Entretien avec Kama Sywor Kamanda, dramaturge, écrivain, conteur et poète Congolais

 

Bonjour Kama Sywor Kamanda. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien. J’en suis honorée. À la question « qui êtes-vous », que avec Aimé Césairerépondrez-vous ?

 Kamanda – Je suis écrivain, poète, dramaturge et essayiste Congolais. A.D. Pas seulement. Vous êtes conteur aussi

A.D. Vous parlez de vous en tant que Congolais d’origine Égyptienne. Je crois deviner pourquoi.41txBDCuDyL._SX195_ Cependant, je souhaite que vous nous en parliez

 Kamanda – Je suis né Congolais avec des grands parents Égyptiens déportés au Congo en tout début de l’occupation du pays par les Belges. Ils avaient le statut des colons indépendants de 280413_270482819760974_834406419_ol’administration coloniale Belge ! Mon père avait d’immenses plantations et faisait travailler des milliers de familles.

A.D. J’étais loin d’imaginer cela. Je pensais à Cheikh Anta Diop et de sa théorie sur l’origine négroïde des pharaons d’Égypte

A.D. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?

Kamanda – J’ai eu une enfance et une jeunesse très solitaire. Je ne me connais pas d’amis51Q9GD4H65L._UY250_ d’enfance. J’ai beaucoup étudié et beaucoup lu. J’ai été dans le journalisme, la philosophie, les sciences politiques et le droit. En vérité, je n’avais besoin d’étudier que pour satisfaire mon indépendance intellectuelle et élargir mes compétences. Mon 51AX4Z6YXDL._SX195_chemin était déjà tracé: l’écriture.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? Kamanda – J’ai découvert l’écriture très jeune ! A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ? Kamanda – Dès l’âge de 12 ans. Mes premiers poèmes et mes51w6a+558GL._UY250_ premiers contes datent de cette époque. A.D. Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ? Kamanda – Je ne l’avais jamais exprimé ! Pour les miens, les écrits et les études se confondaient. A.D. Vous avez édité des poèmes que vous aviez écrit à douze ans. Vous les aviez toujours gardé en mémoire ? Kamanda – Je les ai toujours, mais jamais je n’ai voulu les éditer. 2738455476rA.D. Je pensais qu’ils faisaient partie de ceux que vous aviez édités.

A.D. De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?  Kamanda – Quand vous lisez mes romans, c’est mon imaginaire propre et mon style qui viennent immédiatement ! J’ai toujours voulu être original dans mon inspiration et dans mon style littéraire.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En 9782343075228rétiez-vous satisfait ?  Kamanda – Trois ans! Un peu!

A.D. Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?  Kamanda – Très bien.

A.D. Vous écrivez aussi bien des contes, des romans, que des pièces de théâtre ou de la poésie. Est-ce facile de passer de l’un ramses-ii-drame-historique-de-kama-sywor-kamandaà l’autre ou avez-vous une technique, une méthode ?

Kamanda – Je n’ai pas de méthodologie particulière quand j’écris. Je suis mon idée originelle jusqu’au bout et je l’enrichis avec mes observations du monde et de la vie!

A.D. Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous002500116 sentez-vous à chaque publication ?

Kamanda – Les CONTES DE KAMANDA est une œuvre complète de 1786 pages. C’est l’une de mes plus belles réalisations ! Un écrivain, c’est une OEUVRE ! À sa sortie ,j’étais soulagé! Je venais d’accomplir un rêve d’enfant! 9782919613137A.D. Je vous comprends. C’est l’aboutissement d’une belle carrière. 

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ? Kamanda – Oui ! Par la lecture!

A.D. Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement ?

Kamanda – Tout! C’est ma contribution à l’évolution du monde des idées, du savoir et de l’imaginaire. C’est aussi un engagement pour améliorer si possible les conditions de2738475760r l’homme !

A.D. Vous intervenez dans le monde entier. Vous parlez et écrivez le japonais. Ce qui est un art très rare. Avez-vous envisagé de réécrire vos contes ou vos poèmes dans cette 978-3-639-65428-8-frontlangue. Je dis bien réécrire et non traduire. Pourquoi ?

Kamanda – Je ne me crois pas doué pour réécrire mon œuvre ! Chaque livre symbolise une étape de vie .J’ai écris 70% de mes livres au Japon. C’est le pays qui m’a beaucoup donné ! J’espère voir les Japonais lire tous mes livres en Japonais, mais traduits par de très bons traducteurs Japonais.

A.D. En fait, je pensais que vous écriviez en japonais et qu’il vous était possible de traduire personnellement vos livres, malgré la difficulté de cette langue.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?11160658_975969965755626_8758022158899565722_n-2

Kamanda – Après mes contes complets, ma poésie complète, je voudrais finir mon théâtre complet. Le reste de ma vie sera consacré aux justes causes, à l’écriture romanesque et aux essais sur l’Afrique perdue entre les rêves et les réalités.

A.D. De beaux projets en perspective.

002500123A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

Kamanda – Tout jeune auteur doit croire en ses dons et se méfier de l’arrogance ! Il doit se considérer comme un artisan !

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?

Kamanda – En faire une tribune d’idée neuve, un lieu de mémoire littéraire avec plus des images d’archives sur les écrivains, éviter de vous laisser manipuler par ceux qui se disent faiseurs de légendes, de héros et de dignitaires Noirs.9782708707153FS

A.D. C’est mon rêve le plus cher. Et quand je reçois des bonnes 2747525864rcritiques de personnes en Corée, aux Etats-Unis ou d’ailleurs, qui sont heureux de découvrir la Littérature Africaine, cela me donne envie de faire plus et mieux. Pour les images, Je suis en train d’y travailler car beaucoup d’écrivains me le demandent. 

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Kamanda – Je suis fier de vous et reconnaissant. Parler des écrivains sans préjugés ni volonté d’exclure est un immense courage et un honorable engagement.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.  
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Kama Sywor Kamanda, conteur, poète et romancier Congolais – 1952

10373072_422223981253523_4059472588191346223_oKama Sywor Kamanda est un écrivain congolais, il est né le 11 novembre 1952 à Luebo au Congo-Kinshasa. Il a fait son droit à l’Université de Liège en Belgique et à l’Université de Strasbourg en France. Après ses études, il est devenu journaliste et puis assistant technique pour une agence de presse. En 1977, Kamanda est obligé de s’exiler pour des raisons politiques. Il consacre son temps à sa 81Y1JJzHfiLcarrière littéraire et aussi à la défense des droits de l’homme en Afrique.

Tour à tour conteur, poète et romancier, Kama Sywor Kamanda a produit une œuvre littéraire considérable et mondialement reconnue. Depuis la parution, en 1967, de son premier ouvrage, Les Contes des veillées africaines, il a écrit des poèmes et divers 51w6a+558GL._UY250_recueils de contes (1988 Les Contes du griot t. I, 1998 Les Contes du griot t. III [La Nuit des Griots ] pour lesquels il a reçu le Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire et en 2000 Les Contes du crépuscule). En 2003, il réédite tous ses contes en version illustrée, puis en oeuvres complètes en 2004. Il s’est distingué par ses contesavec Aimé Césaire littéraires à la fois inspirés par ses expériences personnelles, son imaginaire et les traditions et réalités du continent noir. Récits féeriques, ils sont imprégnés de la culture et de la civilisation de toutes les terres africaines.

En tant que poète, Kamanda Sywor Kama a su redonner un souffle nouveau et de la grandeur à la poésie contemporaine, grâce à la richesse de son langage et à sa maîtrise de la métaphore. La critique et des poètes parmi les plus grands de son temps, dont bfd36f5bc74d377e54fc4820fdc5c711Mario Luzi et Léopold Sédar Senghor, ont souligné la puissance de ses vers et la richesse de son imagerie. Il a reçu de nombreux prix, notamment, en 2009, le Prix Heredia de l’Académie française pour l’édition intégrale de ses oeuvres poétiques. Ses deux recueils de poésie, L’Exil des songes (1992) et Les avec jm le clézio etMyriades des temps vécus (1992) ont été honorés par l’Académie Française.

En tant que romancier, Kamanda n’a cessé de porter en lui son Afrique et ses rêves. Ses écrits révèlent un véritable résistant face aux pouvoirs totalitaires, mais aussi un complice des hommes et des femmes qui luttent en silence pour le respect de leurs droits ou leursans-titre0 survie et celle de avec nadine gordimerleurs enfants. C’est un écrivain engagé, il s’est toujours considéré comme une « âme perdue entre les rêves et les illusions, les joies et les peines du monde africain ». Kama Kamanda a reçu de nombreux prix. En 1987, il a reçu le prix Paul Verlaine de l’Académie française pour son recueil, Chants de Brumes (1986), qui célèbre l’Afrique. Il a aussi reçu le prix Louise Labé en 1990 pour son ouvrage La Somme du Néant (1989). Voici sa bibliographie non exhaustive:

1986 – Les Résignations
1987 – Éclipse d’étoiles
1993 – Les Vents de l’épreuve
1994 – Quand dans l’âme les mers s’agitentl-etreinte-des-mots-de-kama-sywor-kamanda
1994 – Lointaines sont les rives du destin
1995 – L’Étreinte des mots
les-resignations-de-kama-sywor-kamanda1999 – Œuvre poétique
2002 – Le Sang des solitudes
2006 – La Traversée des mirages
2006 – La Joueuse de Kora
2006 – Contes africains (Gründ)
2007 – Au-delà de Dieu, au-delà des chimères
2008 – Œuvre poétique, édition intégrale

 

Fadhila Chebbi – Poétesse libre & arabophone Tunisienne – 1946

Fadila chebiFadhila Chebbi est née le 24 janvier 1946 à Tozeur (Tunisie). En 1971, elle est diplômée en langue et littérature arabe. Langue qu’elle enseignera durant trente ans à l’université de Tunis. C’est aussi à cette période qu’elle fonde le mouvement littéraire « Poésie autre que géométrique et libre » avec Tahar Hammami et Habib Zannad (poètes Tunisiens). Elle en est le seul membre féminin. A partir de 1988, elle se consacre totalement à l’écriture. Elle est conférencière littéraire à travers le Monde Arabe et l’Europe.

Fadhila Chebbi écrit en arabe littéraire et en arabe Tunisien. Certains de ses écrits sontsans-titre traduits dans différentes langues, mais plus souvent en français et en anglais. Elle écrit aussi bien des romans, des contes, de nouvelles que des poésies. Elle est titulaire de fadhila-chebbi-livre1nombreux prix littéraires: le Prix Wallada de poésie en 1984 pour « des nuits aux lourdes cloches » [Allayali dhat el ajrass athaqi la] qu’elle ne peut recevoir faute de pouvoir se déplacer, le Prix Zoubeïda Bchir  pour la création littéraire en langue Arabe en 1998 pour « Miya Nesbiyya » et en 2009 pour « Bourouk el mata« , le Prix de la foire du livre en 2002 pour « Hayyi sayyad el achi’aa« . Sous le gouvernement Ben Ali, elle a connu la censure car dans un de ses écrits elle a fait allusion à un général qui, par erreur, afadhila-chebbil-livre2-209x300 fait castrer toute son armée.

Fadhila Chebbi aborde différents sujets. Dans El Ofôan, 1999, (le python) elle aborde la mythologie. En 2011, elle rend hommage à Mohamed Bouazizi (marchand ambulant qui s’immola par le feu, en 2010, et fut à l’origine de la révolution qui évinça le président Ben Ali du pouvoir) et décrit la révolution dans un recueil poétique « l’épopée« . Dans « Foyer du vent » [Manzilaa arrih], elle évoque la liberté et la justice. En 2013, elle édite la totalité de ses sans-titreoeuvres en cinq tomes.

Son premier recueil de poésie, « Parfum de terre et de colère » [Kawa ib al ardb wa l ghadbab], paraît en 1973. Puis, « Tigelle« [chamârîk] et les jardins géométriques en 1991. Un recueil de poésie, Assou’al fajroun youssafer paraît en 2008 dans lequel se trouve le poète, le monde et la rose. Son roman « arpenteur des heures absentes » [Tasalluq al sâ ât al-ghâ’iba] paraît en 2000, puis, un recueil de nouvelles Anissat ez-zaman el mouareb en 2009 et, enfin, en 2003 sort Taffattouq el hijara.

Amina Seck – auteure Sénégalaise aux multiples casquettes

imagesJEE7BMQWTitulaire d’une licence en Marketing et communication des entreprises, Amina Seck sort son premier roman « Mauvaise Pente » en 2017. Un roman qui est en fait le journal intime de l’héroïne Alimatou Ly. Cette dernière y dévoile toute sa vie. L’occasion pour l’auteure d’aborder des sujets tabous dans la société sénégalaise (la difficulté des mariages religieux mixtes, l’avortement) ainsi que d’autres qui gangrènent la vie sociétale: L’hypocrisie, l’amour, le rejet, la déception, la trahison. Aminata Seck, au travers de son roman, met en lumière la condition des femmes dans son pays.

Cependant, Amina Seck n’est pas seulement auteure. Elle est aussi comédienne, scénariste et réalisatrice. Selon elle, l’écriture est une thérapie qui aide à la guérison. De plus, l’écriture représente pour elle la liberté, la sensation d’exister, de créer un imaginaire.

https://www.goethe.de/ins/sn/fr/m/kul/sup/ceu/21206246.html

 

 

 

Entretien avec Fousseni Togola, le philosophe écrivain à l’écoute des maux du peuple Malien

Bonjour, Fousseni Togola, je suis Amélie Diack. C’est un plaisir d’échanger avec un blogueur comme moi. Merci d’avoir accepté.
Bonjour Amélie. Très heureux ce matin de vous avoir rencontré autour de cette table pour un entretien littéraire.
A. D. Moi de même

Pouvez-vous vous présenter auprès des lecteurs et des followers?
9200000078232245Je suis Fousseni Togola. Né en 1989 à Fana, dans la région de Koulikoro, cercle de Dioïla. J’ai fait toutes mes écoles primaires entre les villages vu que mon père, Zancoura Togola, travaillait en tant que fonctionnaire à la compagnie malienne des textiles (CMDT). C’est seulement après mon diplôme d’Étude fondamentale (DEF) à l’école fondamentale de Sanando que je rentre à Ségou, 4e région du Mali, où j’obtins mon baccalauréat en 2008 en série lettre.Exif_JPEG_420 Je possède une Maîtrise en Philosophie obtenue à la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de Bamako. J’ai également un master acquis à l’École Normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Je suis présentement professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et pair éducateur.

Parlez-nous de votre enfance, de vos études ?
obcurantismeUne enfance assez mouvementée et nomade comme je vous l’ai dit au début de cet entretien. Mon père étant un travailleur à la CMDT, j’ai dû découvrir des cultures de différentes localités du Mali. Mon enfance est celui d’un villageois, car ayant passé la majeure partie de mon jeune âge à me faufiler entre différents villages, mais aussi et surtout pour être né dans un village, je connais mieux ces localités que la vie citadine. Toutefois, je me dis que c’est cette vie dans la brousse qui permet d’expliquer tout mon amour pour les études. Car, vous savez ma chère Amélie, dans ces coins, il n’y a pratiquement rien comme loisirs. Dans ces conditions, j’étais obligé de me concentrer sur mes études et51qUpSDsf8L._SX331_BO1,204,203,200_ surtout que j’ai bénéficié d’un père de famille qui se montrait rebelle contre les promenades inutiles des enfants. Tout ce que je faisais, j’étais suivi de près par lui. L’étude n’était plus un choix pour moi et j’ai dû me battre fort au primaire afin de découvrir d’autres réalités, d’autres aventures différentes de ce que je vivais auprès de mes parents. C’est ce qui fera que durant tout mon parcours au second cycle (classe de 7e à la 9e année), j’étais le premier de ma classe. Il convient d’évoquer également mes mésententes avec mon père ; des conflits qui me faisaient fuir constamment. Dans la plupart des cas, ces querelles provenaient des mésententes entre mes sœurs et moi. Tous ces phénomènes ajoutés aux souffrances que vivait ma mère, Sétou Fomba, me motivaient davantage dans mes études.
En ce qui concerne mes études, il convient de vous dire que je suis passé par les lettres 31jbUQZdSIL._SX195_au lycée. J’ai fait la série Lettre et littérature (LL) pour m’inscrire ensuite à la filière langue (anglais) à l’université avant de demander un changement de filière pour la philosophie où j’obtiens une maîtrise avec un mémoire sur la théorie de la falsifiabilité du philosophe anglais, Karl Popper. Pendant que je faisais encore cette classe de quatrième année philosophie, je postule au concours d’entrée à l’École Normale Supérieur où je serai déclaré admis. De là, je sors après une formation de deux ans comme détenteur de master. Il convient également de noter mon passage à l’Institut de Formation des Maitres (IFM) de Kangaba dans la région de Koulikoro que j’abandonnerai au bout d’une année pour ma vocation philosophique. À côté de tous ceux-ci, j’ai bénéficié de plusieurs formations parallèles en informatique, biologie, politique, etc.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? egalite-hommes-femmes-enigme-a-briser.jpg
Les petites lectures que les professeurs nous soumettaient en classe au cours des séances de lectures ont toujours attiré mon attention. C’est la raison pour laquelle, quand je faisais la classe de la 6e année (CM2), je me rappelle que je possédais un calepin contenant les petites histoires que me racontait mon père ou ma mère et que je prenais le soin de bien noter parce que l’écriture a été ma passion première. C’est à travers ces pratiques ajoutées aux louanges que me faisaient tous mes correspondants à chaque fois que je leur adressais une lettre que je me suis demandé pourquoi ne pas devenir écrivain comme me laissaient entendre certains 51a0a2r0EDL._AC_US218_d’entre eux.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
En classe de 6e année au primaire. C’était en 2002. À cette période mon grand-frère Daouda Togola faisait encore le lycée. Celui-ci ayant pris goût à la lecture d’Arthur Rimbaud ne cessait de me parler de ce jeune poète précoce. Depuis lors, j’ai commencé à avoir l’amour pour la lecture, la recherche et par ricochet l’écriture. C’est depuis ces temps que j’ai décidé d’écrire sur certains faits majeurs de l’histoire du Mali que m’avait raconté mon père, mais le problème d’édition a fait taire cette ambition en moi.

A.D Je comprends

Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?Du-sommeil-dogmatique-au-reveil-farouche-chronique-de-vamp
Quand j’ai sincèrement décidé de me lancer à proprement parler dans ce métier, j’étais déjà à l’université. La question que m’a posée ma famille était de savoir s’il était possible de gagner ma vie dans ce métier. Ma réponse comme aujourd’hui n’a pas changé : j’écris pour l’amour de l’écriture et des lettres et non pas pour manger dedans. Cette réponse avait choqué notamment ma mère, mais qui finit par comprendre et m’a finalement souhaité bonne chance. Quant à mon père, celui-ci se préoccupait également d’un boulot plus rémunérateur. C’est pourquoi il a eu à maintes reprises à me répéter que le temps de l’écriture ne passera jamais et qu’il m’invite à aller à la quête d’autres métiers. Toutefois, quand j’ai annoncé la sortie de mon premier livre, tout le monde était content et chacun voulait à tout prix le voir, le toucher voire le lire.

AD C’est vrai que pour un auteur, toucher son livre, le montrer à tout le monde est un plaisir sans nom

41DBF9G3wiL._SX331_BO1,204,203,200_De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
De mon environnement. Comme pratiquement tous les écrivains et notamment les philosophes qui sont les « fruits de leur temps », les actualités de mon pays m’interpellaient. Le terrorisme battait son plein, les problèmes institutionnels étaient là et je ne voyais aucun de mes professeurs se dire vouloir prendre la plume pour décrypter ces fléaux. Alors cette passivité de ceux que je considérais comme des grands intellectuels a été pour moi une force impulsive. Mon premier manuscrit s’intitule Le terrorisme : Chronique d’un orphelin de guerre. Un livre qui a été réédité à plusieurs reprises.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Moins d’un mois. Quand j’ai commencé l’écriture de ce bouquin d’une quarantaine de pages, je passais toute la journée cloitré dans ma chambre sans sortir. J’écris et je relis. Il faut reconnaitre Amélie que la satisfaction n’était pas au rendez-vous, car toujours je sous-estimais mes propres capacités et cela malgré que des amis m’aient aidé dans la41n-2DHh5-L._SX195_ relecture. C’est la raison pour laquelle je disais que ce bouquin publié sur Amazon KDP a été à plusieurs reprises enlevé puis remis.

AD Ah ah. C’est le quotidien de tout auteur, relire et réécrire son roman se fait sans fin. Il y a toujours quelque chose à améliorer ou/et à rajouter

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Je dirais mal parce que son auteur n’a jamais eu le courage de le montrer au grand public en se reconnaissant dedans. Ce livre est alors resté inconnu jusqu’à nos jours. Si ce n’est à cette occasion, je ne parle même pas de ce roman au cours de mes entretiens.

AD C’est dommage

41+sGApSjsL._SX331_BO1,204,203,200_Depuis, vous en avez écrit d’autres, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
Je continue à écrire et à publier. Toujours c’est l’anxiété qui s’empare de moi bien vrai que je commence à faire la promotion de ces livres via les réseaux sociaux. Tu vas certes me demander pourquoi être envahi par la peur. Eh, bien, parce que je ne cesse de me demander comment les lecteurs vont accueillir mon livre. Est-ce que les thèmes abordés vont leur plaire. De tas de questions m’envahissent. Mais finalement, j’ai fini par transformer cette anxiété en force pour redoubler d’efforts afin de relever le défi : faire bouger les lignes de la littérature voire de la philosophie au Mali.
AD C’est exactement ça. Le trac qui nous tient jusqu’à la parution du prochain roman. Beaucoup d’écrivains en parlent car ils le vivent intensément

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?51hXhhTHCxL._AC_US218_
L’écriture est une forme de drogue, une fois qu’elle nous pique, plus moyen de s’en débarrasser. Vous savez ma chère Amélie, l’enfant, en voyant à chaque fois son père assis autour de sa table manipulant le clavier, est emporté par la tentation. Il veut l’imiter en manipulant cet outil. Pour la simple histoire, le benjamin de notre famille, à force de me voir chaque jour corriger les copies de mes élèves, se permettait en mon absence de se saisir de mon stylo pour m’imiter. Bref, je réponds par l’affirmatif. La passion d’écrire peut se transmettre.

51vJNdRlpDL._SX314_BO1,204,203,200_Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
Évidemment ! C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai embrassé l’écriture. J’ai trouvé qu’il y a trop d’injustice dans le monde. Du coup, je me suis proposé de devenir la « voix des sans voix ». Pour paraphraser Jean Paul Sartre, l’intellectuel est celui qui s’engage pour la cause de sa société. Cette conception sartrienne sur l’intellectuel est restée une vérité pour moi. Outre cela, j’ajouterai également qu’elle constitue pour moi un moyen de perpétuation de l’espèce. L’écrivain ne meurt pas, mais disparait. À ce titre, même si on ne se marie pas, même si nous n’avons pas d’enfants, l’écriture peut remplir toutes ces places.

AD Ce que vous dites là est très beau et très vrai

Quels sont vos futurs projets ? musoya (2)
Deux projets d’écritures en cours. Pour le premier, La Féminitude, qui se publie au sein d’une maison d’édition classique au Mali, paraitra bientôt puisqu’il ne reste plus que l’impression. Quant au second, basé sur ton métier, notre métier, je veux dire le blogging, lui, il sera en ligne dans juste quelques jours. Après ces deux, j’envisage achever un autre livre sur la problématique du développement de l’Afrique et ensuite écrire le deuxième tome de l’Enfant philosophe.

41rAmubRZOL._SX331_BO1,204,203,200_Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
De lire. Pour écrire, il te faut au préalable avoir énormément lu. L’écrivain est comme l’enseignant qui, pour dispenser un cours, doit avoir le maximum d’information afin de donner le nécessaire à ses élèves. Outre la lecture de tous les bouquins importants, il faut l’échange. C’est à travers le dialogue avec autrui que nous résorbons certains points d’obscurité en nous. Ces échanges sont surtout plus fructueux au moment des relectures. Cette étape est énormément importante. Il n’est pas à négliger pour rien au monde. Enfin, il convient d’écrire sur des thèmes qui puissent intéresser tes lecteurs. Chaque écrivain doit être susceptible de connaitre le goût de ses lecteurs afin de s’y conformer.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien estLe-desir-de-l-eternite-comme-peur-de-la-mort https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Je vois déjà en toi une blogueuse professionnelle. À ce titre, mes suggestions sont moindres. Néanmoins, je te recommande de songer à la monétisation de ton blog, si tu ne l’as pas encore fait, en insérant des affiliations comme Amazon partenaire ou Google Adsense. Avec ceux-ci, vous allez sûrement assez travailler avec les liens qui sont hyper-importants pour le blogueur et notamment pour sa visibilité sur la toile.
AD Merci d’apprécier mon blog. Beaucoup de bloggeurs me conseillent la même chose. Il est vrai que j’y réfléchis

l-orphelin-des-barbus-fousseni-togolaAvez-vous quelque chose à rajouter ?
Je vous remercie pour cet entretien non moins important qui, bien que ne n’étant pas un premier, constitue quand même un entretien de taille dont j’ai bénéficié en tant qu’écrivain. Je tiens, avant de finir, à préciser que les avis des lecteurs ainsi que les critiques littéraires me permettent d’affiner davantage ma plume. J’invite alors les lecteurs, les chroniqueurs, les journalistes, les blogueurs à découvrir mes livres et à ne pas hésiter à me contacter à chaque fois que le besoin se fera sentir. Je serai toujours disponible pour vous afin de répondre à vos questions et recueillir vos suggestions. Car nul ne peut détenir le monopole du savoir.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt.
Tout le plaisir fut pour moi.

Fousseni Togola, écrivain, philosophe et bloggeur Malien – 1989

Fousseni Togola est né le 19 septembre 1989 à Fana (Mali). Il fait toutes ses études dans son pays et est titulaire d’un Master en philosophie, matière qu’il enseigne actuellement. Il est membre de la Communauté des Bloggeurs du Mali (Comiblog). Il est aussi l’auteur de romans et d’essais qui dénoncent la face obscure des politiciens, de la politique. Voici ce qu’il dit de lui  » La majeure partie de mes ouvrages sont des essais philosophiques et politiques. Jusque-là, je n’ai publié que deux romans dont le second constitue un roman philosophique. « 

Du-sommeil-dogmatique-au-reveil-farouche-chronique-de-vampDu sommeil dogmatique au réveil farouche : chronique de Vampirebougou (bougou signifie ville, village, quartier ou État). Les vampires désignent tous les dirigeants sanguinaires ainsi que tous les citoyens malhonnêtes dans nos régimes démocratiques. Les attitudes que je qualifie de vampiristes sont fréquentes parce que les citoyens se trouvent dans l’État d’inconscience [ce qui explique] le sommeil dogmatique. Ce sommeil annonce toutefois un beau jour parce que ce peuple inconscient et insouciant se réveillera pour lutter contre ces51qUpSDsf8L._SX331_BO1,204,203,200_ attitudes « violationnistes ».

Des démocraties en cause – Chronique de Bidougou : Bi signifie aujourd’hui et dougou veut dire ville, village, quartier, État-  évoque également les maux des démocraties modernes et notamment le changement climatique voire l’insécurité alimentaire. L’accentuation de tous ces problèmes est décrite comme étant de la responsabilité des citoyens, mais sans la résolution desquels la stabilité recherchée par 31Tc0FVZcjL._SX327_BO1,204,203,200_nos États sera difficile d’accès.

L’Enfant philosophe t1 : de la métaphysique Ce roman philosophique constitue une apologie de la condition enfantine dans maints États. Ces êtres considérés comme immatures se voient écarter de toutes les considérations humaines. Je mets en scène un enfant imaginaire qui aborde des questions strictement métaphysiques avec son père. Les questions de la mort, du bien et du mal, de l’au-delà, de l’égalité genre, etc., abordées et résolues partiellement par cet enfant.

Le terrorisme : chronique d’un orphelin de guerre – évoque la situation des enfants41DBF9G3wiL._SX331_BO1,204,203,200_ victimes du terrorisme dans le monde. Seydou est cette figure qui représente toutes ces enfances privées de leur joie de vivre par leur situation d’orphelins, obligées de vivre dans la souffrance et donc de mener des activités illicites voire devenir l’ennemi de leur nation comme fit Seydou qui finit par rejoindre le camp terroriste qui extermina ses parents. Les enfants-soldats constituent une conséquence de cette situation. Il convient de la part de nos États de prendre grand soin de tous ces enfants devenus orphelins pour qu’ils ne rejoignent pas ces groupes terroristes et finissent par devenir des kamikazes.

loupNataba et le Roi Loup – publié sous le pseudonyme T. Fouscovski, évoque le problème du favoritisme, de l’hypocrisie ainsi que des vertus comme le pardon, le compromis, etc. Ce livre est juste le reflet des réalités exactes de la société malienne.

Le Mali de 2013-2018 : du règne de l’obscurantisme – publié sous leobcurantisme pseudonyme T. Fouscovski est une analyse critique sur les épines de la démocratie malienne de ces cinq dernières années. Une démocratie caractérisée par les violations graves des droits de l’homme sur tous les plans et notamment sur le plan de la liberté d’expression, mais aussi de l’inversion totale des valeurs maliennes, des violences dans les espaces universitaires jusqu’au problème du terrorisme voire de la laïcité.

musoya (2)Féminitude : Musoya – Cet ouvrage qui doit bientôt paraître chez Innov Éditions, une jeune maison d’édition malienne qui se veut féministe, évoque la situation que vivent les femmes dans nos sociétés, des sociétés dans lesquelles, elles sont sans voix, déconsidérées. La féminitude se veut alors un cri pour la considération du statut des femmes.

 

 

 

 

 

 

Entretien avec Holy Dolores, jeune poétesse Ivoirienne

Holy Dolores (Marjolaine Goué) est une jeune auteure férue de poésie. Elle est l’étoile montante de la poésie Ivoirienne qu’elle marque de ses rimes, à l’instar de Véronique Tadjo, Suzanne Tanella Boni… Ses mots racontent et marquent une époque de son pays, la Côte d’Ivoire.  Ses mots frappent les mémoires et éveillent les consciences. Ses maux sont aussi ceux d’une terre qui fut blessée par la guerre. Une poétesse à suivre.

Bonjour Holy Dolorès. Merci d’avoir accepté cet interview. Pouvez-vous vous présenter ?
H. DoloresJe m’appelle Marjolaine GOUE dans une première vie où je suis ivoirienne, née dans les années 80 et traductrice.
Et Holy Dolores, dans une seconde vie où je n’ai ni âge, ni pays, ni frontières et dans laquelle vie je poursuis à l’infini ma passion pour l’écriture et la littérature.
Dans une troisième vie, je suis rédactrice et bloggeuse, passionnée de l’Afrique et sa culture. J’aime vivre toutes les vies qui me sont données de vivre. Et peut-être qu’il existe d’autres vies que je n’ai pas encore vécues…
AD* J’adore votre présentation. C’est vrai que la vie est faite de plusieurs vies (rires)

Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?
J’étais une enfant calme, timide et introvertie. D’ailleurs, je n’ai pas beaucoup changé ! (Rires) Je n’avais pas beaucoup d’amis voire aucun. Je préférais la bibliothèque de l’école à la cour de récréation (que je trouvais trop bruyante) ce qui n’aidait pas beaucoup à me socialiser. J’étais toujours plongée dans un monde imaginaire et créatif. Tout est parti deholy dolores là, je pense. Ensuite au lycée, je me suis orientée en littérature et à l’université j’ai fait des études d’Anglais.
AD Hum, tout comme vous j’étais une enfant qui préférait la lecture aux jeux (rires). Je m’isolais beaucoup pour lire ou écrire.

Comment avez-vous découvert votre don pour la poésie ?
Après avoir été lauréate de plusieurs prix scolaires et nationaux j’ai commencé à me prendre au sérieux ! (Rires) Et je me suis dit : ‘‘Ça ne peut être ni la chance, ni le travail. C’est peut-être un don !’’

Quand avez-vous décidé de faire éditer vos poèmes ?
Au début, j’écrivais juste pour le bien-être que cela me procurait et pour le plaisir de me lire ! Puis à partir de 2011, j’ai commencé à fréquenter le cercle des écrivains de Côte d’Ivoire. Je participais aux dédicaces et j’aidais mes confrères à faire vendre leurs œuvres auprès des visiteurs. Cela m’a beaucoup ouvert l’esprit. C’est à ce moment que l’envie d’être publiée m’est venue.

de chair et de sangQu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Cela a été sans surprise pour elle ! Ma famille a toujours pensé que je ne pouvais qu’être écrivain ou quelque chose qui y ressemble ! Je suis connue pour avoir la tête dans les étoiles et sortir de l’ornière préférant l’infini de la créativité imaginaire aux cadres définis.

Quelle a été l’inspiration de votre recueil ? (entre nous, je l’ai adoré) De quoi ou de qui vous inspirez-vous ?
Merci de l’avoir adoré ! L’inspiration de mon recueil a été mon quotidien en Côte d’Ivoire marqué par des épreuves personnelles et un pays en guerre.
AD Oui, très touchant et très fort

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfaite ?
J’ai mis assez de temps pour finaliser ‘‘De chair et de Sang’’ car justement au début jede chair et de sang0 n’écrivais pas des poèmes pour être publiée mais pour assouvir un besoin personnel. J’écris pour vivre. Ainsi, les poèmes de ce recueil retracent plusieurs années de ma vie en Côte d’Ivoire qui couvrent la période de 1998 à 2015. Pour la petite histoire, au lycée, j’écrivais des poèmes pendant les cours de maths pour qu’au moins ces heures servent à quelque chose ! (Rires) Et j’avais bien raison car aujourd’hui quelques poèmes de cette période figurent dans le recueil alors que je ne sais même plus comment calculer une distance dans un repère orthonormé ! Il va sans dire que j’en suis pleinement satisfaite quel que soit le temps mis !
AD (rires) Encore quelque chose de commun : écrire pendant les cours de maths. C’est vrai. Ça fait passer le temps

Comment ce recueil de poésie a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ? Depuis, en avez-vous écrit d’autres ? Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
‘‘De Chair et de Sang’’ m’a permis de participer au Salon International du Livre d’Abidjan (SILA 2018) et de faire plusieurs interviews. Les ventes réalisées en France sont convenables car c’est dans ce pays qu’il a été publié. De ce fait, je peux dire que ce recueil de poésie a été bien accueilli dans le monde de la littérature. Après, il faut rester réaliste. Plus je serai connu, plus mes œuvres se vendront comme de petits pains !
J’avais été publiée auparavant en 2012 dans ‘‘Tendresse et Passion’’ une anthologie de poésie regroupant plusieurs auteurs francophones d’Afrique et d’Europe.
holy dolores2Dans mon autre vie, un des articles de mon blog ‘‘l’Autre Afrique’’ a attiré l’attention d’une grande maison d’édition qui m’a sollicitée pour sa reproduction dans un manuel éducatif.
Ainsi à chaque publication (ou reproduction) je sens mon travail valorisé et je me dis qu’après tout, je ne suis pas la seule à aimer ce que j’écris. C’est plutôt rassurant !

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Oui, je le pense fortement ! Et à mon humble avis, la passion d’écrire peut se transmettre par les gènes. J’en suis un bel exemple ! Ma mère écrivait des histoires pour enfant dans le style de ‘‘Martine’’ mais à l’africaine. Elle nous lisait ses manuscrits (à ma sœur Laurence et moi) lorsque nous étions encore enfants. Je trouvais ses histoires géniales et originales ! Cependant, elle n’a jamais été éditée. A l’époque je n’avais aucune idée que je serai écrivaine un jour, mais c’est sûr que maman m’avait déjà transmis la passion de l’écriture à travers le cordon ombilical.
AD C’est une très belle histoire de transmission d’une passion

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement sociétal ?
Certes l’écriture peut être de façon ultime synonyme d’engagement sociétal pour joindre l’utile à l’agréable mais elle est avant tout un moyen de liberté d’expression. C’est un besoin, un exutoire en vue d’un bien-être personnel. Ensuite, ‘‘S’il a de la chance, l’écrivain peut changer le monde’’ par sa plume engagée comme le dit Arthur Miller.

Quels sont vos futurs projets ?
J’ai des projets pleins la tête, c’est sûr, mais il y a un auquel je pense souvent… Pourquoi ne pas écrire un livre avec vous ? (Je parie que vous ne vous attendiez pas à cette réponse ! Rires.) J’y ai souvent pensé sans vous en avoir parlé ouvertement. J’ai gardé toutes les lettres que nous échangions. Nous pourrions écrire un beau livre épistolaire enholy dolores1 publiant en partie ces courriers qui racontent le vécu quotidien et ô combien différent de chacune dans une même période ! Vous en France, moi, en Côte d’Ivoire, ayant pour dénominateur commun une amitié à toute épreuve et l’amour des cartes postales !
AD Effectivement, je ne m’attendais pas à cette réponse (rires). Je trouve que c’est une excellente idée. J’ai gardé aussi nos échanges. Il faut juste que j’arrive à mettre la main dessus (rires).

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Ne jamais désespérer, ne jamais se sous-estimer et oser la différence!

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Avant tout, j’aimerais vous féliciter pour l’idée de votre blog. Il faut être une grande âme pour vouloir mettre les autres en lumière.
Je ne suis pas une bonne critique mais je vais m’y essayer ! Je vous suggère d’écrire plus sur des sujets originaux, des choses qu’on ne sait pas forcément on qu’on n’aurait lu nul par ailleurs que sur votre blog. Les lecteurs aiment souvent le sentiment de dormir moins bête. Personnellement, j’ai adoré votre article ‘‘Angèle Rawiri – Première romancière Gabonaise – 1954-2010’’. J’y ai découvert cette femme qui a eu plusieurs vies (traductrice, écrivaine, mannequin et actrice). Elle me fait penser à quelqu’un ! (Rires) Et pour comparaison la première romancière ivoirienne est Simone Kaya holy dolores(Écrivaine, infirmière, assistante sociale et de santé). Son œuvre ‘‘Les Danseuses d’Impé-eya’’ est à la fois une mémoire et un mémoire de la période coloniale et de l’ère des États indépendants.
Enfin, je pense que plus d’images sur votre blog le rendra plus attrayant. Par exemple, vous pourriez ajouter une belle image ou carte postale en rapport avec le pays d’origine de l’écrivain que vous présentez.
AD Merci pour mon article. Ce sont de très bons conseils qui arrivent au bon moment car je pensais faire évoluer mon blog qui n’a pas encore fêté son premier anniversaire. L’histoire de Simone Kaya me passionne déjà. On verra…

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
J’aimerais vous remercier pour cette belle lucarne que vous m’offrez sur votre blog. C’est une véritable expression de solidarité entre écrivains ! Je souhaite un plein succès à votre carrière littéraire !
AD Merci beaucoup. Je le fais pour le plaisir car l’Afrique est un continent qui fourmille de nombreux écrivains de valeur qui méritent qu’on les mette en lumière

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt. Vous pouvez retrouver Holy Dolores sur son blog « l’Autre Afrique » où elle présente toutes les richesses culturelles Africainesl’autre Afrique

*AD Amélie Diack