Baobab – Jean-Baptiste Tati-Loutard 1968

Baobab! Je suis venu replanter mon être près de toi
Et racler mes racines à tes racines d’ancêtre;
Je me donne en rêve tes bras noueux
Et je me sens raffermi quand ton sang fort
Passe dans mon sang.

Baobab! «L’homme vaut ce que valent ses armes».
C’est l’écriteau qui se balance à toute porte de ce monde.
Où vais-je puiser tant de forces pour tant de luttes
Si à ton pied je m’arc-boute? Baobab!
Quand je serai tout triste Ayant perdu l’air de toute chanson,
Agite pour moi les gosiers de tes oiseaux

Afin qu’à vivre ils m’exhortent.
Et quand faiblira le sol sous mes pas
Laisse-moi remuer la terre à ton pied:
Que doucement sur moi elle se retourne! »

Les Racines congolaises L’Harmattan, 1968 

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