L’exil – Kama Sywor KAMANDA

Il s’en est allé, le visionnaire,
Voir naître le soleil dans le ciel des prémonitions,
À travers les nuages de l’imprévu et, à la nuit tombée,
Contempler fleurir l’azur d’étoiles immobiles
Plus immortelles que nos rêves.
Morne, vide et sans force, telle une feuille morte,
L’homme épris de liberté s’évanouit de bravoure
Dans un vertige des émotions,
Vers des lendemains sans peur,
Quand en s’enfonçant en quête de ses racines,
Il se perd dans l’entonnoir de la tornade !
Sans préavis, comme un insaisissable météore,
L’exil se réjouit de ses prétendants exaspérés.
Le migrant erre ainsi, loin des regards familiers,
Incertain et tremblant d’inquiétude,
Dans l’immense abîme sans fond
De l’angoisse sinistre du rituel des passions.
La peur l’étreint, l’espoir le torture
Et son esprit tourbillonne sans fin
Dans la langueur, l’ennui et la révolte,
Vers l’aurore d’un monde inaccessible.
Ses yeux tournés vers l’horizon des remords,
Ses souvenirs se perdent dans la mémoire des sables
Que les typhons confidents charrient
Sur la longue échine de l’humanité
Et révèlent dans l’essaim des songes se mouvant
Dans les plis des destinées des croyances trahies,
Des aspirations inassouvies
Et la solitude impalpable du martyre.

Chants de Brumes

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Publié par

signarelee

Je suis une passionnée de littérature étrangère. Mon rêve, vous faire découvrir les littératures d'Afrique et des Antilles. Surtout, les écrivains, méconnus pour la plupart. Vous êtes tous les bienvenus

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