Entretien avec Yamina Mazzouz Auteure de polar franco Algérienne qui monte, qui monte

C’est toujours avec un grand plaisir que je présente les entretiens d’auteurs. Celui ci me touche particulièrement car il s’agit d’une auteure de polar. Yamina Mazzouz a un don: nous faire vibrer au rythme des enquêtes de la généreuse Norah. Une nouvelle reine du Polar est née et c’est peu de le dire. 

Bonjour Yamina Mazzouz, Je suis heureuse de m’entretenir avec vous. Merci d’avoir accepté.
C’est un plaisir d’échanger avec vous.

Pouvez-vous vous présenter ?
AVT_Yamina-Mazzouz_6533Je suis issue d’un milieu modeste, de parents immigrés algériens, ce qui fait de moi une schizophrène heureuse, car j’adore être franco-algérienne. En fonction des moments, mes réactions sont à associer à l’une ou à l’autre de mes cultures. C’est l’excuse rêvée… ou pas. Enfin, on peut toujours essayer… Plus sérieusement, j’accorde beaucoup d’importance à la famille et aux amis, et j’aime être entourée.
J’ai choisi de vivre à Toulouse, une ville agréable et vivante, et dès que je le peux, je voyage. J’en ai besoin pour écrire et pouvoir décrire des cadres dépaysant. J’aime les rencontres et découvrir d’autres cultures, c’est très enrichissant.
Je suis fan de littérature classique britannique comme Jane Austen, les sœurs Brontë, Elizabeth Gaskell. Aussi de romans policiers, Wilkie Collins, Agatha Christie, bien sûr, mais aussi Charles Exbrayat. Evidemment, je prends du plaisir à lire des œuvres plus récentes, particulièrement Stephen King et les auteurs nordiques comme Jussi Adler-Olsen ou Henning Mankell. Je vous rassure, je lis d’autres genres que le policier, mais ce serait un peu long de tout citer.

Parlez-nous des souvenirs de votre enfance, de vos études ?image0
J’ai eu la chance de grandir à Meudon, un joli cadre. Mes parents étaient plutôt stricts mais j’ai réussi, avec le temps, à les faire évoluer sur bien des sujets, même si le poids des traditions est resté présent. J’ai aussi un grand frère de quatre ans mon ainé qui a fait de moi une tata comblée. Je me souviens d’avoir passé beaucoup de temps à la bibliothèque municipale, j’ai toujours aimé la lecture.
Pour les études, j’ai suivi, à tort, l’évidence : j’avais des facilités en mathématiques, alors j’ai suivi un cursus scientifique. Puis, je me suis lancée dans la chimie. Ce n’était pas épanouissant pour moi. Je me rattrape aujourd’hui en me replongeant dans la littérature.

ob_5355ec_42596799-2237062356307236-892102531008Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
De temps à autre, l’idée d’écrire m’avait traversé l’esprit sans jamais être réellement mise en pratique. À la suite d’une longue maladie, j’ai décidé de mettre sur papier diverses idées qui me trottaient dans la tête, puis je me suis lancée dans une forme de rédaction. Au départ, je ne pensais pas dépasser les vingt pages. Finalement mon premier volet a coulé de source. J’ai été la première étonnée en voyant mon livre abouti.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Je crois qu’on ne décide pas de devenir écrivain, ça vient naturellement. Il faut juste accepter de se lancer et de se structurer. L’écriture devient vite un besoin impérieux.
Ensuite, le hasard des rencontres m’a permis de concrétiser ce rêve.

Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
Ma mère est très fière… peut-être parce qu’elle ne l’a pas lu ! Elle est malheureusement91R3MyoN0-L.SR160,240_BG243,243,243 analphabète. Je lui ai toutefois donné les grandes lignes de l’histoire et depuis la sortie de « du Couscous dans le pudding », elle me pousse à continuer. Mon frère et ma belle-sœur m’ont beaucoup soutenue. D’ailleurs ma belle-sœur a toujours la primeur de mes textes, elle garde un regard objectif et comme c’est une grande lectrice, son jugement exercé est précieux.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Contrairement à ce que les gens pensent, il y a très peu de moi dans le premier roman. Le personnage principal est un mélange de plusieurs jeunes filles qui ont croisé ma route à un moment ou un autre de ma vie. Je l’ai néanmoins affublé de mon caractère… la pauvre ! Mme Grey est un hommage à Mme Danvers (Rebecca de Daphne du Maurier).
Les autres personnages sont un pur fruit de mon imagination avec quelques touches 51AUUvglW7L._SY346_piochés dans mon entourage pour les rendre crédibles.
La demeure de mon premier volet m’a été inspirée par Manderley (Rebecca de Daphne du Maurier) et par Pemberley (Orgueil et préjugés de Jane Austen).

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Le premier jet a pris six mois, puis je l’ai travaillé de nouveau durant quelques mois. J’ai été conseillée entre autre par l’auteur Gérard Muller qui a réussi à faire sortir le meilleur de moi. C’est toujours difficile d’être satisfait, mais il faut partir du principe que le mieux est l’ennemi du bien. Un regard extérieur vous aide souvent à déceler la version la plus aboutie.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Gérard Muller m’a mise en contact avec les presses littéraires qui ont tout de suite accepté d’éditer « Du couscous dans le pudding ».
Des chroniqueurs littéraires et d’autres auteurs m’ont également beaucoup aidée pour la communication ainsi que Claude Mesplède.
Les auteurs de polar sont comme une grande famille. Il y a d’ailleurs quatre jeunes femmes dont je me sens particulièrement proche et avec lesquelles nous avons créé « la ligue du Chapitre 22 ». On échange énormément, on se lance des défis littéraires, on se51bLwuqAycL._SX322_BO1,204,203,200_ tient informées…

Comment vous sentez-vous à chaque publication (pour vos différents romans) ?
Il y a toujours un stress lié à l’attente de l’accueil des lecteurs mêlé à une excitation et à la satisfaction du travail achevé.
Très vite s’installe un manque. L’écriture est comme une drogue alors on cherche une autre idée, quelque chose de nouveau à développer.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion d’écrire vient avec la lecture. M’immerger dans différents univers m’a très vite donné envie de créer le mien et de faire « danser les mots » pour apporter du plaisir à des lecteurs. J’aime l’idée de faire passer un bon moment à quelqu’un. Une lectrice m’a dit une fois qu’elle avait emmené mon livre partout y compris aux toilettes, car elle pouvait plus s’arrêter, c’était pour moi un très beau compliment.

imageQue représente l’écriture pour vous ? Peut – elle être synonyme d’engagement ?
Il y a deux formes à l’engagement.
L’engagement se prend envers le lecteur, on lui doit une œuvre de qualité, crédible et, dans le cas d’un polar, je considère qu’il ne faut pas le prendre pour un idiot en parachutant une solution non amenée par des indices.
On s’engage aussi en étant porteur de messages. Le roman polar est un très bon véhicule pour cela. Dans mon cas, je souhaitais parler d’émancipation féminine, de chocs des cultures et des classes.

Quels sont vos futurs projets ?
Norah devrait pointer son nez très prochainement pour une troisième aventure. EnAVT_Yamina-Mazzouz_6533 attendant je souhaite m’essayer au feel good book, je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Patience !

Je serai curieuse de le lire

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Trouver son style d’écriture et travailler avec rigueur régulièrement. Ne pas hésiter à participer à des ateliers d’écriture et lire beaucoup différentes formes de littératures. Faire lire ses textes à des personnes objectives.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog
Il est super ce blog, j’y ai découvert une pléiade d’auteurs notamment africain que j’ai hâte de lire.
Rien à dire, il est parfait pour moi.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Juste que j’ai hâte de découvrir vos propres écrits : « Shouna, la genèse maudite »
Oups. Un oubli de ma part (rires) Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
À très bientôt !

 

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