Leïla Aboulela, écrivaine Soudanaise

L’auteure

AVT_Leila-Aboulela_5704Leila Aboulela est née en Égypte en 1964,. Cependant, elle grandit à Khartoum au Soudan. Sa mère est égyptienne et son père soudanais . Elle fait ses études à la Khartoum American School et à l’Université de Khartoum avant de se rendre en Angleterre et d’y obtenir un diplôme en statistique à la London School of Economics. Elle vit Doha, au Qatar.

Ses écrits

Voici ce que dit l’auteure à propos de ses écrits:« Mes romans reflètent une logique41-C2w3VrmL._SX310_BO1,204,203,200_ musulmane, mais mes personnages n’ont pas nécessairement un comportement de « bons » musulmans. Ils ne sont ni parfaits ni des modèles à suivre mais des personnages complexes qui essaient de pratiquer leur foi et de donner un sens à la volonté d’Allah dans des 51GMly-vweL._SX319_BO1,204,203,200_conditions difficiles ».

« Quand j’écris, je ressens du soulagement et de la satisfaction de voir que ce qui occupe mon esprit, ce qui me fascine et me trouble, est légitimé par la forme et la tension d’une histoire. Je veux montrer la psychologie, l’état d’esprit et les émotions d’une personne qui a la foi. Je voudrais aller en profondeur, ne pas regarder le mot «musulman» comme une identité culturelle ou politique, mais quelque chose de proche du centre,New Phototastic Collag quelque chose qui transcende mais ne nie pas le genre, la nationalité, la classe et la race. J’écris des fictions qui reflètent la logique 61aFgzrNQ3L._SX323_BO1,204,203,200_islamique; mondes fictifs où la cause et l’effet sont régis par une logique musulmane. Cependant, mes personnages ne se comportent pas nécessairement comme de «bons» musulmans; ils ne sont ni des idéaux ni des modèles. Ce sont, à mon sens, des personnages imparfaits qui tentent de pratiquer leur foi ou de donner un sens à la volonté de Dieu, dans des circonstances difficiles. »

La traductrice – Nouvelle – [1999, traduit en français en 2003]41JVZMTJ9KL._SX195_

Dans Le Musée [2002 publié en français en 2004] elle dresse un portrait satyrique de la société écossaise. Elle met en parallèle 51vQ+W+7GoL._SX324_BO1,204,203,200_la vie de deux étudiants, l’une Soudanaise, l’autre écossais. Ce roman a obtenu le Prix Caine

Le Minaret [2005, traduit en français en 2006] aborde l’exil, la difficulté de se reconstruire après avoir vécu des moments traumatisants.

Leïla Aboulela a écrit d’autres livres en anglais:  Coloured lights [2001], Lyrics Alleys [2010], The kindness of ennemies [2015], Elsewhere home [2018].

Ses prixNew Phototastic

Leila Aboulela a été primée à de nombreuses reprises: 2011 Commonwealth Writers Prize (Eurasia Region, Best Book), 2011 Scottish Mortgage Investment Trust Book Award (Fiction), 2003 Race and Media Award, 2002 PEN/Macmillan Silver Pen Award, 2000 Caine Prize for African Writing, 2000 Saltire Society Scottish First Book of the Year Award.

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Entretien avec Yamina Mazzouz Auteure de polar franco Algérienne qui monte, qui monte

C’est toujours avec un grand plaisir que je présente les entretiens d’auteurs. Celui ci me touche particulièrement car il s’agit d’une auteure de polar. Yamina Mazzouz a un don: nous faire vibrer au rythme des enquêtes de la généreuse Norah. Une nouvelle reine du Polar est née et c’est peu de le dire. 

Bonjour Yamina Mazzouz, Je suis heureuse de m’entretenir avec vous. Merci d’avoir accepté.
C’est un plaisir d’échanger avec vous.

Pouvez-vous vous présenter ?
AVT_Yamina-Mazzouz_6533Je suis issue d’un milieu modeste, de parents immigrés algériens, ce qui fait de moi une schizophrène heureuse, car j’adore être franco-algérienne. En fonction des moments, mes réactions sont à associer à l’une ou à l’autre de mes cultures. C’est l’excuse rêvée… ou pas. Enfin, on peut toujours essayer… Plus sérieusement, j’accorde beaucoup d’importance à la famille et aux amis, et j’aime être entourée.
J’ai choisi de vivre à Toulouse, une ville agréable et vivante, et dès que je le peux, je voyage. J’en ai besoin pour écrire et pouvoir décrire des cadres dépaysant. J’aime les rencontres et découvrir d’autres cultures, c’est très enrichissant.
Je suis fan de littérature classique britannique comme Jane Austen, les sœurs Brontë, Elizabeth Gaskell. Aussi de romans policiers, Wilkie Collins, Agatha Christie, bien sûr, mais aussi Charles Exbrayat. Evidemment, je prends du plaisir à lire des œuvres plus récentes, particulièrement Stephen King et les auteurs nordiques comme Jussi Adler-Olsen ou Henning Mankell. Je vous rassure, je lis d’autres genres que le policier, mais ce serait un peu long de tout citer.

Parlez-nous des souvenirs de votre enfance, de vos études ?image0
J’ai eu la chance de grandir à Meudon, un joli cadre. Mes parents étaient plutôt stricts mais j’ai réussi, avec le temps, à les faire évoluer sur bien des sujets, même si le poids des traditions est resté présent. J’ai aussi un grand frère de quatre ans mon ainé qui a fait de moi une tata comblée. Je me souviens d’avoir passé beaucoup de temps à la bibliothèque municipale, j’ai toujours aimé la lecture.
Pour les études, j’ai suivi, à tort, l’évidence : j’avais des facilités en mathématiques, alors j’ai suivi un cursus scientifique. Puis, je me suis lancée dans la chimie. Ce n’était pas épanouissant pour moi. Je me rattrape aujourd’hui en me replongeant dans la littérature.

ob_5355ec_42596799-2237062356307236-892102531008Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
De temps à autre, l’idée d’écrire m’avait traversé l’esprit sans jamais être réellement mise en pratique. À la suite d’une longue maladie, j’ai décidé de mettre sur papier diverses idées qui me trottaient dans la tête, puis je me suis lancée dans une forme de rédaction. Au départ, je ne pensais pas dépasser les vingt pages. Finalement mon premier volet a coulé de source. J’ai été la première étonnée en voyant mon livre abouti.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Je crois qu’on ne décide pas de devenir écrivain, ça vient naturellement. Il faut juste accepter de se lancer et de se structurer. L’écriture devient vite un besoin impérieux.
Ensuite, le hasard des rencontres m’a permis de concrétiser ce rêve.

Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
Ma mère est très fière… peut-être parce qu’elle ne l’a pas lu ! Elle est malheureusement91R3MyoN0-L.SR160,240_BG243,243,243 analphabète. Je lui ai toutefois donné les grandes lignes de l’histoire et depuis la sortie de « du Couscous dans le pudding », elle me pousse à continuer. Mon frère et ma belle-sœur m’ont beaucoup soutenue. D’ailleurs ma belle-sœur a toujours la primeur de mes textes, elle garde un regard objectif et comme c’est une grande lectrice, son jugement exercé est précieux.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Contrairement à ce que les gens pensent, il y a très peu de moi dans le premier roman. Le personnage principal est un mélange de plusieurs jeunes filles qui ont croisé ma route à un moment ou un autre de ma vie. Je l’ai néanmoins affublé de mon caractère… la pauvre ! Mme Grey est un hommage à Mme Danvers (Rebecca de Daphne du Maurier).
Les autres personnages sont un pur fruit de mon imagination avec quelques touches 51AUUvglW7L._SY346_piochés dans mon entourage pour les rendre crédibles.
La demeure de mon premier volet m’a été inspirée par Manderley (Rebecca de Daphne du Maurier) et par Pemberley (Orgueil et préjugés de Jane Austen).

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Le premier jet a pris six mois, puis je l’ai travaillé de nouveau durant quelques mois. J’ai été conseillée entre autre par l’auteur Gérard Muller qui a réussi à faire sortir le meilleur de moi. C’est toujours difficile d’être satisfait, mais il faut partir du principe que le mieux est l’ennemi du bien. Un regard extérieur vous aide souvent à déceler la version la plus aboutie.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Gérard Muller m’a mise en contact avec les presses littéraires qui ont tout de suite accepté d’éditer « Du couscous dans le pudding ».
Des chroniqueurs littéraires et d’autres auteurs m’ont également beaucoup aidée pour la communication ainsi que Claude Mesplède.
Les auteurs de polar sont comme une grande famille. Il y a d’ailleurs quatre jeunes femmes dont je me sens particulièrement proche et avec lesquelles nous avons créé « la ligue du Chapitre 22 ». On échange énormément, on se lance des défis littéraires, on se51bLwuqAycL._SX322_BO1,204,203,200_ tient informées…

Comment vous sentez-vous à chaque publication (pour vos différents romans) ?
Il y a toujours un stress lié à l’attente de l’accueil des lecteurs mêlé à une excitation et à la satisfaction du travail achevé.
Très vite s’installe un manque. L’écriture est comme une drogue alors on cherche une autre idée, quelque chose de nouveau à développer.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion d’écrire vient avec la lecture. M’immerger dans différents univers m’a très vite donné envie de créer le mien et de faire « danser les mots » pour apporter du plaisir à des lecteurs. J’aime l’idée de faire passer un bon moment à quelqu’un. Une lectrice m’a dit une fois qu’elle avait emmené mon livre partout y compris aux toilettes, car elle pouvait plus s’arrêter, c’était pour moi un très beau compliment.

imageQue représente l’écriture pour vous ? Peut – elle être synonyme d’engagement ?
Il y a deux formes à l’engagement.
L’engagement se prend envers le lecteur, on lui doit une œuvre de qualité, crédible et, dans le cas d’un polar, je considère qu’il ne faut pas le prendre pour un idiot en parachutant une solution non amenée par des indices.
On s’engage aussi en étant porteur de messages. Le roman polar est un très bon véhicule pour cela. Dans mon cas, je souhaitais parler d’émancipation féminine, de chocs des cultures et des classes.

Quels sont vos futurs projets ?
Norah devrait pointer son nez très prochainement pour une troisième aventure. EnAVT_Yamina-Mazzouz_6533 attendant je souhaite m’essayer au feel good book, je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Patience !

Je serai curieuse de le lire

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Trouver son style d’écriture et travailler avec rigueur régulièrement. Ne pas hésiter à participer à des ateliers d’écriture et lire beaucoup différentes formes de littératures. Faire lire ses textes à des personnes objectives.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog
Il est super ce blog, j’y ai découvert une pléiade d’auteurs notamment africain que j’ai hâte de lire.
Rien à dire, il est parfait pour moi.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Juste que j’ai hâte de découvrir vos propres écrits : « Shouna, la genèse maudite »
Oups. Un oubli de ma part (rires) Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
À très bientôt !

 

Annette Mbaye d’Erneville, femme de Communication, de Lettres et de Culture Sénégalaise – 1926

MbayedernevilleBagueAnnette Mbaye d’Erneville est née à Sokone (Sénégal) le 23 juin 1926. Elle a fait ses études primaires à St-Joseph de Cluny à Saint-Louis, puis àimagesNTDZZQBX l’Ecole normale de Rufisque  et enfin à Paris où elle a obtenu un diplôme de journaliste radio. Elle est la pionnière des journalistes sénégalais. De retour au Sénégal en 1957, elle fonde la revue qui deviendra en 1964 Awa la Revue de la Femme Noire. Annette a été tour à tour enseignante, poète, journaliste, directrice des programmes de Radio Sénégal. Elle a également été reporter pour la revue Elle, journaliste pour de nombreuses publications et a écrit Mbayeplusieurs livres pour enfants. Elle est aujourd’hui directrice du Musée de la femme Henriette Bathily, créé en 1994 et (situé à Gorée jusqu’en 2014 eternevillechasseur actuellement à la Place du Souvenirs africain et de la diaspora à Dakar). L’essentiel de son œuvre relève de la poésie et de la littérature enfantine. Dans ses poèmes, elle aborde la souffrance, la révolte et l’amour. Sa poésie est nourrie de trahison, de nostalgie, d’humanité, de solitude et de regrets ainsi que de certains aspects de la négritude.

1965 : Poèmes africains
1966 : Kaddu (réédition des poèmes) ernevillechansoernevillepic
1976 : Chansons pour Laïty comptines
1983 : Le Noël du vieux chasseur
1983 : La Bague de cuivre et d’argent (prix Jeune Afrique en 1961)
2003 : Motte de terre et motte de beurre
2003 : Picc l’Oiseau et Lëpp-Lëpp le papillon

 

Entretien avec Koffi Roger N’Guessan, bédéiste et illustrateur Ivoirien

Koffi Roger Nguessan est un dessinateur Ivoirien. Un artiste du 9ème art. Doucement, mais, sûrement, il évolue dans le monde de la Bande Dessinée, offrant ainsi ses lettres de noblesse à une Littérature si souvent oubliée voire ignorée. Ses oeuvres font partie de la collection L’Harmattan BD.

A.D. Bonjour Koffi Roger N’guessan, Je vous remercie d’avoir accepté cet interview
00couvIMG_20180116_131605 Angouleme.Bonjour Amélie, merci pour l’occasion que vous me donnez pour parler de mes activités liées à la bande dessinée.

A.D. Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis auteur de bande dessinée et professeur d’arts plastiques de lycée dans la ville de San Pedro au Sud-Ouest de la Cote d’ivoire.

A.D. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?
Mon enfance, je l’ai d’ abord passée en partie à Abidjan, à Vridi canal dans la communeNew Collage de Port-Bouët où j’ai fait mes études primaires et ensuite à Bouaké, dans le Centre du pays, pour mes années collège. Après mon brevet d’étude du premier cycle (BEPC), j’ai été orienté, selon mes vœux, au lycée d’enseignement artistique à Abidjan. Le baccalauréat obtenu, je me suis inscrit à l’école nationale des beaux-arts d’Abidjan pour des études supérieures artistiques. A la fin de quatre années d’études, je suis rentré au centre de formation pédagogique pour l’action culturelle qui m’a permis deux années plus tard, de commencer le métier d’enseignant d’arts plastiques au secondaire, depuis décembre 2001.

A.D. C’est un beau parcours

New PhototasticA.D. Comment avez-vous découvert votre don pour le dessin ?
Mon attirance pour le dessin remonte, si mes souvenirs sont nets, depuis l’école primaire, peut-être avant. Dès que mon père m’a acheté les fournitures scolaires, mes premières actions ont été de reproduire les différentes illustrations à l’intérieur du livre de lecture et des couvertures de cahiers illustrées par des héros des films d’ animation de l’époque comme Goldorak, Candy, les Schtroumpfs, Mickey … Durant mon cursus primaire, j’avais toujours des feuilles de papier dissimulées dans mes cahiers et livres pour m’exercer au dessin chaque fois que l’occasion se présentait. Je dirais que dessiner a été la principale activité ludique durant mon enfance.

A.D. Quand avez-vous décidé de faire de la Bande Dessinée ?
Tout est parti de la reproduction des personnages principaux de certaines bandes00couv9782343124322r dessinées qu’on trouvait facilement dans notre environnement, entre autres Zembla, Akim, Rodéo, Tintin, Kouakou, les quatre As, Lucky Luke … Au lycée, j’essayais très souvent d’adapter en bande dessinée certaines scènes des romans lus. Au Beaux-arts, nous avions étudié un peu la bande dessinée en tronc commun, c’est peut-être là que j’ai vraiment opté pour en faire un métier un jour mais, je n’ai pas eu accès au département dans lequel on pouvait se spécialiser en cet art. Je me suis donc inscrit en atelier de gravure pour me former en illustration, pour plus tard, renouer avec la bande dessinée par d’autres moyens.

AD. C’était une superbe initiative qui vous a permis de toucher votre rêve du doigt

00couv SeductionsA.D. Quelle a été la première BD que vous avez écrite ? Quel a été votre parcours pour la faire éditée ?
Ma toute première bande dessinée écrite est Séductions /Mille mystères d’Afrique. C’est un double album BD dont La partie, Séductions est une histoire sur les dangers de la dépigmentation et le coté Mille mystères d’Afrique est un ensemble d’histoires courtes marrantes de portée éducative. Concernant l’édition, les choses au départ n’ont pas été aisées. Après de nombreux contacts non fructueux auprès de certains éditeurs, et même des imprimeurs pour l’autoédition, j’ai décidé de présenter mes planches sur des sites internet consacrés à la bande dessinée, dans l’espoir de côtoyer certains spécialistes et amateurs pour mieux me former et de trouver aussi si possible un éditeur. Après des années passées surNew Phototastic Collage.jpg un site, un ami bédéiste m’a proposé de publier mes dessins sur ma page Facebook et dans un groupe nommé Bande Dessinée Africaine, une plateforme dans laquelle se trouveraient des éditeurs et des bédéistes africains connus. C’est ce que j’ai fait et j’ai été en contact un éditeur avec qui je travaille depuis 2013.

A.D. Qu’a pensé votre famille de votre désir de faire de la BD ?
Ma grande famille m’a toujours soutenu dans mes études artistiques, mais le désir de faire spécialement de la bande dessinée était plus personnel et un peu plus discret. Mais depuis la sortie de mes différents albums je reçois beaucoup d’encouragements de leur part … Les premières remarques sur mes différentes productions viennent toujours de ma petite famille. Toute la maisonnée s’exerce à avoir un regard critique sur mes dessins et cela m’aide beaucoup. Je n’oublie pas mes amis, collègues, des lectrices et lecteurs qui me soutiennent constamment depuis le début de cette aventure.

00couvIMG_20180116_131605 Angouleme.A.D. Quelle a été l’inspiration de votre première BD ? De quoi ou de qui vous inspirez-vous ?
Pour ma première bande dessinée c’est un long processus jalonné de plusieurs faits. Cela a commencé par une histoire que m’a racontée une amie au sujet de sa belle-sœur, la femme de son ainé. Celle-ci est décédée à cause d’un simple furoncle au ventre qui s’est mué en plaie, puis en gangrène. Les médecins n’ont pas pu placer des points de suture pour refermer la plaie à cause de sa peau trop fragilisée par la dépigmentation et elle en est morte. Cette histoire m’a profondément perturbée à telle enseigne que toutes les femmes à la peau décapée que je rencontrais, étaient à mes yeux, des morts en sursis. C’était donc, un impératif pour moi de participer à la sensibilisation contre ce fléau. Je portais une grande attention et un immense intérêt aux actions de sensibilisation qui touchaient ce problème à travers les disciplines comme la poésie, la musique, le théâtre et les canaux comme internet, radio, articles de presse et télévision, pourvu que la bande dessinée que je réaliserai, apporte un plus. Mais le déclic est 00couv mille mysteres d' Afriquevéritablement parti à la vue d’une chroniqueuse camerounaise bien dans sa peau, sur une chaine de télé africaine. Son teint noir produisait une sensation indescriptible. Elle me fascinait. Pour la circonstance, elle fut ma muse, un peu le modèle du personnage principal pour ma toute première bande dessinée.

A. D. Cette histoire de blanchiment de la peau a aussi été fatale à des femmes qui ont eu des césariennes et qui n’ont pu être recousues. C’est très dangereux. Cela est aussi à l’origine de cancer de la peau, d’hypertension, de problèmes cardiaques, entre autres

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour la faire ? En étiez-vous satisfait ?
De l’idée au texte de l’histoire jusqu’ à la réalisation des dessins des personnages et des 00couv nouvelles d' afriquescènes fut un long moment de tâtonnement. Mais tout est allé très vite dès que j’ai été en contact avec l’éditeur, puisqu’ il y avait maintenant une date à respecter pour la sortie et une certaine collaboration avec d’autres personnes pour mieux peaufiner le projet … Si la satisfaction existe dans ce domaine, elle devra être vraiment éphémère puisqu’ elle se limite à certains niveaux tels que la fin des corrections des planches, la validation du choix de la couverture, l’annonce la date de sortie, la réception des exemplaires entre les mains, des mots d’ encouragements de certains lecteurs et lectrices. Ce sont des moments d’intense bonheur … Mais après tout cela, je cherche à voir ce que je devrai améliorer en prenant aussi en compte des remarques de certains spécialistes, amis et lecteurs. C’est ce sentiment qui me pousse à aborder un autre projet dans le seul but de rattraper ce que j’aurai pu faire dans le livre précèdent. C’est le même sentiment que j’ai à la fin de réalisation de chacun de mes ouvrages. Toujours me corriger, m’améliorer et pousser New Collagemes recherches graphiques un peu plus loin.
A.D. C’est d’une grande sagesse

A.D. Comment cette BD a-t-elle été accueillie dans le monde littéraire ?
Pour cette première BD c’étaient des réactions mitigées, un feedback partagé entre des critiques plus ou moins virulentes de certains spécialistes du domaine et des réactions surprenantes de certains lecteurs et lectrices qui étaient plutôt galvanisantes. J’ai compris qu’il y avait désormais un groupe de personnes qui suivaient avec beaucoup d’intérêt ce que je faisais et un autre groupe qui attendait plus d’effort, un certain dépassement de ma part pour me faire une véritable place dans le monde de la bande dessinée. C’est dans ce bain chaud-froid que m’a plongé la sortie de mon tout premier livre.

00couv9782343077239rA.D. Depuis, en avez-vous écrit plusieurs, comment vous sentez-vous à chaque publication ?

Oui ,après milles mystères d’Afrique et séductions en 2013, j’ai écrit Paris vaille que vaille sur l’immigration qui est sorti un an après le premier, en 2014. les ouvrages qui suivront, seront des collaborations avec des scénaristes. Cela a commencé avec Jean François Chanson par une histoire courte, l’histoire du petit Bouna wade, dans le collectif Nouvelles d’Afrique en 2014 , ensuite il y a eu Les Fins limiers avec Christophe Cassiau-Haurie en 2016, Chaka d’ après l’ œuvre de Thomas Mofolo avec Jean François Chanson en 2018 et le prochain album Légère amertume, une histoire du thé avec deux autres scénaristes Lionel Girieud et Cyril Cottineau, sortie prévue pour début janvier 2019. Entre les sorties d’albums, je participe presque régulièrement à des magazines comme Egocospic, Point bar magazine BD et bien d’autres … A la fin de chaque ouvrage c’est toujours l’envie de mieux faire, avec des recherches plus approfondies que les précédentes, toujours faire un peu plus que les premiers. Le sentiment d’aller plus loin, de relever des défis que je m’impose pour être00cou003785546 toujours à la hauteur des attentes des lectrices et lectures .

A.D. Pensez-vous que la passion du dessin peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion du dessin peut naitre ou peut se transmettre progressivement par le contact avec un environnement enrichi de productions graphiques, par l’enseignement des techniques et la culture de l’univers artistique, par la fréquentation des expositions de dessin et surtout par le contact avec des professionnels du domaine. Cette passion se manifeste clairement dès l’instant qu’on n’a plus le temps de faire autre chose que dessiner et dessiner et surtout la décision d’en faire un métier et d’y consacrer toute sa vie.

A.D. Que représente le dessin pour vous ? Est-il synonyme d’engagement sociétal ?
Le dessin fait partie du langage plastique qui consiste à communiquer par des formes Dessin pour Amelie NBélaborées. C’est pour moi, un moyen d’expression privilégié. Et quand on décide de s’exprimer par cet art, on s’engage à proposer selon ses sensibilités, des solutions plastiques à tous les problèmes rencontrés dans notre société. Comme tout art, le dessin produit l’émotion chez l’homme, alors que tout ce qui suscite l’émotion permet de toucher l’âme, de sensibiliser, de communiquer, et de persuader aisément. Le dessin est donc une arme efficace pour véhiculer de façon universelle nos idées et nos valeurs.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?

Le projet en cours et presque bouclé s’intitule Légère amertume. Il s’agit d’une histoire sur le thé, une histoire chargée d’enseignements sur ce breuvage séculaire tant convoité en Afrique et dans le monde. Je continuerai aussi si possible ma collaboration avec les scénaristes. Car travailler à plusieurs sur un projet est bénéfique pour chacun d’entre nous et donne des résultats plus intéressant. L’un des projets qui me tient vraiment à cœur, depuis des années, est la création d’un magazine de bande de dessinée adressé à la jeunesse africaine qui a perdu, je crois le goût de la lecture et certains repères liés à nos valeurs socioculturelles. Ce projet adaptera en00couvHT45464881_2188586467827336_4164424500932247552_n bande dessinée nos contes, nos proverbes, nos légendes, notre histoire, nos romans pour l’épanouissement de la nouvelle génération. Ce sera un collectif de plusieurs auteurs qui participera au magazine et en même temps, permettra à chacun de faire sortir si possible, une série d’albums. Autrefois, nous avions eu une enfance inondée et émerveillée par des bandes dessinées franco-belges, des comics, des mangas … et je souhaiterais en faire de même pour la nouvelle génération mais cette fois, avec des histoires africaines, des héros africains. C’est un projet que nous nourrissons depuis des années avec des amis. J’espère que nous nous donnerons les moyens pour le matérialiser et pourquoi ne pas susciter progressivement chez certains investisseurs locaux la mise en place d’une industrie de la bande dessinée.

A.D.  C’est un excellent projet. Je vous souhaite, à tous, de tout cœur, d’y arriver. Ce sera un honneur de les publier et d’en parler sur mon blog.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Aux jeunes, c’est de leur transmettre ce que nous recevons de nos devanciers. C’est de dessiner régulièrement, sans rien lâcher et d’avoir un objectif clair sur ce qu’ils veulent New Phototasticfaire comme projet, cela permet d’être efficace. La bande dessinée part toujours d’une idée et d’un scenario pour se matérialiser en dessins avec des textes. Au niveau des idées à exploiter, il existe une myriade de sujets liés à notre continent. Que ce soient ses histoires, ses richesses socioculturelles, ou ses défis actuels et futurs dans le monde, nous devrons insuffler de l’optimisme à nos lecteurs pour un continent plus radieux. Pour le texte ou le scenario, Il doit être toujours bien élaboré et bien séquencé avec au début, une intrigue vraiment accrocheuse. De ne pas hésiter de travailler avec des scénaristes rompus à cette tâche. Concernant le dessin, toujours travailler son graphisme et son style, tout doit être évolutif, d’une vignette (une scène) à une autre, d’une planche (une page) à une autre et d’un album à un autre. Et de toujours s’ouvrir aux autres avec beaucoup d’humilité, pour montrer ses projets et productions00couv9782343124322r pour des avis. C’est super important car cette action permet de jauger, un peu, l’impact que la production aura sur les futurs lecteurs et lectrices.

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Les conseils pour votre blog se limiteront à des sincères félicitations et des encouragements pour toujours continuer ce que vous avez déjà si bien construit. J’ai été très touché de voir la première chronique de mon dernier album, Chaka sur votre blog, c’est une lucarne qui nous offre plus de 00couvHT45464881_2188586467827336_4164424500932247552_nvisibilité auprès de grands auteurs bien connus. J’ai aussi été impressionné par la présentation des auteurs, des livres, surtout des interviews que j’ai trouvées édifiant.

A.D.  Merci. Je suis très touchée. Comme vous le dites si bien, chaque article permet d’évoluer et de faire mieux que la fois  précédente.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Des sincères remerciements pour l’opportunité que vous m’aviez donnée pour parler de la bande dessinée.

A.D. Merci à vous 

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Merci Amelie. Un réel plaisir et honneur pour moi .

A.D.  Pour moi aussi

Entretien avec Kama Sywor Kamanda, dramaturge, écrivain, conteur et poète Congolais

 

Bonjour Kama Sywor Kamanda. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien. J’en suis honorée. À la question « qui êtes-vous », que avec Aimé Césairerépondrez-vous ?

 Kamanda – Je suis écrivain, poète, dramaturge et essayiste Congolais. A.D. Pas seulement. Vous êtes conteur aussi

A.D. Vous parlez de vous en tant que Congolais d’origine Égyptienne. Je crois deviner pourquoi.41txBDCuDyL._SX195_ Cependant, je souhaite que vous nous en parliez

 Kamanda – Je suis né Congolais avec des grands parents Égyptiens déportés au Congo en tout début de l’occupation du pays par les Belges. Ils avaient le statut des colons indépendants de 280413_270482819760974_834406419_ol’administration coloniale Belge ! Mon père avait d’immenses plantations et faisait travailler des milliers de familles.

A.D. J’étais loin d’imaginer cela. Je pensais à Cheikh Anta Diop et de sa théorie sur l’origine négroïde des pharaons d’Égypte

A.D. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?

Kamanda – J’ai eu une enfance et une jeunesse très solitaire. Je ne me connais pas d’amis51Q9GD4H65L._UY250_ d’enfance. J’ai beaucoup étudié et beaucoup lu. J’ai été dans le journalisme, la philosophie, les sciences politiques et le droit. En vérité, je n’avais besoin d’étudier que pour satisfaire mon indépendance intellectuelle et élargir mes compétences. Mon 51AX4Z6YXDL._SX195_chemin était déjà tracé: l’écriture.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? Kamanda – J’ai découvert l’écriture très jeune ! A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ? Kamanda – Dès l’âge de 12 ans. Mes premiers poèmes et mes51w6a+558GL._UY250_ premiers contes datent de cette époque. A.D. Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ? Kamanda – Je ne l’avais jamais exprimé ! Pour les miens, les écrits et les études se confondaient. A.D. Vous avez édité des poèmes que vous aviez écrit à douze ans. Vous les aviez toujours gardé en mémoire ? Kamanda – Je les ai toujours, mais jamais je n’ai voulu les éditer. 2738455476rA.D. Je pensais qu’ils faisaient partie de ceux que vous aviez édités.

A.D. De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?  Kamanda – Quand vous lisez mes romans, c’est mon imaginaire propre et mon style qui viennent immédiatement ! J’ai toujours voulu être original dans mon inspiration et dans mon style littéraire.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En 9782343075228rétiez-vous satisfait ?  Kamanda – Trois ans! Un peu!

A.D. Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?  Kamanda – Très bien.

A.D. Vous écrivez aussi bien des contes, des romans, que des pièces de théâtre ou de la poésie. Est-ce facile de passer de l’un ramses-ii-drame-historique-de-kama-sywor-kamandaà l’autre ou avez-vous une technique, une méthode ?

Kamanda – Je n’ai pas de méthodologie particulière quand j’écris. Je suis mon idée originelle jusqu’au bout et je l’enrichis avec mes observations du monde et de la vie!

A.D. Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous002500116 sentez-vous à chaque publication ?

Kamanda – Les CONTES DE KAMANDA est une œuvre complète de 1786 pages. C’est l’une de mes plus belles réalisations ! Un écrivain, c’est une OEUVRE ! À sa sortie ,j’étais soulagé! Je venais d’accomplir un rêve d’enfant! 9782919613137A.D. Je vous comprends. C’est l’aboutissement d’une belle carrière. 

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ? Kamanda – Oui ! Par la lecture!

A.D. Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement ?

Kamanda – Tout! C’est ma contribution à l’évolution du monde des idées, du savoir et de l’imaginaire. C’est aussi un engagement pour améliorer si possible les conditions de2738475760r l’homme !

A.D. Vous intervenez dans le monde entier. Vous parlez et écrivez le japonais. Ce qui est un art très rare. Avez-vous envisagé de réécrire vos contes ou vos poèmes dans cette 978-3-639-65428-8-frontlangue. Je dis bien réécrire et non traduire. Pourquoi ?

Kamanda – Je ne me crois pas doué pour réécrire mon œuvre ! Chaque livre symbolise une étape de vie .J’ai écris 70% de mes livres au Japon. C’est le pays qui m’a beaucoup donné ! J’espère voir les Japonais lire tous mes livres en Japonais, mais traduits par de très bons traducteurs Japonais.

A.D. En fait, je pensais que vous écriviez en japonais et qu’il vous était possible de traduire personnellement vos livres, malgré la difficulté de cette langue.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?11160658_975969965755626_8758022158899565722_n-2

Kamanda – Après mes contes complets, ma poésie complète, je voudrais finir mon théâtre complet. Le reste de ma vie sera consacré aux justes causes, à l’écriture romanesque et aux essais sur l’Afrique perdue entre les rêves et les réalités.

A.D. De beaux projets en perspective.

002500123A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

Kamanda – Tout jeune auteur doit croire en ses dons et se méfier de l’arrogance ! Il doit se considérer comme un artisan !

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?

Kamanda – En faire une tribune d’idée neuve, un lieu de mémoire littéraire avec plus des images d’archives sur les écrivains, éviter de vous laisser manipuler par ceux qui se disent faiseurs de légendes, de héros et de dignitaires Noirs.9782708707153FS

A.D. C’est mon rêve le plus cher. Et quand je reçois des bonnes 2747525864rcritiques de personnes en Corée, aux Etats-Unis ou d’ailleurs, qui sont heureux de découvrir la Littérature Africaine, cela me donne envie de faire plus et mieux. Pour les images, Je suis en train d’y travailler car beaucoup d’écrivains me le demandent. 

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Kamanda – Je suis fier de vous et reconnaissant. Parler des écrivains sans préjugés ni volonté d’exclure est un immense courage et un honorable engagement.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.  

Kama Sywor Kamanda, conteur, poète et romancier Congolais – 1952

10373072_422223981253523_4059472588191346223_oKama Sywor Kamanda est un écrivain congolais, il est né le 11 novembre 1952 à Luebo au Congo-Kinshasa. Il a fait son droit à l’Université de Liège en Belgique et à l’Université de Strasbourg en France. Après ses études, il est devenu journaliste et puis assistant technique pour une agence de presse. En 1977, Kamanda est obligé de s’exiler pour des raisons politiques. Il consacre son temps à sa 81Y1JJzHfiLcarrière littéraire et aussi à la défense des droits de l’homme en Afrique.

Tour à tour conteur, poète et romancier, Kama Sywor Kamanda a produit une œuvre littéraire considérable et mondialement reconnue. Depuis la parution, en 1967, de son premier ouvrage, Les Contes des veillées africaines, il a écrit des poèmes et divers 51w6a+558GL._UY250_recueils de contes (1988 Les Contes du griot t. I, 1998 Les Contes du griot t. III [La Nuit des Griots ] pour lesquels il a reçu le Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire et en 2000 Les Contes du crépuscule). En 2003, il réédite tous ses contes en version illustrée, puis en oeuvres complètes en 2004. Il s’est distingué par ses contesavec Aimé Césaire littéraires à la fois inspirés par ses expériences personnelles, son imaginaire et les traditions et réalités du continent noir. Récits féeriques, ils sont imprégnés de la culture et de la civilisation de toutes les terres africaines.

En tant que poète, Kamanda Sywor Kama a su redonner un souffle nouveau et de la grandeur à la poésie contemporaine, grâce à la richesse de son langage et à sa maîtrise de la métaphore. La critique et des poètes parmi les plus grands de son temps, dont bfd36f5bc74d377e54fc4820fdc5c711Mario Luzi et Léopold Sédar Senghor, ont souligné la puissance de ses vers et la richesse de son imagerie. Il a reçu de nombreux prix, notamment, en 2009, le Prix Heredia de l’Académie française pour l’édition intégrale de ses oeuvres poétiques. Ses deux recueils de poésie, L’Exil des songes (1992) et Les avec jm le clézio etMyriades des temps vécus (1992) ont été honorés par l’Académie Française.

En tant que romancier, Kamanda n’a cessé de porter en lui son Afrique et ses rêves. Ses écrits révèlent un véritable résistant face aux pouvoirs totalitaires, mais aussi un complice des hommes et des femmes qui luttent en silence pour le respect de leurs droits ou leursans-titre0 survie et celle de avec nadine gordimerleurs enfants. C’est un écrivain engagé, il s’est toujours considéré comme une « âme perdue entre les rêves et les illusions, les joies et les peines du monde africain ». Kama Kamanda a reçu de nombreux prix. En 1987, il a reçu le prix Paul Verlaine de l’Académie française pour son recueil, Chants de Brumes (1986), qui célèbre l’Afrique. Il a aussi reçu le prix Louise Labé en 1990 pour son ouvrage La Somme du Néant (1989). Voici sa bibliographie non exhaustive:

1986 – Les Résignations
1987 – Éclipse d’étoiles
1993 – Les Vents de l’épreuve
1994 – Quand dans l’âme les mers s’agitentl-etreinte-des-mots-de-kama-sywor-kamanda
1994 – Lointaines sont les rives du destin
1995 – L’Étreinte des mots
les-resignations-de-kama-sywor-kamanda1999 – Œuvre poétique
2002 – Le Sang des solitudes
2006 – La Traversée des mirages
2006 – La Joueuse de Kora
2006 – Contes africains (Gründ)
2007 – Au-delà de Dieu, au-delà des chimères
2008 – Œuvre poétique, édition intégrale

 

Fadhila Chebbi – Poétesse libre & arabophone Tunisienne – 1946

Fadila chebiFadhila Chebbi est née le 24 janvier 1946 à Tozeur (Tunisie). En 1971, elle est diplômée en langue et littérature arabe. Langue qu’elle enseignera durant trente ans à l’université de Tunis. C’est aussi à cette période qu’elle fonde le mouvement littéraire « Poésie autre que géométrique et libre » avec Tahar Hammami et Habib Zannad (poètes Tunisiens). Elle en est le seul membre féminin. A partir de 1988, elle se consacre totalement à l’écriture. Elle est conférencière littéraire à travers le Monde Arabe et l’Europe.

Fadhila Chebbi écrit en arabe littéraire et en arabe Tunisien. Certains de ses écrits sontsans-titre traduits dans différentes langues, mais plus souvent en français et en anglais. Elle écrit aussi bien des romans, des contes, de nouvelles que des poésies. Elle est titulaire de fadhila-chebbi-livre1nombreux prix littéraires: le Prix Wallada de poésie en 1984 pour « des nuits aux lourdes cloches » [Allayali dhat el ajrass athaqi la] qu’elle ne peut recevoir faute de pouvoir se déplacer, le Prix Zoubeïda Bchir  pour la création littéraire en langue Arabe en 1998 pour « Miya Nesbiyya » et en 2009 pour « Bourouk el mata« , le Prix de la foire du livre en 2002 pour « Hayyi sayyad el achi’aa« . Sous le gouvernement Ben Ali, elle a connu la censure car dans un de ses écrits elle a fait allusion à un général qui, par erreur, afadhila-chebbil-livre2-209x300 fait castrer toute son armée.

Fadhila Chebbi aborde différents sujets. Dans El Ofôan, 1999, (le python) elle aborde la mythologie. En 2011, elle rend hommage à Mohamed Bouazizi (marchand ambulant qui s’immola par le feu, en 2010, et fut à l’origine de la révolution qui évinça le président Ben Ali du pouvoir) et décrit la révolution dans un recueil poétique « l’épopée« . Dans « Foyer du vent » [Manzilaa arrih], elle évoque la liberté et la justice. En 2013, elle édite la totalité de ses sans-titreoeuvres en cinq tomes.

Son premier recueil de poésie, « Parfum de terre et de colère » [Kawa ib al ardb wa l ghadbab], paraît en 1973. Puis, « Tigelle« [chamârîk] et les jardins géométriques en 1991. Un recueil de poésie, Assou’al fajroun youssafer paraît en 2008 dans lequel se trouve le poète, le monde et la rose. Son roman « arpenteur des heures absentes » [Tasalluq al sâ ât al-ghâ’iba] paraît en 2000, puis, un recueil de nouvelles Anissat ez-zaman el mouareb en 2009 et, enfin, en 2003 sort Taffattouq el hijara.