanchit
Récure, retrace, reverdit
Tombe, ô douce pluie régénératrice !
Fais pleuvoir tes trombes bienfaitrices.

De chair et de sang

Sini-Mory – Keïta Fodéba

Une nuit, l’enfant de Sini-Mory, sans motif, pleura. Toute la cour royale se mit en branle pour le faire taire. Les efforts furent vains. Il pleurait, pleurait, pleurait… Alors, Sini-Mory qui avait compris les pleurs de son enfant, prit sa petite guitare monocorde, s’assit au seuil du palais, et chanta.

L’enfant se tut. L’étrangère aux cheveux hirsutes, l’ancienne marâtre du petit village des marais, celle qui savait tout le mystère de la famille de Sini-Mory, couchée près du feu, comprit…

Elle se souvint et, confuse, bourdonna…bourdonna… bourdonna…

C’est ainsi que celle qui fit disparaître le petit chien roux de l’orphelin s’envola et devint l’ancêtre de ces grosses mouches de nos jours.

A ce moment, je le répète, les animaux parlaient comme les hommes.

Aube Africaine

Nuit de Sine – Léopold Sédar Senghor

Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que fourrure.
Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne
À peine. Pas même la chanson de nourrice.
Qu’il nous berce, le silence rythmé.
Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons
Battre le pouls profond de l’Afrique dans la brume des villages perdus.
Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale
Voici que s’assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes
Dodelinent de la tête comme l’enfant sur le dos de sa mère
Voici que les pieds des danseurs s’alourdissent, que s’alourdit la langue des choeurs alternés.
C’est l’heure des étoiles et de la Nuit qui songe
S’accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.
Les toits des cases luisent tendrement. Que disent-ils, si confidentiels, aux étoiles ?
Dedans, le foyer s’éteint dans l’intimité d’odeurs âcres et douces.
Femme, allume la lampe au beurre clair, que causent autour les Ancêtres comme les parents, les enfants au lit.
Écoutons la voix des Anciens d’Elissa. Comme nous exilés
Ils n’ont pas voulu mourir, que se perdît par les sables leur torrent séminal.
Que j’écoute, dans la case enfumée que visite un reflet d’âmes propices
Ma tête sur ton sein chaud comme un dang au sortir du feu et fumant
Que je respire l’odeur de nos Morts, que je recueille et redise leur voix vivante, que j’apprenne à
Vivre avant de descendre, au-delà du plongeur, dans les hautes profondeurs du sommeil.

Chants d’ombre

Les cris muets à la face du monde – 6 Septembre 2018 – Rédigé par Virginie Vanos – Entretien avec Amélie Diack

 C’est avec une joie infinie que j’entame cette rentrée littéraire. Car j’ai décidé d’aller à la rencontre de femmes, artistes, créatrices, complexes, fascinantes. Ma première interview est une entrevue avec Amélie Diack, auteure et chroniqueuse que j’estime particulièrement. Née au Sénégal, d’une mère martiniquaise et d’un père sénégalais, elle vit actuellement en France.

ciel bleu feuille nuages

VV : « Bonjour Amélie, vous êtes auteure, chroniqueuse et, à mes yeux, une grande humaniste. Commençons alors par vos livres. Comment résumerez-vous votre travail et votre approche personnelle ? »

Amélie Diack : « Bonjour Virginie. Humaniste est un bien grand mot. J’ai du respect pour tout ce qui vit. Tout simplement. En ce qui concerne mon écriture, il n’est pas facile d’en parler. Écrire, pour moi, représente une façon de vivre.
L’écriture c’est ma vie, mes maux, mes mots, mes tripes.
Mes cris muets à la face du monde. L’écriture est une seconde nature. Je pose les mots comme ils me viennent. Je les laisse prendre vie et me guider dans l’histoire qu’ils racontent. Je ne suis que la messagère. Je n’ai pas d’organisation particulière.
J’écris partout où je me trouve. Mon petit carnet ne me quitte pas et recèle des trésors de mots, de phrases, d’idées. Ces bouts de quelque chose qui prendront vie et deviendront une histoire. Un roman. J’adore emporter les gens dans un univers parallèle où se mêlent le réel et l’irréel.
Le tout bercé par mes origines, les histoires que nous nos racontions pour nous faire peur ou pour nous faire rire.
J’écris la vie. Les souvenirs bons ou mauvais. Les rêves. Écrire permet à la grande timide que je suis, de m’exprimer. De bavarder. Tout simplement »

VV : « Vous m’avez un jour dit qu’il n’y avait pas de mauvais livre… Pouvez-vous préciser votre pensée à ce sujet ? Vous parlez si souvent d’émotions… »

Amélie Diack : « Un proverbe sénégalais dit que « l’homme est le remède de l’homme ». Quel lien avec les émotions ?
Tout simplement que les émotions nous rapprochent de l’autre sans qui nous n’existons pas. Je suis une femme pour qui les sens, les émotions sont très importants.
Qu’est-ce qu’un bon ou un mauvais livre ?
Sur quels critères peut-on se baser pour encenser ou descendre en flammes un livre ?
D’ailleurs qui sommes-nous pour nous octroyer ce droit ?
Un livre, c’est avant tout l’imaginaire de quelqu’un. Ses mots. Son histoire. Son imagination. On peut comprendre un livre car il nous parle ou touche une partie de notre vie, de nos souvenirs. Nous comprenons l’histoire et la portons dans notre cœur.
Nous comprenons l’auteur.
D’autre part, ce même livre peut nous déranger. Ses mots, son histoire nous sont hermétiques. Peu importe les raisons qui peuvent être personnelles, émotionnelles. Cela dépendra toujours de la personne qui le lira. Les émotions sont importantes pour moi. Elles sont l’essence même de l’Humain, de l’animal.
Ces émotions nous aident à construire notre histoire, notre vie. Elles en font l’unicité, la particularité. Je suis une écorchée vive. Ce qui m’a permis d’exercer des métiers où je devais prendre en charge les émotions des autres.
De les comprendre.
D’être humble face à l’évidence. Face au destin. L’émotion nous rend notre humanité. Cette humanité, je l’ai mise au service de la souffrance des autres. Face à leur désespoir. L’Humain sans émotions, n’est tout simplement pas. »

VV : « Y a-t-il des livres que vous refuseriez de chroniquer ? Il y a un an de cela, j’ai pour ma part refusé de publier l’interview d’un auteur dont les propos prosélytes touchaient à l’extrémisme fascisant… Pensez-vous que parfois, d’expression notre conscience morale et citoyenne puisse primer face à notre sens de la liberté d’expression ? »

Amélie Diack : « Selon moi, la liberté d’expression a des limites. Nous avons le droit de dire ce que nous voulons tant que nous ne blessons pas les autres.
Tant que nous ne les stigmatisons pas. Tant que nous ne les rabaissons pas. Tant que nous ne portons pas atteinte à l’Humain. C’est cette philosophie de vie qui me fera refuser de chroniquer un livre. Et même de le lire, malgré ma curiosité intellectuelle.
Donc oui, je refuserai de chroniquer des livres qui seront ouvertement racistes, antisémites, anti blancs…
La liberté d’expression de ces auteurs touche l’Humain au plus profond de lui, par rapport à sa religion, sa couleur de peau, son rang social ou autres. C’est juste un devoir qu’a toute personne pour la postérité. Malheureusement, la Mémoire humaine est très courte et l’histoire du Monde est un éternel recommencement. C’est dommage. »

VV : « Vous m’avez récemment confié être profondément touchée par tout ce qui concerne l’atteinte à la dignité humaine. Pouvez-vous définir votre conception de la dignité humaine ? Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre pour combattre ces atteintes ? »

Amélie Diack : « La dignité humaine… Si simple et si difficile à définir. La dignité humaine est tout ce qui permet à l’Humain de vivre décemment.
Tout ce qui lui permet d’accéder au minimum vital pour avoir une vie. C’est le respect, l’accès à la nourriture, au logement…
Tout ce qui lui permettra de marcher la tête haute, d’agir comme il le souhaite tant que cela ne porte pas atteint à l’intégrité d’autrui. Oui, je suis profondément touchée par ces hommes, ces femmes qui quittent leur terre, leur famille pour affronter la mort, dans l’espoir de jours meilleurs.
Je suis blessée de voir que l’esclavage existe encore sous toute ses formes.
De voir ces enfants des rues à travers le monde.
Ces femmes bafouées du fait de leur statut de femme, ces fillettes poussées vers le mariage précoce du fait de traditions obsolètes. Je suis indignée de voir un Humain tué du fait de sa religion, de la couleur de sa peau.
Durant une grande partie de ma vie, j’ai milité, j’ai battu le pavé pour les causes qui me tenaient à cœur.
Des causes qui me tiennent toujours à cœur.
Depuis mes dix ans.
Maintenant, je fais passer des messages. J’explique. Je viens en aide, humblement, à ceux qui en ont besoin. Dans la limite de mes capacités. »

oeil soleil couchant chaleur

VV : « Que vous ont appris vos recherches anthropologiques et ethnographiques sur le monde actuel ? »

Amélie Diack : « Beaucoup de choses. Chaque peuple a son histoire, ses codes, ses us et coutumes, ses traditions. Certaines traditions sont plus pérennes que d’autres.
Pour lutter contre une tradition obsolète, il ne faut pas la criminaliser, mais expliquer pour changer les mentalités. C’est long, difficile. Mais, c’est ce qui permettra de gagner le combat car cette bataille se gagne au long cours.
Aussi, il ne faut pas avoir des préjugés car l’interprétation de chaque geste peut prêter à confusion.
Par exemple, quand je suis arrivée en France, j’avais l’habitude de baisser les yeux en parlant aux personnes plus âgées. Ce qui pour moi, était signe de respect. Les gens trouvaient que j’étais fausse. Je ne comprenais pas et en souffrais beaucoup.
Il a fallu que ma sœur m’explique qu’en France on regardait les gens dans les yeux. J’y suis arrivée. Mais ce fut très difficile. La situation des femmes de ménages, par exemple, n’a guère évolué.
Les violences sont toujours présentes, malgré les syndicats, les lois. Les violences sont financières, verbales, psychologiques. Je suis métisse.
Mes parents m’ont toujours appris à respecter l’autre à travers son histoire, ses traditions, etc. Ils nous l’ont démontré en nous inculquant le meilleur des traditions, des coutumes, des histoires de chacun.
Une vraie richesse. Une leçon de tolérance. »

VV : « J’ai souvent l’impression que notre liberté d’expression est bien plus bridée que dans les années 80. Quel est votre sentiment à ce sujet ? »

Amélie Diack : « Je pense que le politiquement correct est à l’ordre du jour. On ne peut pas dire certains mots de peur de subir une chasse aux sorcières.
Cependant, je pense que dans les années 80, la liberté d’expression n’avait pas de limites. Ce n’était pas forcément la panacée. Le fait est que nous sommes passés d’une extrémité à une autre. Il n’y a pas de juste milieu. »

VV : « Avez-vous des héros personnels à qui vous souhaiteriez rendre hommage ? »

Amélie Diack : « Oh oui. Tout d’abord Winnie Mandela. Eh oui, contrairement à tous ceux qui l’ont diabolisée sans connaître son histoire, je trouve que cette femme est un exemple.
Elle a eu quelques déboires. Mais, sans la voix de Winnie, Nelson Mandela ne serait pas. Plutôt, il serait un illustre inconnu. Cette femme a élevé ses enfants seule, tout en restant active pour l’African National Congress (ANC).
Malgré les emprisonnements. Elle a crié à la face du monde la souffrance de son peuple. La lutte de son mari emprisonné. Elle a consacré toute sa vie, sa jeunesse à cette lutte, jusqu’à la libération de Nelson Mandela. Suprême sacrifice, elle a accepté de le quitter pour qu’il puisse politiquement faire son chemin.
La preuve est que son ex-mari l’a respectée jusqu’à son dernier souffle. La mémoire humaine a juste oublié que c’est une femme qui vivait dans un pays qui était d’une violence inouïe pour les non blancs.
Ensuite, j’ai aussi beaucoup de respect et d’admiration pour Simone Veil. Une femme qui a vécu l’horreur, de cette horreur qui n’a plus de nom. Elle en est sortie humble, digne, avec la force de se battre pour ses idées. Pour les femmes françaises. Elle leur a offert l’opportunité de jouir de leur corps comme elles le souhaitaient.
Puis, ma mère. Une femme forte. Digne. Une femme qui a quitté sa famille, son travail pour suivre l’homme qu’elle aime dans un pays, un continent qu’elle ne connaissait pas. Elle a été mise en quarantaine par sa communauté pour avoir fait ce choix.
Elle a tout subi par amour et a élevé ses enfants seule, après le décès de mon père. Une vraie battante. Sa vie en Afrique n’a pas été de tout repos. Mais elle a tenu et nous a donné une très bonne éducation et surtout cette force pour supporter le monde et ses vicissitudes, tout en restant droits dans nos bottes, en levant la tête et en avançant vers notre but.
Elle est mon héroïne bien avant les autres. »
* VV: Virginie Vanos

couverture shouna amelie diak

Découvrez le blog d’Amélie Diack où elle présente les auteurs et romans africains. Et ne vous privez pas de lire les chroniques d’Amélie Diack.

virginie vanos  © Marc Naesen

Virginie Vanos © Marc Naesen
Entretien réalisé par Virginie Vanos

Entretien avec Mamadou Samb, Homme de Lettres Sénégalais – par Amélie Diack

« Mamadou Samb est un écrivain dont la plume marque la société sénégalaise voire africaine. Au travers de son entretien, nous découvrons un homme, riche culturellement, humble, Humain. Je vous laisse le découvrir  » Amélie Diack

Bonjour Monsieur Samb. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée et mes abonnés aussi.
Tout le plaisir est pour moi. Je vous remercie pour l’honneur que vous me faites en m’offrant si généreusement l’occasion de m’adresser à mes lecteurs et à vos nombreux abonnés. Je vous remercie aussi pour l’intérêt que vous portez à mes productions littéraires en me révélant que vous connaissez déjà tous mes livres qui sont publiés.

A. D.   oh oui, je vous suis depuis un bon moment et ma bibliothèque est riche de vos écrits

Pouvez-vous vous présenter auprès de vos lecteurs ?
A chaque fois que l’on me pose cette question, j’essaie d’avoir du recul pour ne pas donner une image qui me présente comme j’aimerais être ou comme je voudrais que mon interlocuteur me perçoive. L’objectivité et la subjectivité se confondent souvent dans une auto-présentation.
Ceci dit, maintenant je réponds sans hésiter que je suis écrivain… ce titre, montre unede pulpe et d'orange M. Samb fonction que j’exerce et dont la matérialisation est l’existence de plusieurs livres qui portent ma signature. Ecrivain ? Oui, dirais-je après avoir longtemps eu des frayeurs pour accepter de porter ce titre qui en fait ne se décrète pas mais s’acquière à la suite d’une longue expérience qui doit se solder par la production d’un ou de plusieurs livres de fiction. Ecrivain ? Oui, mais me définir ou me présenter comme écrivain serait très réducteur de ma vie et de mes activités qui jalonnent et qui continuent de marquer chaque étape de mon existence. L’écriture est venue à moi au cours de ma carrière administrative d’abord en tant qu’enseignant et ensuite en tant qu’Inspecteur de l’Animation du Développement et Médiateur Pédagogique. Ce turban d’écrivain est resté sur ma tête en tant que Conseiller technique dans plusieurs ministères comme celui de l’Intérieur, de la Décentralisation, de la Petite Enfance, de la famille et de la Femme. L’écriture comme un labeur prégnant, je m’en accommodais avec plaisir et je l’ai réellement acceptée comme titre que lorsque j’ai obtenu certaines reconnaissances comme : Grand Prix des lycéens du Sénégal, Grand Prix Sembène Ousmane du Roman, Nominé au Grand Prix du Chef de l’Etat pour les lettres. Donc en dehors de mes activités professionnelles et annexes comme Expert en Femmes et Développement de l’UA, je suis devenu écrivain sans jamais m’imposer comme tel ou d’en faire un métier en plein temps.

Quels sont vos plus beaux souvenirs d’enfance, de vos études ?
De beaux souvenirs d’enfance, j’en ai eu plein, mais ma meilleure façon d’en parler9791090147270 serait de les regrouper dans des lieux comme :
Ngabou, le village où je passais trois mois par an mes vacances scolaires, avec sa nature verte, ses champs, ses animaux domestiques, ses rivières et lacs.
Le marché de Sandaga où je venais aider mon père dans son commerce et où je me gavais de lecture et de bandes dessinées chez les marchands de vieux journaux et de livres usagés.
Grand-Dakar, le mythique quartier où j’ai grandi dans un cadre familial élargi avec seize frères et sœurs, des tantes, des voisins, des cousines et cousins et autres parents qui tous, ont contribué à forger ma personnalité et ont alimenté mes rêves de jeunesse.
L’internat à l’École Normale William Ponty, où j’ai connu la diversité, la concurrence saine dans un environnement multiculturel, la vie artistique et sa pratique en toute liberté.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Mon désir d’écriture s’est progressivement installé en moi à la suite de ma vie d’internat9791090147133 à la prestigieuse École Normale William Ponty où j’étais très actif dans le club culturel, le théâtre et la vie associative.
Ensuite ce désir s’est exacerbé lorsqu’à la fin de mes études, j’occupais mon premier poste en tant que Directeur d’école en Casamance. Plongé dans une nature vierge et florissante, dans une verdure envoûtante et au milieu des merveilleux habitants du village de Séléky, j’avais tout à ma disposition pour exprimer mes sentiments à travers l’écriture.
Ce désir s’est installé et a muri en moi lorsque, rentré à Dakar, j’ai été régulièrement confronté et agressé par des situations où la condition humaine était régulièrement étalée sous mes yeux dans leur dénuement le plus total, aiguisant ainsi ma sensibilité et ne me laissant aucune issue d’indifférence face à la misère et au désarroi qui étaient le lot quotidien des personnes que je côtoyais de près ou de loin. Je reste persuadé que l’écriture est une somme d’expériences, elle ne se décrète pas du jour au lendemain, mais s’acquière progressivement parce que, alimentée objectivement ou subjectivement par un vécu auquel on est concerné directement ou indirectement.

À quel moment aviez-vous décidé de devenir écrivain ?
Je n’ai jamais décidé à un moment précis que je voudrai être écrivain. J’ai toujours eu un recul par rapport à cette appellation, et si ce n’était pas les titres obtenus qui me confirment dans cette corporation, j’allais continuer à écrire sans jamais m’affubler du titre d’écrivain, pas parce que je surf sur une fausse modestie ou que j’ai peur de me faire une grosse tête, mais parce qu’être écrivain est une lourde responsabilité sociétale et est très chargé pour moi. Un livre, une fois écrit et publié, sort du contrôle de l’auteur et est soumis à l’appréciation positive ou négative des lecteurs qui sont seul juges.

Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Cela va peut-être étonner plus d’un quand je répondrai que je n’ai jamais eu de problèmesang fantz de conflits ou de télescopages affectifs ou matériels entre mes livres et ma famille. Ma famille est prioritaire et elle est toujours mise en avant dans mes activités. Toute action qui ne contribue pas à améliorer mes relations et l’harmonie avec ma famille est sans ambages mis aux oubliettes.
Je donne du temps à l’écriture mais je ne me laisse pas entrainer dans le sillage qui veut que certains écrivains soient des marginaux qui font semblant de ne pas comprendre leur société ou qui pensent que les autres ont du mal à les comprendre, ainsi vivant comme des extraterrestres qui portent lourdement sur leurs frêles épaules d’humain leur joug d’écrivain.
Ma famille adhère parfaitement à ma passion d’écriture car je fais tout pour que cette affection littéraire ne perturbe ni mes obligations quotidiennes ni mes relations humaines en général et familiales en particulier.

Quelle a été l’inspiration de votre premier roman ? De quoi ou de qui vous êtes-vous inspiré ?
51r0jdfPkwL._UY250_Mon premier roman « De pulpe et d’Orange » édition Enda-tiers monde en 1990.
Est une autobiographie d’une fille-mère, étudiante et prostituée, transposée avec tact pour exprimer à la fois les difficultés d’un certain contexte social et chez Nabou (l’héroïne), la volonté de s’en sortir, pour elle-même et pour son fils.
Dans ce roman, j’ai cherché à travers une longue histoire d’une vie, faire émerger l’essentiel, tout en gardant au récit, sa vérité et sa saveur.
Pour résumer le livre je vais prendre un peu de recul et vous proposer la note (reçue aujourd’hui) d’une lectrice qui s’appelle Aïssata Sawadogo

Ma lecture de « De Pulpe et d’Orange » de Mamadou Samb.
« Ce livre n’est pas un roman à survoler sans chercher à saisir sa profondeur.
Il parle de ces filles à qui la société a tout pris et en exige ce qu’elles n’ont plus, les jugeant sans se demander quel impact elle a eu sur ces filles, ces femmes qui, obligées de vivre dans leur société, sont obligées de se vêtir d’un manteau et d’une personnalité qui ne sont pas les leurs.
L’histoire de cette jeune fille venant d’une famille pauvre qui devait se battre pour avoir un avenir grâce à l’école, qui a eu des hommes malintentionnés sur son parcours et qui a refusé de baisser les bras et compter sur les autres devrait nous interpeller TOUS!
Elle a peut-être choisi de se prostituer (contrainte quand même) comme d’autres auraient fait autre chose mais pas par choix de facilité. Et un choc lui fait fermer cette page!
Un livre à lire absolument!
On ne devrait pas s’arrêter au sous-titre du livre mais investir le personnage et vivre chacune de ses difficultés, craintes, douleurs sans la juger pour sentir le poids aliénant de nos sociétés ».

A. D.   Une très belle lecture, en effet.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
J’ai terminé le manuscrit en plus ou moins deux ans et je me souviens que je l’ai écrit dans plusieurs cahiers d’écolier et au crayon comme un élève qui faisait ses devoirs de classe.
Satisfaction ? Oui car ce roman est actuellement à sa troisième réimpression, il est retenu à la bibliothèque universitaire de Paris et est actuellement à plus de quatorze mille exemplaires.

A.D. Toute mes félicitations

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Bien accueilli oui, mais aussi beaucoup de surprises, de critiques et d’incompréhensions de la part de certains censeurs de la société, car le roman traite de sujets très sensibles et semblait ne pas sortir à son époque et dans son milieu (sociologiquement parlant).

Depuis, vous en avez écrit plusieurs, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
J’ai dans ma bibliographie plusieurs œuvres, mais après chaque publication je suis sousNew Phototastic Collage pression, moins par le succès ou non de l’œuvre, mais plutôt par deux sentiments difficilement maîtrisables et qui hantent le sommeil de l’écrivain qui vient de tenir pour la première fois son nouveau livre fraîchement sorti de l’imprimerie :
– le premier sentiment c’est de livrer à l’appréciation des lecteurs et des critiques une production que j’ai murie pendant longtemps dans la solitude, dans l’angoisse et le doute.
Angoisse et doute permanents de n’avoir pas utilisé le mot juste, la phrase appropriée pour partager avec le lecteur mes sentiments, mes remarques, ma description des faits et gestes de mes personnages, les perceptions, les influences des milieux souvent hostiles dans lesquels ils baignent et l’atmosphère dans laquelle je les plonge sans ménagement.
Il est impossible pour un écrivain d’échapper à cette étape qui ressemble à la délivrance d’une parturiente qui vient de livrer à son entourage et au monde un nouveau-né qu’elle a gardé en son sein pendant neuf mois dans la douleur et l’anxiété de donner naissance à un bébé qu’elle ne sera pas la seule à apprécier.
– l’autre sentiment est lié à la production du prochain livre qui devra suivre et par quel bout l’aborder. Le sujet que je vais traiter est-il, et/ou sera-t-il assez intéressant pour mériter d’être écrit ? Est-ce que j’ai encore assez de ressources et de matières pour parler du sujet dont les différentes composantes se bousculent et s’entrechoquent pêlemêle dans ma tête ? Dois-je prendre le temps qu’il faut pour permettre au nouveau-né de prendre son envol ?
Autant de préoccupations qui envahissent l’écrivain et qui ne le quitteront plus jusqu’à la sortie d’un autre livre et le cercle reprendra.

A. D. Je vous comprends. Je traverse en ce moment le même enfer après la parution de mon premier roman et la préparation du prochain.

Quels sont les messages que vous véhiculez à travers vos écrits ?
Ma conviction profonde est que, comme le disait le distingué sage Amadou Hampâté Ba, « Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. »
Les messages que je véhicule à travers mes écrits, tournent essentiellement autour de la Condition Humaine : Il existe des liens tantôt visibles, tantôt invisibles et chaque êtreNew Phototastic Collage0 humain, pour donner un sens à sa vie, doit assumer sa responsabilité quant à ces liens qui forgent notre personnalité et qui font que nous existons. « Exister » dans le sens étymologique du mot : existerer ou exsisterer composé de ex et de sisterer qui est une forme dérivée de Stare (« être debout », « être stable »). Dès la naissance l’être humain cherche à être debout et fait tout pour garder une stabilité dans tous ses actes. Cette recherche de stabilité se poursuit au quotidien et se manifeste instinctivement dans nos comportements et nos relations ; d’abord avec nous-même, ensuite avec les autres et enfin avec notre environnement.
La « Stabilité » comme chez tout un chacun, est une recherche permanente de mes personnages dans leur processus évolutif. L’être n’est pas figé et le fait de se mouvoir dans un univers instable fait qu’il est tout le temps déstabilisé par les vicissitudes de son environnement proche ou éloigné. Par le biais des liens – tantôt visibles, tantôt invisibles – les personnages de mes livres se définissent et assument leur condition humaine en revendiquant leur part d’humanité.
A travers les pages de mes livres, aucun personnage n’est exclu, aucun cadre n’est neutre, aucune nature n’est négligée. Antagonistes et protagonistes se meuvent dans un univers qui se noue et se dénoue et où chacun joue son rôle qui influence et détermine la réaction de l’autre et dessine ainsi l’environnement qui selon le lecteur est jugé comme étant hostile ou favorable à l’épanouissement.

Quels sont vos futurs projets ?
Ecrire… Ecrire tant que j’aurais la possibilité et les moyens de le faire.

A. D. je vous le souhaite de tout cœur

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion d’écriture n’est pas un « témoin » que l’on se transmet comme font les athlètes coureurs de relais. C’est un besoin très intime, une tension forte et inextinguible, gisant dans le tréfonds de l’être et qui comme un magma surgit un jour des entrailles d’un volcan.
Toutefois, elle peut être stimulée par la pratique régulière de la lecture qui permet une exploration psychosociologique de soi-même et des autres.
La lecture est un moyen sûr pour mettre en place les rampes d’envol de cette passion, car chaque livre qu’on parcoure, ouvre largement les portes à un voyage permanent dans l’environnement proche ou lointain des personnages et la découverte permanente et variée de mondes insoupçonnés. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » dit-on ? Je reste persuadé que la lecture assidue est le meilleur véhicule qui conduit inéluctablement vers l’écriture.

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Ne jamais se presser.
Prendre le temps de murir ses idées.
Accepter la censure et le regard des professionnels sur ce que l’on produit.
Ne jamais penser que votre écriture, votre style ou vos idées sont parfaits et à l’abri des critiques.
Rester modeste. Oui… mais le monde de l’écriture est une jungle où il n’y a aucune place à la faiblesse. Comme un fauve, ne jamais lâcher sa proie. Doucement mais sûrement allez-y sans complexe et ne fléchissez jamais devant les obstacles qui de toute façon, inévitablement se dresseront sur votre chemin.

Quels conseils me donnerez-vous pour mon blog ?
Le soleil la fille m; sambQuand vous êtes sur la bonne voie, on ne peut que vous encourager et vous dire de persévérer car ce ne sera pas facile dans un paysage médiatique aussi multiple et diversifié.
Votre réussite dépendra essentiellement de votre professionnalisme et de la qualité de vos productions. Le monde littéraire n’est pas assez investi par des blogs engagés et spécialement orientés vers le livre, la lecture et les acteurs qui tournent autour de l’écriture, de sa diffusion et de sa promotion.
La littérature africaine est florissante, magnifique et très novatrice mais elle est mal exploitée, mal connue et est l’objet de sous-estimation par des intellectuelles (surtout africains) qui ne trouvent leur inspiration que dans les classiques scolaires et les citations désuètes et centenaires, d’écrivains exotiques et inaccessibles dont ils se gargarisent pour se donner bonne conscience lors de leurs exposés et conférences.
Votre Blog, s’il est accessible à nos jeunes professeurs devrait les aider à faireécharpe jumelles connaissance avec les auteurs actuels et les pousser à la lecture car il est regrettable de le dire : beaucoup d’entre eux demandent aux élèves de lire, mais eux ne connaissent de la littérature que les anciens livres au programme scolaire qu’ils ont lus par obligation (lorsqu’ils étaient eux-mêmes élèves), pour essentiellement préparer leurs devoirs et examens.
Malheureusement cette situation perdure et je suis souvent très consterné quand je demande à un professeur de lycée de me citer le dernier livre qu’il a lu, ou de me citer les auteurs de son pays et les livres qu’ils ont produits. Je suis d’autant plus meurtri quand des élèves me disent tristement qu’ils ne se retrouvent pas dans les anciens livres qu’on leur propose au programme et qu’ils trouvent leur lecture contraignante et très rébarbative.
Votre blog devrait aider à comprendre qu’il n’y a pas mieux pour voyager et apprendre sans contrainte dans le bonheur, qu’un bon livre que l’on lit avec plaisir et délectation.

A. D. Je fais de mon mieux. C’est un énorme travail. Cependant, j’adore ce que je fais. En ce qui concerne les professeurs, mon blog est ouvert à tous. Ils peuvent donner le lien à leurs étudiants et même venir y jeter un coup d’oeil. Je les y invite avec plaisir

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Pour aller vite, il faut aller doucement mais surement.
La réussite est au bout de l’effort, mais il faut que cet effort soit soutenu.

A. D.  Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Du nouveau pour la rentrée…

Bonjour les amis. C’est la rentrée scolaire. Notre blog va évoluer vers la présentation de la Littérature Africaine, de ses auteurs et des romans de ces derniers. Un moyen de ne plus m’éparpiller et de vous offrir plus d’articles qui vous montreront la richesse littéraire méconnue d’un continent en pleine mutation. Un continent dont les plumes chantent ces mutations. La présentation des Maisons d’Edition restera pluriculturelle. Merci à tous.

Mamadou Samb, écrivain Sénégalais défenseur des droits des femmes – Bibliographie

Mamadou Samb est un écrivain reconnu sur le continent Africain. Il s’agit d’un écrivain pluridisciplinaire. Un touche à tout littéraire. Un écrivain prolifique qui met sa plume au service de la femme Africaine face à certaines traditions aliénantes.

1990 De pulpe et d’Orange – édition Enda-tiers monde51r0jdfPkwL._UY250_
Autobiographie d’une fille-mère, étudiante et prostituée, transposée avec tact par l’auteur, exprime à la fois les difficultés d’un certain contexte social et chez Nabou (l’héroïne), la volonté de s’en sortir, pour elle-même et pour son fils. Dans ce roman, l’auteur a su d’une longue histoire d’une vie, faire émerger l’essentiel, tout en gardant au récit, sa vérité et sa saveur.

1995 Ouly la fille de l’aveugleédition EDJA-Lettres Collection Parlure d’Afrique. leOuly la fille de l'aveugle M. Samb regard d’une jeune fille de 24 ans sur la pauvreté et l’injustice quotidienne dans une société indifférente à ces maux sociétaux

 2003 Le Soleil, la Folle et le Taureau – NEAS – un hommage à la verte Casamance et qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui, victime de la condamnation des ancêtres offensés, provoque contre son gré le malheur de son entourage. Après la mort de ses jumeaux, premières victimes de la malédiction, Néné, soutenue par son mari Gueudjine, tente de se dresser contre les forcesLe soleil la fille m; samb surnaturelles de la forêt sacrée, le couple ira jusqu’au bout de ce combat inégal.

2008 Le Regard de l’Aveugle – éditions EDISAL – Grand Prix Littéraire desle regard de l'aveugle m; samb Lycéens du Sénégal 2011. Pointant un doigt accusateur sur certaines pratiques aliénantes de nos sociétés, l’auteur dans ce roman raconte la vie d’une jeune fille victime comme sa tante de l’excision et de l’infibulation par la mutilation d’une partie intime de leur anatomie. Suit alors pour les deux femmes, mais à des moments différents, une série de déboires liés à l’injustice humaine ou aux mauvais coups du sort. C’est un roman poignant par les thèmes abordés, notamment le problème crucial des mutilations génitales, la pauvreté, les castes, la ville et ses tracas, la prostitution, les enfants abandonnés, la violence, les pertes de valeurs. Et l’auteur évoque tout cela avec un réalisme saisissant, avec un art consommé de la narration.

2011 de Pulpe et d’Orange qui a connu un grand succès est réimprimé pour la troisième fois

Le roman Le Regard de l’Aveugle a été réédité depuis juin 2013 en Tunisie par les éditions CELI avec un nouveau format et une nouvelle couverture

2014 L’écharpe des jumelles – Le 26 septembre 2002, le naufrage du Joola fait plus deécharpe jumelles 1953 morts. Parmi les victimes figure Awa Baldé, une jeune fille peulh. Awa, après avoir sacrifié son honneur pour sauver sa sœur jumelle Adama Baldé d’un scandale familial, fuyait les siens, son village et sa communauté. Réfugiée chez des bienfaiteurs à Ziguinchor, son tragique destin la rattrape et la contraint à prendre le bateau pour Dakar afin de mettre à l’abri son fils. L’histoire d’Awa et d’Adama Baldé reflète la condition féminine et le statut des jeunes filles dans les sociétés africaines. Ce roman met en perspective les comportements insidieux qui perpétuent des traditions rétrogrades, comme le mariage forcé et/ou précoce, les violences faites aux femmes et d’autres pratiques socioculturelles dégradantes.

EXTRAIT
Adama Baldé
Je m’appelle Adama Baldé. Ma ressemblance avec ma sœur jumelle était déroutante : nous étions de vraies jumelles telles que les définit la science. Nous étions comme deux gouttes d’eau, et même ma mère se trompait souvent lorsqu’elle ne faisait pas l’effort de regarder la petite cicatrice qui se trouve sur le dos de ma main gauche.
J’étais la plus turbulente et, avant la blessure qui m’avait causé cette cicatrice qui nous distingue l’une de l’autre, plusieurs fois on avait corrigé Awa à ma place et, à chaque fois, elle criait en vain qu’elle était innocente.
Je suis d’une famille peulh qui s’est sédentarisée depuis plusieurs générations dans la région de Kolda pour partager ses activités entre l’agriculture et l’élevage.
L’ethnie à laquelle appartient ma famille est la somme des traditions que mes ancêtres ont patiemment et longuement moissonnées et engrangées tout au long de leur nomadisme à travers les siècles et les contrées.
Pour garder les traditions et l’héritage des ancêtres intacts, mon père, chef coutumier, s’était retiré à une trentaine de kilomètres de la capitale régionale pour fonder un village avec ses parents et amis pour, disait-il, « fuir la société pourrie des Noirs occidentalisés qui vivent dans l’insolence et le manque de repères. » p41, 42

2015 Les larmes de la Reine – Prince Seydou, un brillant expert-comptable partage depuis plusieurs années une vie harmonieuse avec Mapenda, un homme avec qui il entretient une relation ambiguë, au-delà d’une simple amitié. Dans son désir de changer de vie, il fait la connaissance de Yacine, une jeune institutrice pour laquelle il éprouve des sentiments encore jamais ressentis. Victime d’une machination qui conduit à la mort d’un homme dans des circonstances troubles, il est mis en détention.
Son procès au lieu d’être celui d’un homme en proie à une intrigue, est le théâtre où se dévoilent les secrets qui entourent sa vie.

Pour dire la nouvelle Afrique et faire une excursion dans l’Afrique des grands empires, Mamadou Samb dépeint la probité d’un prince face à l’injustice, la vaillance d’une reine et le courage d’un peuple confrontés à l’adversité de la nature. Il explore les lois du cœur par l’attachement d’un homme à un homme, d’un homme à une femme, d’une mère à son fils et d’une reine à son peuple.

EXTRAIT
« C’était la nuit… Dans l’envoûtante et surprenante ville de Dakar, c’était une nuit comme tant d’autres nuits à la fois insipides, imprévisibles et merveilleuses, qui attendait d’être écourtée comme les autres par le chant du coq ou l’appel du muezzin pour la prière de l’aube, une nuit légèrement éclairée par un mince croissant de lune qui s’aboutait aux lueurs et lumières diffuses de la ville pour répandre sur une belle villa d’un quartier chic une atmosphère feutrée de repos, de calme et de sérénité… » C’est par cette invite sobre et concise que Mamadou Samb entame « Les larmes de la reine ».

2016 Le sang de FantaTHEÂTRE – « Le rang, le sang et l’honneur ne sont pas très souvent utilisés à bon escient dans nos sociétés africaines. Au lieu d’être des leviers susceptibles d’impulser le développement par l’acquisition ou la reconquête des valeurs morales évanescentes qu’ont eu à nous inculquer nos ancêtres, ils sont utilisés pour servir de moyens favorisant une fracture sociale béante. Le rang, le sang et l’honneur sont ainsi devenus le prétexte pour rejeter l’autre, l’avilir, le salir et le prendre de haut.

Avec cette pièce de théâtre, l’auteur a su tirer la sonnette d’alarme et nous ouvrir les yeux sur le caractère socialement dangereux et ravageur des histoires fallacieuses de castes souvent évoquées par des personnes qui ne comprennent rien au sens des valeurs et du sang. »

2017 Les contes de Ndayane – Recueil de 6 contes en 19 Thèmes.
Doudou le jeune citadin va passer les vacances avec son grand-père à Ndayane, le village natal de ses parents. Tous les soirs, en compagnie des autres enfants du village, il va écouter les merveilleux contes de Grand-père Badara. Pour l’auteur, ce recueil composé de 6 contes en 19 Thèmes, vient nourrir notre imaginaire et veut être trois choses à la fois : un jeu, une école d’éducation et de formation, un centre d’apprentissage de l’art de la parole. On retrouve dans chaque conte sa double fonction : celle de divertir et celle d’instruire. Il est accompagné d’une note de lecture pédagogique qui donne des orientations didactiques pour une bonne appropriation des contes.

LIVRES SCOLAIRES Monsieur Samb est co-auteur de plusieurs livres scolaires « LES P’TITS LIONS » publiés aux Editions Hatier :
- Cahier de communication maternelle GS 5/6 ans.
- Cahier de graphisme maternelle MS 4/5 ans.
– Cahier d’éveil scientifique MAT MS 4/5.
- Cahier éducation civique et environnementale G
DISTINCTIONS
– Grand Prix des Lycéens du Sénégal 2011
– Prix Sembène Ousmane du Roman 2017
– Chevalier de l’Ordre National du Lion du Sénégal 2002
– Officier de l’Ordre du Mérite du Sénégal 2011

 

V. S. NAIPAUL s’en est allé.

Un grand écrivain nous a quitté. Vidiadhar Surajprasad Naipaul, plus connu sous ses initiales de V. S. Naipaul (ou de « Sir Vidia » depuis qu’il avait été anobli par la reine),est né le 17 août 1932, Chaguanas, sur l’île de Trinité-et-Tobago.  Il a reçu plusieurs prix littéraires dont le Prix Nobel de Littérature en 2001. Il s’est éteint à son domicile londonien à l’âge de 85 ans samedi 11 août 2018.

Sony Lab’ou Tansi – écrivain fantasmagorique Congolais 1947-1995

Ah, Sony Labou Tansi. Rien que d’y penser, j’ai des fous rires et des frissons. C’est le SEUL écrivain Africain qui m’a traumatisée. Et c’est peu de le dire. Attendez que je vous raconte. Dès que j’ai commencé à travailler, j’ai toute de suite assouvi ma passion: les livres. J’en ai acheté des tonnes. Le paradis. Parmi ces bijoux, il y avait de nouveaux auteurs dont Sony Lab’ou Tansi. Imaginez mon impatience de mettre le nez dans son livre (la vie et demie) . Bon sang! Quelle idée j’ai eu là! Au début, c’était bien. Puis, je suis tombée sur la fameuse scène du viol. Oh Madre mia… Mon cerveau s’est court circuité. Net. Impossible d’avancer dans ma lecture. Mon cerveau s’est noyé dans ce sang, ces humeurs qui n’arrêtaient pas de couler. De se répandre. De souiller le sol. D’envelopper la Terre Mère, Le Monde. Ce sang qui ne semblait pas vouloir s’arrêter. Je n’ai pu reprendre la lecture qu’au bout d’un an. Je ne l’ai pas regretté. Mais, quel choc!!!!

L’écrivain

Marcel Ntsoni est né à Kimwenza ( République Démocratique du Congo) le 5 juillet 1947. Il fait des études à l’Ecole Normale Supérieure d’Afrique Centrale. Il devient professeur d’anglais et de français à Pointe Noire. Il a été un homme politique engagé. Du fait de son opposition au régime, son passeport lui fut retiré, il fut interdit de sortie du Territoire et radié de la Fonction Publique. Ce qui l’a empêché d’avoir accès aux soins à l’étranger. Il est mort le 14 juin 1995.

C’est un écrivain romancier dramaturge qui écrit aussi bien des romans que des pièces de théâtre, des poèmes. Ses écrits sont très engagés. La plupart de ses pièces de théâtre ont été joués dans sons pays  et très peu à l’étranger. Ses écrits sont entre le fantastique et le monstrueux.  Il parle souvent de la dictature et de la corruption en Afrique post indépendance. Des atrocités qui sont très présentes en Afrique.

Sony Lab’ou Tansi est un écrivain dont l’écriture est libre, sans norme, inventive. Cette écriture, très riche, lui permet de s’imposer parmi les plus grands écrivains Africains. Qui promeut l’art Africain. Personnellement, je trouve que son style est truculent. Ses écrits sont une sorte de schizophrénie. Une dichotomie. Un monde de folie où les mots dansent et flirtent avec la vie , la mort, le surnaturel, la terreur. Une pensée qui n’engage que moi : Comme s’il était dans une sorte de transe quand il écrit

Bibliographie

  • 1979 La vie et demie
  • 1979 Conscience de tracteur – Théâtre
  • 1981 l’Etat honteux
  • 1981 La parenthèse de sans suivi de Je soussigné cardiaque
  • 1983 l’Ante peuple – Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire
  • 1985 Les sept solitudes de Lorsa Lopez – Palme de la Francophonie
  • 1986 Lèse-Majesté – nouvelle
  • 1987 Moi, veuve de l’empire
  • 1987 Le serment d’Hippocrate – nouvelle
  • 1988 Les yeux du volcan
  • 1988 Le coup vieux
  • 1989 Qui a mangé Madame d’Avoine Bergotha
  • 1990 La résurrection rouge et blanche de Roméo et Juliette
  • 1992 Une chouette petite vie bien osée
  • 1992 Une vie en arbres et char…bons
  • 1995 Le commencement des douleurs
  • 1995 Poèmes et vents lisses
  • 1996 Monologues d’or et noces d’argent – Théâtre
  • 1997 L’autre monde
  • 1997 Antoine m’a vendu son destin – Prix Ilosen
  • 2005 La rue des mouches -recueil
  • 2014 Qu’ils le disent, qu’elles le beuglent – recueil

 

 

Marouba Fall

Cette interview, comme toutes les autres d’ailleurs, me tient beaucoup à cœur.  Celle-ci est particulière car Marouba Fall a été mon professeur au CEMT. Je l’ai connu jeune et fringant professeur. Profondément humain et juste  Merci à vous Monsieur Fall d’avoir accepté de jouer le jeu. Un article sur cet écrivain est à paraître très bientôt.

Monsieur Fall, je m’appelle Amélie Diack. Après avoir été une de vos élèves, je suis très émue de vous interviewer en tant qu’auteur. Et Quel auteur ! Je vous remercie d’avoir accepté.
C’est un plaisir et une fierté certaine pour moi de retrouver une ancienne élève qui a réussi et qui se souvient de moi.

Tout d’abord, je souhaiterai que vous vous présentiez.
Je suis Sénégalais et professeur de Lettres modernes de formation. Je suis actuellement à la retraite, mais je suis régulièrement invité dans les collèges, lycées, universités et centres culturels de mon pays pour échanger avec les enseignants, les élèves, les étudiants et un public assez large, sur la littérature de langue française en général et sur mon œuvre en particulier. Je donne aussi un cours de théâtre à l’École Nationale des Arts de Dakar et je pilote une maison d’édition : Ruba Éditions.

Où avez-vous passé votre enfance, vos études ?
Je ne suis pas beaucoup sorti de mon pays natal où je passe ma vie. J’ai fait toutes mes études à Dakar, de l’élémentaire au supérieur.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Dès que j’ai su lire et comprendre ce que je lisais, j’ai voulu écrire. Il y avait aussi l’influence qu’exerçait sur tout le monde le Poète-président Léopold Sédar SENGHOR. Je me rappelle la manie que j’avais de recopier les beaux textes que je découvrais et que j’imitais ensuite.

À quel moment avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Cela va vous étonner, chère Amélie, mais je m’applique encore à devenir un écrivain. Pour le moment, j’écris et je n’ai pas encore déposé ma plume, car je compte m’améliorer à chaque nouvelle œuvre publiée. Je suis donc un écrivant. Le goût de l’écriture m’est venu très tôt. À chaque étape de ma vie, j’ai senti un besoin de m’exprimer avec les outils à ma portée. J’ai commencé à dévorer des bandes dessinées, entre 9 et 13 ans. J’ai alors créé mes personnages et inventé des situations où les installer et j’ai dessiné à main levée. Plus tard, je me suis intéressé au roman policier et j’ai continué à écrire au stylo des bandes dessinées dont les héros étaient soit des agents de la CIA soit des détectives privés. C’est lorsque je fréquentais le cycle Secondaire, au lycée Van Vollen Hoven devenu lycée Lamine Guèye de Dakar, que j’ai vraiment découvert les Belles Lettres, alors je me suis mis à rimailler, à construire des récits et à structurer des spectacles dramatiques.

Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Ma famille, c’étaient d’abord mes deux parents, mes sœurs et frères cadets dont les uns étaient analphabètes en français et les autres trop jeunes et peu instruits pour comprendre les enjeux de la littérature. Lorsqu’ils me voyaient scotché à ma chaise pendant des heures, penché sur ma table de travail, en train de lire, d’écrire et de raturer, ils me plaignaient. Certains qui avaient même peur pour ma santé mentale, me conseillaient d’aller prendre l’air plutôt que de rester seul, entouré de livres. Aujourd’hui, ma famille, ce sont aussi mes enfants parmi lesquels je compte une prof de français qui a des aptitudes critiques à cultiver, une prof de philo et le benjamin qui veut devenir écrivain. C’est dire que ma famille est fière non pas de mon désir, mais de ma posture qui est celle d’un porteur de paroles essentielles, de paroles nourricières. Ce sentiment s’est approfondi et considérablement élargi lorsque j’ai commencé à écrire en wolof, ma langue maternelle et que ceux des miens qui pensaient que j’étais un toubab noir ont compris que je maîtrisais à merveille la langue que j’ai tétée et que je suis resté fidèle à ma culture.

Quelle a été l’inspiration de votre premier roman ? De quoi ou de qui vous inspirez-vous ?
Le sujet de mon premier roman m’a été inspiré par mon vécu de jeune enseignant dans un collège de jeunes filles. En effet, j’ai été affecté comme professeur de français au CEMT/Filles1 devenu Collège Martin Luther King alors que je bouclais à peine 23 ans. Dans La collégienne, œuvre publiée par les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal, je pose le problème global du système éducatif dans mon pays, même si le lecteur superficiel n’en retient que le thème des relations entre professeurs et élèves de sexes opposés. J’ai décrit le CEMT/Filles de l’époque, c’est-à-dire des années 1973 à 1986, j’ai décrit les quartiers de Fass Paillote et Colobane. Les personnages principaux, parmi lesquels Mar NDIAYE, Oulimata THIAM, Madame DRAMÉ, Mère Soukaïna, Oncle Ndemba, me sont inspirés par des personnes que j’ai côtoyées. J’ai écrit sans trop m’éloigner de la réalité vécue pour ne pas rater mon coup d’essai romanesque, car avant La collégienne, j’étais surtout connu comme un dramaturge que le Concours théâtral interafricain organisé par Radio France Internationale avait révélé, en 1981, grâce à une pièce de théâtre primée, aujourd’hui, inscrite au programme de l’enseignement du français : Adja, militante du G.R.A.S.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Je ne sais pas combien de temps j’ai mis, car l’écriture ne commence pas le jour où on prend sa plume et se met à sa table de travail pour écrire. Dès que l’idée d’une œuvre germe dans son ersprit, l’écrivain est en train de la structurer, de la nourrir de ses expériences et de tout ce qui l’entoure, de l’inscrire mentalement dans son tableau de bord intérieur. L’écriture proprement dite ou la mise sur papier ou sur ordinateur est la phase finale d’un processus identique à celui de la mise au monde d’un enfant, mais temporairement indéterminable. Tout comme la femme qui accouche, l’écrivain qui parvient au point final d’une œuvre est forcément soulagé parce que délivré. Satisfait ? En ce qui me concerne, je réserve toujours ma satisfaction en attendant le verdict des lecteurs avisés.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Très bien accueilli. Il est inscrit au programme officiel d’enseignement du français. Il a été adapté à la télévision sous le même titre et je suis régulièrement invité dans les lycées et collèges pour en parler.

Depuis, vous en avez écrit plusieurs, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
Après La collégienne (1990), trois autres œuvres sont publiées : Entre Dieu et Satan (NEAS, 2003), Betty Allen ou la liberté en question (NEAS, 2007) et Casseurs de solitude (Harmattan-Sénégal, 2012). J’ai publié quatre recueils de poèmes et de nombreuses pièces de théâtre, surtout des essais sous le titre LIS TES RATURES 1. (NEAS, 2012). Comme dit tantôt, à chaque nouvelle publication, j’ai essayé de m’améliorer en renouvelant mon écriture et la structure de l’œuvre.

Quels sont vos projets ?
J’ai écrit un conte Édalie, publié par Fama Éditions, à Thiès, en 2017.J’envisage d’en écrire un autre. Je suis en train de parachever un scénario en français-wolof (La colline et la tombe / Baat biy daan mbër) qui adapte un texte contenu dans mon ouvrage en wolof Yóbbalu ndaw (Viatique pour la jeunesse). Je vais davantage écrire dans ma langue maternelle, mais en privilégiant le bilinguisme.

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Les passions se transmettent difficilement. Et puis il ne suffit pas d’aimer l’écriture pour parvenir à écrire comme il faut. Et si l’inspiration est incontournable en littérature, elle ne suffit pas. Le bon écrivain transpire aussi abondamment, Boileau l’avait déjà prédit. Il faut écrire, relire, raturer, réécrire et faire lire avant de faire publier. D’ailleurs il faut commencer par beaucoup lire les meilleurs écrivains. Car comme le dit l’adage wolof : Loo nekkul taalibéem doo nekk sëriñam (avant de maîtriser une chose, il faut l’apprendre d’abord)

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Comme je viens de le dire : lire, beaucoup lire, maîtriser la langue d’expression et connaître l’esthétique des genres littéraires.

Quels conseils me donnerez-vous pour mon blog dont voici le lien https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/?
Je vous encourage. Continuez à faire découvrir les auteurs du Sénégal et des Antilles.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Merci, Amélie et bonne chance.

Réponses faites le 14 juin 2018.

1- CEMT Collège d’Enseignement Moyen Technique.

Les Editions Khoudia – Centre Africain d’Echanges et d’Animations Culturelles (CAEC)

Les Editions Khoudia ont été fondées par l’écrivaine Aminata Sow Fall en 1987. Le Directeur actuel est l’écrivain Nabil Haïdar. Cette Maison d’Edition à compte d’éditeur lui permettait de s’engager dans la modernisation culturelle du Sénégal. Un objectif qui tient à cœur à Aminata Sow Fall.

Ainsi, il s’agit d’éditer des écrivains Africains en Afrique pour redonner envie aux africains de lire, d’écrire malgré les conditions de vie difficiles. De donner une visibilité aux nouveaux auteurs africains, leur faire exprimer leur créativité. Le prochain objectif de cette Maison d’Edition est d’éditer en langues nationales africaines.

Moi, auteure

Depuis mon plus jeune âge, l’écriture a été mon moyen d’évasion. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai dû faire face à une dyslexie sévère qui ne fut diagnostiquée qu’à l’âge adulte. Les coups, les quolibets, les insultes furent mes compagnons scolaires. Ensuite, au collège, j’étais la plus jeune de ma promotion. J’étais victime de harcèlement moral, physique de la part des élèves plus âgées. C’était violent. Très violent. L’écriture fut mon refuge. Mon baume au cœur. Mon hurlement muet. L’expression de mes terreurs. Depuis, je n’ai pas arrêté d’écrire. Pour mon plus grand plaisir.

Justine Mintsa – 1957

Justine Mintsa est une écrivaine Gabonaise. Elle est née le 8 septembre 1957 à Oyem (Gabon). Elle a fait ses études supérieures au Gabon, en France et au Royaume Uni. Elle est membre du Haut Conseil à la Francophonie.  Elle a été Professeure d’Anglais puis Maître Assistant à l’Université Omar Bongo de Libreville. Justine Mintsa a présidé l’Union des Ecrivains Gabonais. Elle dirige aussi une troupe de théâtre « Wolespeare« . Elle a écrit de nombreuses oeuvres pour la jeunesse ainsi que des romans et des essais. Elle est très engagée dans la défense du patrimoine culturel architectural en Afrique Sub Saharienne. Aussi, elle a initié le programme de la caravane littéraire qui permet d’apporter des livres aux écoles de province.

Du fait de son engagement, elle a été faite Chevalier des palmes Académiques (2001), Chevalier de la Légion d’Honneur (2008) en France. En 2003, avec son frère Ngbwa Mintsa, elle écrit le protocole du mariage coutumier. Elle insiste sur le veuvage qui, selon elle, est une partie fondamentale de la tradition tout en étant un joug pour les femmes. En effet, elle est pour la protection de la  tradition tant que cette dernière ne pèse pas sur la vie des hommes et des femmes.

En 1994, elle écrit  un seul tournant Makôsu  sous forme d’un journal dans lequel une jeune femme dépeint, avec beaucoup d’humour  le quotidien problématique des universités  et des étudiants dans des pays en voie de développement

Son roman Premières lectures (1998) est autobiographique. Elle y raconte sa première rencontre avec la lecture. Les joies de son enfance. Son éveil à la poésie et au théâtre. Surtout, l’amour de la lecture dans un milieu social qui ne comprend pas.

Dans le destin d’Awu (2000), elle présente la vie des femmes face à la pression sociale (stérilité, place de la femme, le trio amoureux dans un mariage polygame,). Elle y aborde aussi le statut de la femme-objet, liée à son époux par la dot. Le destin des femmes Gabonaises face aux traditions absurdes. Les injustices administratives et la noirceur de l’âme humaine.

Dans Larmes de cendre (2013) comme d’habitude, elle décortique la tradition. Elle fait référence au veuvage traditionnel, qui selon elle est une identité culturelle

 

 

Hamid Barole Abdu – Poète Erythréen – 1953

Hamid Barole Abdu est né le10 octobre 1953 à Asmara, en Erythrée. Il a fait des études de littérature avant de s’établir en Italie, où il vit actuellement. Il est aussi expert Interculturel spécialisé sur le phénomène migratoire.

Hamid Barole Abdu écrit en Italien. Il n’est pas encore traduit en français. Il est l’auteur de nombreux écrits poétiques qui parlent de son pays de naissance, des migrants et de la vie dans la clandestinité

 

Bibliographie

  • 1986 Eritrea – una cultura da salvare
  • 1996 Akhria – Io sradicato poeta per fame
  • 2001 Sogni ed incubi di un clandestino
  • 2006 Seppellite la mia pelle in Africa

Angèle Rawiri – Première romancière Gabonaise – 1954-2010

Angèle Ntyugwetondo Rawiri est née le 29 avril 1954 à Port-Gentil au Gabon. Son père était fonctionnaire. Elle a perdu sa mère très jeune. Après avoir fait des études en France, elle est retournée vivre au Gabon où elle a exercé le métier de traductrice-interprète. Cependant, en 1995, elle revient s’installer en France. Elle fut aussiAngele-Rawiri_9490 mannequin et actrice (joua des seconds rôles dans les séries des James bond) à Londres.

Elle a abordé plusieurs sujets qui, à l’époque, posaient problèmes. Dans Elonga (1980), elle aborde le sujet de la sorcellerie et des sciences occultes en Afrique. En 1983, dans G’amérakano au carrefour, elle parle du choc de la tradition face au monde moderne, du métissage et du statut de la femme dans le monde contemporain. Le sujet le plus polémique fut abordé en 1989 dans son roman Fureurs et cris de femmes. Elle y parlait de l’homosexualité féminine.

C’est une écrivaine qui nous a quitté trop tôt, au sommet de son art. Elle est décédée le 15 novembre 2010 à Paris.

Une nouveauté sur ce blog

Bonjour les amis. Notre blog évolue. Je dis bien notre car il vous appartient aussi et je vous remercie du fond du cœur de me suivre, de vous abonner, de jeter juste un œil en passant, de liker mes articles.P_20171207_114009_LL - Copie

En ce moment, je suis en train de faire une série d’interviews auprès d’auteurs contemporains qui se prêtent volontiers à ce jeu, malgré leur emploi du temps hyper chargé. Je leur suis très reconnaissante de prendre quelques instants pour notre modeste blog.

Très bientôt, une nouvelle rubrique vous présentera les interviews et les bibliographies de ces généreux auteurs. Merci à eux d’avoir accepté. Il n’ y pas de mots suffisants pour leur signifier ma reconnaissance.

A très bientôt pour cette nouvelle rubrique.

Achille F. Ngoye

Achille Ngoye est né le 12 avril 1944 dans la province du Katanga en République Démocratique du Congo dans une famille catholique pratiquante. D’ailleurs, il fera ses études chez des jésuites. il fera des études de journalisme et fera des chroniques dans son pays. En 1982, il s’installe à Paris. Il y devient pigiste et travaille pour le journal Afrique Elite, puis pour Libération (dans les pages culturelles). Il a aussi participé à la réalisation du film Black Mic Mac. En 2006, il reçoit le prix William Sassine dans un ouvrage collectif « le camp des innocents« .

En tant qu’écrivain, il fait partie des premier auteurs de polar à être édité par le Serpent à plumes et par Gallimard. Ses romans sont écrits avec beaucoup d’humour ou de légèreté. Il peint les univers de la Diaspora Africaine ou le milieu Congolais en Occident.

 

Bibliographie

  • 1967 Plaintes – Les quarantaines – poésie
  • 1980 Treich Abolo
  • 1993 Kin la joie, Kin la folie – Chronique
  • 1996 Agence Black Bafoussa
  • 1998 Sorcellerie à bout portant
  • 1999 Yaba terminus
  • 2000 le voyages initiatique – nouvelle
  • 2001 Big Balé – nouvelle
  • 2001 Ballet noir à Château-Rouge
  • 2002 Cacaba Round – nouvelle
  • 2002 Frère de même père, de même mère – nouvelle
  • 2005 Retro Bulles – nouvelle
  • 2005 Père déshabillé – nouvelle
  • 2006 Sale nuit pour Maggy – nouvelle

Prix Ahmadou Kourouma 2018

Lors du Salon Africain du Livre de Genève 2018, Wilfried Nsondé, écrivain Congolais, a reçu le Prix Ahmadou Kourouma  pour son livre « Un océan, deux mers, trois continents » paru chez Acte Sud. Son roman raconte la véritable histoire d’un prêtre  noir Angolais (Nasku Ne Vunda baptisé Dom Antonio Manuel), premier ambassadeur noir au Vatican, qui voyagea au XVIème siècle en tant que passager sur un négrier. Il était l’émissaire du roi des Bakongos Il découvrit ainsi l’horreur des cales négrières et passa sa vie à se battre contre l’esclavage.

Abdulai Sila – écrivain Bissau Guinéen – 1958

Abdulai Sila est né le 1er avril 1958 à Catio, en Guinée Bissau. Il est ingénieur, économiste et écrivain. Il écrit en portugais et enrichit ses textes de créole portugais. Il n’y a qu’un de ses romans qui a été traduit en français. ultime tragédie

Dans ses écrits, il aborde les relations entre la communauté portugaise et le peuple durant la colonisation. Il aborde plus souvent la relation entre les hommes (la domination de l’homme par l’homme), la condition de laabdulai silla femme, son émancipation, sa liberté, ainsi que celle de l’homme, en général

Dans Ultima tragédie, son seul roman traduit en français, il décrit le destin d’une femme. Destin qu’il lie à celui de l’Afrique. Une femme qui ne semble pas faite pour le bonheur. Qui, malgré tous ses efforts est poursuivie par la malchance jusque dans ses derniers retranchements. Le destin de l’Afrique est-il de toujours jouer de malchance?

 

Bibliographie

  • 1994 Eterna Paixao
  • 1995 Ultime Tragédie
  • 1997 Mistida

Hannah Pool – Ecrivaine Erythréenne – 1974

Hannah Azieb Pool est née en 1974 en Erythrée. A l’âge de six mois, elle a été adoptée, au Soudan, par un Britannique. Ainsi, elle a vécu à Khartoum, en Norvège, avant defille aux deux pères s’installer à Manchester. Elle a étudié la sociologie. Elle a collaboré dans des journaux nationaux dont le Manchester Evening News et le Guardian.

Plus tard, à la recherche de ses racines, elle découvre que, contrairement à ce qu’on lui a dit, elle n’est pas orpheline. De plus, sa mère n’est pas morte en la mettant au monde. Dix ans après sa découverte, elle retourne en Érythrée où elle retrouve ses parents, ses frères et ses sœurs. Dans son premier roman, elle raconte cette quête de ses origines.

 

Bibliographie

  • 2007 La fille aux deux pères
  • 2016 Fashion Cities Africa

Roland Brival – 1950 – Touche à tout Martiniquais

Roland Brival est un auteur Martiniquais né en 1950. Il a grandi en France. Cet  artiste porte de nombreuses casquettes. Tout d’abord, c’est un artiste complet. Il est en effet, peintre, sculpteur. Ce qui lui a permis pendant longtemps de vivre entre Paris, Londres et New York où il a fait de nombreuses expositions. Il est aussi un homme de scène._brival_roland_ D’ailleurs, jusqu’en 1985, en Martinique, il a dirigé une troupe théâtrale: Boua Boua. En tant qu’artiste, il est aussi chanteur et musicien, auteur pour chansons d’enfants , entre autres, jazzman.

Comme si cela ne suffisait pas, il a été critique littéraire pour le magazine Elle. Roland Brival est un écrivain à part entière. Il a été ordonné chevalier des Arts et Lettres en 2013. Il est aussi titulaire de prix:

  • 1985 Prix Littéraire des Caraïbes de l’ADELF pour Tambours de Gaobrival
  • 2000 Prix du livre RFO pour Biguine Blues

Les romans de Roland Brival reflètent sa créolité. Il aborde souvent des sujets qui touchent des pans oubliés de l’histoire des Caraïbes, Par exemple, dans le dernier des Aloukous.  Il aborde aussi un sujet qui lui tient à cœur, le métissage. A travers ses écrits, on ressent son héritage musical car ses mots ont une belle résonnance. Roland Brival est une grands richesse pour le patrimoine Créole.

Bibliographie

  • 1978 Martinique des cendres
  • 1982 le sang du roucou
  • 1983 La montagne d’ébène
  • 1985 Les tambours de Gao
  • 1986 No man’s land
  • 1991Le chevalier de saint Georges
  • 1996 Le dernier des Aloukous
  • 1998 Bô
  • 1998 Bienvenue à Fort de France – nouvelle
  • 1999 Biguine Blues
  • 2000 La robe rouge
  • 2001 Sang-mêlé – nouvelle
  • 2002 En eaux troubles
  • 2004 Coeur d’ébène
  • 2004 Berlin, Berlin – Nouvelle
  • 2005 Un amour de Saanbad
  • 2007 L’ensauvagé
  • 2010 Antilles: secrètes et insolites
  • 2016 Nègre de personne
  • 2017 Sato San le maître des corsets
  • 2018 Les fleurs rouges du flamboyant

Hamidou Valian, poète et slameur Burkinabé n’est plus.

Hamidou Valian était un poète, un musicien, un slameur. A travers le collectif « le balai citoyen », il souhaitait humaniser la démocratie dans son pays. Il souhaitait aussi porter très haut l’héritage de Thomas Sankara. Très engagé, il était de toutes les manifestations. Professeur de mathématiques, son amour pour les mots qui claquent et racontent les maux et les rêves de ses concitoyens était un de ses fers de lance. Il pouvait, ainsi pousser ses compatriotes à s’émanciper un peu plus chaque jour. Il s’est éteint chez lui à Ouagadougou (Burkina Faso) le 30 avril 2018 à l’âge de 36 ans.

Rachid Boudjedra, écrivain Algérien controversé

Rachid Boudjedra est né le 5 septembre 1941 en Algérie. Il fait des études de philosophie à la Sorbonne. Matière qu’il enseignera avant de devenir conseiller au Ministère de la Culture en Algérie. Il écrit aussi bien en arabe qu’en français. Il est l’auteur de romans, nouvelles, poésie, théâtre, scenarii. C’est un écrivain complexe. Atypique. Révolté. Athée autoproclamé. Surtout, vindicatif. De plus, il adore bousculer les habitudes, les mentalités, parlers des interdits de la société Algérienne.boudjera_726822328

Cette révolte contre l’ordre du monde se ressent dans chacun de ses écrits. On ressent sa colère contre un monde qui n’est pas ce qu’il s’en représente. Lire Rachid Boudjedra, c’est entrer dans un monde torturé. Ses héros sont à la limite de l’obsessionnel. Ce qui rend ses écrits intéressants et fait de Rachid Boudjedra l’un des meilleurs écrivains du Maghreb, bien que décrié suite à ses nombreuses attaques contre ses congénères.

Personnellement, je pense que cet écrivain est une énigme. après avoir lu ses romans, j’ai pensé qu’il était aussi torturé que ses personnages. Le lire est une aventure car on ne sait jamais où l’on va. Ce que j’aime chez lui, c’est sa manière de jeter aux orties les idées des « bien pensants », de la société qui l’entoure, des traditions ancestrales, des non dits.

 

Bibliographie

  • 1965 Pour ne plus rêver – Poésie
  • 1969 La répudiation
  • 1971 La vie quotidienne en Algérie
  • 1971 Naissance du cinéma Algérien
  • 1971 Les 1001 années de la nostalgie
  • 1972 Journal Palestinien
  • 1975 Topographie idéale pour une agression caractérisée
  • 1977 L’escargot entêté
  • 1981 Extinction de voix – Poésie
  • 1981 Le vainqueur de coupe
  • 1982 Le démantèlement
  • 1984 La macération
  • 1985 Greffe
  • 1987 L’insolation
  • 1987 La prise de Gibraltar
  • 1987 La pluie
  • 1991 Le désordre des choses
  • 1992Fils de la haine
  • 1992 Philip Djian
  • 1994 Timimoun
  • 1995 Mines de rien – Théâtre
  • 1995 Lettres Algériennes
  • 1996 Peindre l’Orient
  • 1997 La vie à l’endroit
  • 2000 Fascination
  • 2001 Cinq fragments du désert
  • 2002 Le directeur des promenades
  • 2003 Les funérailles
  • 2007 Hôtel saint Georges
  • 2010 Les figuiers de Barbarie
  • 2014 Printemps
  • 2017 La dépossession
  • 2017 Les contrebandiers de l’histoire – Pamphlet

 

 

 

Lilyan Kesteloot (1931-2018) – Militante et spécialiste de la littérature Africaine Orale francophone

C’est avec un retard, un très grand retard que je rends hommage à une grande dame spécialiste de la Littérature Africaine. Je n’ai pas d’excuses. Cependant, je ne me voyaislilyan_kesteloot pas continuer à tenir ce blog en ignorant la grande perte que subissait l’Afrique et son monde littéraire. Ce serait un très grand manque de respect vis à vis de cette grand dame et de son amour, de sa lutte pour un continent et une littérature qui lui tenaient à cœur.

Lilyan Fongang Kesteloot est né le 15 février 1931 en Belgique.  Elle a contribué à faire connaître la littérature Africaine à travers de nombreux essais tels que Négritude et situation coloniale (1963), les écrivains Noirs de langue française (1961), Anthologie de la Littérature Africaine (1967).

lilyan-kestelootLilyan Kesteloot a enseigné dans de nombreuses universités africaines (Côte-d’Ivoire, Cameroun..), avant de poser ses valises à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et de fonder le branche de recherche pour la littérature Africaine orale à l’Institut Fondamental de l’Afrique Noire (IFAN) à Dakar. Ce qui lui a permis d’aller sur le terrain, de rencontrer de grands griots. Ainsi, avec la collaboration de Bassirou Dieng, elle a écrit les épopées d’Afrique Noire (1997) et en collaboration avec Amadou Hampâté Bâ, en 1968, Kaïdara.

Le 28 février 2018, elle s’en est allée, à l’âge de 87 ans.

Coucou à tous les abonnés et followers

Comme vous avez dû vous rendre compte, les articles sont comme les jours. Ils se suivent et ne se ressemblent pas. Je parle de la forme, de la présentation.

drops-of-water-578897__340En effet, j’ai décidé de faire évoluer la présentation afin de vous proposer le maximum d’écrivains. Rassurez-vous, je continue à miser sur la qualité. Donc, je vous présenterai des auteurs de différents pays, leur style  d’écriture, leurs différents engagements littéraires et leur bibliographie. Ce qui vous permettra de faire plus facilement le choix dans les romans que vous découvrirez et de passer de bons moments de lecture. Une fois par mois, je vous proposerai une oeuvre. Si vous avez des écrivains Africains ou Antillais à proposer. N’hésitez pas .

europe-2262154__340Je vous remercie de vous intéresser à mon blog qui sans vous n’est rien. Sachez que vos remarques seront toujours prises en compte. Ceux qui ont pris contact avec moi pour me faire part de leurs idées savent que leurs conseils sont pris en compte. Je les en remercie car ensemble nous faisons évoluer ce blog. Je vous remercie encore et n’hésitez pas.

Aminata Sow Fall – Ses oeuvres

J’ai envie de vous parler de certains romans de cette grande Dame de la littérature Sénégalaise. Aminata Sow Fall est une écrivaine que je suis depuis des décennies. Ses écrits ont été au cœur de mes devoirs, de mes discussions de collégienne, puis de lycéenne et enfin, de lectrice. Elle a toujours mis en lumière  les maux sociétaux qui réveillent les consciences humaines, interrogent cette part de soi que l’on ne souhaite pas questionner forcément. Les sujets de ses écrits sont criants d’actualité.

la-greve-des-battuDans La grève des Bàttu, elle interroge l’un des travers de l’Humain, pas seulement au Sénégal: le regard que la société dite nantie pose sur ses pauvres, ceux que la vie n’arrête pas de malmener. Partout dans le monde, la pauvreté est devenue politiquement incorrecte et doit être cachée aux yeux des bien pensants. L’éradiquer serait le bon mot. Alors, imaginez que ces mendiants, ceux qui remplissent les cours de miracles se révoltent. En effet, du jour au lendemain, ils refusent la charité que leur font les gens car ils manifestent contre la décision du gouvernement: les tenir éloignés des grandes villes, être relégués comme des ordures dans des endroits très éloignés. Dans un pays où il est de coutume de faire la charité à la sortie de la mosquée, pour réussir un examen, pour éloigner un cauchemar, etc. cette révolte va chambouler la société et démontrer la place que détient cette population invisible.

Dans Douceurs du bercail, le thème de l’émigration est vécu de l’intérieur. Aminata SowSowfalldouceur Fall interroge la place de tout migrant dans un pays qui ne reconnaît pas ou veut ignorer ses droits les plus élémentaires. On se retrouve face à l’accueil des migrants dans un pays occidental. Cet accueil caché, ignoré des communs des mortels. Qui fait ressortir la part sombre de l’humain du moment qu’il légitime ses actes par une pseudo-loi. Actuellement, le Monde occidental s’interroge beaucoup par rapport à ce sujet. L’accueil de ces personnes aussi. Ces derniers subissent souvent un accueil qui annihile toute dignité humaine et relaie l’Humain au statut même pas dévolu à un animal. Aminata Sow Fall pense qu’une solution existe pour ces personnes en errance. Et si cette solution se trouvait simplement dans ce pays que ces hommes cherchaient à fuir?

revenantLe revenant  égratigne la société  sénégalaise dans un de ses travers les plus criants: le paraître, grimper l’échelon social à coups de billets de banque. Des travers qui prennent la place de traditions: les dépenses astronomiques lors de cérémonies tels que les baptêmes, mariages, enterrements… qui poussent à l’endettement. Bakar, le héros, met en place un moyen de payer ses dettes en volant l’argent de son propre enterrement. A travers le suicide moral du héros, c’est un suicide sociétal que dépeint l’écrivaine avec ce style simple, clair et net qu’on lui connaît si bien.

L’appel des arènes relate un fait chronique dans les sociétés africaines. Aminata Sowarènes Fall y décortique le comportement de ceux qui, après des études à l’étranger reviennent au pays pour couper les liens avec leur entourage. Ils se sentent en effet « supérieurs » aux autres et s’enferment dans un monde. Leur monde. Celui qui se libère du carcan des traditions. Celui qui renvoie l’Humain à une rupture avec la famille agrandie. Comment remédier à cette césure?  Cette rupture qui agrandit le fossé qui sépare cette nouvelle classe imbue de ses connaissances. Est-ce trop tard pour y remédier? Est-ce possible pour la nouvelle génération issue

La plume de Aminata Sow Fall est criante de vérité. Les mots sont simples. Pleins d’humours et dépeignent la société avec un grand réalisme et beaucoup d’humour. Quelle que soit l’époque de parution de ses romans, les sujets restent brûlants d’actualité. Tout est dépeint avec une plume légère, mais ne laisse pas les consciences indifférentes

Aminata Sow Fall – La conscience du peuple Sénégalais – 1941

Aminata-Sow-Fall1 (2)Aminata Sow Fall est née en 1941. Après avoir étudié les Lettres Modernes en France, elle rentre au Sénégal après son mariage. Elle fera carrière dans l’enseignement et la culture. Elle est actuellement fondatrice de la Maison d’Edition Khoudia (au Sénégal), du Bureau Africain pour la Défense des Libertés de l’Ecrivain BALDE), du Centre Africain d’Animation et d’Echanges Culturels (CAEC), du Centre International d’Etudes, de Recherches et de Réactivation sur la Littérature, les Arts et la Culture.

Aminata Sow Fall est une grande Dame de la Littérature Sénégalaise. Avec Mariama Bâ,A. sow fall (2) elle est une des pionnière de la littérature féminine francophone en Afrique. Parler ne lui fait pas peur. Ecrire, encore moins. Les sujets qu’elle aborde sont très variés: la dictature, l’aliénation sociale, l’immigration, la pauvreté, le métissage.

aminata sow fall0 (2)Elle est la voix du peuple, du petit peuple. Elle est la parole de ceux qui n’en n’ont pas. De ceux que l’on ne voit plus à force de les voir. Elle est la parole de ceux dont le peuple ne se souvient que quand ils ont besoins d’eux. Elle est la conscience d’un peuple qui s’en est émancipé, il y a bien longtemps. Une conscience en voie de disparition.

Aminata sow fall (2)En abordant des sujets importants, elle y ajoute toujours un zeste d’humour. Ce qui donne une légèreté aux sujets abordés. Des sujets toujours très graves. Qui font sourire. Qui font réfléchir. Ce n’est pas un hasard, si en 2015, elle a été titulaire du Grand Prix de la Francophonie de l’Académie Française.

 

Bibliographie

  • 1976 Le revenant
  • 1979 La grève des bàttu
  • 1982 L’appel des arènes
  • 1987 L’ex père de la nation
  • 1996 Le jujubier du patriarche
  • 1998 Douceurs du bercail
  • 2002 Sur le flanc gauche du Belem
  • 2005 Festin de détresse
  • 2017 L’empire du Mensonge

Regard blessé – Rabah Belamri – 1987

QUATRIEME DE COUVERTURE

Algérie 1962: à la veille de l’Indépendance, dans un village meurtri par sept années de guerre, Hassan âgé de quinze ans, commence à perdre la vue à la suite d’un décollement de rétine. Devant l’impuissance de la médecine moderne à guérir l’enfant, la mère recourt à la magie et aux médecines traditionnelles: marabouts, sorciers et charlatans multiplient les traitements cocasses et dangereux.

L’adolescent vit une double tragédie: les progrès implacables de son mal et l’histoire de son pays faite de douleurs et d’incertitudes. Et pourtant Hassan le merveilleux sait rire et désirer, souffrir et apprendre, visiter sa mémoire en feu et observer la vie autour de lui, tendre, folle et cruelle.

 

MON AVIS

Ma découverte de cet auteur date de plusieurs décennies. J’ai de suite adoré sa plume simple, colorée, humoristique, plongée dans les sentiments, dans l’âme humaine. Intimement. Profondément. Humainement. Ce qui m’a changé d’autres écrivains Maghrébins que j’adore, mais que je trouve souvent torturés. regard blessé

En lisant ce roman, je me suis demandée s’il s’agissait d’une autobiographie. Hassan, le héros, perd la vue durant son adolescence, tout comme l’auteur. Avec beaucoup d’humour, de tendresse, on assiste aux médications plus ou moins folkloriques faites par une mère désespérée de chagrin, d’amour filial. Le regard du jeune Hassan est sans fard. Il est conscient que ces actes aggravent son cas.

Rabah-BelamriOn entre en douceur dans cette histoire. On s’y promène, emporté par la poésie du conteur, par ses mots simples mais si profonds. Comme tout bon conteur, Rabah Belamri sait utiliser les mots, les faire chanter. On se régale à chaque phrase, à chaque chapitre. Cette situation qu’il a vécu pourrait le rendre triste, nostalgique, mais, elle est contée avec beaucoup de talent, d’humour. On plonge lentement dans les ténèbres avec Hassan, imperceptiblement. La cécité nous tombe dessus  nous laissant, comme à Hassan, des souvenirs pleins la tête, des scènes de vie et une envie de vivre incroyable.

Ce roman est un hymne à la vie, à une envie de mordre la vie à pleines dents et à avancer, en gardant en tête les bons comme les mauvais moments, tout en les sublimant avec beaucoup d’humour. Un livre à lire, à relire, encore et encore car c’est une vraie leçon de vie.

 

Rabah Belamri le conteur Algérien 1946 – 1995

Rabah Belamri est né le 11 octobre 1946 à Bougaa en Algérie. En 1962, lors d’un des derniers bombardements de  fin de guerre sur l’hôpital où il se soignait, il perd la vue. Ce qui ne l’empêche pas de continuer ses études à l’école des jeunes aveugles d’Alger. Il arrive à Paris en 1973. Il y débute sa carrière littéraire. Lors d’une intervention chirurgicale dans un hôpital parisien, il perd la vie le 20 septembre 1995.Rabah-Belamri

Comme tout conteur, Rabah Belamri sait faire chanter les mots. Il sait les utiliser pour les rendre poétiques, faire danser les maux, les mots. On se régale à chaque ligne, à chaque paragraphe. L’humour est très subtile et quel que soit le sujet abordé, il n’y voit que le côté profondément humain. Un très bon écrivain qui a disparu, malheureusement, trop tôt.

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1980 L’oeuvre de Louis Bertrand, miroir de l’idéologie colonialiste
  • 1982 Le soleil sous le tamis – récit
  • 1982 La rose rouge – Contes
  • 1982 Les grains de la douleur
  • 1983 Chemin de brûlure – poésie
  • 1985 Le galet et l’hirondelle – Poésie
  • 1986 L’oiseau du grenadier – Contes, proverbes
  • 1986 Proverbes et dictions algériens
  • 1987 regard blessé
  • 1989 L’asile de pierre
  • 1989 Jean Sénac: entre désir et douleur – essai
  • 1989 L’olivier boit son ombre – Poésie
  • 1991 L’âne de Djeha
  • 1991 Enfance, enfance
  • 1992 Femme sans visage
  • 1993 Pierres d’équilibre – Poésie
  • 1994 Mémoire en archipel  récits
  • 1996 Chronique du temps de l’innocence
  • 1998 Corps seul – Poésie
  • 1998 17 contes Algériens
  • 2004 Le bélier de la montagne

 

Winnie Mandela, la Mère de la Nation Sud Africaine, n’est plus

winnieNomzano Winifred Zanyiwe Madikizela-Mandela fut un membre et une militante de l’African National Congress (ANC). Elle vit le jour le 26 septembre 1936 à Mbizena en Afrique du Sud. Après ses études, elle devint la première assistante sociale noire et exerça à Soweto en 1955. N’oublions pas que l’apartheid sévissait à cette époque et qu’être titulaire d’un tel diplôme était exceptionnel.

En rencontrant Mandela, elle fut contrariée par son engagement. Ils se marièrent enwinniemandela 1958. Elle devint un membre actif de l’ANC. Durant l’incarcération de son époux, elle continua la lutte et incita les enfants de Soweto à user de la force s’il le fallait. Ce qui souleva une controverse. En mai 1969, elle fut emprisonnée à Pretoria jusqu’en 1970. Elle devint l’égérie de la lutte contre l’apartheid.

winnie-mandela0Elle fut aux côtés de Mandela lors de la libération de ce dernier . Il se sépara d’elle en 1996 à cause de son côté sulfureux. Ce qui ne l’empêcha pas de continuer son combat jusqu’à la disparition de l’apartheid et l’instauration d’un Etat Noir.  Elle perdit son dernier combat contre une longue maladie et décéda le 2 avril 2018 à Johannesburg.

 

L’incendie de Mohamed Dib – 1954

4ème de couverture

A Bni Boublen, minuscule village perché dans les montagnes, la vie suit le rythme des saisons. Dans la plaine, s’étendent les immenses domaines des colons. Oar, le jeune héros de la grande maison, s’initie à cette vie rustique grâce à Comandar, sorte de Dieu Pan. L’enfant apprendra que les hommes ne sont pas heureux. Les Fellahs se réunissent, parlent, s’insurgent contre leur condition misérable et décident de faire grève. Le pays est en effervescence. Une nuit, le feu prends à des gourbis d’ouvriers agricoles. Les grévistes sont accusés d’être des « incendiaires ». Les meneurs sont arrêtés…

 

Mon avis

Je lisais Mohamed Dib depuis peu quand j’ai découvert ce livre. En tant que passionnée d’histoire, j’ai eu un grand plaisir à le découvrir. En effet, il s’agit des prémices de la Guerre d’Algérie. Il s’agit de l’histoire dans l’Histoire. Un lien entre la révolution populaire et la libération d’un pays.

incendie2A travers ce livre, on fait connaissance avec ce monde simple qui vit pour ses terres, qui subit dans sa chair et sur sa terre nourricière, le poids d’une « dictature » qui lui en demande toujours plus sans contrepartie. Ce peuple qui souffre de ne pas être entendu des hautes sphères. Peu à peu, les idées de révolte se transforment en maux, en mots. Et quels mots! Ce besoin de liberté, d’affranchissement de leurs souffrances grandit. Ces hommes décident de garder leurs terres, leurs champs. Cette révolte paysanne deviendra une révolte nationale. Elle mènera à la guerre. Le symbole de ce mouvement sera Ben Youb, un cultivateur, un fellah.

L’histoire est belle malgré la misère, la souffrance de ce monde agricole. Elle raconte laincendie0 reconquête d’un honneur perdu, d’un peuple qui relève la tête et qui, tel Marianne, lève le bras aux cieux pour reprendre ce qu’il pressent avoir perdu: La liberté. On vit ce changement au travers du regard d’un enfant en vacances: Omar. Il assistera à l’explosion d’une société figée dans ses traditions qui aura une violente prise de conscience d’une sempiternelle injustice. L’histoire nous emporte dans ce petit huis clos d’un village. On se doute de l’aboutissement de cette révolte, avec le recul. Cependant, on ne peut s’empêcher de vivre cette révolution en marche, à travers les yeux d’un adolescent, d’un paysan, d’un homme aux idées politiques.

incendie1La lecture se fait sans grande surprise. Mais les maux, les mots sont forts et nous entraînent dans une spirale qui vire rapidement à l’infernal. Les mots sont précis et pèsent leur poids de réflexion. Ils nous emportent dans une symphonie d’émotions que l’on ne peut maîtriser. Les mots nous enveloppent et nous font lever le poing, vivre cette révolution du côté des révoltés et de ceux qui ne le comprennent pas, qui ne voient pas la catastrophe qui se profile à l’horizon. Sans être historien ou passionné d’histoire, on aime son livre.

C’est un livre à lire, qui nous raconte un pays qui va entrer en guerre. 

 

Mohamed Dib, Un Algérien virtuose des mots (1954-2003)

Mohamed Dib est né le 21 juillet 1954 à Tlemcen en Algérie. Il et expulsé d’Algérie pour ses idées politiques. Il voyagera avant de s’installer en France où il poursuivra sa carrière littéraire. Il a été professeur en Californie dans les années 70. Il s’agit d’un écrivain inclassable. Il a un style qui lui est propre, une écriture qui change à chaque roman. C’est un écrivain qui a écrit des romans, des poèmes, des contes, des essais et une pièce de théâtre jouée en Province. Il est mort le 2 mai 2003 à la Celle Saint Cloud.

Mohammed-DibDe son errance durant son exil, il en fit sa richesse. Son écriture devient un parcours littéraire qui s’adapte à chaque époque, à chaque lieu. Ses écrits racontent la guerre d’Algérie,  l’imaginaire, l’exil, la quête des sens. Chaque mot est précis et mène à la réflexion. Ces mots ne sont pas là par hasard. Ils créent une symphonie, une musique qui touche directement le cœur, l’âme.

 

PRIX LITTERAIRES

  • 1952 Prix Fénéon (La grande maison)
  • 1966 Prix de l’union des écrivains Algériens
  • 1971 Prix de l’Académie de poésie
  • 1978 Prix de l’Association des Ecrivains de langue française
  • 1994 Grand Prix de la Francophonie de l’académie française
  • 1998 Prix Mallarmé (l’enfant-jazz)
  • 2000 Prix des découvreurs (le cœur insulaire)

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1952 La grande maison
  • 1955 Au café – nouvelles
  • 1957 Le métier à tisser
  • 1959 Un été Africain
  • 1959 Baba Febrane – conte
  • 1961 Ombres gardiennes
  • 1962 Qui se souvient de la mer
  • 1964 Cours sur la rive sauvage
  • 1966 Le talisman – nouvelles
  • 1968 La danse du roi
  • 1970  Formulaires -Poésie
  • 1970 Dieu en barbarie
  • 1973 Le Maître de chasse
  • 1975 Omneros – Poésie
  • 1974 Histoire du chat qui boude
  • 1977 Habel
  • 1979 Feu, beau feu
  • 1980 Mille hourras pour une gueuse – Théâtre
  • 1985 Les terrasses d’Orsol
  • 1987 O vive – poésie
  • 1989 Le sommeil d’Eve
  • 1990 Neiges de marbre
  • 1992 Le désert sans détour
  • 1994 L’infante Maure
  • 1994 Tlemcen ou les lieux de l’écriture
  • 1995 La nuit sauvage – nouvelles
  • 1996 L’aube Ismaël – Poésie
  • 1998 Si diable veut
  • 1988 L’enfant jazz -Poésie
  • 1998 L’arbre à dires – nouvelles
  • 2000 Le cœur insulaire – Poésie
  • 2001 Comme un bruit d’abeilles
  • 2001 L’hippopotame qui se croyait vilain – conte
  • 2003 L.A. Trip – roman en vers
  • 2003 Simorgh – Nouvelles
  • 2006 Laëzza – nouvelles

L’ainé des orphelins – 2000 – Tierno Monénembo – Prix tropiques 2000

QUATRIEME DE COUVERTURE

Au Rwanda, Faustin Nsenghimana, né d’un père hutu et d’une mère tutsi, est l’aîné de quatre enfants. Son père Théoneste, considéré comme l’idiot du village, lui a appris à voir clair: c’est à dire s’accommoder de tout. Il a treize ans lorsque des hommes entourent les collines de Nyamata et exhortent les gens à aiguiser les machettes et les couteaux. Ses parents sont massacrés. Il prend ma fuite, mène une vie errante et misérable pendant des mois. Et lorsqu’enfin il retrouve ses frères et sœurs, sa vie est de nouveau bouleversée….

 

AUTEUR

tiernomonenemboTierno Saïdou Diallo dit Tierno Monénembo est né. le 21 juillet 1947. Il est Guinéen.  Depuis 1969, il vit en exil, d’abord au Sénégal et en Côte d’Ivoire, puis en France.

 

MON AVIS

L’histoire d’un génocide. Des enfants assistent au massacre de leurs Parents. Ils s’enfuient et se perdent de vue. Quand la fratrie se retrouve, chacun a changé et connaît le prix de la survie. Maintenant, il leur faut affronter le monde des adultes. Il leur faut survivre à l’abri des prédateurs. La vie ne leur épargne rien. Les pièges sont nombreux et le monde des adultes peut être inhumain et dangereux pour des enfants. Sous le prétexte d’un génocide, tout peut être fait sans sanction. Faustin fera tout ce qui est possible, en tant qu’aîné, pour prendre soin de ses frères et sœurs.orphelins seuil

Un roman prenant qui nous entraine dans des vies traumatisées. Le génocide est vécu de l’intérieur et l’Humain n’en ressort pas glorieux. Nous vivons la peur, la terreur de ces enfants. La réalité de ce génocide nous frappe en plein visage, en plein cœur. On n’en ressort pas indifférents et ces enfants nous force à nous interroger. Combien d’entre eux ont survécu à ce traumatisme? Qu’est-il advenu d’eux? Combien sont devenus des proies d’adultes indignes? Combien ont pu surmonter cette épreuve? D’ailleurs, l’ont-ils pu?

C’est un roman qui interroge la noirceur de l’âme humaine. On se sent démuni face à la détresse de ces enfants, de leurs efforts pour rester ensemble et survivre. C’est compter sans la fourberie des adultes.

A lire de toute urgence, tellement c’est beau. Une leçon de vie

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1979 Les crapauds-brousse
  • 1986 Les écailles du ciel
  • 1991 Un rêve utile
  • 1993 Un attiéké pour Elgass
  • 2004 Peuls
  • 2006 La tribu des gonzesses
  • 2008 Le roi de Kahel
  • 2012 Le terroriste noir
  • 2015 Les coqs cubains chantent à minuit
  • 2016 Bled

Le chant des ténèbres – 1997 – Fama Diagne Sène

Auteure

Fama Diagne Sène est née en 1969 à Thiès au Sénégal. Elle est aussi poétesse et auteure de nouvelles. Elle a été enseignante avant de reprendre ses études en 2004.

Ce roman a reçu le Prix du Président de la République du Sénégal pour les lettres en 1997.

 

Mon avis

J’ai choisi ce livre car le titre m’intriguait. Le nom de l’auteure aussi. Je ne la connaissais pas. Normal, c’était son premier roman. L’histoire est très simple en apparence. Je dis bien en apparence. L’histoire d’une famille à priori banale. La mère quitte le foyer conjugal en abandonnant ses enfants, sans explications. Elle emporte l’âme du foyer. le-chant-des-tenebres

Madjigeen, une de ses filles ne supporte pas ce départ. L’absence de sa mère lui pèse. Alors, elle se referme sur elle. Ce huis clos avec elle-même va devenir un huis clos familial. Peu à peu, le vide se fait autour d’elle. La famille a tout tenté pour la soigner, médicalement et traditionnellement. Mais Madjigeen ne semble pas aller mieux. Feint-elle sa folie ou est-elle réellement folle? La descente aux enfers est lente, douloureuse. On accompagne Madjigeen dans sa chute solitaire. L’angoisse va crescendo. Les questions sont nombreuses. Le comportement de cette enfant est de plus en plus imprévisible. Tout d’abord, on se sent spectateur de cette chute. Peu à peu, on se rend compte qu’on accompagne Madjigeen dans son exil psychologique.

J’ai ri. J’ai douté. J’ai pleuré. J’ai souffert avec cette enfant. J’ai compati. Le livre se lit facilement. Il est prenant. Les mots sont légers. Terriblement légers. On s’enfonce peu à peu dans cette fuite en avant.

Fama Diagne Sene3Le chant des ténèbres est un beau livre. Tout en maux. Tout en douleurs. Avec un humour fugace. Des moments de doute. Puis la douleur, quand on comprend. Une grande, une immense douleur qui bloque la respiration. Prend aux tripes. Et cette envie… cette envie sans fin de serrer Madjigeen dans ses bras, de la bercer, de la consoler. La douleur, la solitude, la peur du lendemain a volé une innocence. Elle l’a brisée, mise en miettes.

Un livre à lire. A aimer. A cajoler. Juste pour être avec cette enfant qui a grandi trop vite. Cette enfant abandonnée, incomprise des adultes. Cette enfant maltraitée par la vie. Un livre à lire… Tout simplement!

 

Bibliographie de l’auteure

  • 2003 Le chant des ténèbres – roman
  • 2003 Humanité – poésie
  • 2003 Les deux amies de Lamtoro – jeunesse
  • 2004 La momie d’Almamya -roman
  • 2004 L’Europe – vues d’Afrique nouvelles
  • 2009 Barça ou Barsakh les coulisses de la misère
  • 2010 Mbilem ou le baobab du lion – roman

 

 

Avant que les ombres s’effacent – 2017 – de Louis-Philippe Dalembert

Entre nous, ce livre m’a fait rêver. Oui, j’assume le mot, je dis bien rêver car je me suis posée de nombreuses questions. Une fois le livre fermé, je me suis demandée : « Que serait devenue l’actuelle Haïti si le monde avait connue cette partie de son histoire? Serait-elle cette île au milieu de l’océan, oubliée de tous, bannie, abandonnée de tous? Serait-elle cet endroit où la pauvreté a posé ses bagages dans l’indifférence générale?

En effet, en 1939, Haïti vote une loi qui permet à ses ambassades de délivrer aux juifs qui le souhaitent, un passeport et un sauf-conduit. Cette histoire vraie, cependant, très peu connue m’a interpellée. Cette île, célèbre pour avoir acquis son indépendance dans le sang, pour sa pauvreté chronique, est un pays au grand cœur.Avant-que-les-ombres-seffacent0

Au lendemain du tremblement de terre de 2010, une jeune femme, membre de Médecins sans frontières débarque à Haïti. Elle y rencontre un oncle, médecin lui aussi. Ce dernier, lui raconte son histoire, la saga d’une famille juive polonaise

Ce livre m’a profondément bouleversée par la simplicité du récit, la légèreté des mots, la poésie de l’écriture, les légères touches d’humour. Cette histoire est touchante. Un peuple rejeté de tous, accueilli à bras ouverts par un autre peuple d’une île rejetée de tous. Haïti offre à ce peuple une terre d’asile où il peut se reconstituer, réapprendre à vivre sans peur du lendemain. Chaque page, chaque chapitre, chaque mot est une démonstration de la générosité humaine. Un rappel de l’Histoire qui doit aider l’Humain à réfléchir sur ses actes. Haïti a mis fin à l’errance de personnes qui n’étaient acceptées nulle part.

Quand on referme ce livre, on le tient contre soi comme si on voulait le garder au plus profond de son être. Cette histoire est terriblement humaine et injustement méconnue. Un livre mémoire pour l’Humanité. Je vous le recommande chaleureusement. il ne vous laissera pas indifférent. Son empreinte vous marquera à jamais. Dans sa dignité, Haïti a toujours considéré ce noble geste comme profondément normal. Juste un pied de nez au nazisme.

 

Louis-Philippe DALEMBERT 1962 La mémoire Haïtienne

Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince le 8 décembre 1962. Il perd son père peu après sa naissance et sera élevé par les femmes de sa famille, dans la religion. Il vivra dans un quartier populaire de Port au Prince, dans un pays sous le joug de  Duvalier Père dit Papa Doc.  Il a fait une formation littéraire et des études journalistiques. Il écrit aussi bien en français qu’en créole.

Très tôt, il quitte ce quartier populaire avec sa famille. Ce thème du « vagabondage » reviendra souvent dans ses écrits, ainsi que la religion, la bible en particulier. Il aime présenter son île sous un regard nouveau et fascinant. Il est titulaire de plusieurs prix littéraires.

PRIX

  • 1987 Grand Prix de poésie de la ville d’Angers pour son manuscrit « Et le soleil se souvient »
  • 1999 Prix RFO du livre « L’autre face de la mer »
  • 2008 Prix Casas de las Americas « les dieux voyagent la nuit »
  • 2010 Chevalier des Arts et des Lettres de France
  • 2010-2011 Berliner Künstler Programm de DAAD
  • 2011 Prix spécial ville de Limoges
  • 2011 Bourse de Barbancourt
  • 2013 Prix Thyd Monnier de la société des gens de Lettres « Ballade d’un amour inachevé »
  • 2014 Prix du jury de l’algue d’or « ballade d’un amour inachevé »
  • 2017 Prix du livre de France Bleu/Page des Libraires « Avant que les ombres s’effacent »
  • 2017 Prix Orange « Avant que les ombres s’effacent »

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1982 Evangile pour les miens – Poésie
  • 1989 Et le soleil se souvient suivi de Pages cendres et palmes d’aube – poésie
  • 1993 Le songe d’une photo d’enfance – nouvelles
  • 1996 Le crayon du Bon Dieu n’a pas de gomme – roman
  • 1998 L’autre face de la mer – roman
  • 2000 Ces îles de plein sel et autres poèmes – Poésie
  • 2003 L’île du bout des rêves – roman
  • 2003 Vodou Un tambour pour les anges – récit
  • 2005 Rue du Faubourg saint Denis – roman
  • 2005 Poèmes pour accompagner l’absence – poésie
  • 2006 Les dieux voyagent la nuit
  • 2007 Histoire d’amour impossible ou presque – nouvelles
  • 2008 Epi oun jou Konsa têt pastè bab pati – roman créole
  • 2009 Le roman de Cuba – Document
  • 2010 Haïti une traversée littéraire – essai – avec Lionel Trouillot
  • 2011 Noires blessures – roman
  • 2012 Les bas-fonds de la mémoire – nouvelles
  • 2013 Ballade d’un amour inachevé – roman
  • 2017 Avant que les ombres s’effacent
  • 2017 En marche sur la terre – Poésie

Les jardins des femmes – Aminatta Forna – 2009

J’ai découvert cette écrivaine métisse Sierra-Léonaise et Britannique, née en 1964 à Glasgow, par un pur hasard. C’est l’écriture atypique de son prénom qui m’a interpelée. C’est vrai, je choisis mes livres de manière bizarre, mais, jusqu’à présent, cela m’a permis de trouver des diamants de la littérature contemporaine. Cette écrivaine qui a passé sa vie entre ses deux pays (Sierra Leone et Grande Bretagne), journaliste de la BBC, a écrit de nombreux romans dont les jardins des femmes. Le nom de ce roman est, selon moi, une garantie de voyage et de découverte. Je n’ai pas été déçue. Loin de là.aminatta-forna

C’est l’histoire d’une jeune femme, métisse qui apprend avec surprise qu’elle a un héritage en Afrique dont elle est l’unique bénéficiaire. Elle décide de l’accepter. Ce sera le début d’un voyage initiatique à travers les personnages de sa famille et l’histoire de ce pays dont elle ignorait tout. Abie, l’héroïne, découvre sa propre histoire. Petit à petit, elle découvre que l’histoire familiale est liée à celle de sa nouvelle patrie.

Aminatta Forna nous envoûte par ses mots, son écriture simple, fine qui coule de ses veines et atterrit sur la feuille en passant par sa plume, nous emmène au-delà des mots. Nous nous identifions à ces femmes aux histoires si différentes et si communes. Leurs rires,  leur vie ne laissent personne indifférent. Leur vie paraît si simple, alors qu’elle est compliquée et dure. Ce qui ne les empêche pas de rire, de pleurer, de se disputer, de vivre tout simplement. Vivre cette vie qu’elles n’ont pas choisie, mais qu’elles assument.

AminattaForna-HiResAbie intègre sa nouvelle identité à l’ancienne comme on rapièce un pagne mille fois déchiré et recousu. Elle le fait patiemment comme sa nouvelle patrie qui se remet d’une guerre fratricide. j’ai adoré ce livre, ce voyage envoûtant de ces femmes simples au bout de leur choix de vie. Un choix imposé par des évènements qu’elles n’ont pu contrôler et qui a marqué leur vie à jamais.

Ce livre nous pousse à nous questionner sur le poids de l’histoire et son impact sur les Humains. Comment se réapproprier sa vie après la guerre? Que faire des souvenirs qui ne sont pas forcément agréables? Une belle lecture qui touche profondément notre cœur, notre humanité, notre âme. Une superbe ballade dans la vie de ces femmes qui tiennent l’Afrique et leur pays à bout de bras.

 

Née de la côte d’Adam (1987) de Nuruddin Farah

Ainsi que je l’ai dit dans le portrait de l’auteur, la femme est un sujet important pour Nuruddin Farah. La place de la femme dans la société Ethiopienne, ses droits sont des sujets récurrents chez cet auteur. Il souhaite que son pays soit dirigé par une femme pour recouvrir la stabilité.

A travers l’histoire d’Elba, l’héroïne de son roman, Nuruddin Farah démontre, sans fards la malédiction que semblent subir les femmes de son pays, dans une société où elles n’ont que le droit de se taire et de subir. Elba est une jeune femme en constante rébellion et qui refuse de subir la tradition qui annihile sa vie , qui veut faire d’elle un objet qui se vend au premier venu.née de la côte d'adam

C’est la fuite en avant pour vivre, pour être libre de ses choix, de sa vie. Elle découvre la guerre en arrivant en ville. Cette guerre qui détruit son pays, comme la tradition détruit sa vie. Ses idées font d’elle une femme révoltée, qui rêve d’un mariage d’amour dans un monde où le mariage est un acte de vente, sans plus. L’homme choisit et achète son épouse qui n’a que le droit de le suivre et de subir cette union.

Ce livre est une ode à la liberté, aux droits de l’Humain. L’histoire et le destin d’Elba sontcôte d'adam ceux de la Somalie. Les deux luttent pour la liberté d’exister et d’avoir le droit de choisir son destin.

Un cri. Rien qu’un cri qui démontre le désespoir, la poursuite d’un rêve, d’un droit de l’Humanité: celui de forger son destin. Elba fera front contre les traditions avec force, avec réalisme. Cette liberté, ce droit, viendront-ils à Elba ou à son pays?

Un récit poignant, touchant, pudique, mais fort, mais réel qui se lit avec toutes les émotions. Un vrai régal!

Amélie Diack, Angéline Monceaux et Lara Lee Lou Ka. Les femmes au clavier, et ça fait du bien…

Giovanni Portelli

Pourquoi ces trois auteures en battle ici et aujourd’hui ? Je dois avouer que depuis Charlie de Fanny Kim, Kuru de Katia Campagne et le Quart d’heure de Gloire de Mari Delle j’ai eu maintes fois l’occasion de me rendre compte que le niveau des auteures indépendantes tenait la dragée haute aux productions masculines.

Bon, je ne suis pas chroniqueur aussi lorsque je parle d’un collègue, je me place en tant que lecteur lambda et donc je vous invite à creuser davantage si vous souhaitez en savoir plus sur ces trois nouvelles auteures dont je vais parler ici, plus ou moins en parallèle.

Vous comprendrez que c’est une recherche de présentation ludique qui nous vaut de mesurer Sheendara à Freesia, et la magie des personnages de Lara à celle des sorciers du monde d’Amélie Diack.

En terme de qualité narrative, on peut dire que les trois auteures tournent bien leurs…

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