LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Simone Kaya, écrivaine Ivoirienne (1937 – 2007)

KayaSimoneLa famille de Simone Kaya est originaire du Burkina Faso. Ses ancêtres viennent de l’actuel Burkina Faso. Son père, fils d’un militaire et agent de l’administration coloniale française, était lui-même né à Ouagadougou. Simone Kaya est née à Bouaflé en Côte d’Ivoire le 11 février 1937. Son père l’envoie à l’école et à 13KaneDanseuses ans, elle part en France. Elle y suivra une formation d’infirmière et d’assistante sociale. De retour en 7199Afrique, elle s’installe à Brazzaville, puis à Yaoundé et enfin à Abidjan, où elle travaille comme infirmière et assistante sociale et dirige l’INFS (Institut national de la formation sociale). Elle est une pionnière du roman féminin ivoirien. Elle meurt d’une méningite à Ouagadougou le 7 juin 2007. Elle a publié deux romans à caractère autobiographique:

  • 1976 Les Danseuses d’Impé-eya. Jeunes filles à Abidjan.
  •  1984 Le Prix d’une vie

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Et je suis restée debout, vivante – Evelyne Abondio – 2017

Quatrième de couverture

Trois femmes sont contraintes de renoncer au monde tel qu’elles l’ont toujours connu. Le virage que prend le destin est l’occasion, pour ces femmes intelligentes, sensibles et généreuses, de faire le point sur leurs rêves, leurs ambitions. Les épreuves traversées les forcent à se débarrasser du superflu pour percevoir que l’essentiel se trouve au cœur de leur conscience. Utilisant le fil rouge de la guerre, l’auteure dit la difficulté à être une femme, lorsque la marche du monde dérape vers la violence. Mais en creux se dessine l’espoir, la grâce et la puissance silencieuse de la femme quand elle fait le choix du refus.

Chronique

Trois femmes. Trois destins. Un point commun: la guerre. Une même volonté à se révolter et à faire face. Trois femmes. Trois caractères. Une même force. Une même énergie face à l’inqualifiable. Elles se nomment Emeraude, Flora, Fatima. Des vies racontées. Des vies construites avec douleur. Avec peine. Mais des vies assumées. Une vie aux prises avec l’anarchie extérieure? Et si le chaos les réunissait?

Et je suis restée debout, vivante traite de sujets très lourds avec, parfois, une pointe d’humour qui rend la lecture très agréable. C’est un roman à trois voix. Trois cris hurlant la paix dans le chaos. Trois cris hurlant la peur, la terreur, le désespoir. Trois femmes face à l’inconnu. Face à l’horrible inconnu. Celui qui vous souffle le cœur, vous tord les boyaux et vous empêche de rester debout. Mais elles ont tenu tête à cette terreur. Comment faire autrement, quand le monde s’écroule autour de vous? Quand la vie se dissèque sous les coups de boutoir du malheur, de la poisse, de la violence?

Et je suis restée debout, vivante. Un titre qui dit la force de ces femmes unies par les pertes d’êtres chers. Unies par la volonté de paix sur une terre ravagée par la folie des hommes. Trois femmes que le destin a arcbouté comme des lianes sous le poids de la douleur. Sous le poids des horreurs subies et tues au plus profond de leur âme. Trois femmes qui, sans avoir froid aux yeux et la tête haute, peuvent affirmer: et je suis restée debout, vivante.

Note 18/20

9782848591582     Editions Zinedi     158 p.    16€

Adnen Helali – poète et slameur Tunisien – 1975

Aden Helali est né à Sbeïtla (Tunisie) le 23 mars 1975. Il est poète et acteur arabophone. Il a fondé et dirige le Festival International du Printemps de Sbeïtla. Par ailleurs, il dirige le Centre Culturel Semama où il crèe des activités afin de lutter contre le djihadisme et l’obscurantisme dans les montagnes Tunisiennes.

Poète et slameur, ce professeur de français de Nabeul, promeut l’art et la culture de sa terre natale en présentant chaque année la fête des bergers à Djebel Semama, ainsi qu’à travers des pièce de théâtre, des poèmes. Il a écrit Zalabeni et Fartito. En 2017, il a joué le rôle de Garrett Flaherty dans Left for Dead réalisé par Albert Pyun.

New Phototastic CollageIl a créé un centre à Semmama qui met à l’honneur la culture de cette région montagneuse. Ainsi, des enfant pourraient faire du sport, profiter des ateliers photo, vidéo, théâtre, chant et cirque. D’autres ateliers pourraient mettre en avant le savoir-faire régional: tapisserie, tissage, distillerie d’huiles essentielles.

Au-delà des frontières – Aïchetou Camara – 2016

Quatrième de couverture

Au-delà des frontières constitue un véritable appel à l’humanisme, au pardon, et à la tolérance. Le ton de son auteur offre au lecteur une saveur particulière qui le mène dans une entropie de tableaux minutieusement peints, puisés dans des manifestations tantôt pittoresques, tantôt enfouies dans les profondeurs d’une double culture à laquelle l’auteur fait appel, à cheval sur les quintessences de plusieurs civilisations qui s’enchevêtrent, comme un hymne retentissant à l’émergence de la Civilisation de l’Universel […].

Chronique

Ainsi que le dit le proverbe sénégalais « Le sang n’est pas de l’eau« . Le sang lie et soude les familles, malgré la distance. Les hasards de la vie. Une rencontre fortuite et le monde dévoile un secret. Un secret longtemps enfoui dans les histoires familiales. Une rencontre et un flot de souvenirs submerge Salma. Que se passe t-il? Qui est cette personne qui déclenche tant d’émotions? Pourquoi toutes ces émotions d’ailleurs? Des souvenirs affluent. Qui sont ces femmes? Quelle est leur histoire? Quel est le lien invisible tissé entre elles?

Au-delà des frontières est l’histoire d’une famille. Une histoire de racines familiales. Une histoire belle, fine, ciselée telle une dentelle dont les points sont particuliers. Une dentelle qui tisse une saga familiale. Une dentelle faite par les liens du sang. Sur la pointe des pieds, nous suivons le récit de chacun. Au fur et à mesure de la lecture, nous découvrons des personnes pétries de tradition, de cultures différentes. Mais, si proches, si unis. Chacun prône la réconciliation. Chacun prône le pardon à travers son humanité. Malgré sa différence. Avec ses expériences profondément humaines.

Le sang, un lien symbolique d’une très grande force. Une force que rien ne peut désunir. Surtout pas l’homme quels que soient ses desseins. Une famille en fera la merveilleuse expérience. Salma va en être le vecteur. A la surprise de tout le monde. Pour le bonheur de tous. Pour la continuité familiale. A travers les turpitudes de la vie. Arrivera t-elle à se faire entendre? Arrivera t-elle à réunir toute la famille? A -t-elle retrouvé le chainon manquant familial? Cette famille qui nous entrainera dans son histoire. Dans ses erreurs. Dans ses forces et ses faiblesses. Au-delà des frontières.

Note 18/20

9782343083988   Editions l’Harmattan   Collection Ecrire l’Afrique   276 p.   22,50€

Les palmiers sanglants – David Noga – 2017

Quatrième de couverture

La République de San Feliz est, en 2045, l’Etat le plus prospère d’Afrique Centrale. Le chômage y est inexistant, sa population est éduquée, et la démocratie fait son oeuvre… Un havre de paix au cœur du bassin du Congo. Soudain, huit meurtres rituels viennent remettre en cause la quiétude d’une nation. Opposant historique au pays de l’Oncle Sam, le président Kwame n’a d’autre choix que de faire appel à la police new-yorkaise -le NYPD- pour l’aider à élucider une affaire qui risque de faire basculer sa patrie dans la guerre civile. L’enquêteur désigné n’est autre que le lieutenant Ellington, le meilleur flic de New York. Fils d’un émigré sénégalais, Ellington accepte une mission qui, pense t-il, sera l’occasion de renouer avec ses racines ancestrales. Au cœur de l’Afrique Centrale démarre alors une enquête épineuse, qui vire brutalement au cauchemar lorsqu’apparaissent les premières tensions ethniques. Les têtes tombent comme des mouches. Devant l’implication manifeste de l’ONU, la Maison Blanche décide de prendre les choses en main. A leur tour, la CIA, le FBI, la NSA et le NCIS entrent donc en piste! Sous pression, et bouc émissaire idéal, Ellington se lance dans une course judiciaire ultime, au péril de sa vie et de celle qu’il aime….

Chronique

Au milieu du 21ème siècle, un Etat africain riche. Très riche. Mais, la paix qui y règne ne semble pas être la panacée des grandes puissances mondiales. Une paix qui sera troublée par la découverte de pendus dans différents villages. Que se passe t-il? Crimes rituels ou meurtres délibérés? Pourquoi faire appel au NYPD alors que la police locale a tous les moyens d’effectuer l’enquête? Est ce une manipulation? Comment s’en sortira l’Inspecteur de police Américain?

Nous entrons de plein pied dans un thriller énigmatique. La situation n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Moss devra compter avec les politiciens, les traditionnalistes. Les rebondissements sont nombreux et l’intrigue est aussi noueuse qu’un vieux bâton. Nous nous interrogeons beaucoup sur les tenants et les aboutissants de ces crimes dont le modus operandi ne varie pas. Y aurait-il une forte impression de manipulation afin de soumettre un pays totalement libre et indépendant financièrement à la volonté de puissances étrangères? Pourquoi une telle force d’intrusion dans  une enquête à priori  normale? La richesse du pays dérange t-elle tant que cela? Qui tire les ficelles? Autant de questions que se pose le lecteur.

Les palmiers sanglants est un roman qui nous parle de nostalgie. De diaspora. De recherche de racines. Un roman qui nous parle de ce désir de retrouver la terre mythique des Ancêtres. Nous découvrons aussi le désir du pouvoir. Cette soif inextinguible qui peut animer des êtres sans foi ni loi. Nous découvrons le machiavélisme à l’état pur. Quelles sont les attentes de ces assassins? Comment se terminera cette enquête? Moss Samba-Ellington aura du fil à retordre sous les palmiers sanglants.

Note 17/20

9782343129983    Editions l’Harmattan    Collections Encres Noires   286 p.   23€

 

 

Tout sauf le caleçon – Moussa Dienne – 2019

Quatrième de couverture

Tout sauf le caleçon est un roman qui, à travers l’emprisonnement d’un professeur et de certains de ses élèves, rend compte de l’essentiel de la vie carcérale et du chemin qui y conduit. Il parle de l’Ecole et de la prison en suscitant la précieuse remise en cause de bon nombre d’idées et de règles. Il fait clairement transparaître l’impérieuse nécessité d’une réflexion profonde à propos des lois et des procédures pénales ainsi que de l’institution qu’est la prison. Et il interpelle directement les décideurs ainsi que les professionnels de la police et du Droit quant à une gestion globaliste de la sécurité et des sanctions et non point une focalisation  sur la répression de l’insécurité, comme il est malheureusement le cas dans nos Etats.

Chronique

La prison, quel que soit le pays est connue pour retirer toute humanité à ceux qui y entrent. Les humiliations déshumanisantes y sont nombreuses. Morsine Kane, professeur de mathématiques, va le découvrir à ses dépens. Son arrestation fait du bruit dans le milieu scolaire. Sa découverte du monde carcéral et de ses actes humiliants va crescendo. Au grand dam de Morsine qui souhaite plus que tout garder son intégrité. Pourra t-il le faire? Comment se déroulera son séjour carcéral? Son mental sera t-il assez fort pour tout supporter?

Tout sauf le caleçon, un titre qui prête à sourire si tout ne se passait pas dans le milieu carcéral. Si un homme ne luttait pas désespérément pour préserver son honneur. Son humanité. Si un homme ne luttait pas contre un système froid, machiavélique et violent. D’une violence sourde. D’une violence calculée. Un système que nous découvrons au fil de notre lecture. Une lecture fluide qui nous entraîne entre le milieu scolaire, les forces policières et les hommes politiques.

Tout sauf le caleçon est l’histoire d’une âpre lutte. La lutte vitale d’un homme prêt à tout pour garder sa dignité. Est-il prêt à payer le prix d’un tel choix? Sait-il s’il supportera ce milieu qu’il ne connait pas si bien? Sa lutte sera forte.  Désespérée. Une lutte libératrice? Peu importe. Il est prêt à tout supporter. Il est prêt à tout perdre. Sauf sa dignité. Tout, sauf le caleçon.

Note 17/20

9782343174181    Edition l’Harmattan     230 p.    21€

Marginal – Mour Sèye – 2019

Quatrième de couverture

Accusé de trafic de drogue, Djibril, jeune étudiant, est arrêté puis emprisonné pendant trois ans avant d’être relaxé. A sa sortie de prison, il est rejeté par la société qui l’oblige à affronter son destin dans la rue. Il fréquente quelque temps un gang avant de devenir assistant d’un maître coranique. Son existence bascule et Djibril découvre d’autres réalités de la vie en marge de la société. Une nuit, contre toute attente, Djibril disparait malgré lui et se retrouve dans la situation la plus extravagante et la plus sombre de sa vie. Le destin de toute une nation était entre ses mains? Fera t-il le bon choix?

Chronique

Le milieu carcéral est difficile, invivable, quel que soit le pays. Tout prisonnier  ne rêve que d’une chose: en sortir, si possible blanchi de toute accusation. Du moins, tel est le désir de Djibril, ex étudiant, accusé de recel de drogue. Même libéré, la vie continue à éprouver son avenir. Pourquoi est-ce si difficile? Que lui réserve la vie hors de prison? Comment son retour au bercail sera t-il perçu par sa famille?

Marginal. Avec un langage coloré, parfois énigmatique, Mour Sèye nous transporte dans l’univers carcéral sénégalais. Un univers où la surpopulation, la violence, la saleté règnent. Un univers où la loi du Talion est maître. A travers les aventures de Djibril, nous découvrons l’univers de la rue. L’univers de ces ex prisonniers abandonnés par tous et surtout par leur famille. Ces ex prisonniers livrés à la merci des marginaux. Pourquoi pas à la merci des terroristes?

Marginal est un plaidoyer pour la reconsidération du milieu carcéral. C’est un appel à humaniser ce milieu ainsi que les conditions de vie des prisonniers. C’est un roman qui appelle à la réflexion sur la réinsertion sociale et familiale des anciens prisonniers. Pourquoi les garder si longtemps en préventive avant qu’ils ne soient jugés? Pourquoi les garder si longtemps dans le système judiciaire quand, sans jugement, ils sont tout simplement oubliés dans les prisons? Pourquoi ne pas faire prévaloir la présomption d’innocence, même quand il s’agit d’un marginal?

Note 15/20

9782343176758   Editions l’Harmattan   164 p.   18€