La Mata-Hari des îles – Anne Nabaha – 2019

Quatrième de couverture

Voici l’histoire d’une fille des îles qui rêva toute jeune de devenir une princesse. Ses parents étaient de justes représentants de la société insulaire, demeurant imperméables au monde extérieur. Ils cherchaient à l’étouffer, à la mettre dans le droit chemin. Mais cette enfant curieuse bravait sa famille dont elle ne supportait pas l’étroitesse d’esprit. En grandissant, elle devenait une adolescente au physique d’une femme enfant, subissant la convoitise des hommes. Devenue femme, elle arborait le physique d’une poupée Barbie mais elle était une vraie tigresse pour préserver sa famille. Après plusieurs liaisons destructrices, elle se rappelait son rêve d’enfant, se transformer en princesse, pendant de trop brefs moments, sur les pistes de danse. Un jour, son prince charmant vint danser avec elle et l’histoire aurait dû se terminer par un beau « ils furent heureux… ». Mais l’homme qu’elle aimait allait la décevoir. Meurtrie, bafouée, perdue. Elle surmontait finalement ces épreuves, se transformant en une créature connue dès lors sous le nom de Mata-Hari des îles.

Chronique

Nous le savons tous. Un enfant a besoin d’amour pour s’épanouir. Pour s’affirmer. Pour se sentir en sécurité. Peu importe la situation financière des parents pourvu que l’amour et le respect priment dans sa vie. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Certains de ces enfants se révoltent. Deviennent violents. D’autres cachent leur souffrance sous un masque d’indifférence. De souffrances tues.

Dans la Mata-Hari des îles, des enfants grandissent dans la haine, la violence, l’incurie, l’ignorance de leur existence par leur parents sauf quand il s’agit de les maltraiter. Une vie à la dure. Un père égocentrique, radin, violent, manipulateur, sadique. Une mère victime. Une mère tortionnaire. Une mère acceptant son statut de victime comme on accepte son destin. Avec stoïcisme. Des enfants en pièces détachées. Maltraités. Malmenés. Tétanisés par la peur du patriarche. Par la peur de réveiller la violence parentale. L’une d’entre eux sera le réceptacle de toute cette violence qui, loin de la briser, en fera une femme forte. Saura t-elle aimer un jour? Sa vie sera t-elle le reflet de celui de ses parents?

Avec une écriture simple qui facilite la lecture, nous découvrons une vie de misère financière. Une misère de tendresse. Une absence d’amour et de relation familiale. Une vie où l’égoïsme prime pour une raison vitale: échapper à la violence, à la tyrannie du maître de maison. Nous assistons à la difficulté des enfants à se reconstruire. A la difficulté à avoir un semblant de vie. Une vie fabriquée à la force des poignets. Une vie fabriquée pièce par pièce. Avec force. Avec douleur. Avec acharnement  et un instinct de survie au-delà du possible. Quitte à devenir la Mata-Hari des îles.

Note 17/20

9782343166537    Editions L’Harmattan     304 p.    26,50€

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s