BERNARD BILIN DADIE 1916 Ecrivain centenaire 

Bernard Dadié est né le 10 janvier 1916 à Assinie en Côte d’Ivoire. Il est l’écrivain-phare de ce pays. Il a grandi sous la colonisation. Ce qui imprègne tous ses écrits.
Bernard Dadié a fait ses études à Grand Bassam (Côte d’Ivoire) puis, à l’école William Ponty (Sénégal). C’est à ce moment qu’il commença à écrire (pièces de théâtre). Il écrivit toujours à son rythme. Il créa ses « chroniques » au travers desquelles, il étudiait et préservait les autres cultures
Par ailleurs, il eut une grande carrière politique débutée lorsqu’il était étudiant car il était un membre actif du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) jusqu’en 1947. Il y écrivit des articles pour leur journal « Réveil ». Il fut activiste et participa au mouvement Négritude. Son combat pour l’indépendance de son pays, lui valut d’être emprisonné de 1949 à 1950. Il occupa plusieurs postes politiques dont celui de Ministre des Affaires Culturelles de 1977 à 1986.

 

PRIX

  • 1965 Grand Prix littéraire d’Afrique Noire  (Patron de New York)
  • 2016 Prix UNESCO/UNAM
  • 2016 Grand Prix des Mécènes de l’édition
  • 2017 Grand Prix des associations littéraires

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Assimien Déhilé, roi du Sanwi  Théâtre 1936
  • Les villes(Chroniques) 1933
  • Le sens de la lutte Article 1949
  • Afrique Debout Poésie 1950
  • Légendes africaines Nouvelles 1954
  • Le pagne noir Contes 1955
  • La ronde des jours Poésie 1956
  • Climbié Roman 1956 – Autobiographie
  • Un nègre à Paris Roman (chroniques) 1959
  • Patron de New York Roman (chroniques) 1964
  • Hommes de tous les continents Poésie 1967
  • La ville où nul ne meurt Roman (chroniques) 1968
  • Les voix dans le vent Théâtre 1970
  • Monsieur Thôgo-Gnini  Théâtre 1970
  • Papassidi maître escroc Théâtre 1973
  • Iles de tempête Théâtre 1973
  • Mhoi Ceul  Théâtre 1979
  • Commandant Thoureault et ses Nègres Nouvelles 1980
  • Les jambes du fils de Dieu Nouvelles 1980
  • Carnets de prison 1984
  • Béatrice du Congo Théâtre 1995

 

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NAGUIB MAHFOUZ 1911-2006 Le phare de l’Egypte

Ah!!!! Naguib Mahfouz! Quand on me dit Egypte, je pense immédiatement aux pyramides et à Monsieur Mahfouz le plus grand écrivain d’Egypte (entre nous, je dirai du Maghreb). Je suis une fan, donc attendez- vous à ce que je sois très partiale. Je le revendique car c’est l’un de mes écrivains préféré, vous êtes prévenus. Donc, Naguib Mahfouz  est né au Caire (Egypte) le 11 décembre 1911 de parents bourgeois.
Il a mené une vie tranquille malgré quelques incidents. Oui, oui, attendez, je vais vous expliquer. Naguib Mahfouz est né au Caire, a grandi au Caire, s’est marié au Caire et est mort au Caire. C’est dire combien il avait cette ville dans la peau et combien cette ville l’avait dans la peau. Et c’est peu de le dire.
Il fit des études de philosophie avant de s’orienter vers la littérature. Ensuite, travailla en tant que fonctionnaire au Ministère des Affaires religieuses puis dans l’Administration des Arts. En parallèle, il écrivit des articles de presse, des scénarii et s’adonna à l’écriture.
Il fut un écrivain populaire, dans le bon sens du terme. Sa plume refléta l’histoire et l’évolution de son pays, les conditions  de vie des populations des quartiers pauvre du Caire et de la bourgeoisie (la société cairote, toutes classes confondues).Vous avez compris que Naguib Mahfouz a été un pilier de son pays. Il mourut le 30 août 2006 des suites d’une chute à son domicile,au grand désespoir du peuple Egyptien.  Il avait 94 ans.
Naguib Mahfouz est le premier écrivain arabophone à recevoir le prix Nobel de littérature en 1988. Il était un auteur engagé et prônait la tolérance. en 1994, accusé de blasphème contre l’islam, il reçut plusieurs coups de couteau qui lui paralysèrent la main droite. Il se mit, alors, à dicter ses romans.

DISTINCTIONS

Membre de l’Académie Internationale de Culture française de Belgique (1953)
Prix Goncourt (1921)
Grand Prix Broquette-Gonin de l’Académie française (1942)
Grand prix de la Société des Gens de Lettres (1949)
Prix de la Mer et de l’Outre-Mer (1950)
Prix de Poésie de l’Académie française (1959)
Prix Nobel de littérature en 1988

BIBLIOGRAPHIE
Naguib Mahfouz fut un écrivain très prolixe. il écrivit environ une cinquantaine de romans et nouvelles. Il écrivit en anglais et en arabe. Certains de ses livres furent traduits en Français longtemps après leur parution dans le monde arabophone.

– histoire sans commandement ni fin – nouvelles 1971
– la lune de miel – nouvelles 1971
– Miroirs – nouvelles 1972 – traduit en français en 2001
– la malédiction de Râ – roman 1939 – traduit en 1998
– l’amante du pharaon – roman
– le combat de Thèbes – roman 1944
– la belle du Caire -roman 1945 traduit en 2000
– le cortège des vivants 1947 traduit en 1999
– passage des miracles – roman 1947 traduit en 1970
– le murmure de la folie – nouvelles 1947
– chimères – roman 1948 traduit en 1992
– Vienne la nuit – roman  1949 traduit en 1997
– les fils de la Médina 1959 traduit en 1991- A sa sortie, il créa la polémique car il remettait en cause la politique de Nasser Pour mettre fin à la polémique, Naguib Mahfouz accepta de le retirer des ventes 
– le voleur et les chiens – roman 1961 traduit en 1985
– les cailles et l’automne – roman 1962
– le monde de Dieu 1962 – nouvelles – traduit en 2000
– la quête- roman 1964 traduit en 1997
– une maison mal famée – nouvelles 1965
– le mendiant -roman 1965 -traduit en 1997
– dérives sur le Nil – roman 1966 traduit en 1989
– Miramar – roman 1968 – traduit en 1990
– le cabaret du chat noir – nouvelles – 1969
– sous l’abri – nouvelles -1969
– l’amour sous la pluie – nouvelles 1973
– le crime – nouvelles 1973
– Karnak – nouvelles 1974
– récits de notre quartier – récits 1975 – traduit en 1988
– au cœur de la nuit – nouvelles 1975
– Son excellence – roman 1975
– la chanson des gueux – roman 1977 – traduit en1989
– l’amour au pied des pyramides – nouvelles 1979 – traduit en 1997
– Satan prêche 1979
– le temps de l’amour 1980
– les noces de Qobba 1981
– les mille et une nuits 1982 – traduit en1997
– j’ai vu dan mon sommeil – nouvelles 1982
– heure H-1 – nouvelles 1982
– devant le trône – roman 1983
– le voyage d’Ibn Fattouma – roman 1983
– l’organisation secrète – nouvelles 1984
– Akhenaton le renégat – roman 1985 traduit en 1989
– le jour de l’assassinat du leader – roman 1985 – traduit en 1989
– propos du matin et du soir – roman 1987 – traduit en 2002
– matin de roses – roman 1987 – traduit en 1998
– Quchtumar -roman 1988
– l’aube trompeuse – nouvelles 1989
– écho d’une autobiographie – récit 1996 -traduit en 2004
Il écrivit aussi la fameuse trilogie du Caire. Après la publication de cette trilogie, Naguib Mahfouz eut un passage à vide car, d’après lui il a ressenti sa propre mort à travers celle de la société qu’il avait l’habitude de côtoyer. Il arrêta d’écrire en 1952 et 1955
– impasse des deux palais – roman 1956 – traduit en 1987
– le palais des désirs – roman 1957 – traduit en 1987
– le jardin du passé – roman 1957 – traduit en 1989
A sa mort Naguib Mahfouz ne laissa pas un vide , mais un grand trésor littéraire dont devrait bénéficier tous les lecteurs du Monde.

ASSIA DJEBAR (1936-2015) Première Académicienne du Maghreb

Fatima Zohra Imalayène (Assia Djebar) est née le 30 juin 1936 à Cherchell en Algérie, dans une famille bourgeoise. Durant son enfance en Algérie, elle étudie à l’école française et suit des cours dans une école coranique privée. En 1953, après avoir obtenu son Bac, elle intègre l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres (France), en 1955. Elle est, ainsi , la première femme Algérienne musulmane à y être admise.

A partir de 1959, elle enseigna l’histoire en France , avant de retourner en Algérie indépendante pour y enseigner la philosophie et l’histoire. En 1965, du fait que les cours soient en arabe, elle revint en France où elle eut une courte carrière politique.

A partir de 1995, elle prit une chaire à l’université de Bâton Rouge en Louisiane et devint professeur titulaire à l’université de New York en 2001. Elle fut élue à l’académie française le 16juin 2005. Elle est la première femme du Maghreb à y entrer. Assia Djebar est décédée le 6 février 2015 à Paris. Cette année là, le Prix Assia Djebar du roman fut créer afin de promouvoir la littérature Algérienne.

Dans ses écrits, Assia Djebar aborde souvent son vécu, la révolte, la difficulté d’être, la soumission des femmes, la rigueur des lois envers la conditions de ces dernières. Par ailleurs, elle mentionne souvent la guerre d’Algérie, de son choix cartésien tant culturel que linguistique.

PRIX LITTERAIRES

  • 1989 Prix Liberatur de Francfort (Allemagne)
  • 1995 Prix Maurice Maeterlinck (Bruxelles)
  • 1996 International Literary Neustadt Prize (Etats Unis d’Amérique)
  • 1997 Prix Marguerite Yourcenar
  • 1998 Prix international de Palmi (Italie)
  • 2000 Prix de la paix des éditeurs allemands
  • 2005 Prix Pablo Neruda
  • 2006 Prix International Grinzane Cavour pour la lecture

 

BIBLIOGRAPHIE

Assia Djebar fut une écrivaine prolixe. Elle s’est essayée à tous les genres (roman, nouvelle, poésie, récit, essai, théâtre).

  • 1957 La soif – roman
  • 1958 Les impatients – roman
  • 1961 Women of Islam – essai
  • 1962 Les enfants du Nouveau-Monde – roman
  • 1967 Les alouettes naïves – roman
  • 1969 Poèmes pour l’Algérie heureuse – poésie
  • 1969 Rouge l’aube – théâtre
  • 1980 Femmes d’Alger dans leur appartement – nouvelles
  • 1985 L’amour, fantasia – roman
  • 1987 Ombre sultane – roman
  • 1991 Loin de Médine – roman
  • 1995 Vaste est la prison – roman
  • 1996 Le Blanc de l’Algérie – récit
  • 1997 Les nuits de Strasbourg – roman
  • 1997 Oran langue morte – roman
  • 1999 Ces voix qui m’assiègent en marge de ma francophonie – essai
  • 2002 La femme sans sépulture – roman
  • 2003 Disparition de la langue Française – roman
  • 2007 Nulle part dans la maison de mon père – roman

 

 

 

 

RENE MARAN bibliographie

Et nous revoilà pour parler de René Maran. Ce génie de la littérature Noire, précurseur du mouvement Négritude qui a reçu plusieurs prix en plus du Goncourt:

  • Membre de l’Académie Internationale de Culture française de Belgique (1953),
  • Pris Goncourt (1921)
  • Grand Prix Broquette-Gonin de l’Académie Française (1942)
  • Grand Prix de la société des Gens de Lettres (1949)
  • Prix de la Mer et de l’Outre-Mer (1950)
  • Prix de Poésie de l’Académie Française (1959)

Il fut un écrivain prolixe, malgré les métiers qu’il exerça :
la maison du bonheur – poésie 1909
la vie intérieure – poésie 1912
Asepsie noire – essai – 1931
Le petit roi de chimère – conte -1924
les belles images – poésie – 1935
Félix Eboué, grand commis et loyal serviteur 1885-1944 – essai
le livre du souvenir (poèmes 1909-1957) – poésie – 1958
le visage calme – poésie 1922
Tchad – de sable et d’or – essai -1931
Afrique Equatoriale: terres et races d’avenir – essai – 1937
peine de cœur – nouvelles -1944
cœur serré – 1931
l’homme qui attend 1937 fut réédité en 1947 avec pour titre L’homme pareil aux autres
journal sans dates – œuvres inédites – 1927
pionniers de l’empire T.1 – essai -1943
pionniers de l’empire T.2- essai -1946
Livingston et l’exploration de l’Afrique – essai – 1938
Brazza et la fondation de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) -essai -1941
Bertrand du Guesclin, l’épée du roi – essai – 1960
Bacouya le cynocéphale – roman – 1953
Mbala l’éléphant – roman- 1947

Il va de soi que chacun de ses écrit seront abordés individuellement ou en groupe selon le contexte d’écriture. J’évoquerai l’histoire de chacun de ces livres et leur impact sur la vie de l’auteur et la société de l’époque. Cela pourrait s’avérer surprenant.

 

 

RENE MARAN le Goncourt oublié

Sa vie a été aussi chaotique que sa naissance. Je vous assure que c’est vrai.
Imaginez deux amoureux guyanais qui prennent le bateau pour rejoindre la Martinique. En pleine mer, leur bébé décide de venir leur faire un petit coucou le 5 novembre 1887. Imaginez la tête des parents, entre la joie, les hauts le cœur (houle oblige), le bonheur et le casse-tête administratif (sa naissance fut enregistrée à Fort de France le 8 novembre 1887).

Voilà comment a débuté la vie de cet homme. Surprise!!! Me v’là! Youpi!!! Ses parents furent si surpris qu’ils s’installèrent au Gabon (en fait, son père avait été muté dans cette contrée) et le petit René se fit un plaisir de côtoyer les petits voisins. Euh, là, c’est mon cerveau qui s’égare, mais, il les observa beaucoup et les fréquenta un peu.
Pour lui apprendre la vie, ses parents l’envoyèrent à l’internat en France. Bon sang, quelle mauvaise idée! Non seulement, il retrouva

Félix Eboué  et il se fit de nouveaux amis Senghor, Césaire et toute la clique. Ces derniers lui annoncèrent une bonne nouvelle: il était noir et donc, pouvait faire partie de leur club nommé Négritude. René Maran accepta avec plaisir et beaucoup de zèle (il est l’un des précurseurs de ce mouvement). Il fit de brillantes études et alla représenter la France en Oubangui-Chari (actuel Tchad) où il retrouva pour une courte durée, son père. Entretemps, il a eu le temps de se marier en 1927. En Oubangui, il mit autant de zèle que les autres à ne pas trop travailler. Ce qui lui permit de bien observer la vie des Africains et des colons. Un regard assez pertinent. René Maran décida  d’écrire son roman Batouala qui lui valut des honneurs et des problèmes. J’aborderai ce sujet avec le roman incriminé. Il mourut le 9 mai 1960 à Paris.

MARIAMA BA, l’étoile filante de la littérature Sénégalaise

Mariama Bâ est née le 17 avril 1929 à Dakar au Sénégal, dans une famille aisée. Cependant, au décès de sa mère, elle a été élevée par ses grands-parents, dans le respect des traditions (éducation musulmane traditionnelle). Elle fait partie des premières femmes à avoir été scolarisées durant la colonisation. En parallèle à ses études coraniques, elle a fréquenté  l’Ecole Normale de Rufisque en 1936. Très douée, elle s’est orientée vers l’enseignement (institutrice) en 1947. Elle s’est mariée trois fois et a eu neuf enfants. Au vu de son parcours personnel, elle était prédisposée à interroger la place et le rôle de la femme dans la société traditionnelle sénégalaise voire africaine.

Elle s’est attelée à cette tâche avec beaucoup de cœur en écrivant de nombreux articles sur le droit des femmes en Afrique. Par ailleurs, elle a dénoncé l’inégalité homme/femme à travers de nombreux discours. Du fait de ses trois mariage et de ses divorces, elle posait un œil critique sur la société Sénégalaise, sur le droit des femmes dans une société patriarcale. Elle opposait la tradition et la modernité.

Ses œuvres abordent tous les sujets polémiques dans la société traditionnelle: la polygamie, le problème des castes, l’exploitation de la femme traditionnelle. En 1980, son premier roman, une si longue lettre, a reçu le prix NOMA à Francfort.

Malheureusement, cette femme très douée n’a pas pu montrer toute l’étendue de ses talents. Le 17 août 1981, à Dakar,  elle perdait son combat contre le cancer. Son second livre, une fleur écarlate est sorti en 1981, à titre posthume.