Dédicace Ndèye Fatou Fall Dieng

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Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-momi2elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”. Cette partie de mon nom interroge mon humanité et ma condition de mortelle pour ne pas dire, un appel ou rappel à plus d’humilité.
Mon nom spirituel ou post-nom Ata Ye Mieko Momi veut dire “L’Homme persévérant (celui qui ne renonce pas jusqu’à avoir eu la meilleure solution à un problème”. Momi, dont l’équivalent au Cameroun Moumie, veut dire Homme, Virilité.

AD Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
1551522_10153815469365173_1505154004_n-loxi9xdcjlhwqxe7tvkdewribmawazkpn930nka1u0MM Mes souvenirs d’enfance sont très riches, riches des lieux que j’ai pu voir de mes yeux, et y séjourner : Sénégal, Suisse, Israël, France… Et surtout le pays, la forêt équatoriale, mon école à Kinshasa mais aussi celles lors de mes séjours hors du pays… Bref, il y a beaucoup à dire sur mes souvenirs865_img3 d’enfance. Tout un roman…
Pour ce qui est de mes études, elles furent très linéaires jusqu’à mes secondaires et mes études supérieures. Vous savez, s’assumer seul et suivre des cours ou formations qualifiantes, ce n’est pas chose aisée mais j’ai su avoir mon diplôme d’assistant comptable.
AD Je comprends cela car j’ai fait le même parcours ; travailler et faire des études. C’est dur mais enrichissant.
MM Tout à fait. Ça forge le caractère et la vision ainsi que les lignes directrices de la vie.

AD Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
MM C’est un désir qui m’est venu bien avant d’acquérir le statut d’écrivain. J’ai commencé d’abord comme auteur-compositeur gospel, puis dans un collectif hip hop et de fil en aiguille, lorsque j’ai commencé à acquérir une véritable conscience politique panafricaine, j’ai commencé à écrire d’abord des articles pour des dossiers politiques sur le Congo, ensuite sur la communauté congolaise et africaine en Belgique.
L’écriture, celui des livres, est donc un prolongement de celle qui a débuté dans la musique. Le souci du partage d’idées, d’avis, d’opinion et de mes pensées.750-xempire-ntu

« Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants. »

AD Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
51irpjndv+l._ac_us218_MM C’est avec l’arrivée de ma fille aînée, Nyasha, que j’ai réellement commencé à écrire. Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants.
Donc j’ai vraiment décidé de devenir auteur lorsque j’ai écrit ce carnet de notes devenu un livre, assez intimiste, MEMOIRE DE PATERNITE, où je tiens un monologue en direction de ma fille1 aînée alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère. Et le Destin a voulu que la dernière page de la dernière feuille de mon carnet de notes soit celui du jour de la naissance de ma fille.
Après quelques années, j’ai eu le désir de lui écrire une petite histoire sur une princesse guerrière africaine car je voulais lui créer un imaginaire épique et fantastique qui lui parle de l’Afrique, qui lui donnera envie de se plonger dans l’histoire de ce continent et ses peuples. Et c’est en écrivant la trilogie, LES CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU, que je me suis réellement rendu compte que l’écriture était en moi et que j’ai un don : celui d’écrire une quantité phénoménale de livres en peu de temps. D’ailleurs la trilogie, donc trois livre d’environ 290 à 350 pages en six mois seulement…
AD C’est émouvant et impressionnant.
MM Merci

AD Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
51rt+6d8x2l._uy250_MM Dans ma famille, tout le monde sait que mon père, en plus de ses fonctions diplomatiques et ministérielles, était aussi un homme de lettres. Il a été professeur dans l’enseignement secondaire et ensuite supérieur et avait publié trois livres avant ses 35 ans. Pour dire la vérité, les membres de ma famille n’étaient pas vraiment au courant, sauf ma mère et quelques proches très portés sur la culture et la littérature. C’est avec le51ir0qducdl._uy250_ temps, et les sorties de livres, les prix, les invitations ici et là pour parler et exposer mes publications que de plus en plus de membres de la famille ont pris conscience qu’il y avait un écrivain dans la famille. Donc, beaucoup se disent que c’est « normal » car comme on dit «le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre qui l’a porté».
AD En fait, c’est un passage de flambeau en quelque sorte.
MM C’est exactement ça. Nous sommes là. Raison pour laquelle d’autres, nos aïeux, ont existé.

AD De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
MM Clairement, la reine Nzinga de Ngola. Elle est la femme monarque et guerrière par excellence qui a été réellement mon inspiration pour le personnage de la trilogie les CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU à qui j’ai donné le nom de NEHESHA. Ensuite, il y a toute l’histoire ou les histoires d’Afrique, les mythologies, les légendes et autres contes populaires. Je voulais faire un mix de toutes ces choses et les condenser en un seul récit.
AD Il faut dire que pour ce qui est de l’imaginaire, nous sommes très gâtés en Afrique. Il y a l’embarras du choix.
MM Oui, il faut se donner la peine d’aller chercher en profondeur les idées… Dans les profondeurs de notre Histoire, de nos croyances, légendes et mythes.
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AD Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
51oftibk6il._ac_us218_MM La trilogie ? En six mois. Ensuite il y a eu le temps de la relecture, des corrections. C’est celui qui a pris le plus de temps.
Satisfait ? Oui, mais avec le temps, j’ai dû y apporter des modifications en ajoutant plus de dialogues entre les personnages. Mais dans l’ensemble, oui, j’en suis très satisfait. Tellement satisfait que j’ai écrit 11 hors-séries dans lesquels je raconte les histoires personnelles de personnages clés, de leur naissance au contexte de la trilogie.
AD J’adore. Il faut que je lise cette trilogie car j’aime l’histoire des reines guerrières africaines.
MM Nos héros et héroïnes du passé ne demandent qu’à revenir à la vie pour nous 41q+br5i8kl._ac_us218_transmettre force et puissance d’esprit, d’intelligence et de créativité

A59925eae3d866D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
MM En général, je dirai qu’il est bien accueilli mais… Il y a toujours ce frein lié aux types de lectures qui semblent coller aux africains et parmi lesquels les romans d’épic fantasy, de science-fiction n’ont pas trop leur place. Donc ce fut assez galère de faire connaître et reconnaître mes livres. Et même à l’heure où je vous parle, je lutte encore car… Il y a un réel manque d’intérêt de structures médiatiques, associatives et événementiels qui devraient accordercover1 plus d’importance à ce type de littérature, surtout dans la sphère des livres africains d’expression francophone.
AD Je confirme. J’écris de la fantasy et je fais face à ces freins. Mais, petit à petit le bouche à oreille fonctionne. C’est très difficile.
MM C’est un genre littéraire dont les africains ont besoin mais aussi, par lequel ils ont été bercés via les contes et légendes anciens. Mais il nous faut passer à un niveau supérieur: l’épic fantasy et l’agro futurisme pour faire revivre ces histoires de nos terroirs.

« À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » « 

cover ebookAD Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous sentez-vous à chaque publication ?
MM Oui, j’ai écrit beaucoup d’autres, plus de trois quart de mes projets de livres sont encore au stade de maquette, c’est à dire, la structure du livre avec les idées principales, action par action, scène par scène, est déjàsans titre0 faite pour plusieurs livres.
Ceux publiés à ce jour sont :
Le premier hors-série de la trilogie LE JAMAANU ANCIEN : RECITS SUR LES DIEUX.
KEMETOS LE NOUVEAU PARADIGME, trois des sept livres sont déjà publiés
OTIS – WAY OF LIFE – EP 1
À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » mais en même temps j’ai cette envie de continuer à écrire pour continuer à sortir d’autres histoires car j’en ai tout plein que j’aimerai faire connaître, des histoires touchant à beaucoup de thématique dans le cinéma, par exemple, mais avec des africains ou afro-descendants et l’Afrique en centre du sujet…

AD Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
51oftibk6il._ac_us218_MM Oui, j’en suis convaincu. Je l’expérimente avec ma fille aînée. Un bon écrivain est d’abord un bon lecteur, c’est à dire, une personne qui aime lire, qui trouve le temps et le plaisir dans la lecture.
Moi, je raconte beaucoup d’histoires à mes enfants, j’en invente quasiment une tous les soirs (rire). Je mets dans la tête de mes enfants beaucoup d’images et je les aide à se construire un imaginaire en les aidant à comprendre le monde qui les entoure et à pouvoir raconter, eux aussi, des histoires. Par exemple, lorsque je donne à mes deux filles une lecture à faire, je leur demande ensuitecover-recto de m’expliquer avec leurs mots ce qu’elles ont compris mais aussi de m’écrire une ligne de l’histoire avec leurs mots.
AD C’est une très bonne idée. Est-ce qu’elles vous disent ce qu’elles ressentent en écrivant un bout d’histoire?
MM Je peux sentir la Vie en elles lorsqu’elles me racontent leurs histoires, du moins la passion avec laquelle elles aiment me raconter les lumières qui s’allument dans leurs têtes. J’adore, vraiment. La créativité est un don qui nous rapproche du Divin.

« L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective « 

AD Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
arcanesMM L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective car elle permet de partager avec celui qui lit, peu importe son éloignement ou sa différence culturelle, des choses que sans l’écriture on ne pourrait que partager avec son environnement direct, avec le risque de la déformation du récit comme cela peut arriver avec l’oralité.
Donc oui, c’est clairement un engagement car en écrivant on s’engage à dire des choses, à transmettre des choses, des pensées, des mots qui sont nôtres ou dont on est dépositaire. Des pensées et mots que l’on assume pour ce qu’ils sont et deviendront après notre mort.
AD Ce que vous dites est extrêmement beau et vrai.
MM Merci beaucoup.

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AD Quels sont vos futurs projets ?
MM Pour ce qui est de la littérature, mes projets sont les adaptations : je suis sur deux voire trois projets d’adaptation en bande dessinée, des adaptations en anglais de certains de mes livres, des adaptations en livres audio et de films d’animation.
AD Alors, on va croiser les doigts pour vous.
MM Doigts et orteils!!!  (rires)


imagesf5atlafoAD Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

MM Je leur dirai que c’est une passion qui prend et demande du temps comme toutes les passions. Soyez des rêveurs avant tout, des gens qui aiment apprendre sur le monde, des gens qui aiment lire et surtout sachez qu’un livre est une projection de son esprit, de sa pensée, vers une autre personne. Tenez-en compte afin que le proverbe qui dit «la 59925eae3d866lecture est le nourriture de l’esprit», soit pour vous un socle. Car celui qui écrit est celui qui nourrit le lecteur. Soyez de bons cuisiniers des lettres. ET un cuisinier doit aimer apprendresans titre0 d’autres recettes, se remettre en question et surtout tester de nouveaux plats.

AD Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
MM Je dirai qu’il faudrait faire un peu plus de publications vidéos, pas forcément avec vous à l’image, mais du son et de l’image car il existe un public qui n’aime pas prendre le temps de lire mais qui prendra le temps de regarder une vidéo qui dira exactement la même chose qu’un article écrit.
AD J’y pense car de nombreux auteurs m’en ont parlé. C’est un de mes projets pour la nouvelle année.
MM Alors lancez-vous sans tarder! Il faut libérer la parole de l’Africain et consolider notre imaginaire par notre vision du monde c’est à dire notre paradigme renouvelé.

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AD Avez-vous quelque chose à rajouter ?
MM Non, rien d’autre

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

 

Amina Seck – Interview avec Biscottes littéraires – 7 Janvier 2019

« Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et la plus noble tâche: celle d’enfanter et donner la vie. »

BL: Bonjour Amina SECK. Veuillez-vous présenter s’il vous plaît.
AS: Je suis auteure, scénariste, réalisatrice sénégalaise mais à la base, j’ai fait une formation en Comptabilité, en Marketing et Communication des entreprises. J’ai servi pendant plus de 15 ans dans des entreprises commerciales et de communication mais aujourd’hui je suis une femme qui travaille et évolue dans le monde de la culture, entre la littérature et le cinéma. Mon premier roman est publié en novembre 2017 aux éditions « Diaspora Académie » et s’intitule « Mauvaise pente ».

BL: Le statut de la femme en Afrique subsaharienne a-t-il vraiment évolué selon vous quand on voit que subsistent encore les pesanteurs culturelles?
Quels sont les indices qui vous permettent de l’affirmer?
AS: La femme en Afrique a encore du chemin à faire. Le travail consiste à changer d’abord la mentalité des africains, Homme comme Femme, pour arriver à un résultat positif et ce changement commence dans les foyers. Il faut que les parents arrêtent de maintenir seulement les garçons à l’école et d’abonner les filles aux tâches ménagères et de leur faire croire que la réussite sociale d’une fille c’est le mariage.
Mais il est aussi important de faire une analyse sur le statut de la femme africaine d’avant, pendant et après la colonisation pour se rendre compte d’une amélioration, d’une évolution qui chaque jour monte encore d’une marche. Les femmes africaines deviennent présidentes de la république, chefs d’entreprise, écrivaines. Elles sont devant de la scène, elles s’expriment et s’imposent à la face du monde.

BL: Quelle est, d’après vous, la part qui revient à la femme africaine dans la situation qui lui est faite? Autrement dit, comment les femmes se rendent-elles la pente mauvaise et dangereuse sous nos cieux?
AS: La femme en Afrique est formatée dès le bas âge à être une personne faible, programmée pour le second rôle. Sa part de responsabilité dans cette situation qui lui est faite, c’est l’acceptation, la résignation, le silence, la peur et ce besoin permanent d’être protégée et soutenue par les hommes.

BL: Quand on sait que le taux d’analphabétisme des femmes reste encore élevé sous les tropiques, n’est-ce une utopie, du moins une gageure, que de s’adresser à ces dernières dans une langue qu’elles ne comprennent pas, puisque fondamentalement dans « Mauvaise pente » vous parlez des femmes aux femmes?mauvaise-pente_amina_seck_biscottes-littéraires

AS: « Mauvaise Pente » est un roman écrit par une femme qui raconte l’histoire d’une femme et qui a comme cible les femmes et aussi les hommes.
Pour répondre à la question, je puis vous confesser que plus de la majorité des exemplaires écoulés ont été achetés par des femmes. C’est encourageant. Mais il faut reconnaître que l’analphabétisme constitue l’un des facteurs, je dirais même, le plus important qui fait que la femme africaine n’arrive pas à se trouver un chemin de sortie face à sa condition. C’est plus fréquent dans les zones rurales où, toujours attachée à la tradition, les femmes de chez nous ont du mal à s’émanciper et à s’affirmer. Mais ce n’est pas toujours de leur faute si elles n’ont pas accès à l’éducation quand on sait que parfois au manque de motivation, s’ajoute aussi celui d’infrastructures ou de moyens pour envoyer ou maintenir les filles a l’école. Je suis consciente de ces pesanteurs sociales. C’est pourquoi, comme j’ai un message à passer, je joins à la littérature le cinéma. C’est ainsi qu’est né mon intérêt de me lancer dans le cinéma et faire des films qui parlent des femmes aux femmes.

BL: Dans ce cas, pourquoi n’avoir pas écrit plutôt en Wolof, par exemple ou une autre langue du Sénégal?
AS: (Rires) Je ne peux pas écrire en wolof et je le lis difficilement.

BL: Ecrire, pour une femme en Afrique, de quoi cela relève principalement, pour vous? De la nécessité ou de la passion?
AS: La passion tout d’abord. L’écriture pour moi est une sorte de liberté, mon parloir. Un engagement personnel ou citoyen pour participer au changement. Jusqu’à présent, je n’écris que sur les femmes, c’est ma façon de lutter contre les violences faites au genre. Une femme qui écrit en Afrique est une femme qui s’affirme à travers ses écrits.

BL: N’est-ce pas s’engager sur une pente glissante, que de quitter « son pain » pour la plume et la planche?
AS: Il faut reconnaitre que ce n’est pas chose facile mais c’est une décision qui n’est pas prise sur un coup de tête. J’étouffais dans les bureaux pendant toutes ces années, or je suis une femme de terrain. J’aime aller à la rencontre d’autres personnes pour échanger, apprendre, rire et me sentir libre. Nous avons tous un chemin à suivre, un destin à vivre. Et la petite histoire c’est que le monde artistique me fascine, j’adore être avec les artistes, ils sont créatifs, beaux, libres et ils sourient à la vie. Heureux celui qui ose souffrir pour se refaire.

BL: Votre premier roman s’intitule « Mauvaise pente ». Qu’est-ce qui en a motivé l’écriture?
AS: « Mauvaise Pente » est le cinquième à être écrit et le premier à être publié.
Au début je voulais juste mettre l’accent sur la solitude des femmes. Et ce roman connu aujourd’hui sous le vocable de « Mauvaise Pente » s’intitulait « Seules » mais après l’histoire d’Alimatou Ly s’est imposée à moi et je me suis laissée aller sur cette pente.

BL: Pourquoi avoir commencé les publications par « Mauvaise pente »?
AS: J’étais très sensible à cette histoire et les autres manuscrits avaient vraiment besoin de plus de recherches pour être parfaits.
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BL: Parlez-nous un peu du processus et de toutes les péripéties qui ont conduit à l’édition et à la publication de votre premier roman.
AS: Mon premier souci c’était l’argent pour supporter le coût de publication. Alors je me suis mise à envoyer des demandes de subvention dont je n’ai reçu aucune réponse, même pas de ma commune d’arrondissement (rires). Ce n’était peut-être pas important pour eux mais pour moi c’était une nécessité. Je m’accrochais à ce livre, à sa publication, je ne lâchais pas, je ne voulais pas abandonner. Je rencontre mon éditeur une année après avoir terminé le manuscrit qui accepte de m’éditer et le roman voit le jour encore une année après, ce qui fait deux ans.

BL: On entend dire que Gustave Flaubert aurait affirmé : « Madame Bovary, c’est moi. ». Amina Seck pourrait-elle confesser : « Alimatou Ly, c’est moi »?
AS: Alimatou Ly ce n’est pas Amina Seck.

BL: Quand on se confie à son journal intime et qu’à la fin on le publie, n’est-ce pas se trahir soi-même ou divulguer un secret qu’on aurait bien voulu garder pour soi?
AS: Certainement, mais pour le cas d’Alimatou ce n’était point un secret, tout ce qu’elle a écrit dans son journal était des choses qu’elle a vécu au sein de sa propre famille. Parler à son journal était une façon de s’exorciser, d’éteindre le feu qui consumait son intérieur et d’entendre sa propre voix pour ne pas disparaitre dans son malheur.

BL: A la fin, aurait- on tort de dire qu’Alimatou Ly n’a récolté que ce qu’elle a semé, quand on la voit coucher, à 18 ans, avec le copain de sa meilleure amie?
AS: Elle a eu tort, oui, mais, loin de défendre mon héroïne envers qui j’ai beaucoup de compassion (rires), 18 ans, c’est un âge méchant ; l’adolescence est une période méchante, menteuse, égoïste et hypocrite qui te fait croire que tout ce que tu fais est mieux que tout ce que tu ne fais pas. Sa faute, c’est qu’elle a eu confiance au désir, à la passion, à la curiosité et à l’amour.

BL: Aurait- elle tort de croire à l’amour et d’y mettre toute sa confiance?
AS: Non. Nous croyons tous au premier Amour jusqu’à ce qu’il devienne notre pire cauchemar.

BL: C’est-à-dire?…
AS: Alimatou est comme toutes ces jeunes filles inconscientes livrées à elles-mêmes dans leur besoin et recherche d’amour et de compassion qu’elles ne reçoivent pas toujours à côté d’une mère dure et insensible.

BL: Vous peignez le portrait d’un personnage sans religion. Que voulez-vous traduire concrètement?
AS: Concrètement, nous n’avons pas de religion à la naissance. On devient chrétien, musulman, juif ou autres en suivant la religion de nos parents.

BL: Être célibataire jusqu’à 46 ans, comment peut-on se sentir? A cet âge, peut-on encore remonter la pente?
AS: On peut toujours remonter la pente, quel que soit son statut, son âge ou son environnement. Il suffit juste de se battre et de vouloir revoir la lumière.amina-seck

BL: Quelle est la ligne de démarcation entre féminisme et féminité? Pourquoi selon vous, certaines personnes sont réticentes face au féminisme?
AS: Selon moi, le féminisme est la continuité de la féminité. Il est clair qu’avant d’être féministes, nous sommes d’abord des femmes qui s’acceptent. Nous n’avons pas besoin de ressembler à autre chose pour réclamer des droits et lutter pour l’égalité ou contre la violence.
Il n’y a peut-être pas de réticence mais plutôt une incompréhension. Elle est très répandue l’habitude de voir les femmes au second plan toutes silencieuses et soumises. Et voir du coup des femmes qui osent parler et réclamer des droits, cela peut laisser des hommes pantois ou stupéfaits. Mais, on n’a pas le choix, on ne peut plus se laisser faire, on ne peut plus continuer de vivre en fermant les yeux sur certaines injustices. Les temps ont changé et tout changement, en Afrique ou partout ailleurs, fait peur.

BL: Alors, de quel féminisme vous revendiquez-vous? Celui qui pense que la garde de l’enfant, la cuisine et le ménage doivent revenir à l’homme ou celui qui croit que la parité dans l’administration, c’est 50% de femmes et 50% d’hommes, faisant fi des compétences et des aptitudes? Quel est votre féminisme en réalité?
AS: A l’âge de cinq ans déjà, je gardais et gérais mes petits cousins et plus tard avant mes dix ans et malgré mon statut d’écolière, j’avais rejoint la cuisine et savais faire toutes les tâches ménagères. C’est quelque chose qu’on ne perd jamais, donc, je n’ai aucun problème pour ça. Ce n’est un secret pour personne qu’une femme qui ne s’occupe pas bien de son foyer l’expose à la dislocation.
Mon féminisme prône le maintien des filles à l’école, qu’elles aient accès à l’éducation, à la formation. Qu’elles puissent être autonomes et libres professionnellement, qu’elles aient le droit à la parole et arrivent au sommet par leurs compétences.
Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et noble tâche, celle d’enfanter et donner la vie. A part diriger une prière quelles que soient nos religions respectives, nous pouvons être devant et gérer comme les hommes sinon mieux.

BL: Incarner deux personnages en soi n’est pas aisé. Vous êtes à la fois écrivaine et cinéaste. Comment modérez-vous en vous les ardeurs de l’un et de l’autre? Quelles relations ces deux facettes entretiennent-elles et quelles sont leurs influences sur votre plume?
AS: Tous les deux débutent par l’inspiration et l’écriture. Le cinéma est aussi une passion pour moi depuis mon enfance comme la littérature. L’une n’empêche pas l’autre bien que différentes parce que le scenario est beaucoup plus difficile que le roman. C’est plutôt compliqué quand je dois jouer ou réaliser. Mais, je m’organise en fonction de mes priorités, et pour dire vrai, il y a plus d’actions et d’activités dans le cinéma (ateliers, festivals, tournages et rencontres) contrairement à la littérature.seck-amina-biscottes-littéraires

BL: Parlez-nous de vos projets en matière de littérature.
AS: « Mauvaise Pente » est toujours en promotion après un an. Je participe aux salons et fais une tournée dans les lycées du pays. Un deuxième roman est en chantier et sera disponible peut-être début 2020, incha Allah.

BL: Votre mot de fin
AS: Mon mot de la fin, c’est un cri de cœur à l’endroit des jeunes filles . » Prenez votre vie en main. Le mariage seul ne constitue pas une réussite sociale. Prenez le temps de vous aimer, de vous connaitre, de vous comprendre. Étudier, se former, travailler, se surpasser, c’est beaucoup plus important et payant que de s’accrocher à la bourse d’un homme. »
Je tiens aussi à remercier Biscottes littéraires, ainsi que ma famille, mes amis et toutes les personnes qui m’ont soutenue et m’ont accompagnée dans la réalisation de ce roman. Un grand merci à mon éditeur, mon ami et oncle, Mr Mamadou Kandji, qui dès le début a cru en moi. Merci à tous les lecteurs et à tous ceux qui se procureront mon livre. Que Dieu vous bénisse et vous la santé et la joie de toujours soutenir les auteurs.

 

 

Mbuze Momi, écrivain et homme de conscience Congolais – 1979

« Je suis de cette génération, éduquée, décomplexée et 51irpjndv+l._ac_us218_visionnaire qui sait que ce que nous avons reçu et emmagasiné, nous nous devons de le restituer« .

Mbuze Noogwani Ataye Mieko Momi est né le 11 juin 1979 à12247029_10156272772175173_7709082768276789043_n Kinshasa, en République démocratique du Congo.  Il vit actuellement en Belgique et travaille dans la comptabilité. A l’annonce de l’arrivée de son premier enfant, il publie en 2012, son premier livre qui retrace les mois précédents sa première paternité «Mémoire de paternité». Puis, en 2013, il publie le premier tome «Genèse et conquêtes» d’une trilogie épique et fantastique «Les 1chroniques de Ntu» qui raconte l’histoire d’un royaume africain imaginaire du 16ème siècle. En 2014 il publie le second tome « Les chroniques de l’empire Ntu : La Forteresse de Katombé-Mongè« , ainsi que le Tome 3 « Les chroniques de l’empire Ntu: La restauration de l’Empire« .

Après avoir perdu son père, son mentor, il décide de prioriser51rt+6d8x2l._uy250_ sa culture ainsi que la tradition bantou. C’est ainsi qu’il a décidé de mettre en place plusieurs projets et a fondé plusieurs associations. Il a créé et préside:

  • l’association à but non lucratif panafricaine BanaMboka.com, qui vise à proposer un ouvrage numérique de référence du patrimoine historico-culturel des civilisations et sociétés d’Afrique Noire, depuis l’origine de l’humanité.
  • 51ir0qducdl._uy250_la plateforme internet http://www.ingeta.com qui signifie « qu’il en soit ainsi » en Kikongo, le cri de tous Congolais qui souhaite changer la destinée de son pays. Cette plateforme centralise toutes les actualités congolaises et les met à la portée de la population et de la diaspora.
  • le concept socioéducatif/politique «Campus Congo» http://www.mbuze.com/campus.
  • le concept débats socio-politique « Masolo« .
  • le Projet de développement agroalimentaire et énergie en province de l’Équateur en République Démocratique du Congo.

 

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Ama Ata Aïdoo, dramaturge Ghanéenne – 1942

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Christina Ama Aïdoo est née le 23 mars 1942 à Beadzi Kyiakor au Ghana. Elle a grandi dans la famille royale Fanti.  Elle est l’une des plus grandes dramaturges du Ghana. Elle a été Ministre de l’Education nationale de son pays. Elle démissionne de son poste suite à desdilemna divergences d’opinion. Elle s’exile au Zimbabwe puis aux Etats-Unis d’Amérique. Poète, romancier, critique et auteure de contes, la ghanéenne Ama Ata Aïdoo est considérée comme l’une des grandes plumes d’Afrique.

md22877916761Dans ses écrits, elle aborde souvent la différence philosophique entre le monde occidental et africain. Elle a été l’une des premières féministes africaines. Selon elle, l’idée du nationalisme a été utilisée par les nouveaux dirigeants pour garder les gens opprimés. Elle critique ceux qui conseillent aux Africains éduqués d’aimer leur pays, mais qui sont immédiatement attirés par les avantages matériels des pays développés. Elle croit en une identité africaine, qu’elle voit par le biais d’une perspective féminine.

13511261._UY630_SR1200,630_Elle a été lauréate de plusieurs prix littéraires, y compris le Commonwealth Writers Prize for Best Book en 1992 pour son livre Changes: A love story (Désordres amoureux). En 1999 elle obtient le71YrcMhVYQL Companion of the Star of the Volta, (ordre civil au Ghana) et elle est nommée docteur honoris causa du Mount Holyoke College. Elle fut récompensée en 1987 par le Prix Nelson Mandela of Poetry pour Someone Talking to Sometime. Elle fut la première à être récompensée, en 1992, par la International PEN Women’s Committee Travel Fellowship de l’UNESCO, en plus d’avoir été choisie comme Présidente du African Visions Literature Tour en 1998.

Ses oeuvres

1411409Dans toutes ses œuvres, on retrouve une thématique centrée sur la femme et son rôle dans la société. Pour l’écrivaine, la liberté de l’Afrique est directement liée à la liberté de ses femmes.Dans Anowa (1970), elle réécrit une vieille légendechanges. ghanéenne narrant l’histoire une jeune fille qui veut se marier contre la volonté de ses parents. Cependant, la détermination d’Anowa pour prendre ses propres décisions entraînera des conséquences tragiques. Cette thématique est perceptible dans l’ensemble de son activité littéraire qui inclut notamment des titres attrayants comme No Sweetness Here: A Collection of Short Stories (Pas de Douceur ici : un ensemble d’histoires courtes) (1970), Birds and Other Poems (Oiseaux et autres poèmes) (1988) ou The Girl Who Can and Other Stories (La fille qui peut et Autres Histoires) (1997).

Bibliographie

1969 No stress hereAma Ata Aidoo by NanaKofiAcquah
1977 Our sister Killjoy
1985 Someone talking to sometime
1986 The eagle and the chicken
1989 Birds and other poems
désordre amoureux1992 An angry letter in January
1992 Daughters of Africa
1995 Daylight and darkness
1997 The girl who can and other stories
2008 Ghana where the bed speal
2008 Désordre amoureux (trad)
2012 Diplomatic pounds
2017 After the ceremonies – New and selected poems

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Entretien avec le Dr Ndongo Mbaye, le conteur et poète Sénégalais qui chante les mots

Prendre la parole, dans la tradition africaine, est d’une grande importance. Passer la parole est une grande responsabilité. La poésie a toujours fait partie de l’oralité. Elle était présente dans toutes les cours, pas seulement royales. La poésie permettait de démontrer la part d’humanité en chaque homme. Sa culture. Son amour des traditions et des jeux de mots. Son intelligence. Ndongo Maye est un de ces chantres de la poésie, de la parole. Il sait captiver son auditoire et faire danser les mots.
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Bonjour Ndongo Mbaye, Je suis Amélie Diack. Merci d’avoir accepté cet entretien.
C’est plutôt moi qui vous suis redevable, de m’avoir prêté la parole, qui, en Afrique, ne se donne pas….

Pouvez-vous vous présenter?
Je m’appelle Ndongo Mbaye. Je suis né à Yeumbeul,33073126_602243370133530_2919928379404713984_o dans la banlieue, dans un village traditionnel lébou, très paisible. Ma mère s’appelle Adja Faballa Mbaye et mon père El Hadj Babacar Mbaye. Je suis né le 31 juillet 1952. Dans ma famille , nous étions 14 sœurs et frères très unis, très proches et complices.
Yeumbeul ayant été un village d’agriculteurs, nous avons passé une bonne partie de notre belle enfance, et de notre agréable jeunesse, à jouer, à gambader et à chaparder dans les champs de nos parents et grands-parents, au milieu de la nature. Nous avons donc été forgés par ce milieu , certes rude, mais bucolique , où prévalaient les valeurs de la famille et du travail.

DSC05980_01-1Parlez-nous de votre enfance, de vos études  
Après l’école primaire et mon admission en 6ème, je fus orienté dans la capitale Dakar, au Lycée Blaise Diagne, un lycée célèbre pour ses nombreuses grèves, mais aussi, paradoxalement, pour ses excellents résultats scolaires. Et c’est là où, après mon admission au baccalauréat, avec la mention BIEN, j’ai obtenu une bourse de l’état, pour aller faire ce que l’on appelle encore aujourd’hui, les « prépas», donc les classes préparatoires aux grandes écoles françaises. En vérité, cela faisait partie d’un vaste plan, des lubies du président-ndongo_mbaye-27-10-2016_01.10.02 (2)poète Léopold Sédar Senghor, de faire de nous tous, des normaliens, des agrégés comme lui, des saints cyriens, des polytechniciens etc.
C’est ainsi qu’après mon Hypokhâgne et ma Khâgne, successivement aux Lycée Honoré de Balzac et Jules Ferry à Paris, je suis allé tranquillement poursuivre mes humanités à l’Université Paris X Nanterre, pour y préparer un Doctorat-es-lettres que j’ai soutenu le 15 octobre 1982, sur le sujet : «Les mentalités dans le roman sénégalais: images et présupposés du discours« .
Puis, dans la lancée, j’ai préparé concomitamment un DEA en sociologie, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), et un DESS, en tant qu’auditeur, en New Phototastic CollageDocumentation et Bibliothéconomie, à l’Institut d’Etudes Politiques, plus connu sous le nom de Sciences Po Rue St Guillaume.
Il faut souligner qu’à partir de la licence, en 1977, j’avais déjà commencé à travailler dans l’administration territoriale, notamment à la mairie de Bagnolet, au Centre socio culturel Anne Franck…
Cependant, aussitôt mes études universitaires terminées, je suis rentré au Sénégal, où, pendant 2 années, j’étais enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), spécialement à l’Ecole des Bibliothécaires Archivistes et Documentalistes (EBAD), où j’assurais les cours de catalogage auteurs et matières, de résumé ou analyseNew Phototastic Collage0 documentaire, des systèmes documentaires …
Au bout des ces deux ans, j’ai démissionné, et je suis retourné en France où m’attendait encore mon travail, pour y embrasser une autre profession, et faire DSC05980_01-1carrière ainsi dans les collectivités territoriales, surtout dans les communes, où je jouais le rôle de cadre, Responsable de service .
Mais comme pour moi, l’enseignement est un sacerdoce, et que transmettre est mon crédo, je suis revenu enseigner à l’ENSUT (devenue plus tard Ecole Polytechnique Supérieure), pour aider mon ami et Professeur Libasse Niang, dans la section «Tourisme», où je dispensais des cours et séminaires en communication et sociologie, à travers diverses thématiques. C’est dans ce cadre aussi, que je me suis retrouvé à donner les mêmes cours à l’Institut de Formation en Administration des Affaires (IFAA) avec mon ami le Professeur Mame Birame Diouf..….

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? 34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Dès l’école primaire, en CM2, j’étais fasciné par l’écriture, et surtout par la poésie, d’abord française, puis africaine. Dès lors je voulais devenir professeur de français, journaliste et écrivain…
Mais plus tard, je me suis aperçu que ce n’était qu’un désir, qu’un rêve d’écriture qui était incarné par la figure charismatique de mon Maître, notre Directeur d’école, Monsieur Cheikh Tidiane Seck, un excellent pédagogue, amoureux des lettres, qui m’a fait aimer la lecture. Je le revois encore avec sa guitare, pour nous jouer et réciter «Minuit», «La Chanson du Djoliba» du Guinéen Keïta Fodéba, «Le chant des rameurs», «Souffles« de Birago Diop etc. Ce monsieur, très rigoureux, très exigeant, voulait que nous écrivions sans faute, avec le Plaisir du texte, mais aussi un amour infini de la «belle» littérature.

Nous sommes tous marqués, en général par un professeur qui nous a donné le goût des belles lettres. Pour moi, il s’agit de deux professeurs de français, Oumy Guèye et Madame Renaudot, respectivement au Collège et au Lycée

Amours_SavanQuand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Et évidemment, ce désir n’était qu’enfantin, inconscient en nous. Et forcément, il était différent, et très loin d’une quelconque volonté de devenir réellement écrivain. Je ne sais même pas, et vraiment je ne peux pas l’affirmer ici, si j’ai jamais eu, en dehors de ces rêves d’enfant, la volonté de devenir écrivain. Ou alors, c’était complètement inconscient.
Par contre, j’ai commencé à écrire égoïstement pour moi, dès le lycée, donc tout jeune.
Et plus je prenais de l’âge, plus écrire s’imposait à moi, devenait indispensable, mais toujours pour moi seul, sans aucune intention de publication.
En réalité, être édité ne m’intéressait pas du tout, ne m’effleurait même pas l’esprit.
Je voulais juste écrire, me débarrasser de mes beautés ou démons intérieurs, dans le secret des Dieux , avec le mystère jubilatoire de cette parturition solitaire et singulière.
Il a fallu donc que mes amis, qui me bousculaient pour lire mes écrits, se mettent à me fustiger, à me secouer, pour m’obliger à envoyer au moins un manuscrit à un éditeur.
Ce que je n’ai jamais pu faire.
En fait, c’est mon ami et binôme, le brillant poète, écrivain, enseignant-chercheur ensans sciences cognitives, Amadou Elimane Kane, qui, après une conférence que j’animais à Paris sur «L’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, m’a présenté à un de ses amis écrivain-dramaturge- éditeur, le Congolais Caya Makhélé, Fondateur et Responsable de la maison d’édition Acoria, qui, sans même m’avoir lu (parce qu’il faisait confiance à Amadou Elimane Kane, qui lui avait copieusement parlé de mes poèmes), me proposa sur le champ de me publier. C’était en 2005.
Dès ce moment, ont commencé mes angoisses de devoir me «débarrasser» de mes enfants–textes… La fameuse angoisse de l’écrivain face à ses écrits qui vont le quitter !
Ainsi donc, je n’ai jamais envoyé de manuscrit à l’aveuglette, à des maisons d’édition, afin d’attendre le verdict fatal… C’est dans ces circonstances, qu’en mai 2005, parut mon premier recueil de poésie : «Amours-savanes», aux éditions Acoria (France).

ombre.jpgQu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Vous savez, c’est toujours une joie, du bonheur, et surtout une fierté et un honneur, pour nos parents, de voir leurs enfants embrasser leurs passions, surtout quand il s’agit de devenir écrivain.  D’autant plus qu’ils ont toujours su mon penchant pour la littérature et les langues, depuis ma prime jeunesse .
Quant à mon ex épouse Nanou, qui est Française, elle a, depuis le début de notre belle aventure sentimentale, et de nos délicieuses relations amoureuses, intégré cette dimension de l’homme qu’elle aimait, et qui serait sûrement souvent absent. Mais elle aimait la lecture, et connaissait le prix à payer.
Cependant, et à elle, et à mes deux fils Théo-Daouda et Issa-Timothée, j’ai toujours tenu à leur demander pardon, à travers mes livres, pour le temps que je leur volais, ce temps que je devais leur consacrer, et que j’investissais dans l’écriture, et dans la solitude.
Mais ils ont toujours compris combien c’était essentiel pour moi. Et je crois que telle était aussi leur participation dans la construction et la structuration de mon être, de mon existence, mais aussi leur part d’humanité et d’Amour.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Disons-le tout de suite, et comme vous avez pu le deviner, je ne suis pas du toutNew Phototastic Collage romancier. Je suis, comme aime le dire mon ami Marouba Fall, un écrivant, un poète en la circonstance, et, accessoirement je suis nouvelliste et essayiste.
Mais ma passion, mon terrain de prédilection demeure la poésie, parce que c’est le champ du Partage, du rythme, de la scansion, de la musicalité des mots, de la beauté des images qui en naissent, pour que toute cette floraison de forces mystérieuses et miraculeuses converge vers un seul but : la Magie du poème.
Ce qui m’intéresse donc, c’est cette exaltation jouissive des sens, des signes, de la littérarité du texte, de cet arbre dont parlait si bien le grand écrivain Congolais feu Sony Labou Tansi, cet arbre qui sourd et pousse inconsciemment dans notre ventre, et qui nous fait écrire, pour qu’il fasse plus humain en nous.
En ce qui concerne l’inspiration, tout m’est source d’inspiration. Elle est inclusive, carAmours_Savan elle peut jaillir de partout, de nulle part, avec sa force, sa puissance, sa propre dynamique, qui nous font prendre la plume, qui font parler, rire, hurler, pleurer ou sourire notre calame.
C’est pourquoi, j’ai tendance à affirmer que l’écriture, certes, c’est du bonheur, mais c’est aussi de la souffrance, car elle naît parfois dans des terres très sombres, obscures, impudiques, et que des fois, nous aurions bien voulu qu’elle reste dans ces ténèbres inconnues, pour ne pas assister, impuissants, à notre propre dévoilement, à notre mise à nu. Cette posture est terrible, car une fois sortie et vulgarisée, l’écriture ne nous appartient plus : elle vit sa vie, en dehors de nous. Elle n’a plus besoin de nous pour affirmer sa manifestation. Elle nous échappe complètement, et s’affranchit de notre tutelle.
Pour parler de mon premier recueil de poésie «Amours-savanes», mon inspiration vient justement de ces merveilleux paysages de savanes, notamment ces champs florissants, qui s’étendent à perte de vue, à Keur Samba Kane, et à Mbaufé, royaume d’enfance de ma mère. J’étais (et je le suis encore !) tellement charmé par cette brousse, juste derrière le village, avec la quiétude et la 33073126_602243370133530_2919928379404713984_osérénité qui naissent entre ces arbres, ces buissons, ces chemins…

Je suis heureuse de lire ces mots car en tant qu’auteure (je  ne me considère aucunement comme étant écrivaine), c’est exactement ce que je ressens. Je dis toujours « L’accouchement fut difficile et l’enfant se porte mieux que la mère ». A chaque écrit, nous y laissons une part de nous.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Comme je n’ai jamais projeté de le publier, je ne peux pas vous dire le temps que j’ai consacré à son écriture. Par contre, je peux seulement vous affirmer que, comme le temps ne m’était nullement compté, et que je ne subissais aucune pression, j’ai pris le temps de l’écrire, dans le plaisir de travailler pour soi, et rien que pour soi. Je ne peux pas vous dire non plus, si j’en étais satisfait ou non … mais vous savez qu’un auteur est rarement satisfait de son œuvre .
Mais à la parution du livre, j’ai senti comme une ambivalence, un paradoxe, entre le fait de m’être débarrassé d’un gros poids, et l’angoisse de la naissance de quelque chose de monstrueux, dont je ne maîtrisais pas les effets et les conséquences. Comme si j’entrais dans une cinquième dimension inconnue.

Eh oui, la fameuse angoisse de l’écrivain qui ne le quitte jamais

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Et justement, ce qui est extraordinaire, c’est l’accueil de cet opus dans le milieu littéraire!34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Je me rappelle d’une cérémonie de dédicaces à Paris 11ème, à l’Avenue Parmentier, au restaurant «Grand Place», où j’ai fait des signatures jusqu’à 2 h du matin, heure à laquelle j’ai pu seulement manger…
J’ai eu droit à des interviews, a des passages dans des médias pluriels, et d’autres séances mémorables de dédicaces, comme celle à Choisy Le Roi, la ville où j’habitais, et où j’étais le responsable du service des loisirs des retraités et handicapés depuis de nombreuses années… et où j’ai exercé pendant 26 ans, jusqu’à ma retraite en octobre 2017… Cette après midi là, ce sont mes deux amis et frères, les musiciens –chanteurs-compositeurs feu Seydina Insa Wade, et Meïssa Mbaye, qui sont venus animer en live, bénévolement, ces merveilleux et savoureux moments.
Ce livre a aussi bien marché, parce que, comme un enfant, je lui ai pris la main pour l’accompagner sur les chemins de sa Vie, et qu’il a su grandir, grâce à mes récitals/lectures de poésie, spectacles que je mène, accompagné de grands dialis, joueurs de kora, comme Idrissa Diabaté, Soriba Sakho, Lamine Kouyaté, Moussa Kanouté, et le jeune et talentueux balafoniste, Kamory Kouyaté. Ces échanges fréquents, et sur des scènes très différentes, en France et à l’étranger, ont élargi l’audience de cette écriture, et l’ont fait connaître à d’autres univers.

Depuis, vous en avez écrit d’autres, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
sansDepuis cette première naissance, d’autres ont suivi, toujours avec angoisse et bonheur : «Les lézardes du silence», un recueil de nouvelles «Ombres», un troisième recueil de poésie «Les poètes meurent aussi», et le dernier livre qui est un essai littéraire, écrit sur mon binôme Amadou Elimane Kane, qui a fondé l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yène(ICPR) au Sénégal, dont je suis membre du Comité Scientifique, Directeur des universités d’été, et du Département «Lettres et Culture»; et la maison d’édition «Lettres de Renaissances», dont je suis le Directeur de la collection poésie0536872001461143110 «Paroles arc en ciel».
Dans ce livre, que nous avons écrit à quatre mains avec Isabelle Chemin, professeure documentaliste à l’Académie de Paris : «Amadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine, c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille», nous avons voulu camper un personnage pluriel, dont toute l’œuvre, foisonnante, tend vers l’essentialité de la lecture, l’oralité, l’écriture et la poésie.
En dehors de mes écrits, j’ai participé à plusieurs anthologies poétiques, et à l’écriture d’ouvrages collectifs, comme celui sur Alioune Badara Bèye, Président de l’Association des écrivains du Sénégal, écrivain-dramaturge-poète : «Sur les traces d’Alioune Badara Bèye» Abis éditions et éditions Maguilen ; «Regards sur la Francophonie» éditions Maguilen ; «Poètes pour Haïti» chez l’Harmattan France, et le dernier qui est un ouvrage contre Boko Haram et pour la tolérance, paru aux éditions AfricAvenir à Douala, sous la houlette de mon ami, l’écrivain-essayiste-polémiste Gaston Kelman : «Contre la nuit des ombres; les plumes de la colère».
En ce qui concerne les nouvelles que j’ai écrites (et que je continue à écrire pour honorer Amadou-Elimane-Kaneune commande de mon éditeur Acoria), trois fois lauréat du Concours de nouvelles «J’écris, je lis« organisé par Teham éditions (France), j’ai reçu le premier Prix en 2014, sur le thème de «l’unité», avec ma nouvelle intitulée «La muraille humaine».

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Transmettre la passion de l’écriture, c’est transmettre d’abord la passion de transmettre, de la connaissance de soi, de la confiance en soi, de l’estime de soi; c’est transmettre le goût de l’oralité, de l’écriture, de la lecture; c’est transmettre l’amour de la liberté, l’importance du Partage et de l’Altérité.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
Je me suis toujours méfié de la notion d’engagement, car elle est rarement clairement définie. C’est une question qu’on m’a posée assez souvent . Et je me rappelle avoir fait DSC05980_01-1une série d’émissions radio sur la CRTV , et de conférences à Yaoundé au Cameroun, avec mon ami Gaston Kelman. Et j’ai tendance à dire que si l’engagement faisait l’écriture d’un beau texte, ça se saurait! Il suffirait alors tout juste d’être engagé pour produire une œuvre littéraire. Or nous savons que cette assertion est fausse.
Par contre, dans l’histoire de l’écriture, et dans l’archéologie littéraire, il est arrivé que l’engagement vienne enrichir la vision d’un auteur, et illuminer une écriture, comme ce fut le cas de grandes figures et noms de la littérature : Simone de Beauvoir , Jean Paul Sartre, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Aragon, Ousmane Sembène, David Diop, Léon Gontran Damas, les auteurs révolutionnaires Malgaches, Paul Dakéyo, Amadou Elimane Kane…
En ce qui me concerne, je ne suis pas un Prophète, un Messie ou un démiurge. Derrière0536872001461143110 mon écriture, il n’y a aucune autre chose à chercher, aucune cause à défendre, aucune mission à remplir ou à trahir, mais juste l’écriture à porter aux nues. En définitive, la seule cause qui vaille la peine d’être défendue à mes yeux, c’est la littérarité d’un texte. En somme, comment un texte peut être qualifié de littéraire, de poétique. Et comme je le disais au début, bien avant d’être publié, j’écris égoïstement pour moi. J’écris pour essayer à tout moment de toucher la grâce de l’écriture. Ce qui, évidemment, est une chose vers laquelle on tend, à la quelle on rêve. Un peu comme un musicien qui cherche désespérément et éperdument à trouver une nouvelle note de musique, et qui, peut-être, toute sa vie va courir derrière ce Graal, cette belle chimère.

Quels sont vos futurs projets ?
Mes projets, c’est avant tout la parution très prochaine, en octobre 2018, d’un nouveau recueil de poésie : «Entre les silences et les bruits, les mots.. », aux éditions Lakalita, suivie de suite de la publication d’un autre recueil poétique par notre maison d’édition «Lettres de Renaissances» (France et Sénégal), puis d’une éventuelle autre sortie à Yaoundé, aux éditions Ifrikiya de mon frère et ami l’écrivain-poète, Jean Claude Owono.

New Phototastic Collage0Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
A de jeunes auteurs, d’ailleurs à de jeunes tout court, je donne toujours ce même conseil : travailler, encore travailler, toujours travailler. Pour ce qui touche plus particulièrement l’écriture: être exigeant avec soi, avoir la patience, écrire, savoir effacer, raturer, réécrire, déchirer, jeter à la poubelle, reprendre l’ouvrage, se relire, corriger toutes les fautes, être rigoureux, avoir une grande humilité, et éviter la grosse tête, ou la «divinisation», ou la «starisation», dès le premier texte publié, ou le premier succès venu…

Des conseils éclairés car l’humilité pousse toujours à aller plus loin dans ses écrits
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Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Votre blog s’améliorera au fil du temps, des rencontres, des échanges, des choix éditoriaux qui l’enrichiront. Il porte déjà, de par son existence, et sa volonté de pérennisation, toutes les qualités déontologiques et professionnelles de sa propre maturation…
Il faut continuer à mieux cerner la complexité des auteurs interviewés, et à extraire les sens, les non-dits, derrière les entre-deux, entre les lignes, même sur les marges, car les Mots sont trop mystérieux, et ils portent en eux leur part de miracle, et/ou d’ambigüité.

Merci de ces conseils. Effectivement, en un an, mon blog a beaucoup évolué et va continuer car je tiens compte des conseils donnés. De plus, pour suivre l’évolution de la Littérature, mon blog est obligé de s’adapter pour mon plus grand plaisir et, je l’espère, celui des lecteurs

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Seule la poésie sauvera le monde, dans cette grande crise que traverse l’humanité, parce que poétiser, c’est faire briller tous les soleils de nos libertés, afin de donner l’espoir à l’homme, par les promesses de ses dons…

C’est aussi faire chanter les cœurs et rendre à l’Humanité ses émotions

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Ndongo Mbaye, le poète sénégalais qui fait chanter les mots

L’Auteur

34465993_610972075927326_2116321280855638016_nNdongo Mbaye est le Maître des mots. Il a plusieurs casquettes: Docteur-es-lettres, sociologue et journaliste, poète-écrivain Professeur -Associé en Communication et Sociologie à l’Université Cheikh33073126_602243370133530_2919928379404713984_o Anta Diop (UCAD) et à l’Institut de Formation en Administration des Affaires (IFAA) à Dakar, Membre du Comité Scientifique de l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yène (ICP) au Sénégal, Directeur des Universités d’été et du Département Lettres et Cuture de l’ICP, Responsable de la collection « Poésie » des éditions « Lettres de Renaissance » (France, Sénégal), Responsable du Pôle Loisirs Retraités et Handicapés de la Mairie de Choisy Le Roi (Val de Marne) France.

Bibliographie

Amours_SavanAmours –savanes – Poésie – 2005 Nous fait aimer les paroles. Fait de la langue un acte d’amour et d’ouverture. Réinvente le regard pour un monde de paix, d’amour et de liberté.

Les Lézardes du silence – Poésie  2007 Quand les silences sesans lézardent, s’ouvrent des brèches qui laissent passer la lumière, source de magie et de mystère, vers des mondes d’où sourdent des mots appelant à la révolte, à l’amour, aux rêves et à la Renaissance Africaine….juste pour crier à pleine voix contre tous les bruits qui parasitent la Terre Africaine, cette terre si fortement chevillée à notre esprit, à notre corps , à notre ventre, à notre cœur. De derrière les Lézardes du silence, se profilent des paroles pour une poésie de la mémoire, afin qu’il fasse plus Humanité en nous

ombre.jpgOmbres – nouvelles 2011 Les personnages des nouvelles d’ « Ombres », ne sont pas des zombies qui errent passifs, dans une hypothétique attente d’un destin quelconque. Ce sont de fortes individualités qui cheminent armées d’une volonté farouche et inébranlable de gravir des montagnes, quitte à en mourir ou en …vivre, renforcées dans leurs principes et leurs convictions. Naviguant entre leur part d’ombre et de lumière, chacun d’eux n’aura qu’une idée fixe : aller jusqu’au bout du chemin.

Les Poètes meurent aussi – Poésie – Rayonnante d’une inspiration lumineuse, la poésie0536872001461143110 de Ndongo Mbaye est l’expression d’une littérature talentueuse, qui ouvre le champ du patrimoine africain avec une belle volonté universelle. Contrairement à ce que laisse imaginer le titre, ce recueil poétique est une ode à l’ancestralité de la terre africaine. Il est le témoignage de la mémoire des poètes, de ces êtres qui inscrivent dans le temps et dans l’espace des mots pluriels pour rebâtir la cosmogonie de la culture africaine.

Amadou-Elimane-KaneAmadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine , c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille…..Un essai littéraire – Ecrit avec Isabelle Chemin – Cet ouvrage rassemble une double réflexion, écrite à quatre mains, qui explore l’œuvre florissante de l’écrivain poète, enseignant et chercheur Amadou Elimane Kane .A travers le prisme de l’unité littéraire emblématique des livres d’Amadou Elimane Kane, à la fois hétérogène, libre et didactique, on assiste à une lecture enrichie qui éclaire, à angles variés, les dimensions culturelles, intellectuelles, littéraires, pédagogiques et poétiques de l’œuvre d’Amadou Elimane Kane. Assurément, cet ouvrage fait œuvre dans l’œuvre et donne à vouloir découvrir toute l’étendue littéraire d’Amadou Elimane Kane.

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