LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Simone Kaya, écrivaine Ivoirienne (1937 – 2007)

KayaSimoneLa famille de Simone Kaya est originaire du Burkina Faso. Ses ancêtres viennent de l’actuel Burkina Faso. Son père, fils d’un militaire et agent de l’administration coloniale française, était lui-même né à Ouagadougou. Simone Kaya est née à Bouaflé en Côte d’Ivoire le 11 février 1937. Son père l’envoie à l’école et à 13KaneDanseuses ans, elle part en France. Elle y suivra une formation d’infirmière et d’assistante sociale. De retour en 7199Afrique, elle s’installe à Brazzaville, puis à Yaoundé et enfin à Abidjan, où elle travaille comme infirmière et assistante sociale et dirige l’INFS (Institut national de la formation sociale). Elle est une pionnière du roman féminin ivoirien. Elle meurt d’une méningite à Ouagadougou le 7 juin 2007. Elle a publié deux romans à caractère autobiographique:

  • 1976 Les Danseuses d’Impé-eya. Jeunes filles à Abidjan.
  •  1984 Le Prix d’une vie

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Et je suis restée debout, vivante – Evelyne Abondio – 2017

Quatrième de couverture

Trois femmes sont contraintes de renoncer au monde tel qu’elles l’ont toujours connu. Le virage que prend le destin est l’occasion, pour ces femmes intelligentes, sensibles et généreuses, de faire le point sur leurs rêves, leurs ambitions. Les épreuves traversées les forcent à se débarrasser du superflu pour percevoir que l’essentiel se trouve au cœur de leur conscience. Utilisant le fil rouge de la guerre, l’auteure dit la difficulté à être une femme, lorsque la marche du monde dérape vers la violence. Mais en creux se dessine l’espoir, la grâce et la puissance silencieuse de la femme quand elle fait le choix du refus.

Chronique

Trois femmes. Trois destins. Un point commun: la guerre. Une même volonté à se révolter et à faire face. Trois femmes. Trois caractères. Une même force. Une même énergie face à l’inqualifiable. Elles se nomment Emeraude, Flora, Fatima. Des vies racontées. Des vies construites avec douleur. Avec peine. Mais des vies assumées. Une vie aux prises avec l’anarchie extérieure? Et si le chaos les réunissait?

Et je suis restée debout, vivante traite de sujets très lourds avec, parfois, une pointe d’humour qui rend la lecture très agréable. C’est un roman à trois voix. Trois cris hurlant la paix dans le chaos. Trois cris hurlant la peur, la terreur, le désespoir. Trois femmes face à l’inconnu. Face à l’horrible inconnu. Celui qui vous souffle le cœur, vous tord les boyaux et vous empêche de rester debout. Mais elles ont tenu tête à cette terreur. Comment faire autrement, quand le monde s’écroule autour de vous? Quand la vie se dissèque sous les coups de boutoir du malheur, de la poisse, de la violence?

Et je suis restée debout, vivante. Un titre qui dit la force de ces femmes unies par les pertes d’êtres chers. Unies par la volonté de paix sur une terre ravagée par la folie des hommes. Trois femmes que le destin a arcbouté comme des lianes sous le poids de la douleur. Sous le poids des horreurs subies et tues au plus profond de leur âme. Trois femmes qui, sans avoir froid aux yeux et la tête haute, peuvent affirmer: et je suis restée debout, vivante.

Note 18/20

9782848591582     Editions Zinedi     158 p.    16€

Adnen Helali – poète et slameur Tunisien – 1975

Aden Helali est né à Sbeïtla (Tunisie) le 23 mars 1975. Il est poète et acteur arabophone. Il a fondé et dirige le Festival International du Printemps de Sbeïtla. Par ailleurs, il dirige le Centre Culturel Semama où il crèe des activités afin de lutter contre le djihadisme et l’obscurantisme dans les montagnes Tunisiennes.

Poète et slameur, ce professeur de français de Nabeul, promeut l’art et la culture de sa terre natale en présentant chaque année la fête des bergers à Djebel Semama, ainsi qu’à travers des pièce de théâtre, des poèmes. Il a écrit Zalabeni et Fartito. En 2017, il a joué le rôle de Garrett Flaherty dans Left for Dead réalisé par Albert Pyun.

New Phototastic CollageIl a créé un centre à Semmama qui met à l’honneur la culture de cette région montagneuse. Ainsi, des enfant pourraient faire du sport, profiter des ateliers photo, vidéo, théâtre, chant et cirque. D’autres ateliers pourraient mettre en avant le savoir-faire régional: tapisserie, tissage, distillerie d’huiles essentielles.

Au-delà des frontières – Aïchetou Camara – 2016

Quatrième de couverture

Au-delà des frontières constitue un véritable appel à l’humanisme, au pardon, et à la tolérance. Le ton de son auteur offre au lecteur une saveur particulière qui le mène dans une entropie de tableaux minutieusement peints, puisés dans des manifestations tantôt pittoresques, tantôt enfouies dans les profondeurs d’une double culture à laquelle l’auteur fait appel, à cheval sur les quintessences de plusieurs civilisations qui s’enchevêtrent, comme un hymne retentissant à l’émergence de la Civilisation de l’Universel […].

Chronique

Ainsi que le dit le proverbe sénégalais « Le sang n’est pas de l’eau« . Le sang lie et soude les familles, malgré la distance. Les hasards de la vie. Une rencontre fortuite et le monde dévoile un secret. Un secret longtemps enfoui dans les histoires familiales. Une rencontre et un flot de souvenirs submerge Salma. Que se passe t-il? Qui est cette personne qui déclenche tant d’émotions? Pourquoi toutes ces émotions d’ailleurs? Des souvenirs affluent. Qui sont ces femmes? Quelle est leur histoire? Quel est le lien invisible tissé entre elles?

Au-delà des frontières est l’histoire d’une famille. Une histoire de racines familiales. Une histoire belle, fine, ciselée telle une dentelle dont les points sont particuliers. Une dentelle qui tisse une saga familiale. Une dentelle faite par les liens du sang. Sur la pointe des pieds, nous suivons le récit de chacun. Au fur et à mesure de la lecture, nous découvrons des personnes pétries de tradition, de cultures différentes. Mais, si proches, si unis. Chacun prône la réconciliation. Chacun prône le pardon à travers son humanité. Malgré sa différence. Avec ses expériences profondément humaines.

Le sang, un lien symbolique d’une très grande force. Une force que rien ne peut désunir. Surtout pas l’homme quels que soient ses desseins. Une famille en fera la merveilleuse expérience. Salma va en être le vecteur. A la surprise de tout le monde. Pour le bonheur de tous. Pour la continuité familiale. A travers les turpitudes de la vie. Arrivera t-elle à se faire entendre? Arrivera t-elle à réunir toute la famille? A -t-elle retrouvé le chainon manquant familial? Cette famille qui nous entrainera dans son histoire. Dans ses erreurs. Dans ses forces et ses faiblesses. Au-delà des frontières.

Note 18/20

9782343083988   Editions l’Harmattan   Collection Ecrire l’Afrique   276 p.   22,50€

Les palmiers sanglants – David Noga – 2017

Quatrième de couverture

La République de San Feliz est, en 2045, l’Etat le plus prospère d’Afrique Centrale. Le chômage y est inexistant, sa population est éduquée, et la démocratie fait son oeuvre… Un havre de paix au cœur du bassin du Congo. Soudain, huit meurtres rituels viennent remettre en cause la quiétude d’une nation. Opposant historique au pays de l’Oncle Sam, le président Kwame n’a d’autre choix que de faire appel à la police new-yorkaise -le NYPD- pour l’aider à élucider une affaire qui risque de faire basculer sa patrie dans la guerre civile. L’enquêteur désigné n’est autre que le lieutenant Ellington, le meilleur flic de New York. Fils d’un émigré sénégalais, Ellington accepte une mission qui, pense t-il, sera l’occasion de renouer avec ses racines ancestrales. Au cœur de l’Afrique Centrale démarre alors une enquête épineuse, qui vire brutalement au cauchemar lorsqu’apparaissent les premières tensions ethniques. Les têtes tombent comme des mouches. Devant l’implication manifeste de l’ONU, la Maison Blanche décide de prendre les choses en main. A leur tour, la CIA, le FBI, la NSA et le NCIS entrent donc en piste! Sous pression, et bouc émissaire idéal, Ellington se lance dans une course judiciaire ultime, au péril de sa vie et de celle qu’il aime….

Chronique

Au milieu du 21ème siècle, un Etat africain riche. Très riche. Mais, la paix qui y règne ne semble pas être la panacée des grandes puissances mondiales. Une paix qui sera troublée par la découverte de pendus dans différents villages. Que se passe t-il? Crimes rituels ou meurtres délibérés? Pourquoi faire appel au NYPD alors que la police locale a tous les moyens d’effectuer l’enquête? Est ce une manipulation? Comment s’en sortira l’Inspecteur de police Américain?

Nous entrons de plein pied dans un thriller énigmatique. La situation n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Moss devra compter avec les politiciens, les traditionnalistes. Les rebondissements sont nombreux et l’intrigue est aussi noueuse qu’un vieux bâton. Nous nous interrogeons beaucoup sur les tenants et les aboutissants de ces crimes dont le modus operandi ne varie pas. Y aurait-il une forte impression de manipulation afin de soumettre un pays totalement libre et indépendant financièrement à la volonté de puissances étrangères? Pourquoi une telle force d’intrusion dans  une enquête à priori  normale? La richesse du pays dérange t-elle tant que cela? Qui tire les ficelles? Autant de questions que se pose le lecteur.

Les palmiers sanglants est un roman qui nous parle de nostalgie. De diaspora. De recherche de racines. Un roman qui nous parle de ce désir de retrouver la terre mythique des Ancêtres. Nous découvrons aussi le désir du pouvoir. Cette soif inextinguible qui peut animer des êtres sans foi ni loi. Nous découvrons le machiavélisme à l’état pur. Quelles sont les attentes de ces assassins? Comment se terminera cette enquête? Moss Samba-Ellington aura du fil à retordre sous les palmiers sanglants.

Note 17/20

9782343129983    Editions l’Harmattan    Collections Encres Noires   286 p.   23€

 

 

Tout sauf le caleçon – Moussa Dienne – 2019

Quatrième de couverture

Tout sauf le caleçon est un roman qui, à travers l’emprisonnement d’un professeur et de certains de ses élèves, rend compte de l’essentiel de la vie carcérale et du chemin qui y conduit. Il parle de l’Ecole et de la prison en suscitant la précieuse remise en cause de bon nombre d’idées et de règles. Il fait clairement transparaître l’impérieuse nécessité d’une réflexion profonde à propos des lois et des procédures pénales ainsi que de l’institution qu’est la prison. Et il interpelle directement les décideurs ainsi que les professionnels de la police et du Droit quant à une gestion globaliste de la sécurité et des sanctions et non point une focalisation  sur la répression de l’insécurité, comme il est malheureusement le cas dans nos Etats.

Chronique

La prison, quel que soit le pays est connue pour retirer toute humanité à ceux qui y entrent. Les humiliations déshumanisantes y sont nombreuses. Morsine Kane, professeur de mathématiques, va le découvrir à ses dépens. Son arrestation fait du bruit dans le milieu scolaire. Sa découverte du monde carcéral et de ses actes humiliants va crescendo. Au grand dam de Morsine qui souhaite plus que tout garder son intégrité. Pourra t-il le faire? Comment se déroulera son séjour carcéral? Son mental sera t-il assez fort pour tout supporter?

Tout sauf le caleçon, un titre qui prête à sourire si tout ne se passait pas dans le milieu carcéral. Si un homme ne luttait pas désespérément pour préserver son honneur. Son humanité. Si un homme ne luttait pas contre un système froid, machiavélique et violent. D’une violence sourde. D’une violence calculée. Un système que nous découvrons au fil de notre lecture. Une lecture fluide qui nous entraîne entre le milieu scolaire, les forces policières et les hommes politiques.

Tout sauf le caleçon est l’histoire d’une âpre lutte. La lutte vitale d’un homme prêt à tout pour garder sa dignité. Est-il prêt à payer le prix d’un tel choix? Sait-il s’il supportera ce milieu qu’il ne connait pas si bien? Sa lutte sera forte.  Désespérée. Une lutte libératrice? Peu importe. Il est prêt à tout supporter. Il est prêt à tout perdre. Sauf sa dignité. Tout, sauf le caleçon.

Note 17/20

9782343174181    Edition l’Harmattan     230 p.    21€

Marginal – Mour Sèye – 2019

Quatrième de couverture

Accusé de trafic de drogue, Djibril, jeune étudiant, est arrêté puis emprisonné pendant trois ans avant d’être relaxé. A sa sortie de prison, il est rejeté par la société qui l’oblige à affronter son destin dans la rue. Il fréquente quelque temps un gang avant de devenir assistant d’un maître coranique. Son existence bascule et Djibril découvre d’autres réalités de la vie en marge de la société. Une nuit, contre toute attente, Djibril disparait malgré lui et se retrouve dans la situation la plus extravagante et la plus sombre de sa vie. Le destin de toute une nation était entre ses mains? Fera t-il le bon choix?

Chronique

Le milieu carcéral est difficile, invivable, quel que soit le pays. Tout prisonnier  ne rêve que d’une chose: en sortir, si possible blanchi de toute accusation. Du moins, tel est le désir de Djibril, ex étudiant, accusé de recel de drogue. Même libéré, la vie continue à éprouver son avenir. Pourquoi est-ce si difficile? Que lui réserve la vie hors de prison? Comment son retour au bercail sera t-il perçu par sa famille?

Marginal. Avec un langage coloré, parfois énigmatique, Mour Sèye nous transporte dans l’univers carcéral sénégalais. Un univers où la surpopulation, la violence, la saleté règnent. Un univers où la loi du Talion est maître. A travers les aventures de Djibril, nous découvrons l’univers de la rue. L’univers de ces ex prisonniers abandonnés par tous et surtout par leur famille. Ces ex prisonniers livrés à la merci des marginaux. Pourquoi pas à la merci des terroristes?

Marginal est un plaidoyer pour la reconsidération du milieu carcéral. C’est un appel à humaniser ce milieu ainsi que les conditions de vie des prisonniers. C’est un roman qui appelle à la réflexion sur la réinsertion sociale et familiale des anciens prisonniers. Pourquoi les garder si longtemps en préventive avant qu’ils ne soient jugés? Pourquoi les garder si longtemps dans le système judiciaire quand, sans jugement, ils sont tout simplement oubliés dans les prisons? Pourquoi ne pas faire prévaloir la présomption d’innocence, même quand il s’agit d’un marginal?

Note 15/20

9782343176758   Editions l’Harmattan   164 p.   18€

 

Jeu de destins – El Hadj A. Abdoulaye Barry – 2002

Quatrième de couverture

« C’est la veille des indépendances et l’Afrique Occidentale Française bouillonne de nombreux frémissements. Le colon consent déjà quelques avantages et responsabilités à une élite noire sortie de l’EPS; ce qui naturellement ne se fait pas sans abus. C’est aussi l’époque où les marabouts et autres charlatans profitent de l’ignorance des populations pour les spolier de leurs biens… Mais le plus grand drame est assurément le choc des mœurs. Accepter le droit de cuissage instauré par le don dans une société traditionnelle musulmane puritaine, dans laquelle toute jeune fille bien éduquée doit arriver vierge au mariage relève parfois de la gageure. L’unique parade se résume parfois à sauver les apparences pour garder l’honneur de la famille intact. Mais il arrive que le drame survienne.« 

Chronique

Un royaume comme tous les autres. Un royaume où le trône est l’objet d’ambition fratricide. L’histoire du monde regorge de ces situations. Quelle différence avec les autres royaumes? Il s’agit de la royauté Peule du Fouta qui se trouve à la veille des indépendances. Comment se passera la prise de pouvoir? Quelle incidence sur ce monde en pleine évolution? Les frères de sang en viendront-ils aux mains?

Jeu de destins nous entraine dans les coulisses de l’histoire des peuls du Fouta. Un peuple pétri de traditions. A travers ce peuple, une saga familiale où pouvoirs occultes et pouvoirs religieux se côtoient dans la pure tradition africaine. Des pouvoirs qui accompagnaient toute accession au trône. Nous assistons à l’évolution d’une famille à travers l’histoire, de la colonisation à la décolonisation et au démantèlement du royaume. Une histoire baignant dans le sang, les batailles, pour le désir du pouvoir. Pour l’honneur. Par vengeance.

Jeu de destins se lit très facilement tant cette saga familiale qui n’a rien à envier aux sagas télévisées nous envoûte. Nous découvrons de nombreuses traditions telles que le partage, l’accueil du voyageur connu ou inconnu, le lévirat, entre autres. Nous découvrons aussi la liberté des femmes dans le choix de leurs époux. Des femmes fortes, conseillères de l’ombre. Des femmes qui jouent des rôles importants dans le destin de leur famille. Dans le jeu de destins.

Note 17/20

9782913326743     Editions Ganndal     278 p.    14€

Editions du 20 décembre

Les livres sont disponibles à La Réunion dans plusieurs librairies de l’île et la boutique en ligne. 

(https:www.leseditionsdu20decembre.ecwid.com).
Pour la métropole, on peut les trouver sur des sites de librairies en ligne telles que bod.fr, fnac.com, leslibraires.fr, amazon.fr, etc.

En cliquant sur le logo, vous avez accès au site des Editions du 20 décembre. En cliquant sur les couvertures, vous avez accès à la chronique qui concerne le livre. Bonne découverte.

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gaelle berthide - 20 décembreGaëlle Berthilde a créé sa Maison d’éditions en décembre 2012 sur l’île de La Réunion. Un nom qui fait référence au 20 décembre 1848, date du décret d’application de l’abolition de l’esclavage à l’île de La Réunion. Elle souhaitait un nom auquel les Réunionnais puissent s’identifier. Un nom portant les valeurs de liberté, d’espoir, de lumière, de courage, de résilience, de réconciliation, etc. qu’elle désire véhiculer à travers ses livres.  Un nom  lui offrant l’opportunité de parler de son île dans le monde entier…

Pourquoi et comment suis-je devenue éditrice ? À un moment donné de mon851740930 parcours, c’est devenu une évidence. D’aussi loin que je me souvienne, le livre a toujours été présent dans ma vie. M’offrir un livre était et est toujours le cadeau le plus précieux et le plus sûr qu’on puisse me faire. Enfant, j’aimais même écrire mes propres histoires. Pourtant, il ne m’était jamais venu à l’esprit d’en faire mon métier, jusqu’à ce que l’un des plus anciens éditeurs de La Réunion me contacte en 2009. Il avait un projet de valorisation du patrimoine d’un endroit particulier de notre île et avait entendu parler du travail de recherches historiques que j’avais effectué pendant mes études universitaires. Cela l’intéressait de l’éditer. Par la même occasion, il m’a offert l’opportunité de découvrir les 876132555rouages de l’édition à La Réunion, en travaillant avec lui pendant deux ans. À la fin de cette expérience, plusieurs personnes ont fait appel à mes services pour des corrections et des conseils en écriture et, satisfaites de mon travail, toutes m’ont encouragée à me lancer moi-même dans l’aventure. Je m’y suis alors préparée et les Éditions du 20 Décembre sont nées. Ce qui n’était d’abord qu’une suggestion est rapidement devenu une conviction. C’est un métier très enrichissant qui ne laisse pas de place à l’ennui. Quelle joie de contribuer à réaliser le rêve d’un auteur et/ou d’un illustrateur, de révéler leur talent ! Quelle récompense quand je reçois en commentaires : « Ce livre m’a redonné le goût de la lecture », « Je me suis totalement retrouvée dans l’héroïne, ça m’a fait rigoler » ou encore « Votre histoire m’a redonné l’espoir. Merci ». Cela me confirme que j’ai fait le bon choix et finalement, en aidant les autres à réaliser leur rêve, je réalise le mien…

Le silence du totem – Fatoumata Ngom – 2018

Quatrième de couverture

Sitoe Iman Diouf est une brillante anthropologue qui travaille au Musée du Quai Branly. Elle fait, dans les réserves du musée, une découverte mystérieuse qui va bouleverser son existence et la vie qu’elle menait jusque-là avec son mari et son fils…

Chronique

Sitoe, jeune femme sérère (ethnie du Sénégal) a grandi en baignant dans les traditions de ses ancêtres grâce à son grand-père, Gardien des Cultes. Un grand-père qui a toujours répondu avec empressement à ses questions de petite fille curieuse. Ce qui orientera son choix de carrière. Choix qui la confrontera plus tard à peut-être faire face à  ses souvenirs d’enfance.

Le silence du totem est un retour aux traditions et aux cultes des Ancêtres d’une jeune femme moderne qui en a été éloignée par la vie. C’est une redécouverte trépidante de ses souvenirs d’enfance. Des cultes familiaux. Des mystères traditionnels. C’est un voyage initiatique à la redécouverte des totems d’un village. A la découverte d’un peuple. Sitoe devra faire appel à ses souvenirs pour honorer ses ancêtres et peut-être permettre aux totems de retrouver leur terre natale. Cela sera-t-il possible? Comment réagiront ses collègues du Quai Branly? L’appel des totems, des ancêtres sera t-il entendu?

Le silence du totem. Une lecture agréable qui nous emporte dans les rites sérères. Dans les mystères de l’Afrique animiste. C’est un roman qui nous emporte dans des découvertes culturelles et nous fait faire un retour au bois sacré. Rêve ou réalité? Nous suivons une longue enquête qui mettra Sitoe face à elle-même. Face à ses oublis de la terre natale. Face à cette partie de sa vie qu’elle a obturée. Face à l’histoire de sa famille, de son village. Pourra t-elle contenter les totems? Les Ancêtres? Pourra t-elle restaurer ce qui a été amputé? Les totems familiaux accepteront-ils de pardonner? Pourront-ils se réapproprier cette place qui était la leur? Il faudra peut-être faire beaucoup d’efforts pour briser le silence du totem.

Note 18/20 

9782343141794    Editions L’Harmattan   Collection Ecrire l’Afrique   234 p.    21€

 

 

Départ – En hommage à Agawane – Lamine Ndiaye (Pr.) – 2019

Quatrième de couverture

« Départ, c’est comprendre la vie telle qu’elle est pour vivre la vie, penser l’Ailleurs, l’essentiel, la part, la patience et dire la vérité. » Pr. Lamine Ndiaye

Chronique

Si on me dit  prose, je répondrai poésie. Si on m’affirme poésie, je répondrai derechef  prose. Prose et poésie réunis dans le même recueil. Une prose poétique. Des poèmes dignes des plus grands romans. Je ne radote pas, rassurez-vous. C’est un beau mélange. Que pensez-vous de la vie? Que pensez-vous de tout ce que vous pouvez faire pour la vivre sereinement?

Départ est une réflexion sur le destin. Une réflexion sur les aléas, les moments forts de la vie. A travers ce voyage vital, nous découvrons l’amour, la force des rêves qu’ils se réalisent ou pas. Nous découvrons les réflexions sur la notion de la vraie vie, l’amitié, les instants agréables passés ensemble entre amis ou en famille.

Départ est un ode à la vie. C’est un adieu à l’être aimé. C’est une recherche pour trouver la force de continuer son bout de chemin en l’absence de l’autre parti sur la pointe des pieds rejoindre la Terre des Ancêtres. C’est la continuité d’une vie où la tristesse se décline à travers les mots. Des mots qui sont les larmes de la perte. Une perte qui vous pousse à réfléchir à la vie. A votre vie. Une vie qui a changé. Une vie qui ne sera plus la même sans l’absent. Un absent à  qui on ne peut crier sa douleur. Une douleur faite d’un océan de mots. D’un abyme de réflexions. Une douleur qui hurle la disparition d’un compagnon de route. Une route bien solitaire en l’absence de l’autre. Après son départ.

Note 18/20

9782343176796   Editions l’Harmattan    86 p.   12€

Les mirages du bonheur- Marième Fall Diol – 2019

Quatrième de couverture

Aisha est une jeune fille sénégalaise issue d’une famille aisée. Habituée à la redondance d’une vie dorée, sa vie bascule le jour où elle apprend qu’elle est enceinte. Grâce au soutien indéfectible de sa famille, elle pourra survoler ces moments difficiles, se refaire à travers la reprise de ses études et pouvoir recadrer sa vie pour atteindre ses objectifs d’antan. Elle rencontrera son grand amour et fera un beau mariage qui comblera ses proches, mais, hélas, son bonheur sera éphémère.

Chronique

Une annonce terrible dans une société qui crie haro très facilement sur la personne qui ne respecte pas les règles. Une société qui taillade sans état d’âme toute personne qui ne se conforme pas à ses lois. Faire cette annonce s’avère difficile car elle hypothèque un avenir. Aisha, jeune fille de bonne famille, est enceinte. Pire, elle est mère célibataire. Ce que ne tolère pas la société sénégalaise. Comment réagiront ses parents à l’annonce de cette nouvelle? Comment réagira la famille agrandie?

Les mirages du bonheur nous fait plonger au cœur de la société sénégalaise et de ses discordances. Une société où la femme est souvent désignée en cas de soucis. Divers sujets sont abordés: l’infertilité masculine, la virginité, le viol, la pédophilie, la grossesse hors mariage, les aléas du mariage. Nous faisons connaissance avec une société schizophrène qui donne d’une main ce qu’elle reprend de l’autre. Nous le découvrons à travers la vie de Aisha et de sa famille.

Peu à peu nous accompagnons cette jeune mère célibataire dans les turpitudes de la vie. C’est connu, un malheur ne vient jamais seul. Cette lecture addictive et agréable nous emporte au fil des mots dans des destins si différents. Si forts. Si durs. Les pages se tournent avec curiosité et aussi une sorte de compassion-admiration pour les femmes de la famille. Pour leur force. Pour leur dignité. Nous les soutenons discrètement dans leur force de croire en un avenir meilleurs malgré les mirages du bonheur.

Note 17/20

9782343174273   Editions l’Harmattan    238 p.   21,50€

 

 

Fatime Fatou Fatoumata – Chantal Serrière – 2005

Chronique

Trois petites filles pleines de joie. Trois fillettes africaines qui jouent et vivent comme toutes les fillettes du monde. Elles jouent à faire comme les grands aussi. Toutes les fillettes du monde se reconnaitront en elles. C’est si beau. Si plein de vie.

Fatime Fatou Fatoumata est une petit livre superbe pour les enfants à partit de trois ans. C’est un petit livre qui invite à l’apprentissage de la lecture. C’est un petit livre dédié aux petites filles du monde entier. Entre nous, les petits garçons aussi seront curieux de le découvrir. Une curiosité à satisfaire volontiers.

Les caractères sont imprimés en gros. Ce qui facilite le décryptage et la lecture des mots. Des mots simples. Des phrases courtes qui aident à la compréhension du texte. Les croquis de Aboubacar Demba Bangoura sont faits à la gouache et ont des couleurs chaleureuses. Les pages, assez épaisses, permettent la prise en main par les enfants et, ainsi, se déchirent difficilement.

Les enfants découvrent la vie de petites filles dans un village africain. Ils découvrent aussi leurs jeux, leurs centres d’intérêt. Fatime Fatou Fatoumata sont pleines de vie, de joie comme tout enfant de leur âge. Des enfants qui se plairont à comparer leur vie à celle de ces trois fillettes. Ce qui donnera lieu à de nombreux échanges avec les parents. Echanges d’autant plus intéressants qu’à cet âge, l’imagination est débordante. De très agréables moments de partage parents-enfant en perspective.

Note 17/20

9782313326453  Editions Ganndal    16 p.   4€

De cendres et de larmes – Bara Seck – 2017

Quatrième de couverture

Ziguinchor, le 13 janvier 1993. Fraîchement diplômé de l’Ecole Nationale de Formation Hôtelière et Touristique et tout jeune père de famille, Souleymane a débarqué 13 ans  plus tôt dans le sud du pays avec sa jeune épouse, déterminé  à y réaliser son ambition de réussir par le travail. Au début simple réceptionniste, il va, à force d’efforts  et grâce à la confiance porté en lui par sa hiérarchie, se hisser jusqu’au rang de directeur de l’hébergement. Sans relâche, toujours en quête de la prochaine marche à gravir dans sa conquête de l’eldorado casamançais, il ne prêta guère d’attention aux vents de la révolte qui, de Bignona à Oussouye, se levaient sur toute la région et finirent par tout emporter dans un effrayant tourbillon  de violences, trahisons, complots….

Chronique

Un jeune couple charmant. Un enfant à venir. Une immense ambition. Une belle manière de débuter la vie professionnelle et de futurs parents. Surtout quand cette vie débute loin de toute famille. Tel est le cas de Souleymane. Réussira t-il autant qu’il le souhaite? Cet hôtel sera t-il à la hauteur de ses ambitions?

De cendres et de larmes est l’histoire d’une réussite hors normes pour un homme parti de rien. C’est aussi l’histoire d’un homme à qui tout souriait. Un homme à qui tout réussissait. L’histoire  d’une région qui souffrit de la guerre. Des tensions humaines. De l’ignorance des politiques. Que peut-il advenir quand une région quasi abandonnée et hurlant son désir de considération rencontre l’ambition sans borne d’un homme  prêt à tout pour satisfaire  son insatiable désir de réussite? Cela peut-il s’avérer sans danger?

De cendres et de larmes se lit aisément tant les mots sont forts. Réalistes. Au fur et à mesure des pages, nous rencontrons des personnages dont le profil correspondrait à de nombreuses personnes que nous connaissons. Des personnages débordants de sincérité. Des personnages appelés à faire face à des évènements qui pourraient les dépasser voire les anéantir. C’est une histoire où les hommes apprendront peut-être à leurs dépens que la vie est faite de cendres et de larmes.

Note 17/20

9782343124391   Editions l’Harmattan   128 p.   14€

Grand Sanga, maître féticheur, preneur de sorciers – Boubacar Diallo (1er) – 2018

Quatrième de couverture

Oumar Kindi et Oumar Kenda sont reçus au BEPC. Mais qu’est-ce qui pousse leur mère à croire qu’ils sont poursuivis par une sorcière? De ville en ville, Oumar Kindi cherche à échapper à son sort. Qui pourra le délivrer?

Chronique

Des jumeaux heureux d’avoir réussi leur BEPC contrairement à leur demi-frère. Et si la co-épouse de leur mère décidait de se venger par jalousie? Et si elle était une sorcière? Voilà qu’Oumar Kindi tombe malade. Et si c’était vrai? Lui aurait – elle jeté un sort? Comment faire pour lui échapper?

Nous les accompagnons dans leur exil à travers le monde pour échapper à la sorcière. Oumar Kindi arrivera t-il à maitriser cette peur qui prend possession de tous ses sens? Finira t-il par croire ce que dit sa mère? Au fait, quels sont les signes qui prouvent qu’il est victime de sorcellerie? Avec beaucoup d’humour et un brin de folie, nous accompagnons ce jeune homme dans sa fuite en avant et dans ses grands moments de doute.

La lecture est aisée et facilitée par les croquis qui ornent chaque page et nous font sourire de cette situation tragi-comique. Les doutes d’Oumar Kindi se forgent de coincidence en coincidence. Et ce grand sorcier que l’on dit renommé, arrivera t-il à trouver celui qui en veut aux jumeaux? Les rituels s’enchaînent ainsi que les désenvoûtements. La vie continue. Oumar arrivera t-il à démêler le vrai du faux? Devra t-il croire le Grand Sanga, Maître féticheur, preneur de sorciers?

Note 18/20

9782350450926   Editions Ganndal    Collection La case à Palabres   54 p.   4€

A TOUTES LES MÈRES DU MONDE – Le Poète de Ndayane

(à nos mamans parties avant nous !)

Notre aube éternelle
Notre fleur de Jasmin
Notre lune de miel.
Notre univers serin !
Ô Doux néon bleu
De nos rêves fabuleux !
Que sur toi s’étale,
Mère bien aimée,
La grâce divine pour tes larmes
Tant de nuits sur nos peines tombées !
Habituée du silence à peiner
Pour nos doux lendemains, que Dieu
T’accorde la Paix de l’âme
Et t’accueille dans les prés sublimes de l’Éden !
Amine !

 

Djembé jaune – Chantal Serrière – 2005

Quatrième de couverture

Dans ce petit ouvrage, tout premier accès à la lecture, les mots et leur musique se sont mis entièrement au service de la peinture. Rythme d’une partition musicale à deux voix où les aquarelles du peintre Aboubacar Demba Bangoura dit « Papus » révèlent au-delà des apparences, une Afrique lumineuse, avec ses enfants en marche. Un véritable enchantement…

Chronique

Une belle histoire autour d’un objet qui peut ou non être un Djembé. Peu importe, l’essentiel est de s’amuser. Fatime, Fatou et Fatimata, comme tout enfant des villages africains, savent s’amuser avec peu de choses. Il leur suffit d’avoir beaucoup d’imagination. Elles sont prêtes à danser. Elles en ont vraiment envie, ainsi que leur ami Mamadou. Et si cet objet était un Djembé? Pourquoi ne pas taper dessus pour faire danser les adultes aussi. Une histoire qui ferait bien danser les petits lecteurs tout comme ces petites filles.

Les croquis sont fait à la gouache et les couleurs sont chaleureuses et permettent au lecteur de mieux visualiser l’histoire qu’ils sont en train de lire. C’est un livre d’apprentissage à la lecture pour les enfants de plus de trois ans qui leur mettra des étoiles dans les yeux. Les mots se lisent comme une poésie ou un slam. Ils se lisent au son du djembé. Un djembé qui est le lien qui unit le village. Grands et petits. Jeunes et vieux. Un djembé qui amène la joie aux villageois. Tous aiment danser.  Surtout quand il y a un djembé jaune.

Note 17/20

9782913326316   Editions Ganndal    16 p.    4€

 

 

Tipoko ou les méandres du destin – Tinzanga Sogoba – 2019

Quatrième de couverture

– Voilà ! C’est ça l’école pour elle : suivre les garçons. C’est sûr qu’elle est partie avec un homme. Caté qu’allons-nous faire ?
– Que peux-tu faire ? Tipoko a eu ce qu’elle voulait. C’est tout !
– On ne sait pas ce qui lui est arrivé. Il y a de quoi s’inquiéter !
– Oh Tof ! Une grande fille comme Tipoko ! Elle sait ce qu’elle fait. Elle dort tranquillement dans le lit d’un homme, en attendant d’être jetée dans la rue avec une grossesse. Mais elle ira faire sa maternité dans la famille de sa mère, au village. Je ne pourrai pas m’en occuper. Non, non, je n’en aurai pas le temps !

Chronique

Une jeune femme qui a une vie simple et dure. Une jeune femme qui allie études et travail. Une jeune feme qui prend la vie comme elle vient. Avec intelligence et réalisme. Tipoko veut réussir dans sa vie malgré un emploi du temps chargé. Malgré les soucis financiers. Quelle force! Quel courage! Cependant, Tipoko a un regret. Celui de ne pas connaître son père. Qui est-il? Est-il toujours vivant? Pourra t-elle le retrouver? Comment sera t-elle accueillie?

Nous suivons Tipoko sur la voie de son destin. A la recherche d’une identité complète. Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle presque rien dit de ce père énigmatique? Pourquoi n’a-t-elle jamais eu des nouvelles de ce père fantôme? Sait-il qu’elle existe? Nous la suivons dans ses aventures où la vie peut être si capricieuse parfois. Nous la suivons dans le choix qu’elle a fait. Un choix qu’elle assume. Quels sont ses rêves? Arrivera t-elle à les réaliser? Pourra t-elle enfin  se réconcilier avec elle-même?

Tipoko ou les méandres du destin est une quête d’identité comme en connaissent de nombreux enfants à travers le monde. Des enfants qui, tout comme Tipoko sont en quête de leurs racines. En quête de quelqu’un qui puisse remplir ce vide qu’ils portent en eux et qu’ils désirent plus que tout combler. Pour se forger une identité complète. Pour, enfin pouvoir s’identifier en partie à l’absent. A cet autre, un inconnu qui, pourtant fait partie de leur être. Tipoko se donne les moyens pour y arriver.

En tournant les pages, nous faisons une lecture fluide et agréable où les évènements se suivent et ne se ressemblent pas. Une lecture où Tipoko l’héroïne, tel Zadig ou Candide, nous montre sa philosophie de la vie. Une philosophie qui frise la candeur, la sagesse, l’innocence. Une philosophie qui lui permet de suivre les méandres de son destin.

17/20

9782343166780   L’harmattan   160 p.   17€

Bras de fer pour un ballon – Augustin Mansaré – 2018

Quatrième de couverture

Salif n’a qu’un rêve, devenir champion de foot! Son père voit ça tout autrement, à quinze ans on étudie. Qui sera le vainqueur de ce bras de fer entre foot et étude?

Chronique

Salif, comme beaucoup de jeunes gens de son âge adore le foot. Il est fan du Barça et de Messi. Son rêve? Devenir footballeur comme son idole. Un rêve qui pourrait être contrarié par son père. Comme tout parent, ce dernier pense que les études sont plus importantes et sont le gage d’un avenir plus sécurisant  que le football. Comment faire pour convaincre ce père réticent? Sera t-il un jour un grand footballeur? Salif est perdu.

Bras de fer pour un ballon nous parle d’un rêve. Celui d’un jeune homme de quinze ans pour qui le foot représente toute sa vie. C’est le récit d’une bataille opiniâtre pour accéder à ce rêve qui, pour le moment, semble hors de portée. Comment faire pour sensibiliser son père à sa passion? C’est une histoire pleine de force. Une histoire pleine de réalisme et de force de caractère pour un si jeune adolescent.

Bras de fer pour un ballon est un roman jeunesse qui passionnera les fans du ballon rond. Et pas seulement ces derniers. La lecture se fait d’une traite et est aisée. Les chapitres sont courts. Nous nous surprenons à nous attacher à ce jeune homme et à son rêve si réaliste. Ce jeune homme qui est prêt à faire un bras de fer pour un ballon.

Note 17/20

9782350450865   Editions Ganndal   Collection Gos &Gars   68 p.   3,90€

La dame de la cave – Hamidou Bah – 2019

Quatrième de couverture

Thierno fête son dix-huitième anniversaire. Jeune Sénégalais vivant en France après son adoption quelques années plus tôt, il est en proie à des cauchemars à répétition qui semblent être le signe d’un évènement précurseur. Son ami détective lui révèle alors des drames survenus dans la région parisienne concernant des enfants assassinés sauvagement et pour lesquels il a été appelé à enquêter. Leurs investigations révèleront une curieuse et horrible vérité qui les mènera loin des sentiers du réel…

Chronique

Un jeune adolescent travailleur. Une adoption dans des conditions assez difficiles. Une mystérieuse dame albinos. Des meurtres d’enfants. Que se passe t-il? Y a t-il des meurtres rituels en France? Thierno et son ami Jacques se lancent dans une enquête intrigante pour trouver l’auteur d’un infanticide. Y arriveront-ils? Est-ce une malédiction?

Des cauchemars comme point de départ d’une enquête des plus mystérieuses. Nous accompagnons Thierno et Jacques, son mentor, dans le décryptage des évènements qui surviennent. Nous les accompagnons dans une enquête sur l’assassinat de jeunes enfants. Le modus operandi est toujours le même. S’agit-il de sacrifices? Doit-on soupçonner une secte? Est-ce plus pernicieux, plus mystique qu’il n’y parait? Et cet homme très riche qui les a engagés, quel lien a-t-il avec ces disparitions? Qui est-il?

La dame de la cave nous entraîne dans une enquête trépidante qui dépasse tout entendement. Une enquête où le mystère s’épaissit au fil des pages. Au fil des chapitres. Avec deux amis unis par un passé commun. Deux amis si différents et si complémentaires. Deux amis aux prises avec des forces qui les dépassent. Des forces qui cherchent peut-être à les éliminer? Sorcellerie Africaine? Vaudou en terre française? Cauchemar bien occidental avec des réminiscences africaines? Réalité ou cauchemar? Pour le savoir, ils devront trouver la personne qui pourrait être à l’origine  de ces meurtres. Ils devront peut-être faire face à la dame de la cave.

Note 18/20

9782343174600   Editions l’Harmattan    140 p.   15,50€

Le turban et la capote -Nassur Attoumani 2009

Quatrième de couverture

« Le turban et la capote » est une comédie satirique dans la lignée du théâtre nassurien. Cette pièce qui a soulevé des vagues de rires, à Mayotte et à la Réunion, se fait l’écho des formidables mutations de la société mahoraise où les traditions musulmanes sont confrontées à la modernité occidentale. Au centre des dénonciations du dramaturge mahorais, se trouve le problème de la femme et de son émancipation, celui de la régulation des naissances, de l’allusion à la réforme  des noms patronymiques et à la départementalisation tant souhaitée par la population. Comme l’avait dénoncé Molière, en son temps, ici, les serviteurs de Dieu sont des hommes. Et lorsque sous le turban du cadi Mabawa Ya Nadzi, on reconnait Tartuffe et Don Juan, au bout de chaque réplique, le spectateur se tord de rire car, dans ce melting-pot cultuel et culturel, tout le monde ne prend pour son grade.

Chronique

En voyant le titre, j’ai souri car j’avais en tête un cadi tenant une capote. Ces deux – là n’étaient pas faits pour aller ensemble. Dès le départ, cet amalgame nous donne une idée de ce que l’on va lire. Mayotte et son double statut avant la départementalisation. Mayotte et ses cadis qui font justice. Des cadis parfois bien graveleux. Des hommes qui n’ont de religieux que le nom. Des images. Des tableaux de la vie sociale qui sont de vrais pamphlets dépeignant certaines réalités.

Le turban et la capote est une pièce de théâtre dans laquelle l’avare, Tartuffe, le malade imaginaire auraient bien leur place. Nassur Attoumani nous dépeint la société avec beaucoup d’humour. Les répliques sont succulentes et font rire aux larmes. Que peuvent bien faire ensemble un cadi et un époux obsédés sexuels et attirés par la même femme? Quelle est la place de la religion dans la désinformation sur les MST, la polygamie? Oups, je voulais dire la « multigamie ».

Les scènes sont sobres et laissent la place aux acteurs et à leur jeu. Du rire, du rire et encore du rire. Tous les sujets sont abordés: avortement, Sida, MST, divorce, grossesses à risque, abandon de foyer, etc. Mais, sous un angle jamais vu sauf par le cadi et ses désirs inassouvis. La lecture se fait d’une traite et avec d’énormes éclats de rire. Les quiproquos sont nombreux et régalent le lecteur. Pour dire vrai, le titre nous fait miroiter de l’humour à gogo et nous ne sommes pas déçus. Le turban et la capote, une longue et truculente histoire de religion inventée par un cadi lubrique, stupide et un époux ignare. Eclats de rire garantis.

Note 17/20

9782296106604   Ed. L’Harmattan   Coll. Théâtre des cinq continents   98 p.   11€

Mission à Libreville – Iba Dia – 2018

Quatrième de couverture

« La meilleure façon de renverser un gouvernement est d’en faire partie« . Cette sentence de Talleyrand sied à ce polar qui porte les empreintes de machinations ourdies dans les hautes sphères de l’Etat gabonais. Des personnes aristocratiques du sommet de l’Etat, dévergondés, manipulateurs, et d’un népotisme à souhait, nourrissent la trame de ce récit aux multiples rebondissements. Dans ce contexte machiavélique et imprévisible, l’agent spécial sénégalais Bara Ndiaye, au service de l’ANAD, envoyé spécial à Libreville par la CEAO, tente hardiment, mais avec un fort professionnalisme, de se frayer une voie pour mettre fin à un complot de déstabilisation, téléguidé de l’extérieur. Entre Paulette Ekanga et son diabolique amant Moïse Ambroise Ngoma, face à l’homme de confiance de l’Etat, Alexandre Mbourou Opambo et le très doué ministre de la Défense, Alphonse Massiélé, les combats et ruses seront féroces. Mais, comme dans toute bonne fiction politique, la raison d’Etat finira par triompher. Mais à quel prix!

Chronique

Le Gabon. Un pays où se trame un complot. Une explosion à la Foire. Que se passe t-il? Accident? Complot politique? Le Haut Commandement fait appel à Bara Ndiaye pour enquêter dans ce panier à crabes qu’est le monde politique.

Mission à Libreville est une enquête qui se déroule dans une atmosphère feutrée. Danger. Espionnage. Belles femmes. Sexe. Tout ce qu’il faut pour créer du suspens et faire avancer les recherches de Bara Ndiaye. Le suspens tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Faut-il faire confiance à tout le monde? Surtout aux « amis » surgis de nulle part? Qui sont-ils? Sont-ils au service de l’ennemi? Autant de questions dont notre agent doit tenir compte. Pour rester  en vie. Si possible.

Avec Mission à Libreville nous entrons dans une guerre en sourdine. Une guerre d’intérêts politiques. Une guerre de clans, de tribus. Dans une guerre où l’essentiel est de tirer à blanc sur celui qui ne sert pas ses intérêts. Bara Ndiaye doit y faire sa place avec discrétion. Pour mieux observer. Pour comprendre. Pour trouver. Y a t-il un traitre? Si oui, qui est-ce?

Mission à Libreville se lit avec délice. Sans nous en rendre compte, nous tournons les pages tant nous sommes pris par les intrigues et le suspens qui s’accélère de plus en plus pour atteindre son paroxysme à la fin. C’est une plongée dans les dessous de la politique. Les dessous de l’autocratie. Ce qui s’avèrera pour notre agent spécial être une terrible mission à Libreville

Note 18/20

9782343157979   Edition L’Harmattan   150 p.   16€

En attendant la lune… – Mabety Soumah – 2017

Quatrième de couverture

Mamy raconte des histoires mystérieuses au clair de lune, les copines parlent de leurs secrets de filles, Mustapha tente sa chance… Mais Marianne tourne dans ses pensées. Elle attend. Quoi au juste? Elle aimerait bien le savoir. Ce n’est pas toujours facile d’avoir 15 ans…

Chronique

L’adolescence est un moment clé pour tous. Garçons ou filles, les questions hantent les nuits. Les comparaisons avec les autres sont nombreuses. Les histoires abracadabrantes foisonnent alimentées par les « on dit« , les expériences supposées vécues d’amis, etc. Dans certaines régions africaines, l’éducation sexuelle est un mythe. Les découvertes sont faites en général peu avant le mariage ou le jour même. De manière succincte. Ce sont des femmes âgées qui s’en chargent. Marianne n’échappe pas à la règle. A quinze ans, elle ne ressemble pas à ses copines du même âge. Qu’est ce qui la différencie de ces dernières? Quel est le problème de cette adolescente? Pourquoi ne peut-elle pas en parler autour d’elle?

En attendant la lune… s’adresse à ces jeunes adolescents pour qui leur corps est un mystère. L’Afrique traditionnelle a du mal à parler de sexualité. Ce roman permet à ces jeunes de comprendre leur corps. De découvrir les changements qui interviennent. De tordre le cou à certaines idées reçues. De faire de la prévention à travers le mal-être d’une jeune fille qui se sait différente de ses amies.

La lecture se fait d’une traite et nous nous étonnons de l’ignorance de Marianne et de son désir d’en savoir plus sans trop oser poser des questions.  Une attitude propre à tous les adolescents pour qui leur corps est une quatrième dimension. Heureusement, sa grand-mère est là pour la conseiller et la guider, jouant ainsi pleinement son rôle de transmission de connaissances. Avec Marianne, nous rions, nous nous questionnant et nous nous poussons un ouf de soulagement, en attendant la lune…

Note 16/20

9782350450834   Editions Ganndal    Collection Gos & Gars   66 p.   3,90€

 

Tachetures – Hakim Bah – 2015

Chronique

Des bribes d’histoires. Des bribes de vies. Des vies perdues. Perdues dans la douleur. La douleur de la mort. La mort de l’âme humaine. Des vies qui se volent. Des vies qui s’abandonnent. Des vies qui se perdent. Pourquoi tant de violence? Pourquoi tant de douleurs tues? Face à l’inhumanité. Face à la laideur de l’homme.

Tachetures. Un recueil fait de petites histoires. Comme de petites touches de pinceaux sur un tableau. Des touches rouges et noires signes de la noirceur de l’âme. Signes de la rougeur du sang. Sang de l’innocent. Innocent abandonné par la vie, par l’amour, par l’homme. Tout simplement. Dans un univers où le temps est indifférent à tout. Un univers où la nature semble se mettre au diapason de ce qui fait cet enfer sur terre. Comment peut-on malmener un corps et passer à autre chose? Comment peut-on en abuser ou lui ôter la vie et en effacer le souvenirs?

Tachetures. Des histoires de femmes. Des histoires d’hommes. Les uns sont des bourreaux, les autres sont des victimes avec pour seule consolation « Mektoub ». Comme si la vie avait accepté cette horreur. C’est un recueil fort qui fait appel à l’humanité qui est en chaque lecteur. Il prend aux tripes et nous fait détester la vie et ses hasards sanglants comme des tachetures.

Note 19/20

9782350450551   Editions Ganndal     Collection Tinka    51 p.    6,80€

Nabil Haïdar écrivain sénégalais – 1954

i283445314585150590._szw1280h1280_ Nabil Haïdar, né en août 1954 à Diourbel (Sénégal), est un écrivain nabil-haidarsénégalais d’origine libanaise.  Il a été très tôt attiré par l’écriture. Il a été plusieurs fois lauréat au concours de la meilleure nouvelle de langue française de RFI (Radio France internationale). Il est actuellement Directeur Général  des Editions Khoudia au Sénégal.

« Le Sénégal est un pays incontournable dans mon itinéraire d’écrivain. C’est ma terre nourricière, mon cordon ombilical, c’est l’Afrique-mère. Que je sois d’origine libanaise ou autre ne change absolument rien en mon appartenance à mon pays… »

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« C’est cette expérience douloureuse [la guerre du Liban] que je décris dans « Les Cèdres Sauvages… ». Ce roman n’est cependant pas une autobiographie. C’est une œuvre de fiction basée sur des faits réels. Certains lieux et personnages de ce roman ont été inventés. »

Bibliographie

  • La Poésie d’El Nabelioun, aux éditions Pierre Jean Oswald, à Honfleur, France, en DSwJNGeVQAE41Jy1976. Ecrit sous le pseudonyme : Haïdar El Nabelioun.
  • Le Baiser, imprimerie GIA, Dakar, 1976.
  • Poèmes à une Femme, imprimeries GIA, Dakar, 1977.
  • L’hirondelle de nos rêves n’est pas morte de froid – poèmes érotiques 1978.
  • Silence Cimetière et autres nouvelles – Nouvelles 1979.
  • Le Déserteur, roman 1983 primé par la Fondation Léopold Sédar Senghor 1985
  • Les Cèdres Sauvages » – roman – 2017.

 

« J’aimerais bien cependant que[…] les libraires, d’ici et d’ailleurs, donnent une place de choix aux auteurs africains. La littérature sénégalaise se portera beaucoup mieux. »

Prix littéraires

  • Fondation Leopold Sedar Senghor
  • Radio-France International

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Le mouton de Modibo – A. Pellel Diallo – 2007

Chronique

Dans la plupart des cours, en Afrique, il y a un mouton, objet de grandes attentions car il protège la famille qui l’héberge. Ah, l’Afrique et ses mystères… Une famille. Une jeune femme, Fanta, au service de cette famille. Un mouton protecteur, objet de toutes les attentions surtout de celles du maître de maison. Ce mouton est une bénédiction. Il est sous la garde de Fanta. Mais, un jour, il disparaît. Où est-il? L’a-t-on volé? S’est-il échappé? Pourquoi personne n’a rien vu? En particulier Fanta qui s’occupe de tout et de tous dans la maison malgré ses treize ans?  Où était-elle quand cela est arrivé?

Tout comme Fanta, nous sommes surpris d’apprendre l’absence de ce bélier. Nous l’accompagnons dans ses recherches. Nous comprenons sa peur, ses doutes, son angoisse. Où est le mouton? Va t-elle le retrouver? Modibo lui a interdit de revenir sans son bélier. Comment faire? Que va t-elle devenir si elle ne le retrouve pas? Comment peut-on préférer un mouton à un être humain, même si c’est un mouton qui protège la famille? Comment peut-on laisser, de nuit, une enfant à la rue? Modibo entendra t-il raison?

Le Mouton de Modibo est un roman pour jeunes à partir de six ans, qui parfait l’apprentissage à la lecture. Les caractères sont moyens et facilitent la lecture. Il se lit d’une traite tant l’inquiétude nous étreint quant au sort de la petite Fanta. Tant l’histoire nous prend aux tripes, au cœur, à l’âme. Nous nous surprenons à croiser les doigts pour que cette jeune enfant retrouve le bélier et intègre son domicile. Les dessins sont superbes et illustrent magnifiquement l’histoire que nous suivons dans une lecture addictive. Le lien entre tradition et modernité est intéressant et peut pousser la jeunesse à réfléchir sur le travail des enfants, sur le sort des  bonnes à tout faire. Sur la nécessité de la scolarisation pour tous. Une histoire très prenante qui peut réconcilier la jeunesse et la lecture.

Note 18/20

9782350450209   Editions Ganndal   Collection La case à palabre   24 p.    6€

 

 

L’amour est une histoire de sorcellerie – Nathalie Tientcheu – 2018

Quatrième de couverture

Les femmes, c’est le point faible de Faustin, le polygame. Au grand dam de ses vingt-quatre enfants, vivant entre le Cameroun et l’Occident, qui cherchent désespérément à attirer l’attention du père, ce chef de village toujours en voyage. En France lorsqu’on aime on dit « je suis amoureux ». En Afrique on a tendance à dire « je ne sais pas ce que l’on m’a fait! j’ai été envoûté ». Bien souvent l’amour est assimilé à la magie noire. Et quoi d’autre? Sinon comment un homme de la trempe de Faustin, a-t-il pu perdre tous ses moyens et tomber sous le charme de Délice, Charline, Pauline, Catherine et Clotilde?! Lui en est sûr, il n’était pas dans son état normal! Il va devoir composer avec toutes ses femmes et ses nombreux enfants. Sont-ils d’ailleurs tous de lui? Peu importe! Il va s’évertuer à être un bon père et faire le nécessaire, même s’il donne l’impression à sa progéniture que l’amour paternel est secondaire.

Chronique

La polygamie est source de nombreuses théories. De nombreux problèmes. De nombreux fantasmes. Alors, quand une personne en parle en connaissance de cause, cela peut devenir intéressant. Surtout quand la famille est atypique. Le fil conducteur de cette histoire est la mère de la narratrice. Une mère amoureuse de son mari volage. Plutôt de son mari polygame. Ce qui n’empêche pas cette dernière à avoir un amant officiel au su et au vu de tout le monde, y compris de son époux fantôme.

L’amour est une histoire de sorcellerie est une fresque particulière d’une famille où personne n’a de place honorable à part la narratrice. Les hommes ne méritent aucune confiance et sont très loin du fils, du gendre idéal. Les femmes n’ont pas su faire le bon choix pour leur avenir, leur vie de couple. Et si finalement tous les soucis étaient dus à la sorcellerie qui semble être endémique au Cameroun? Si tous les déboires pouvaient se résorber suite à un désenvoûtement?

Chaque chapitre raconte l’histoire du point de vue d’un membre de la famille. Une histoire qui recoupe celle des autres et démontre combien la polygamie est complexe et différente selon les personnes. Des chapitres qui démontrent que les enfants ressentent la même chose quel que soit l’état matrimonial parental: une attention parentale. Un amour parental. Une histoire qui fait sourire quand l’auteur nous démontre que l’amour est une histoire de sorcellerie.

Note 15/20

9791030202670    Editions Fauves   252 p.    18€

L’orage – Kidi Bebey & Irina Condé – 2017

Chronique

En Afrique subsaharienne, les jours de pluie, à part la première, celle des mangues, sont des jours bénis pour les enfants. Ils se jettent en dessous pour se baigner avec un énorme plaisir. Pour s’amuser comme des fous. Sauf en cas d’orage. Evidemment. Tous connaissent un conte, une légende sur cette pluie qui tombe. Bakary est comme tous les enfants. Même s’il aime la pluie, il est terrorisé par l’orage. Heureusement que maman est là parce que même s’il se sent grand, un orage c’est vraiment impressionnant.

Irina Condé nous régale de ses superbes dessins si réalistes. L’orage peut servir à l’apprentissage de la lecture. Il aborde le sujet des peurs et comment y faire face. Comment ne plus les ressentir. Il permet aussi d’aborder le dépassement de soi. L’estime de soi. Surtout l’orage permet aux parents de faire comprendre à leur enfant qu’il n’est pas dégradant de perler de ses peurs. Bakary va-t-il trouver une solution à sa peur irrationnelle de ce phénomène naturel? Connait-il les raisons qui poussent la pluie à tomber, le tonnerre à gronder? Un superbe moment de partage parents-enfant. De beaux moments de complicité en perspective.

Note 17/20

9782350450841  Editions Ganndal     24 p.   6,50€

Sous les fleurs, des larmes – Maïmouna Koné – 2015

Quatrième de couverture

Sarah a tout ce dont peut rêver une jeune fille: villa, chauffeur, piscine, argent…., il ne lui manque qu’une chose, l’amour de ses parents. Quand son ami Célestin quitte la ville c’est le désespoir. Sa cousine a beau faire, Sarah s’enfonce dans la déprime. Célestin réussira t-il à la sortir de là?

Chronique 

Une jeune fille qui a une vie aisée. Un ami qui la soutient envers et contre tout. Seule ombre au tableau, des parents qui  brillent par leur absence dans son quotidien. Pourquoi? L’aiment-ils vraiment? Comment leur signifier son état d’esprit, son désespoir?

Sous les fleurs des larmes est l’histoire d’une amitié. L’histoire d’une vie qui ne demande qu’à s’épanouir. Une vie de solitude. De tristesse. Une vie qui n’est pas en adéquation avec les souhaits de Sarah. Cette dernière n’en peut plus de ne pas exister aux yeux de certains et un peu trop pour d’autres. Cette vie vaut-elle la peine d’être vécue? Si elle disparaissait ses parents s’en rendraient-ils compte? Au bout de combien de temps? A part Célestin, peut-elle accorder sa confiance à d’autres? Se faire de nouveaux amis?

Nous sommes les témoins des turpitudes d’une enfant qui veut fuir sa vie dans une cage dorée. Partir loin. Très loin. Ne jamais revenir. Mais pour aller où? A qui parler de ce poids qui ne la quitte pas? A qui parler de ses parents fantômes? Comment expliquer cette souffrance qui tue, qui vide de l’intérieur? Comment trouver les mots pour réclamer un geste d’amour de la part de ses parents? Comment se sentir normale? Comment se sentir comme un enfant lambda? Ses parents changeront – ils un jour?

Sous les fleurs, des larmes est un roman où les émotions se suivent et ne se ressemblent pas. C’est un roman de tendresse, de force, de douceur pour une enfant perdue. Pour une enfant qui se cherche avec une grande peur de ne jamais se retrouver. Avec la forte impression de n’être utile à personne. Même pas à elle-même. Une enfant qui sait que sous les fleurs sont cachées des torrents de larmes.

Note 18/20

9782350450568   Editions Ganndal   Collection Gos & Gars   100p.   3,90€

 

Les noces féroces – Julian T. Tiofack – 2018

Quatrième de couverture

« Je voyais des mains qui avançaient dans le noir…. Je regardais sa peau anormalement terne sous la lumière du jour, et je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était à cause d’elles, de ces mains! Que c’étaient elles qui venaient la rendre ainsi. La noircir. La salir…Je n’avais pu vivre que de supputations jusqu’alors, ne sachant comment me situer  entre les interdits arbitraires et les vieilles querelles d’autrefois, me demandant si les convoitises supposées étaient réelles, et quel visage il fallait donner à l’horreur. Je n’avais rien pu voir en allant jusqu’au pays des ombres. Pourtant, maintenant, j’avais l’impression que tout était vrai, aussi vrai que ce pied qui  traînait au sol maintenant, et que je ne ressentais plus. »

Chronique

Dans une cour comme il en existe beaucoup en Afrique, un enfant s’amuse en compagnie des ses amis, de sa fratrie. Pourtant, queque chose ne tourne pas rond. Que se passe t-il? Cela a-t-il un rapport avec sa mère malade? Au fait, de quoi souffre cette dernière? Pourquoi tant de secrets? La vie de Harmann ne ressemble pas à celle de tout enfant de son âge. Il est responsable malgré lui de sa famille.

Les noces féroces nous dépeint le quotidien d’un groupe d’amis. Le quotidien d’une famille où la vie se déroule en fonction  de la maladie de la mère. « Ils » l’attaquent de nuit. Qui sont-ils? Existent-ils vraiment ou font-ils partie de ce mystère qui entoure tout en Afrique? Pourquoi cette femme et personne d’autre?  Le mystère s’épaissit au fil des pages que nous tournons avec curiosité tant l’intrigue est grande. Comment faire pour trouver le coupable?  Pour trouver l’ombre de la nuit à l’origine de tout ce mal?

Les noces féroces nous conte l’histoire d’un mystère où la réalité et la magie se mettent en branle pour nous plonger dans une grande intrigue. Pour nous plonger dans un monde connu des seuls initiés. Hermann  veut tenter de percer ce mystère avec ses amis. La curiosité est un vilain défaut. Surtout sur ce continent de magie. Hermann est-il prêt pour cette aventure? Réussira t-il son enquête? Y a t-il un prix à payer? Hermann devra peut-être aller au bout de lui-même pour répondre à toutes ces questions. Un traitre peut en cacher un autre. C’est un roman qui se lit d’une traite tant nous sommes embarqués dans une histoire intrigante racontée par un enfant. Une si terrible histoire. Si invraisemblable. Mais, en Afrique, tout se sait. Tout se fait. Tout se tait. Même les noces féroces.

Note 18/20

9782343149622   Ed. L’Harmattan   Coll. Encres Noires   94 p.   12€

Lettre d’Amadou Hampâté Ba (1901-1991) adressée à la jeunesse africaine (2ème partie) – 1985

Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns les autres ; Mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d’enrichissement mutuel.

De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N’ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s’enrichirait-on soi-même ?

A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre sont toujours plus enrichissantes, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a  » ma  » vérité et  » ta  » vérité, qui ne se rencontreront jamais.  » LA  » Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de  » sa  » vérité pour faire un pas vers l’autre…

Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle … connaître une fantastique rencontre de races et d’idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers.

Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d’ivoire. Tous les Etats, qu’ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d’une guerre internationale. Qu’ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu’un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux avant qu’il ne soit trop tard ?

L’interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l’humanité est comme une grande usine où l’on travaille à la chaîne : Chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l’usine.

Actuellement, en règle générale, les blocs d’intérêt s’affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d’esprit, d’avantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu’internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle, il ne saurait y avoir de développement.

Je me tourne maintenant vers vous, jeunes africains noirs. Peut-être certains d’entre vous se demandent-ils si nos pères avaient une culture, puisqu’ils n’ont pas laissé de livre ? Ceux qui furent pendant si longtemps nos maîtres à vivre et à penser n’ont-ils pas presque réussi à nous faire croire qu’un peuple sans écriture est un peuple sans culture ?

Mais, il est vrai que le premier soin de tout colonisateur quel qu’il soit (à toutes les époques et d’où qu’il vienne) a toujours été de défricher vigoureusement le terrain et d’en arracher les cultures locales afin de pouvoir y semer à l’aise ses propres valeurs.

Heureusement, grâce à l’action de chercheurs tant africains qu’européens, les opinions ont évolué en ce domaine et l’on reconnaîtra aujourd’hui que les cultures orales sont des sources authentiques de connaissances et de civilisation. La parole n’est-elle pas, de toute façon, mère de l’écrit, et ce dernier n’est-il pas autre chose qu’une sorte de photographie du savoir et de la pensée humaine ?

Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d’abord, l’approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de se mieux connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l’extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.

Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin de vingtième siècle, à l’aube d’une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu’il y ait, non rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d’une époque par l’autre.

Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d’avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seul !

Si les conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre ! Et lorsque vous voulez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la vie, sous tous ses aspects !

Certains d’entre vous diront peut-être : «  c’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! « . Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu’il n’y a pas de  » petit incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l’on ne sait jamais, au départ de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au départ, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café…

Victimes 2 l’amour – Abraham Sidibé – 2015

Quatrième de couverture

Sans être aussi belle mais tout de même aussi élégante, elle était la meuf idéale pour concurrencer La Galette. Fatim était une fille qui avait un superbe sourire, une voix douce et des manières correctes….

Chronique

Le sens de l’honneur est parfois exacerbé en Afrique  et joue des tours pendables. Guinée-Conakry. Une histoire d’amour naissante. D’abord timide, puis assumée. Affichée. A une époque où avoir une copine était une relation parfaitement platonique. Kastor nous relate ses tribulations en tant qu’amoureux transi durant son adolescence. En tant qu’ami ambigu.

Victimes 2 l’amour est un roman Young Adult. Un roman pour adolescents qui nous fait revivre les affres de l’amour. Du premier amour. Les aventures de Kastor, jeune lycéen. Dans sa ville, Conakry. Dans son quartier. Une histoire d’amour qui n’est pas de tout repos. C’est un roman qui dépeint avec réalisme les réalités de la vie amoureuse de jeunes citadins. Nous découvrons des rivalités amicales. Des moments où le sens de l’honneur est en jeu. Des moments où l’honneur régente les règles du jeu de l’amour. Des moments où le fairplay rehausse les valeurs de l’amour.

Au fil des pages, la vie de cette jeunesse étudiante se dessine à travers les rires, les bravades gentilles, les déclarations chuchotées dans l’intimité ou faites au vu et au su de toute la bande de copains. Des amis qui ont le même but: se trouver une petite amie. Surtout, l’imposer à tous. Sans heurts. Mais, que se passe t-il quand l’objet de convoitise  est celle de nombreux amis? Pour lequel d’entre eux ce rêve deviendra t-il réalité? Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura toujours des victimes 2 l’amour.

Note 16/20

9782350450582   Editions Ganndal   Collection Gos  & Gars   44 p.   3,90€

 

Akwaba – Adjouah Agnini – 2018

Quatrième de couverture

Le temps passe. Une douce routine nous engraisse. Les habitudes nous rassurent. Le désir décline. On n’a plus envie. Mais voilà, ce n’est pas si simple de tout plaquer. Que fait-on des enfants? Que fait-on des meubles? Que dit-on aux autres? Partir? Mais où pourrait bien aller Sabine, quarantenaire, avec sa fille sous les bras et ses kilos de grossesse tenaces? Son mai va voir ailleurs et alors? Faut-il tout perdre pour si peu? Et Adjouah en a assez de n’être que la maîtresse de Serge. Celle que l’on voit en cachette. Celle qui apparait en appel masqué… Alors elle va prendre cet avion, pour cesser d’espérer. Mais elle va surtout réaliser qu’elle n’est pas à Abidjan uniquement pour l’oublier….

Chronique

Akwaba. Un superbe mot de bienvenue. Un mot qui chante le plaisir de la rencontre. Le plaisir de recevoir. Akwaba. Un chant d’amour rien qu’à l’entendre. Mais bienvenue à quoi? Bienvenue à qui? Adjouah a-t-elle vraiment envie d’exprimer ce souhait après son introspection? A-t-elle à ce point envie de faire plaisir à la personne aimée?

Akwaba est un cri d’amour. Un cri de vie. Un cri qui témoigne d’une existence. Pas forcément celle souhaitée. Mais celle qui est vécue. C’est un cri de désamour. Celui que lance l’amante quand l’objet de ses désirs est absent. Un cri du cœur qui souffre de l’indifférence. De la solitude. Surtout quand on est la femme de l’ombre. Quand on est la femme bafouée. Comment exprimer ce qui est ressenti quand les moments passés ensemble sont ceux que daigne abandonner l’épouse légitime? Quand silence, solitude et discrétion deviennent une seconde nature?

Akwaba. Un mot de renaissance. Quand une femme profondément blessée cherche à retrouver les miettes de sa dignité. Quand la reconstruction devient un moyen de se retrouver er de faire renaître la vie, l’amour dans une vie où ce dernier est secret. Dans cette vie où la sienne s’est perdue dans celle d’un autre qui l’a négligée dans un égoïsme revendiqué. Akwaba. Un retour aux sources pour panser son mal-être. Pour retrouver ses racines. Sa vie. Son envie d’exister. Akwaba à la nouvelle Adjouah.

Note 19/20

9782343137995 Editions L’Harmattan Coll. Rue des écoles 126 p. 14,50€

Paris vaille que vaille – Koffi Roger Nguessan – 2014

Quatrième de couverture

Marie-France rêve de quitter l’Afrique et de découvrir la France par n’importe quel moyen. Par le biais d’Internet, elle rencontre un Français qui la séduit  et la fait venir en France. Mais le conte de fées va tourner au cauchemar…

Chronique

On peut aussi dire « ou quand la Bande Dessinée flirte avec la réalité« . Ce rêve qui, actuellement, titille une grande partie de la jeunesse Africaine. Marie-France est prête à tout pour réaliser son rêve. Internet l’y aidera. Pour son bonheur? Pour son malheur?

Paris vaille que vaille nous narre une misère sociale et humaine. Le rêve d’un ailleurs meilleur. Ne dit-on pas que l’herbe est toujours plus verte ailleurs? Peut-être une utopie? Marie-France se battra pour aller dans son eldorado. Armée d’un matérialisme et d’une naïveté à toute épreuve, elle se lance à corps perdu dans ce qu’elle pense être sa chance. Sa seule chance de réussite.

Les planches sont en noir et blanc. Ce qui renforce le côté dur de l’histoire. Les discours sont très réalistes. C’est une Bande Dessinée qui, je l’espère, devrait faire réfléchir les candidats au départ. Tous les périples sont abordés et montrent la cruauté des situations vécues par ces candidats à l’eldorado. La cruauté de ce monde qui les accueille. Pourquoi ne pas réfléchir au prix de sa vie? Comment faire pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes?

Paris vaille que vaille une histoire qui hurle son actualité. Une histoire qui a toujours fait partie de l’exode humain. « Nos hommes d’ici n’ont aucun respect pour les femmes. Tous des minables! Que Dieu m’en préserve! » pense Marie-France. Les autres hommes sont-ils meilleurs? Ont-ils tous du respect pour la gent féminine? Un rêve peut être rendu cauchemardesque par l’humain pour l’humain. Une histoire qui demanderait à mettre un bémol à chaque fois que quelqu’un rêvera d’aller à Paris vaille que vaille.

Note 19/20

9782343046310   Editions L’Harmattan BD   86 p.   9,90€

 

La fille adoptive du chérif – Mohamed Diarra – 2016

Quatrième de couverture

Le corps de Zeïna, une orpheline adoptée par la famille du marabout Chérif, a été découvert le matin sur le pas de la porte intérieure du vestibule de la maison familiale. Poignardée à deux reprises au ventre, elle portait des bijoux de valeur et avait, entre le pagne et le nombril un porte-monnaie contenant la somme de 5 000 F. Convaincus que l’argent et le bijoux n’étaient pas le mobile du meurtre, le commissaire Cégélèn et l’équipe  des enquêteurs du commissariat du 20ème arrondissement travaillent à élucider ce crime. Réussiront-ils? Rien n’est moins sûr avec autant de pistes toutes aussi sérieuses les unes que les autres.

Chronique

Une jeune femme est poignardée à l’entrée de sa concession. Les témoins sont nombreux ainsi que les suspects. Qui était cette jeune fille? Pourquoi l’avoir poignardée? L’assassin se trouve t-il dans son entourage? Zeïna semblait avoir une vie normale et semblait être aimée de tout le monde. Surtout de sa famille adoptive. Les apparences sont-elles trompeuses? Le Commissaire Cégélèn et son équipe débutent l’enquête avec philosophie, flegme et de nombreuses déductions. Il leur faut ménager les susceptibilités de tout le monde tout en restant intransigeants, logiques et fermes. Pas facile.

La fille adoptive du Chérif est un roman policier très troublant. L’avancée de l’enquête, lente mais sûre, nous pousse à tout analyser en même temps que l’équipe policière. Nous finissons par trouver tout le monde suspect, même la victime. L’écriture est fluide et la lecture aisée et agréable. Le suspens est présent jusqu’au bout. Nous suivons avec beaucoup d’intérêt l’évolution de l’enquête ainsi que ses rebondissements qui sont nombreux et présents jusqu’à la dernière ligne.

La fille adoptive du Chérif nous fait entrer dans l’intimité  d’une famille traditionnelle patriarcale. Une famille qui se plie donc à la volonté du maître de maison. Est-ce une bonne idée? Cela peut-il être source de problèmes? Quelqu’un peut-il s’ériger contre les desiderata du chef de famille? Peut-être que cela permettrait de mieux comprendre le meurtre de la fille adoptive du Chérif? A voir.

Note 17/20

9782343096827   Editions l’Harmattan    162 p.   17€

Cap sur la capitale – Tchibemba – 2017

Quatrième de couverture

Nyangara et Fataki, deux jeunes villageois, sont déterminés à quitter leur brousse pour aller chercher fortune dans la capitale. La vie en ville n’est pas si facile et les deux amis seront victimes d’escrocs, de charlatans, de marabouts et de voyous. Entre deux éclats de rire, les gamins obstinés vont pourtant faire triompher courage et honnêteté.

Chronique

Qui n’a pas rêvé d’un ailleurs où l’herbe est plus verte? Un ailleurs où le destin pourrait enfin sourire? Pourquoi ne pas aller en ville quand on habite à la campagne? Peut-être que ce serait beaucoup mieux à la capitale? C’est le rêve de deux villageois qui se décident enfin à sauter le pas. Mais, la ville, il faut savoir l’amadouer, la comprendre, l’apprivoiser, sinon…

Après bien des aventures, Nyangara et Fataki arrivent enfin dans leur eldorado. Des aventures tragi-comiques qui en décourageraient plus d’un, mais pas nos deux compères. Avec beaucoup d’humour, nous suivons leurs tribulations. Leurs déboires. Arriveront-ils à s’adapter à ce monde de requins? Les planches sont en couleur et les personnages caricaturés à souhait. Chaque page se tourne avec des éclats de rire. Nous ressentons une énorme envie d’aider les deux jeunes hommes tant ils sont crédules.

Cap sur la capitale nous fait vivre les aventures rocambolesques de deux amis mal dégrossis. Cette bande dessinée est un énorme moment de réflexion sur ce qui pousse l’homme à toujours chercher le meilleur dans un ailleurs qu’il ignore complètement. Un ailleurs qui l’intrigue beaucoup. Peut-être que les deux amis auraient dû réfléchir un peu mieux avant de mettre le cap sur la capitale.

Note 17/20

9782343104195   Edition l’Harmattan   56 p.   11,90€

 

Bobo a peur du chien – Saliou Bah – 2017

Chronique

Un enfant a toujours peur de quelque chose qui agresse son univers et chamboule son innocente assurance. Pour le jeune Bobo, c’est un chien qui est l’intrus dans sa vie. Alors, imaginez les stratégies qu’il peut mettre en place quand il doit passer devant le chien du quartier pour aller chez son ami. Un gros chien.

Bobo a peur du chien est aussi un livre pour l’apprentissage de la lecture. Irina Condé a fait de magnifiques illustrations aux couleurs vives. Les personnages sont superbement esquissés et très réalistes. L’histoire est belle  et tout enfant peut se reconnaitre en Bobo et parler de ces animaux qui doivent leur paraitre énormes.

Bobo a peur du chien est aussi un histoire pleine d’humour et qui a une belle leçon de morale. Elle amorce la discussion sur le dépassement de soi. le dépassement de ses peurs. Sur la notion d’évitement. C’est un joli conte dans lequel tout enfant trouve sa place. Ce qui peut stimuler l’échange verbal dans la famille. Une superbe lecture

Note 18/20 

9782350450643   Ed. Ganndal    20 p.   7€

Mirage – Samir Allayle

J’ai cru…J’ai cru voir
La lumière envahir mon soir
Mon coeur et mon âme crièrent
Est ce que DIEU a exaucé tes prières
Mais ce n’est qu’une illusion
Et ma nuit n’a pas de conclusion
Longue, longue et languissante
De moi elle a fait de moi une proie appétissante
Elle a sucé ma jeunesse, ma vie
De ma destinée elle a fait une orgie
A quand ma nuit prendra fin?
A quand éclairera l’aube mon matin ?

Un amour de parapluie – Adrienne Yabouza – 2018

Quatrième de couverture

Une mariée plus belle que belle sous son beau parapluie. Et voilà Djénabou qui rêve, qui rêve au jour où, à son tour, elle aura une belle chemise rouge sur son pagne indigo.

Chronique

Et si un jour, votre rêve devenait réalité? Djénabou est une petite fille qui a des journées bien chargées. Elle aide son père qui  est handicapé. Cependant, elle rêve d’avoir un beau parapluie. Elle a de la chance, son père les répare. Il lui en fabrique un, personnalisé et rien que pour elle. C’est le début d’une longue aventure pour Djénabou.

Que s’est-il passé? Rêve ou réalité? Nous accompagnons Djénabou dans son rêve ou son entrée dans la quatrième dimension. Dans un monde que ne renierait pas une Alice au pays des merveilles. Un monde où la nature est riche. Une nature qui sait se faire douce pour accueillir une inconnue. Une intruse. Une invitée?

Un amour de parapluie est une belle leçon de résilience. C’est un beau livre pour les plus de trois ans qui aborde le thème de la réalisation des rêves. De la confiance en soi. Du destin. Il faut aller au bout de ses rêves et y croire pour atteindre son but. C’est un superbe livre pour l’apprentissage de la lecture. Un livre d’éveil aussi aux dessins superbes de réalisme. Des croquis qui sont exécutées avec des couleurs fortes et des pastels. Un régal pour les yeux des enfants. C’est un livre qui fait une part belle à l’imagination débordante des enfants.

Un amour de parapluie est une histoire qui se lit facilement. Comme un conte. Comme une délicate narration où le rêve fleurit au fil des mots pour devenir un beau récit qui fera voyager les enfants dans un monde enchanteur où se trouve un amour de parapluie.

Note 18/20

9782350450919   Editions Ganndal   26 p.   7€

FEMME ! – Mlle F. Feuz Faye

Femme !
Femme à la beauté flexible
Femme digne dans l’âpre combat du jour
Femme pétrie dans le silence qui forge
Oh ! Femme…
Femme je te salue !
Femme valeureuse
À l’image de celles de Nder
Femme, je te chante !
Femme dont la parole fait foi,
Oh ! Aline Sitoé Diatta
Femme, gloire à toi !
Femme – Persévérance dans l’effort qui élève
Sokhna Diarra Bousso Bamba !
Oh ! Mame vénérable, je m’incline !
Je m’incline Mother Theresa
Maman au cœur d’or
Immortelle dans le cœur des mortels !
Ah ! Vous femmes,
Tendresse et générosité aux quatre vents !
Femmes parures du ciel,
Sourires étoilés des âmes
Présence vivifiante des cœurs
Oh ! Femmes, grandeur et beauté exquises
Illuminant les nuits sublimes du Couchant,
Sur vous femmes, amine,
Que soit éternelle la Grâce du Seigneur !

Bono Waaylo L’homme-hyène – Saliou Bah – 2019

Quatrième de couverture

Pourquoi son père l’a t-il déshérité? Que fera Sira, la belle fiancée? Et La-Vieille pourquoi le poursuit-elle ainsi? Mystérieuse pierre oblongue, ville des termitières, génies, hyènes fantômes, métamorphoses, autant d’ingrédients pour vous emmener dans une histoire fantastique où traditions, principes, amour et liberté se donnent le change.

Chronique

« La parole peut blesser plus profondément qu’une lance » dit un proverbe africain. Bono a connu ce moment-là. il a connu ces paroles qui l’ont laissé exsangue de douleur. Un discours, un mot et son monde a vacillé. Son avenir s’est troublé. Ses rêves sont morts sans éclore. Maudits moments. Pourquoi maintenant? Comment survivra t-il à une telle opprobre? Pourquoi y survivre? Il a tout perdu. Alors, pourquoi ne pas se venger?

Bono Waaylo l’homme-hyène est le récit d’une malédiction. C’est le récit d’une vengeance cauchemardesque. La revanche d’un homme anéanti. D’un homme maudit. D’un homme à la recherche de son identité. De son histoire. De sa renaissance. C’est aussi une histoire d’amour hors normes. Un amour prêt à dépasser toutes les frontières. Même celles de l’invisible. Cet amour arrivera t-il à instaurer la paix? Apportera t-il l’apaisement des esprits? Aura t-il la bénédiction des Ancêtres?

Au fil des pages, nous baignons dans une histoire envoûtante où magie, amour, djinns, se mêlent. Une histoire comme seule l’Afrique peut nous faire vivre. Une histoire où l’amour et le ressentiment tiennent une place spéciale. Surtout pour Bono Waaylo l’homme-hyène.

Note 18/20

9782350450995   Editions Ganndal   92 p.    3, 90€

 

Le voyage de papa – Saliou Bah – 2013

Chronique

Partout à travers le monde, la relation d’un enfant avec ses parents est très importante. Alors, imaginez le désarroi du petit Bobo quand, un matin, à son réveil, son père brille par son absence. Où est-il? Pourquoi n’est-il pas là? Que se passe t-il?

Le voyage de papa est un petit livre illustré pour les enfants de plus de trois ans.  Cependant, les parents peuvent le lire aux plus jeunes, en leur montrant les images. Au vu de leur imagination, ces petits enfants pourraient s’approprier l’histoire, s’identifier à Bobo. Un bel échange en perspective avec les parents sur la notion de la perte, de l’absence, de l’éloignement. Les parent pourraient questionner, en parallèle, la manière d’agir de leur enfant dans cette situation.

Certains mots sont expliqués, ce qui enrichit leur vocabulaire et leur permet de verbaliser leurs sentiments avec leurs propres mots. Les dessins sont superbes et réalistes. Les couleurs douces attirent le regard du jeune lecteur. Les traits sont légers. Au fil des pages, nous suivons les recherches et les questionnements du petit Bobo. Comment se terminera son aventure? Son père rentrera -t-il? Un très beau livre.

Note 18/20

9782350450445   Editions Gaandal   16 p.   7€

Entretien avec Amal Bakkar, jeune auteure franco marocaine

page_29_thumb_largeBonjour Amal, Je suis vraiment heureuse que vous ayez accepté cet entretien. Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je m’appelle Amal BAKKAR. Je suis femme de 45 ans et je suis également maman de deux garçons de 13 et 10 ans. J’habite Paris depuis plus de 20 ans et j’adore la richesse que véhicule cette très jolie ville au niveau culturel et gastronomique. Mes deux péchés mignons.

Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
J’ai eu une enfance compliquée avec un amour que mes parents ont pu donner malgré le déracinement de leur pays d’origine (Le Maroc). Un père sévère qui m’a transmis de bonnes valeurs de respect et d’autonomie et ma mère autoritaire qui m’a transmis le partage et l’amour de la cuisine. Mes études, que j’ai exploré, m’ont permis d’exercer en tant que commerciale dans les jeux de société, chef de projet au groupement des cartes bancaires et assistante ressources humaines au Ministère de l’Intérieur.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Étant qualifiée d’hypersensible, j’ai depuis le plus jeune âge (5/6 ans) eu besoin comme une hygiène mentale d’écrire ce que je ressentais ainsi que d’écrire des histoires.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Quand mon entourage (amies) a découvert mes écrits et m’a dit que j’avais choisi la bonne voie. Quand on est enfant, le miroir de l’autre fait du bien pour se guider, pour ses propres choix.

RokiaQu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
J’ai essayé de leur en parler. Certains ont pris plaisir à me lire et notamment mon recueil de nouvelles ROKIA les masques tombent et ont adoré.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Je me suis inspirée d’auteurs contemporains comme Katherine Pancol, Guillaume Musso, Marc Levy, Douglas Kennedy et tant d’autres…la liste est très longue.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfaite ?
J’ai mis un an pour écrire ROKIA les masques tombent. Pour moi, c’est comme la conception d’un enfant. Prendre le temps est essentiel et puis un jour hop hop hop le bébé littéraire décide de sortir…même si vous n’êtes pas prête.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Il a été très bien accueilli dans le monde littéraire. On m’a fait beaucoup de retours bienveillants sur mon style d’écriture.

Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ?
Je suis en train d’écrire un roman à 4 mains avec mon compagnon. Je vous en dirais un peu plus dans quelques semaines.

Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
La boule au ventre ; Je le répète, je suis pour ceux qui me connaissent très bien une ultra hyper sensible. Tout fait écho en moi.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion de l’écriture peut bel et bien se transmettre grâce à des ateliers proposés dès le plus jeune âge aux enfants pour leur donner les outils pour avoir confiance en eux en exprimant leurs émotions. Leur apprendre que s’exprimer est propre à chacun et fait du bien. Qu’il n’y a pas de jugement à poser et chacun a sa propre sensibilité et sa ronde Amelbshooting712d’émotions à gérer.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
L’écriture pour moi est synonyme d’engagement et aussi de transmission que l’on a, que l’on porte et pour lesquels on « milite »

Quels sont vos futurs projets ?
Organiser des ateliers d’écriture pour les enfants et dans les écoles

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
De foncer, de ne pas avoir peur du jugement et que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Rester authentique aussi.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Merci à votre blog multiculturel d’exister et riche d’articles sur les auteurs.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Merci pour cet interview

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Lettre d’Amadou Hampâté Ba (1901-1991) adressée à la jeunesse africaine (1ère partie)

Amadou Hampâté Bâ est un homme pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Je ne ratais aucun des colloques qu’il donnait avec Boubou Hama et Joseph Ki Zerbo dans les locaux de l’UNESCO à Paris. C’étaient de grands hommes qui n’hésitaient pas à échanger  avec moi et répondre à mes questions qui devaient leur paraitre bien naïves durant les pauses ou à la fin des colloques. Ces hommes m’ont donné cette envie de faire rayonner la littérature de l’Afrique subsaharienne. Un geste bien modeste pour une si vaste et si belle entreprise.

Mes chers cadets

Celui qui vous parle est l’un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd’hui encore sa soif d’apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours. Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et se bien connaître en son prochain et l’aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.

Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyage à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexe ni préjugés, il sollicita l’enseignement de tous les maîtres et tous les sages qu’il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement leur à écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leur leçon, afin de bien comprendre les différents aspects de leur comportement. Bref, il s’efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c’est la MUTUELLE COMPRÉHENSION.

Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes !

De toute cette richesse littérature en perpétuelle création, seule une petite partie a commencé d’être traduite et exploitée. Un vaste travail de récolte reste encore à faire auprès de ceux qui sont les derniers dépositaires de cet héritage ancestral hélas en passe de disparaître. Quelle tâche exaltante pour ceux d’entre vous qui voudront s’y consacrer!
Mais la culture, ce n’est pas seulement la littérature orale ou écrite, c’est aussi et surtout un art de vivre, une façon particulière de se comporter vis-à-vis de soi-même, de ses semblables et de tout le milieu naturel ambiant. C’est une façon particulière de comprendre la place et le rôle de l’homme au sein de la création.

La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l’Afrique de la savane au Sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n’était isolé. Jamais on n’aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l’étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L’esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.

L’homme s’identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la  » palabre  » :  » Se réunir pour discuter « , dit l’adage,  » c’est mettre tout le monde à l’aise et éviter la discorde « . Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village.  » Paix « ,  » La paix seulement ! « , Sont les formules-clé de toutes les salutations et des religions traditionnelles était l’acquisition, par chaque individu, d’une totale maîtrise de soi et d’une paix extérieure. C’est dans la paix et dans la paix seulement que l’homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l’on a mis des siècles à bâtir.

L’homme était également considéré comme responsable de l’équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n’était pas sa propriété, mais au dépôt sacré confié par le créateur et dont il n’était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd’hui toute sa signification si l’on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.

Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C’est à vous jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu’il appartiendra de laisser disparaître d’elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n’est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l’adage :  » il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman ! « .

Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ces branches dans les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi enracinés en vous-mêmes vous pouvez sans crainte et sans dommage ouvrir vers l’extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.

Petite fleur lointaine – Omar Dabo

Entre Absence et Abstinence
Les mots s esquivent
Les mots périclitent
Les élans de nos cœurs
Dépérissent dans le désert infini
De privations
Ce creuset d interdits
Où viennent s échouer
Toutes mes foulées passionnelles
Toutes mes envies d orages
Où se fossilisent
Tous mes désirs de pluies séminales
Tous mes désirs de torrents catalyseurs
Les mots de rebellent
Les mots s effacent
Je m incrusterai dans les phonèmes du silence
Pour invoquer ton Nom
Je dirai ton nectar
Qui embaume la morosité des cieux
Je dirai ton éclat
Qui nourrit les bûchers de jouvence
Ton Nom est Amour
Ton Nom est Espérance
Mais qu importe les mots
Assis en scribe sur les berges de l interdit
Je dévalerai cette immensité de feux
De tempêtes
J escaladerai l Himalaya
Et je traverserai la jungle de l Amazonie
Pour retrouver les douces ondulations
Du fleuve
Le fleuve de nos rencontres
Te retrouver
Me retrouver
Retrouver l équilibre
La foi
Ressusciter
Vivre…
Dans un acte fusionnel
Nous esquisserons la ronde inaugurale
La danse rituelle des premières fois
Qu importe les mots
Ma douce et lointaine petite fleur
Qu importe les interdits
Je serai bien à l heure
De la Pollenisation

Yeumbeul, le 12 mai 2019.

L’infortune d’une épouse éplorée – Djilali Benamrane – 2018

Quatrième de couverture

Le couple des Bourdieu. Claire femme au foyer et Guy expert, spécialiste reconnu en ethnographie des peuples africains, connaissent une vie heureuse, enviée par leurs proches. Après une décennie de  bonheur partagé, Claire reçoit de Madagascar où Guy finit une mission de courte durée, un courrier inattendu de son mari lui annonçant sa décision unilatérale, sans recours ni explication,  de mettre un terme à leur relation. Il va s’évanouir dans la nature, sans laisser la moindre possibilité d’être joint par quelque moyen que ce soit, laissant son épouse dans le plus grand désarroi. Est-il atteint d’une maladie incurable qu’il entend cacher à ses proches pour les épargner? S’agit-il d’une folle passion vouée à une de ces beautés insulaires ou d’une folie passagère invraisemblable, affectant soudainement un homme d’expérience, de science et de culture de son envergure? Claire se trouve totalement anéantie, devant faire face à des défis insurmontables, n’ayant qu’une idée en tête, retrouver au plus vite les traces de son mari pour le ramener à la raison.

Chronique

Le grand amour à portée de main. Un amour profond vécu avec bonheur. Puis, un courrier. Catastrophique. Cataclysmique. Un réveil brutal qui pose questions. Que se passe t-il dans ce pays lointain? Pourquoi son mari a-t-il décidé de disparaître? Claire est intriguée et nous aussi.

Dans une lecture addictive, nous suivons les recherches au sujet d’un homme qui a  disparu sans laisser de traces. Une disparition brusque sans raisons apparentes. Chaque chapitre est titré, ce qui nous permet de suivre l’évolution de la recherche. De suivre les états d’âme de l’épouse abandonnée et le réseau qui se tisse autour d’elle.

L’infortune d’une épouse éplorée nous fait voyager entre l’Europe et l’Afrique. Entre Paris et Madagascar. Que cache cette disparition? Qui a intérêt à ce que Guy ne revienne pas de son séjour à Madagascar? Nous découvrons les rouages des banques, des dispositifs mis en place par les institutions pour retrouver une personne disparue. Claire retrouvera t-elle son époux? Aura t-elle la force de tenir contre vents et marées? Sur qui pourra t-elle compter pour s’épancher et trouver la force d’aller de l’avant?

Djilali Benamrane entretient le suspens pleinement. Le rythme reste soutenu. Nous suivons l’enquête pas à pas et allons de découverte en découverte avec un souhait très fort que  l’infortune d’une épouse éplorée prenne fin.

Note 17/20

9782343138725   Editions l’Harmattan   233 p.   21€