LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

La littérature Afro-Antillaise au XXIème siècle

La littérature Afro-Antillaise connaît actuellement de grands changements. C’est vrai, le mouvement Négritude a fait son temps. Disons que c’est ce que pense la nouvelle génération. Wole Soyinka a bien affirmé que « le tigre ne crie pas sa tigritude« , paroles qu’il a essayé de renier des années après. Oui, il a justement exprimé tout haut ce que beaucoup d’écrivains noirs pensaient tout bas de ce mouvement.

Par contre, il faut reconnaître que ce mouvement lui a permis de lancer cette phrase. Sans ce dernier qu’il décrie, son écriture et son statut d’écrivain n’auraient pas été reconnus. Il a juste marqué la fin d’une époque et le début d’une autre: Celle de la nouvelle générations qui était reconnue du fait de la reconnaissance de son statut d’Humain ayant une pensée, une mémoire et des rêves. Surtout ils avaient le droit de s’exprimer aux yeux du monde entier.

La nouvelle génération Africaine qui vivait la réalité post coloniale, post indépendance, pouvait faire part de sa frustration et des problèmes qui découlaient d’une société moderne en prise avec les tradition, les us et coutumes. Ils se sentaient écartelés entre les deux. Ils voulaient bénéficier des deux statuts pour enfin avancer paisiblement. Actuellement, ces écrivains ont fait du chemin. Ils investiguent de nouveaux genres (Policier entre autre).

La nouvelle génération Antillaise a aussi fait du chemin. Les Anciens dont Césaire ont  raconté, ont fait comprendre à la terre entière l’humanité des anciens esclaves et leur droit à vivre comme n’importe quel citoyen. Les jeunes, eux, sont passés à la vitesse supérieure. Ils parlent de leur créolité, de leur droit à apprendre, à écrire leur langue,  avec leur différence qui, pour eux est une richesse, de leur droit à faire évoluer leur société.

Cette littérature Afro-Antillaise est d’une richesse extrême, d’autant plus que ces écrivains s’épanouissent dans tous les domaines littéraires. Pour comprendre l’histoire, l’état de leur société, il suffit juste de les lire car cette dernière se reflète dans leurs écrits. Ils savent mettre le doigt là où il fait mal. Les lire est un vrai bonheur. Je vous parlerai d’eux et de leur vision future de leur pays, leur continent. Bonne lecture!

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Désiré Bolya Baenga 1957 – 2010

Alors nous continuons notre escapade dans le monde policier de la littérature Noire. Je vais vous présenter un auteur, qui comme la plupart des écrivains de ce vaste continent qu’est l’Afrique, Partent en nous laissant en héritage de véritables diamants bruts ou merveilleusement taillés.

Bolya fait partie de ces écrivains africains qui partent trop tôt, en laissant derrière eux une bibliographie qui n’a rien à envier aux plus grands. Il est né le 19 juin 1957 à Kinshasa (République. Démocratique du Congo). Il a reçu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1986 pour son roman cannibale.les-cocus-posthumes-de-bolya

Bolya a porté différentes casquettes. Il a écrit des essais, à été journaliste, puis écrivain. Pas d’ordre précis. Ne cherchez pas. Il a mené ces différentes vies, ensemble et de front.  Bolya a exploité ce genre littéraire avec brio. Il a écrit deux romans policier avant de disparaître le 10 août 2010 à Paris.

Ses deux romans policiers se déroulent à Paris. Malgré ce fait, il nous fait découvrir des coutumes antédiluviennes, oubliées de tous, sauf d’une ethnie qui a gardé bien secrète une tradition matrilinéaire (j’adore les mots savants qui donnent mal au crâne. ça veut dire que les règles sociales sont régies par les femmes. En gros, les femmes portent le pantalon et les mecs subissent): la polyandrie. Je sais, ça fait rêver, les filles. Avoir plusieurs maris, qui en plus d’être disponibles au lit, font la vaisselle, le ménage et, surtout, se taisent. la-polyandre-de-bolyaC’est le paradis sur terre.

Les cocus posthumes nous fait voyager dans le monde du pouvoir à travers le monde. On y découvre l’esclavage sexuel, les sacrifices humains. Vous ne rêvez pas. J’ai bien dit Humains.

La polyandre, ainsi que le dit le titre, traite de ce fait. La femme polyandre vit secrètement sa tradition. La question qui se pose est: L’inspecteur va-t-il s’amouracher de cette superbe femme et accepter de rejoindre le harem masculin?

Dans ses romans, il met en scène un Inspecteur, Robert Nègre. Cet homme a tout vu, tout entendu. Enfin, il le croit. Oui, mais non. il découvre encore pire que ce qu’il pensait savoir. La noirceur de l’âme humaine fait vaciller sa bonhomie. Cependant, il reste professionnel. Les enquêtes sont très fines et Robert Nègre se joue des idées reçues de tout le monde. De toutes manières, il a ses propres idées complètement chamboulées par ce qu’il découvre au fur et à mesure de son enquête. Il reste stoïque, enfin, en façade, il est complètement déstabilisé intérieurement. En tant que policier, il va au plus profond de la noirceur humaine.

Ces deux livres sont admirables. Il y a des moments où vous allez pleurer de rire, et d’autres, où l’envie de rentrer dans le livre pour tabasser un personnage vous prend à la gorge. Ce sont des livres qui, tout en restant dans Paris et ses quartiers chauds, font que l’exotisme vient frapper à notre porte. A lire impérativement .

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Cannibale roman 1986
  • l’Afrique en kimono – Repenser le développement Essai 1993
  • L’Afrique à la japonaise. Et si l’Afrique était mal mariée Essai 1995
  • la polyandre roman 1998
  • Les cocus posthumes roman 2001
  • Afrique, le maillon faible, Essai 2002
  • La profanation des vagins  2005