Treize ans plus tard… – Elima DIABONG – 2022 – Ed. Enoya

Quatrième de couverture

Être mariée de force à quatorze ans. Être accusée de ne pas être vierge à sa nuit de noce et devoir subir l’enfer de la lapidation, voici ce qui attend Elsa dans cette vieille case en paille où elle est enchaînée et humiliée. Réussira-t-elle à sortir de ce tourment? Ce roman est un parcours de mémoire et une série de réflexions sur la vie et sur tous les sentiments qui nous animent au quotidien. C’est un miroir pour la femme confrontée aux affres du mariage forcé, au viol et à d’autres faits sociaux. Ce livre nous offre aussi un mélange de cultures rendu possible grâce au parcours du personnage principal.

Chronique

« A Daour, les femmes se parent du poids de la tradition« . Des mots qui font frémir. Des mots qui illustrent la place de la femme dans cette tradition. C’est à dire que son rôle se limite à être épouse et mère, muette et corvéable à merci. Une obligation. Pour le bonheur des hommes. Une bonne épouse est docile et ne se plaint jamais. Elsa est fortement contre ces traditions. Prendre sa vie en main et devenir ce qu’elle souhaitera sont ses desiderata. Mais, le destin veille comme un charognard veille sur une veille carcasse. Elsa ne l’apprendra que trop vite, à son grand désarroi. Va-t-elle, comme les autres, ployer sous le joug des traditions liberticides pour les femmes? 

L’auteure nous fait entrer dans un monde où, pour certaines femmes, le mutisme, la douleur, le rejet, la violence sont le quotidien. Supporter les coups, se faire violenter, sans dire un mot comme le conseille leur éducation. Elsa apprend sa vie de femme à travers le sang, les malédictions et l’émiettement de son âme. Résistera-t-elle ou se taira-t-elle? Certaines femmes, certaines mères trouvent leur sort atroce. Cependant, elles doivent obéissance à leur mari.  Donc, elles se tairont et laisseront leurs filles connaître les mêmes horreurs qu’elles. C’est ainsi. Les Ancêtres l’ont décidé, ainsi que les dieux.

L’auteure se sent très concernée par la condition des femmes africaines. Son roman nous fait entrer dans le monde de ces femmes à qui la tradition impose le rôle de faire des enfants, de subir les aléas de la vie, les diktats paternels en faisant fi de leurs projets, de leur humanité. Elles sont rabaissées au rôle d’ombres muettes. Elsa a vécu l’horreur. Son corps, son cœur, son âme se sont brisés sur les écueils d’une tradition insensible à ses désirs, ses rêves. Sa vie ne sera plus la même. Comment vivra-t-elle son calvaire? Que pensent ses proches de ce calvaire que lui fait douter de l’humain? L’écriture nous fait traverser un monde que nul être ne souhaiterait connaitre. Par ses mots, Elima Diabong nous rappelle que dans certaines parties du monde, les femmes n’ont aucune liberté d’être, de penser, de choisir. Elles ne sont que des ombres soumises au bon vouloir des hommes. Elles n’ont droit qu’à une seule chose : mourir…en silence.

Note 19/20

9782982070011    Ed. Enoya    172 p.    5,5€

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