La poubelle – Pape Pathé Diop – 1984

Quatrième de couverture

Il était une fois – à Médina, dans un quartier moyennement bourgeois de la capitale – un homme qui avait su cristalliser sur lui tous les regards, toutes les amitiés, toutes les envies et toute la considération que confère la possession d’un château, de grandes terres, d’une femme ou d’une voiture de luxe, et cela grâce seulement à sa poubelle… L’important étant que l’on ne sache jamais comment vous avez acquis votre château, votre immense propriété, votre luxe de femme, de voiture… ou de poubelle !  » Conte de fée ou drame bourgeois, comédie morale ou tragédie ? Ce n’est qu’à la fin de l’enquête que mène le voisinage sur les pas du populaire Mour Babacar, que sera résolu le mystère de la soudaine richesse de Camara, attestée par les trésors que ramassent dans sa poubelle les enfants de la Médina.

Chronique

La Médina, un quartier populaire de Dakar, est un petit village pour tous ceux qui la connaissent ou y vivent. Tout le monde se connait. C’est une grande famille. Mour et Camara sont voisins et se connaissent bien. Ne partagent-ils pas les discussions autour des trois sacro saintes tasses de thé? Camara semble plus aisé que tous. Que fait-il pour être si riche?

La poubelle nous emmène dans les dédales du microcosme qu’est la Médina. Nous découvrons la vie des habitants. Les liens d’amitié. De voisinage. La solidarité. Nous découvrons aussi cette fameuse Téranga autour du rituel du thé. Rituel où se font et se défont les amitiés. Les liens sociaux. Moment convivial où se colportent toutes les nouvelles du quartier. Moment où Camara se pavane modestement du fait de son statut social. Du fait du respect de tous ses voisins. N’est-il pas celui dont la poubelle déborde de richesses?

La poubelle est le récit d’une chute. Physique. Morale. Sociale. Une chute brutale. Violente. Un pilier tombe et c’est tout un quartier qui tremble. C’est le récit d’un quartier où chacun tient sa place au vu et au su de tous. C’est le récit d’une société accrochée au paraître tout en restant humaine. Pourquoi cette chute? A quel moment le grain de sable a t-il bloqué les rouages de la vie? Qui est vraiment Camara? Que lui est-il arrivé? Pourquoi? La Médina murmure. La Médina questionne. Comme le dit la chanson de Malavoi (Sport national) « le Maître est tombé. Il ne s’est plus jamais relevé« . Alors, la Médina a frémi.

Note 17/20

9782708704299   Ed. Présence Africaine   202 p.   11,20€

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s