LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Entretien avec Amal Bakkar, jeune auteure franco marocaine

page_29_thumb_largeBonjour Amal, Je suis vraiment heureuse que vous ayez accepté cet entretien. Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je m’appelle Amal BAKKAR. Je suis femme de 45 ans et je suis également maman de deux garçons de 13 et 10 ans. J’habite Paris depuis plus de 20 ans et j’adore la richesse que véhicule cette très jolie ville au niveau culturel et gastronomique. Mes deux péchés mignons.

Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
J’ai eu une enfance compliquée avec un amour que mes parents ont pu donner malgré le déracinement de leur pays d’origine (Le Maroc). Un père sévère qui m’a transmis de bonnes valeurs de respect et d’autonomie et ma mère autoritaire qui m’a transmis le partage et l’amour de la cuisine. Mes études, que j’ai exploré, m’ont permis d’exercer en tant que commerciale dans les jeux de société, chef de projet au groupement des cartes bancaires et assistante ressources humaines au Ministère de l’Intérieur.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Étant qualifiée d’hypersensible, j’ai depuis le plus jeune âge (5/6 ans) eu besoin comme une hygiène mentale d’écrire ce que je ressentais ainsi que d’écrire des histoires.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Quand mon entourage (amies) a découvert mes écrits et m’a dit que j’avais choisi la bonne voie. Quand on est enfant, le miroir de l’autre fait du bien pour se guider, pour ses propres choix.

RokiaQu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
J’ai essayé de leur en parler. Certains ont pris plaisir à me lire et notamment mon recueil de nouvelles ROKIA les masques tombent et ont adoré.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Je me suis inspirée d’auteurs contemporains comme Katherine Pancol, Guillaume Musso, Marc Levy, Douglas Kennedy et tant d’autres…la liste est très longue.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfaite ?
J’ai mis un an pour écrire ROKIA les masques tombent. Pour moi, c’est comme la conception d’un enfant. Prendre le temps est essentiel et puis un jour hop hop hop le bébé littéraire décide de sortir…même si vous n’êtes pas prête.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Il a été très bien accueilli dans le monde littéraire. On m’a fait beaucoup de retours bienveillants sur mon style d’écriture.

Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ?
Je suis en train d’écrire un roman à 4 mains avec mon compagnon. Je vous en dirais un peu plus dans quelques semaines.

Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
La boule au ventre ; Je le répète, je suis pour ceux qui me connaissent très bien une ultra hyper sensible. Tout fait écho en moi.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion de l’écriture peut bel et bien se transmettre grâce à des ateliers proposés dès le plus jeune âge aux enfants pour leur donner les outils pour avoir confiance en eux en exprimant leurs émotions. Leur apprendre que s’exprimer est propre à chacun et fait du bien. Qu’il n’y a pas de jugement à poser et chacun a sa propre sensibilité et sa ronde Amelbshooting712d’émotions à gérer.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
L’écriture pour moi est synonyme d’engagement et aussi de transmission que l’on a, que l’on porte et pour lesquels on « milite »

Quels sont vos futurs projets ?
Organiser des ateliers d’écriture pour les enfants et dans les écoles

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
De foncer, de ne pas avoir peur du jugement et que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Rester authentique aussi.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Merci à votre blog multiculturel d’exister et riche d’articles sur les auteurs.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Merci pour cet interview

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

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Entretien avec Théo Ananissoh, homme de Lettres Togolais – 1962

9782072733307_1_75Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous dis « qui êtes-vous ? », que répondez-vous ?
Théo Ananissoh, écrivain togolais.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Eh bien ! la maternelle et l’école primaire à Carnot et à Berberati (c’est en République centrafricaine où je suis né en 1962), le collège à Lomé au Togo, le lycée à Dapaong, également au Togo, et l’université à Lomé puis à Paris (La Sorbonne, Paris III).
Un bon souvenir de l’école primaire évangélique à Carnot : les pasteurs suisses qui nous éduquaient. Des femmes douces et patientes. Quelque chose s’est fixé en moi alors pour la vie.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?002496089
J’ai commencé. Enfance merveilleuse en Centrafrique dans les années 60 et 70. Du fait de la profession de mon père (gérant d’un grand magasin de commerce), nous vivions dans des propriétés isolées qu’occupaient les colonisateurs quelques années plus tôt. Ceux-ci y ont laissé beaucoup de livres que j’aimais lire ou essayer de lire. A onze ans, je voulais devenir écrivain. Je suis de près la situation politique générale en Centrafrique. Je voudrais pouvoir y retourner pour un séjour approfondi sur les lieux de mon enfance. Je dois à ce pays de ma naissance un ouvrage – une œuvre littéraire.

41w-RA1FKmL._UY250_A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Je me souviens exactement qu’à l’âge de onze ans, après avoir lu un ouvrage intitulé « La belle histoire de Leuck-le-lièvre » signé de Léopold S. Senghor et d’Abdoulaye Sadji, j’ai demandé à un employé de mon père ce qu’étaient ces deux personnes que je viens de nommer. Il m’a répondu : des écrivains. Cela a suffi. J’ai commencé alors à rêver d’être un jour comme eux, un écrivain. Je n’ai jamais plus éprouvé autre chose que ce désir jusqu’à l’âge adulte.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?
Non. C’était un désir secret. Mes parents ne pouvaient pas comprendre ce que c’est qu’écrire. Au lycée, un de mes profs – un Français qui nous enseignait les maths – a sans-titredeviné mes intentions et m’a encouragé. Je n’ai pas confirmé.

A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
La savane arborée au nord du Togo, à la frontière avec le Burkina. Très belle région aux horizons splendidement dégagés, pas du tout touffue de végétation comme les lieux forestiers de l’Afrique centrale où je suis né et que j’aime aussi mais que je crains.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ?
Difficile à dire. Une année à peu près d’écriture et quelques années de relectures plus ou moins régulières dans la mesure où je ne parvenais pas à trouver un éditeur.

41WD2KTG3WL._UY250_A.D. Qu’avez-vous éprouvé après l’avoir écrit ?
Avant cet ouvrage publié chez Gallimard en 2005 sous le titre de « Lisahohé », j’avais écrit des choses jamais satisfaisantes pour moi-même. Avec ce roman, déjà sous forme de manuscrit, j’ai eu enfin un sentiment de confiance quant à mon objectif de devenir écrivain.

A.D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Rien de singulier – heureusement. Quelques voyages et invitations pour en parler – en particulier une invitation à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds en Suisse romande. En février 2005, j’ai participé au festival des Étonnants voyageurs qui se tenait à Bamako au Mali. Une journaliste de Libération couvrait l’évènement. Dans son long papier publié dans le quotidien ensuite, elle m’a consacré quelques lignes accompagnées de ma photo. Une association suisse qui s’occupait de réfugiés africains à Neuchâtel, ayant lu cela, m’a invité à une rencontre9789973580160-200x303-1 littéraire dans une brasserie. Ce sont des protestants là-bas, n’est-ce pas, comme moi. Ils m’ont dit franchement qu’ils m’avaient choisi, moi auteur d’un seul roman, et pas quelqu’un de plus connu parce qu’ils n’avaient pas les moyens de payer plus que le voyage et le logement. Encore aujourd’hui, je reste très heureux de cette invitation. Ce fut une belle soirée de rencontre avec des gens courtois et aimables qui m’ont rappelé les pasteurs chez qui j’étais à l’école primaire. Tous les exemplaires commandés de mon roman ont été achetés. La Suisse est très présente dans mon parcours d’écrivain.

A.D. Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
Mon éditeur chez Gallimard, Jean-Noël Schifano, m’a dit un jour : « Chaque livre publié est une victoire. » Pour qui a l’expérience du milieu, cela est vrai. Je reprends à mon compte cette phrase et le sentiment qu’elle contient.

41ZqJjGKdJL._UY250_A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Transmission involontaire, oui, du simple fait d’être comme on est, je crois. De jeunes interlocuteurs chez moi au Togo me disent ou m’écrivent souvent ceci : « J’aime comme vous êtes. » Je suppose que d’une telle appréciation à l’envie de devenir soi-même écrivain, il n’y a pas une grande distance.

A.D. Que représente l’écriture pour vous ?
Une raison d’être.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
Oui. Je ne l’entends pas au sens étroit ou idéologique mais humain. L’homme se voit vivre ainsi. Se pense, s’observe, se juge. Ça ne peut donc être neutre ou sans raison quant à la condition humaine.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?51VhlIo3DyL._SX195_
Un roman en cours. Je voudrais y sublimer la femme, l’Africaine. Elle est un sujet magnifique.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Mon Dieu ! Il faut beaucoup lire… les auteurs des pays dits anglo-saxons – j’y inclus les romanciers africains anglophones. Aux jeunes auteurs d’Afrique : persévérance (rien n’attend et n’encourage leur talent), éthique, et leur lieu d’origine comme référence, sans cesse.

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Je le trouve bien fait. Mais, je ne suis vraiment pas qualifié dans ce domaine pour en juger ou exprimer des suggestions. Merci de cet intérêt pour les livres et les écrivains.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Merci de vos questions qui m’ont bien plu.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.

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Entretien avec Franck Kouamé entrepreneur et écrivain

Bonjour. Je vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions. Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour Amélie. Je me présente. je m’appelle Franck Kouamé. J’habite à Corbeil-Essonnes et je possède une entreprise de maintenance en appareils électroménagers à domicile dans laquelle j’effectue les répartitions. Et je suis également un auteur.

Pouvez-vous nous parler des souvenirs de votre enfance, de vos études ?
Mes souvenirs d’enfance sont très nostalgiques en ce qui concerne les jeux de balles avec les copains du quartier et les fêtes régulières à la maison. Surtout le goût de l’écriture précoce. J’ai débuté avec un B.E.P en électrotechnique que j’ai obtenu en 2004. Puis vint412aay4OCBL._SX351_BO1,204,203,200_ le BAC PRO MEAMC ( maintenance en appareils électroménagers à domicile et collectivités) ainsi qu’un titre professionnel de technicien électrodomestique.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Je l’ai découvert en aimant avant tout la poésie quand j’étais à l’école primaire. C’est à partir de là que min envie d’écrire fut pour moi une sorte de révélation.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Bien plus tard à partir de 2013. Ayant plein d’idées derrière la tête, je commençais par écrire tout d’abord pour moi et de le montrer à mes proches ce que je valais.

Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
Quand je leur disait que je voulais devenir écrivain, ils y croyaient mais c’était à moi de 71g92KSjVvL._AC_UL436_le développer au fur et à mesure, que j’aie foi en moi. Et c’est ce que je fais jusqu’à présent.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Mon inspiration porte tout particulièrement sur deux choses ; mon désir de devenir écrivain et le dur labeur que certains écrivains endurent pour transmettre des messages dans le but de se développer personnellement , surtout en Afrique. J’ajouterai aussi que les années soixante-dix me fascine.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Vous ne me croirez pas si je vous disais que j’ai mis trois ans à le mettre sur pied ! En fait c’est quand j’écrivais au fur et à mesure que la satisfaction se développa en crescendo car je voulais faire de mon roman une histoire inspirante.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Bien que ce roman à été publié il n’y a pas longtemps, l’objectif de faire connaître monsans-titre livre est parfois difficile surtout quand c’est le premier. Et l’ayant publié moi-même je fait tout mon possible pour que tout un chacun puisse se saisir de ce petit message littéraire.

Vous en avez écrit un autre ? comment vous sentez-vous à chaque publication ?
J’ai également écrit un petit guide de dépannage électroménager afin que chaque personne découvre lui-même les bases de la répartition. J’en écrit d’autres mais c’est encore un secret… j’en retire une grande satisfaction.

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion de l’écriture peut se transmettre dès le bas âge. Les enfants sont le ciment d’un monde meilleur à partir du moment où l’on prend conscience de leur importance. Le monde de la littérature est bien vivant car il y a multitude de sujets intéressants. Les 41dGoPCT7wL._AC_UL436_parent en sont les premiers transmetteurs, suivi ainsi par le domaine de l’éducation dans nos écoles et institutions.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
L’écriture est pour moi un exutoire, une sorte de libération capable de transcender les quatre coins du monde sans pour autant voyager. C’est plus qu’un engagement, c’est une mission.

Quels sont vos futurs projets ?
Mes projets littéraires sont encore secret mais je vous en dirais d’avantage par la suite…

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

De ne jamais abandonner et d’avoir foi en eux peu importe le temps car le soleil brille pour tout le monde comme qui dirait un dicton.franck kouamé

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?

Tout est très bien structuré si ce n’est d’y introduire un lien pour chaque livre proposé. J’espère que mon avis sur ce point vous aidera.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Plus rien à rajouter si ce n’est le fait d’apporter de la valeur ajoutée dans le monde littéraire et artistique.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
C’est moi qui vous remercie.Très bonne continuation Amélie.

Entretien avec Laity Ndiaye, instituteur et poète Sénégalais – 1989

Laïty Ndiaye est actuellement instituteur dans la Région de Kaolack au Sénégal. Il a écrit deux recueils de poésie et une pièce de théâtre. Il participe à des revues poétiques comme «17 secondes», «La Cause Littéraire« ou «Le Capital des mots». A travers ses rimes, sa prose, il fait part au monde de ses rêves. De ses questionnements sur notre époque. Avec une grande lucidité.

Exif_JPEG_420A.D Bonjour Laity Ndiaye, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. Pouvez-vous vous présenter?
L.N Bonjour, je m’appelle Laity Ndiaye. Je suis un auteur sénégalais et instituteur dans le public.

A.D Pouvez-vous nous parler votre enfance, vos études?
L.N Je suis né en Cote d’ivoire, en 1989, plus précisément à Agboville dans une commune, dans le sud, pas loin d’Abidjan. J’ai passé une enfance plutôt calme. À tel point qu’il ne m’en reste plus un souvenir intacte. Je me souviens que nous habitions un quartier assez convivial et vivant, « vert » à souhait (si vous connaissez la végétation de ce pays). Mon père était comptable dans une scierie pas loin de mon école élémentaire et celles de mes deux grandes sœurs Mossane et Mari, EPP COTIVO (ma sœur cadette Dior faisait la maternelle). Ma mère Ndeye Coumba Ndour, s’est chargée essentiellement de notre éducation. Je me souviens que je passais la plupart de mon temps à la maison, entre dessins animés et bande dessinées, vélo, Playstation et jeux inventés (avec mes amis d’enfance Brice, Stéphane, Arthur…) et maitres de maison (lol).
Nous y sommes restés jusqu’à la veille de la guerre civile et c’est en 2001 que la famille a débarqué au Sénégal, à Ndoffane Laghem. Mon père Birame est de Tanda Mboudaye, ma mère Ndeye Coumba Ndour de Sikatroum et Sokone.
Jai fait le collège à Ndoffane, le lycée à Kaolack et après le Bac, 3 années universitaires à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au département de littératures et civilisations des pays de langue anglaise. J’ai suspendu la fac juste après l’obtention de la licence en f14da79d50226aed4fbf (2)2011 : j’étais trop peu motivé et beaucoup trop dispersé lol.

A.D Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
L.N Mon désir d’écrire est né du contact au lycée avec la littérature. L’initiation en seconde avec la littérature francophone (française et africaine notamment). Jai eu la chance aussi de partager ces années-là avec des amis qui partageaient une commune passion de l’écriture Pape Serigne Sylla (qui faisait carrément du rap), et Cheikhou Omar Niang. Nous nous sommes essayés tous ensemble à écrire nos premiers poèmes. J’ai écrit mon premier poème en classe de seconde « Passagère éphémère ».

A.D Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
L.N Quand les poèmes se sont suivis …aussi quand mes amis m’ont conseillé d’y penser plus sérieusement. C’est à ce moment-là que je me suis, à mon tour, motivé.

A.D Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
L.N Vous savez, même aujourd’hui je préfère laisser les gens réaliser ce que je prétends devenir. Par conséquent, il n y a pas eu ce moment où je le leur annonce. Aujourd’hui, toute la famille est au courant et me soutient (mes proches aussi) et amis de tous les jours.

1529355290960 (2)A.D Quelle a été la source d’inspiration de votre premier recueil ?
L.N Il faut peut-être préciser que je n’ai pas écrit Textes Vespéraux « intentionnellement »… j’étais entre 2006 et 2012 je m’entrainais à écrire des poèmes, ces textes-là qui ont fini par faire ce recueil publié aux éditions Edilivre.
L’inspiration principale du recueil se trouve cristallisé dans un seul poème naïf lol « Le Phénix » même si d’autres thèmes y sont et que le recueil est riche en genres et postures.

LE PHÉNIX
Du trône en or dans mon cœur je t’ai vu descendre.
Moi phénix, encore, je renais de mes cendres,
De ma mélancolie mes textes ont fait le deuil,
On dirait des larmes sur une feuille,
J’ai versé d’abord la première, je recueille
Ensuite une deuxième puis vint le recueil.
Ce jour noir, baptême d’une nouvelle passion
M’a vu transformer mes larmes en inspiration.
De la trahison, ce mirage… ton accueil,
À mon âme blessée, il ne restait plus rien sinon l’orgueil ;
Mon amour que tu as violenté puis poussé de l’escalier,
Au lieu du palier est retombé mollement sur du papier.
© TEXTES VESPERAUX, EDILIVRE 2012

A.D Superbe. Vraiment1529355290960

A.D Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
L.N Je crois qu’il m’a fallu quelque chose comme 6 ans, entre le moment où je me fais la main – où je me cherche et le moment où je décide de relire, retoucher, faire relire et relier le tout (naïvement) dans TEXTES VESPERAUX. J’étais satisfait, à l’époque, car je me voyais un peu mis en lumière, ça m’a permis de publier dans des revues poétiques, magazines culturels, et d’en vouloir plus (j’en remercie Edilivre même si d’un côté l’édition pouvait toujours être mieux menée)…mais bon j’imagine que tout est relatif dans la vie.

A.D Comment ce recueil a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
L.N Je ne sais pas trop : vous voyez, avec Edilivre il n’y a pas eu de présentation du livre au grand public, ni de cérémonie de dédicace, aucune stratégie de promotion mise en œuvre. Tout ce que je sais c’est que l’œuvre est en ligne un peu partout…et c’est tout. Je réside au Sénégal, les choses se passent en France. Cela dit, j’ai fait lire le recueil à quelques connaissances qui m’ont peut-être laissé entendre ce que je voulais (rires).
1530619662326A.D J’ai eu le même problème avec Edilivre. Mon livre n’a reçu aucune promotion de leur part. J’ai résilié mon contrat avec eux.
L.N Quand on n’a plus le choix.

A.D Avez-vous écrit d’autres livres ? Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
L.N En 2013, je me suis essayé au théâtre avec une espèce de fiction L’Apocalypse ; toujours avec Edilivre. Une pièce dérivée d’un poème qui avait de la ressource sans doute.
Et cette année est paru mon second recueil Journal d’un Schizo aux éditions Harmattan Sénégal, un recueil de poèmes de 55 poèmes avec un champ thématique différent (une maison d’édition différente aussi lol)
À chaque parution, je me sens « excité », plein d’espoirs comme un chanteur qui sort un disque. J’aime beaucoup la musique, d’ailleurs je me sens comme un artiste ou un acteur (c’est une confidence) …disons que ce qui me manque, c’est de faire des concerts.IMG-20180711-W

A.D Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais?
L.N Oui absolument
Je suis de ceux qui pensent qu’elle n’est pas systématique bien qu’on puisse avoir des prédispositions. Il vient forcement où on a un déclic, une inspiration, une motivation supplémentaire.
Cette passion se contracte oui soit par un contact avec des gens, avec des choses ou par l’école, par la lecture, par des nouvelles expériences, par n’importe quoi …

A.D Que représente l’écriture pour vous? Est-elle synonyme d’engagement sociétal ?
L.N L’écriture est pour moi un asile. Le moment où j’écris est un moment particulier dans la journée (je me souviens, par exemple, il m’arrive de me souvenir à quel moment j’ai écrit certains de mes textes). L’écriture est amour pour reprendre ce que disait l’écrivain Sony Labou Tansi. En ce qui me concerne, mon écriture est parfois engagée parfois non. Je marche au feeling. Il faut que j’aie impérativement envie d’écrire sur un sujet pour aller au bout. Alors, selon moi, c’est bien de mettre « sa plume » au service d’une cause mais si tant est que le cœur et l’inspiration y soient.

1529355290960A.D Quels sont vos futurs projets ?
L.N Depuis un long moment maintenant, j’ai bien envie de créer une revue poétique sénégalaise en kiosque et en ligne qui servirait de vitrine aux poètes sénégalais. Je pourrais m’y mettre d’ici peu. L’idée m’est venue de par le constat (mon expérience personnelle) qu’ici au pays il y a beaucoup de poète mais chacun suit son propre chemin, en solo (sans apprendre des autres et échanger). Il nous manque un cadre qui nous mobilise tous…à propos, je suis membre fondateur avec d’autres du cercle des auteurs et amoureux du livre de Kaolack (CAALK). Publier n’est pas chose facile, il faut alors des vitrines pour auteurs (en guise d’alternative).
Par ailleurs, j’écris toujours.

A.D Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
L.N Mon conseil aux jeunes auteurs, c’est d’apprendre, je les invite au travail, à la lecture des autres et à la patience. Un livre étant fatalement une partie de soi, il faut s’appliquer dans sa conception, sa réalisation et son suivi.

A.D Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien Exif_JPEG_420est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
L.N Votre blog est bien tenu. Accueillant. Je vous trouve peut-être un peu effacée dans le blog. Est-ce voulu ?
A.D Oui, tout à fait. J’ai mon blog auteur. Le blog « Littérature d’Ailleurs » me permet de parler de la littérature africaine. Une littérature riche et qui a le droit de se faire connaitre.
L.N Absolument. J’en sais quelque chose de votre travail parce que je vous suis sur vos deux blogs et sur Facebook. Bonne continuation et merci.

A.D Merci à vous. Je suis très touchée. Je commence à faire des adeptes à travers le Monde (jusqu’en Corée du sud, j’en suis encore étonnée). Les gens me demandent des conseils de lecture et sont heureux de découvrir « une littérature riche et dépaysante« 

A.D Avez-vous quelque chose à rajouter ?
L.N Merci. Il est très difficile de parler de soi d’où l’importance de moyens comme votre blog. Je remercie pour leur soutien Aly Bâ, Moustapha, Woury, Cheikhou, ma famille, mes ami(e)s…
Je rajouterai seulement pour ceux qui voudront me lire que je suis joignable sur Facebook (daphoenix LN). J’ai également un blog : laityndiaye.wordpress.com.
Pour mon actualité, en décembre, je serai étapiste sur LES RENCONTRES DU FLEUVE à Kaolack. Merci à vous
A.D Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. 

Entretien avec Kangni Alem, auteur et dramaturge Togolais – 1966

9782916101743.jpgKangni Alem est un auteur que l’on ne présente plus.  C’est un écrivain dont la plume a été primée à de nombreuses reprises. Un auteur dont TiBrava est le monde imaginaire où évoluent ses personnages. TiBrava est pourtant un reflet très réel de la société africaine actuelle. Je remercie Kangni Alem pour sa disponibilité. Merci de nous faire entrer dans votre monde. couv_11059

A.D Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous disais « qui êtes-vous », que répondrez vous?
Kangni Alem Un écrivain togolais cosmopolite ? Cela me définit mieux, je crois. Ou, à défaut, l’inventeur d’un territoire romanesque nommé TiBrava, un espace mosaïque dans lequel j’enclos mes secrets et mes rêves.
A.D Ce monde empiète-t-il sur vos écrits ?
K.A Peu ou prou, puisqu’il est issu d’une expérience sensible de mes pérégrinations à travers l’Afrique. TiBrava est d’abord 2747530388rafricain, après c’est un univers problématique de mes relations avec mon pays natal, que je reconstruis par le biais de la fiction, pour mieux l’habiter.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
K.A J’ai fait mes études jusqu’à la Licence de Lettres au Togo, puis j’ai poursuivi un temps, en France et aux États-Unis (Wisconsin), avant de finir une thèse de littérature comparée à Bordeaux, et de devenir enseignant. Des souvenirs de mes études, les épisodes les plus marquants demeurent ma scolarité à l’école primaire catholique de Bassadji, le quartier populaire de Lomé où je suis né. Cette école confessionnelle se trouvait entre la forêt sacrée des adeptes de la religion Vodou et la mosquée. J’avais plaisir à vivre dans ce mélange des divinités. C’était mon théâtre premier, le Théâtre des 31L0wQOb9vL._AC_US218_sortilèges. De façon générale, mes études m’ont ouvert au monde des Arts, et nourri ma personnalité d’intellectuel.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?couv_145
K.A J’en ai beaucoup. J’étais un enfant porté vers l’imaginaire le plus débridé. Que ce soit dans la pratique de la religion, dans l’amour du théâtre populaire, de la bande dessinée. Très tôt, j’avais le goût de la beauté des femmes, et je n’aimais pas le foot. Je garde en mémoire les humiliations subies lors des tournois scolaires de football où l’on m’alignait sans mon avis ; mais je garde aussi un souvenir très fort de la mort de mon oncle maternel : encore aujourd’hui, je suis le seul à croire que le jour même où il disparaissait, j’ai été le seul à apercevoir son ombre sur la route qui menait à la maison. Ce souvenir influença à jamais ma conception des univers réels et parallèles lorsque j’écris.
A.D Vous savez, une amie à ma mère a su qu’elle avait perdu sa mère quand cette dernière (qui était aux Antilles) a traversé devant sa voiture (à Dakar). Arrivée chez elle, elle avait le message de l’une de ses sœurs qui lui confirmait la nouvelle.
557ac5c052K.A Le monde parallèle est une donnée que la rationalité nous empêche d’accepter. Il faut avoir vécu dans sa chair cette expérience presque spirituelle pour en parler avec sincérité.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
K.A En lisant les manuels de Français de mon grand-frère, les fameux manuels Bordas illustrés des années 70. Je m’imaginais l’auteur de tous les textes que je lisais. Je les recopiais, et9782911464256-xs remplaçais les noms de Hugo, Lamartine, par des pseudonymes que je m’inventais. J’ai commencé à écrire mes propres textes en classe de 4e. Mais après mon Bac, j’ai pris confiance en moi, grâce au théâtre, et écris ma première pièce de théâtre à 23 ans, Chemins de croix, qui obtiendra le Prix du Concours théâtral Interafricain de RFI. Après cela, je n’ai plus jamais douté de mes dons, mais j’ai dû apprendre à les travailler, et nourrir ma sensibilité artistique par la musique, les arts plastiques, l’expérience des voyages.

A.D. À quel moment avez-vous décidé de devenir écrivain ?
K.A Après le succès de ma première pièce de théâtre. Je devais faire un choix : enseigner au lycée ou continuer l’expérience de la galère artistique. J’ai refusé mon contrat d’enseignement et poursuivi une vie de bohème au Togo. Le théâtre nourrissait mal, atterrissagemais j’étais heureux et insouciant. Ce n’est que plus tard, arrivé en France, que je pris la décision de devenir prof d’université pour continuer à écrire à côté.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?
K.A Non, c’était devenu une évidence pour tout le monde, aprèscouv_174 la consécration.
A.D Moi, j’avais toujours dis à mes parents que je serai écrivain, riche et que j’aurai plein de serviteurs (rires). Ah oui, je devais gagner le Pulitzer chaque année. Bon on va relativiser, maintenant que je suis dans le bain (rires).
K.A Il fallait naître en Amérique (rires) ! Je n’ai jamais pensé devenir riche mais célèbre. Personne autour de moi n’était milliardaire, mais j’aimais beaucoup les hommes de mon quartier dont le nom avait dépassé nos clôtures. Un de mes personnages, Lapisco, doit son nom à un vagabond de mon quartier Bassadji, un voyou dont la réputation de Don Juan avait dépassé au moins six quartiers environnants. J’admirais beaucoup cette célébrité-là.

9782911464324_1_75A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
K.A J’étais à Bordeaux, et j’ai rencontré une jeune métisse africaine qui m’a parlé de son père qu’elle ne connaissait pas, un père retourné en Afrique. Mon imagination a conçu le reste de l’histoire, et bouché les trous.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ?
K.A 3 ans, dans mes souvenirs. Deux années d’écriture et unAlem-Kangni-Nuit-De-Cristal-Livre-872968137_L an de corrections du texte, avec mon éditrice de l’époque.

A.D. Qu’avez-vous éprouvé après l’avoir écrit ?
K.A Quand on a fini d’écrire un premier roman, on est euphorique quand le livre sort, puis soudain on prend peur. On a l’impression que tout a été dit, et qu’on sera incapable d’écrire un autre livre. On peut même déprimer et croire à la panne d’inspiration post-publication. Mais cela se soigne, en retournant au travail : vivre et observer, simplement.
A.D C’est rassurant de vous entendre dire cela. On se sent « normal »
41EqhZZaM9L._SX337_BO1,204,203,200_K.A C’est le monde de l’édition qui met la pression. Inutilement. Un livre s’écrit avec beaucoup de temps, de la patience et un zeste de documentation. Il faut intégrer la lenteur de la maturation au processus de création.

A.D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
K.A Il a obtenu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire, en France, et a connu une traduction en Allemand. Dans le monde universitaire, on y a consacré quelques thèses. Il est41ye3GQrOAL._SX258_BO1,204,203,200_ actuellement épuisé, l’éditeur ayant mis la clé sous le paillasson, mais j’espère la faire rééditer un de ces jours.

A.D. Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
K.A Euphorique, puis vide de tout sentiment. Après chaque publication, la peur de ne plus avoir rien à dire réapparait. Mais c’est un sentiment qui n’existe qu’avec les livres de fiction. Quand je publie un essai, je n’ai aucun affect, je considère cela comme un exercice.

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
K.A Oui, les ateliers d’écriture en groupe peuvent servir à cela, mais il faut un préalable chez l’auteur apprenti : avoir vraiment envie de se colleter avec la réécriture de ses 41OcK0H7T-L._SX307_BO1,204,203,200_textes, et pratiquer le texte comme un territoire où l’on se redécouvre à chaque fois.

A.D. Que représente l’écriture pour vous ?
K.A Une mise en scène de l’intime. Une manière de révéler, sans l’imposer, sa vision du monde.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
K.A Il y a plusieurs manières de s’engager. Tout dépend du moment où on écrit et du poids de l’Histoire. Vous savez, comme disent les Arabes, Sartre, le théoricien detheatre-volume-1-de-kangni-alem-977272702_L l’engagement, a défendu les Noirs colonisés et les Juifs, mais on n’a pas fini d’analyser son silence sur la cause palestinienne. L’engagement est une posture que l’on ne maîtrise pas toujours. Écrire, en soi, c’est déjà être engagé dans un paradoxe.

A.D. Vous êtes dramaturge, critique et traducteur. Est-ce facile à gérer quand, en plus, vous êtes écrivain ?
K.A Non. Il faut être un peu schizophrène. (Rires)
A.D J’admire cette faculté de changer de casquette à 41N3CQKHsgL._SX318_BO1volonté. Je n’ai que trois blogs et je trouve cela très chronophage.
K.A Après, vous savez, on n’a qu’une seule vie, mais plusieurs journées. Il faut un peu de discipline pour passer d’une passion à l’autre, mais on peut aussi se dire que tout cela fonde sa propre personnalité. On est UN et DIVERS.

A.D. Est-ce la critique littéraire qui vous a mené à l’écriture ou le contraire ?
K.A Mes études universitaires m’ont amené à la critique littéraire, pas l’inverse.

A.D. Une telle carrière est-elle difficile à gérer ?
K.A L’université est compliquée. On se sent plus libre comme écrivain, mais l’écriture ne41xH4atqr7L._SX210_ permet pas toujours de vivre. C’est un choix difficile, vivre de l’écriture. Nos pays n’ont pas encore atteint le niveau qui permette à aucun écrivain de vivre de sa plume. La plupart du temps, nos carrières d’écrivain se font à l’étranger, et nous Alem-Kangni-La-Gazelle-S-agenouille-Pour-Pleurer-Livre-931226741_Lprofitons juste de la célébrité de nos noms dans nos pays. Au Togo, je suis connu, mais pas forcément très lu.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?
K.A Deux projets de romans en cours, dont un qui me tient à cœur, un roman national sur la figure du premier président du Togo, Sylvanus Olympio. L’autre roman, je navigue à vue, je ne sais pas encore où je vais (rires), peut-être du Nigeria vers l’Espagne.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
K.A N’oubliez pas de vivre, mais de vivre vraiment loin des dogmes si vous voulez avoir une véritable reconnaissance comme auteur, c’est-à-dire Créateur.

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est9782916101699 https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
K.A Je ne suis plus un blogueur assidu. Donc, je vais venir prendre vos conseils plutôt pour relancer mon blog en panne. Vous connaissez mon blog ?
A.D Oui, je l’ai visité à de nombreuses reprises. Il est bien fait. Mais, vous n’y postez plus rien. C’est dommage car vous devez avoir beaucoup de choses à dire. Personnellement, je suis autodidacte sur ce sujet. J’ai trois blogs. J’essaie de varier les articles que je poste deux ou trois fois par semaines. Il faut que vous trouviez dans votre entourage quelqu’un qui pourrait le gérer pour vous.
K.A Merci du conseil, je vous promets dès aujourd’hui de poster51sVittxplL._SX307_BO1,204,203,200_ au moins un billet par semaine. J’aime beaucoup ce média, mais vous croyez vraiment que quelqu’un d’autre pourrait le gérer à ma place ? Expliquez-moi.
A.D Il vous faut quelqu’un de confiance qui est passionné par ce média. Vous gardez un droit de regard, bien sûr. Dès que vous avez le temps, vous écrivez autant de billets que possible que cette personne se chargera de faire paraître sur votre blog. A votre rythme. Cette personne fera la mise en page et vous la soumettra avant la parution de l’article. Avec le temps, la confiance aidant, vous n’aurez plus qu’à lire vos articles sur votre blog.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
K.A A part vous dire merci, rien d’autre.

A.D. Merci à vous  pour avoir répondu à mes questions.

Entretien avec Fara Ndiaye dit Fara Poète – Poète Sénégalais – 1989

51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nFara Ndiaye est né à Saint Louis du Sénégal en 1989. Ne vous fiez pas à son âge car « la valeur n’attend point le nombre des années » et Fara Ndiaye le prouve bien. Il est président et fondateur du collectif parlons Poésie. C’est ainsi qu’il a pu faire éditer Le livre de cris et d’encre  qui est une anthologie publiée en mars 2018 chez maître du jeu éditions.

A.D. Bonjour Fara Ndiaye, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée
Bonjour Amélie, c’est pour moi un plaisir que vous portiez l’attention sur ma modeste51188958_301177723934401_7982015338852122624_n personne.

A.D Pouvez-vous vous présenter?
Se présenter est parfois un rude exercice s’il s’agit de parler de soi, alors je vais utiliser les propos de Khalil Gibran qui disait « je suis à l’aise sur toutes les questions sauf la question qui es tu ? » Mais n’empêche, pour ne pas être prolixe, je dirai que je me nomme Fara Ndiaye, je suis enseignant de formation, je sers dans l’I E F de Kanel mais j’habite à Saint-Louis. En même temps, je suis un féru des mots. Enfin, je dirai que je suis l’initiateur et le coordonnateur général du collectif Parlons Poésie qui a publié une anthologie titrée de cris et d’encre en mars dernier.

A.D. Votre surnom est Fara Poète. Je suppose que c’est par rapport au slam ?
En fait, ce surnom m’a été donné par des condisciples, c’est sans doute pour mon 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nobsession à l’écriture, en particulier de la poésie

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Pratiquement j’ai fait toutes mes études à Saint Louis. Ah des souvenirs! Je garde dans ma boite crânienne autant de souvenirs que même le verbe n’aurait pu suffire pour les y sortir. Non j’exagère! J’avoue que les meilleures relations amicales, que je garde jusqu’à présent, je les ai tissées à l’école. Certains de mes professeurs aussi m’ont beaucoup marqué. Mais à l’école j’étais un élève du genre bizarre, je voulais toujours m’auto-former.51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Pouvez-vous nous parler de vos souvenirs d’enfance?
J’étais un enfant curieux et très têtu. Je faisais tout ce qu’on m’interdisait. Un jour, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque khalif général des mourides avait donné ndiggel à Cheikh Bethio et ses talibés, de venir à khelcom pour faire des travaux champêtres de fin d’hivernage, sans même aviser mes parents j’y suis allé. Mais devinez quoi, à mon retour j’ai été farouchement fouetté. Justement pour vous dire que je faisais tellement de bêtises. Mais au fil du temps, j’ai su que chaque bêtise faite était une expérience pour moi, donc une nouvelle connaissance acquise. Et aujourd’hui, ces bêtises transformées en connaissances m’ont forgé dans la vie.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
51293372_2238620133127540_2838017357295648768_nJe ne connais pas d’écrivain dans ma famille, donc je ne crois pas qu’il soit un héritage familial. Par contre, j’aimais la lecture, et je l’aime toujours d’ailleurs. Il m’arrivait parfois en marchant dans les rues, de ramasser des papiers volants qui portaient des écrits, et de les lire. C’est peut être la lecture qui m’a poussé à l’écriture. Ecrire et lire sont deux verbes qui ont un dénominateur commun.

A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Il peut sembler prétentieux pour moi de dire que je suis un écrivain. Mais je dirai simplement que j’écris. Et cela, depuis tout petit.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?IMG-20180406-WA0075
Ma maman et mes sœurs me disaient toujours que j’allais devenir fou. Car elles me voyaient tout le temps dans mon petit coin en train d’écrire et de papoter sans relâche avec moi-même. C’est fou !

A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
Je travaille sur mon premier roman. Ce n’est pas encore sorti. Donc je m’abstiens d’en parler, si vous me le permettez.

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Ecrire, c’est d’abord pour moi un don de Dieu. Il y’a des gens qui ont une soif d’écriture, mais gribouiller des 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nmots sur des papiers serait pour eux une vraie quête de mine d’or. Par contre, d’autres sans le moindre effort, écrivent avec dextérité. Nous sommes tous des porteurs de mots et de maux, mais nous ne sommes pas tous des alchimistes des mots.

A.D. Que représente l’écriture pour vous?
Ecrire pour moi est une source de libération, de quête de soi, mais aussi de soulagement. C’est comme un bébé qui atteint son terme dans le ventre de sa maman, il tient coûte que coûte à sortir, car pour lui c’est le seul moyen de se soulager. C’est le même processus parfois avec l’inspiration, quand elle se pointe, on est obligé de lui frayer un exutoire pour qu’elle se déverse afin que nous soyons nous aussi libres.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
Si engagement dans l’écriture veut dire, être un défenseur ou un avocat de son peuple, je51188958_301177723934401_7982015338852122624_n dirai simplement que ce n’est pas toujours le cas, car nous n’avons pas tous les mêmes préoccupations.

A.D. Vous êtes écrivain, poète et slameur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis dans l’écriture, et dans l’art oratoire aussi. L’écriture et l’oralité sont liées. Donc il n’y a pas trop de choses à dire car c’est le côté pile et le côté face sur une même pièce de monnaie.

A.D. Une telle carrière est-elle difficile à gérer ?
Tout est dans l’organisation et la méthode. Il suffit juste d’avoir une maitrise de soi, ensuite de faire peu d’effort pour s’en sortir. Mais il faudra savoir aussi qu’écrire n’est pas facile.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?
Pour mes projets personnels, je dirai publier les livres que j’ai déjà écrits. Pour le collectif parlons poésie, je travaille avec un éditeur pour voir comment mettre en place une 51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nanthologie africaine, avec des auteurs de nationalités différentes.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Je suis très proche des jeunes qui sont des passionnés de lettres. Je sais aussi que beaucoup d’entre eux ont des talents inouïs. Mais il faut qu’ils sachent que l’œuvre artistique demande du travail et de la patience. Il ne faut pas que nous jeunes, soyons des culs de plomb dans l’exercice littéraire, cela exige un travail laborieux. Vous allez me permettre aussi d’ajouter les propos de A Hampâté Ba qui disait « si vous voulez faire une œuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains».51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien esthttps://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/?
C’est un blog que j’aime bien. Maintenant il faut assurer une bonne communication, en parler à d’autres pour plus de visibilités. Parler aussi des thèmes qui touchent les jeunes comme le slam par 51165102_285796232058455_1061147652743233536_nexemple. Inviter si possible des auteurs à faire des débats en ligne sur leurs œuvres ou des thèmes donnés.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Je voulais justement interpeller les autorités compétentes afin qu’elles misent sur la jeunesse, si réellement elles veulent éviter l’obsolescence de la culture. La jeunesse fait énormément d’efforts dans l’art, je pense aux jeunes poètes, slameurs, romanciers, nouvellistes…qui n’attendent que des coups de pouce pour émerveiller le monde.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
Je vous remercie Amelie. Ce fut un réel plaisir pour moi.

Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-momi2elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”. Cette partie de mon nom interroge mon humanité et ma condition de mortelle pour ne pas dire, un appel ou rappel à plus d’humilité.
Mon nom spirituel ou post-nom Ata Ye Mieko Momi veut dire “L’Homme persévérant (celui qui ne renonce pas jusqu’à avoir eu la meilleure solution à un problème”. Momi, dont l’équivalent au Cameroun Moumie, veut dire Homme, Virilité.

AD Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
1551522_10153815469365173_1505154004_n-loxi9xdcjlhwqxe7tvkdewribmawazkpn930nka1u0MM Mes souvenirs d’enfance sont très riches, riches des lieux que j’ai pu voir de mes yeux, et y séjourner : Sénégal, Suisse, Israël, France… Et surtout le pays, la forêt équatoriale, mon école à Kinshasa mais aussi celles lors de mes séjours hors du pays… Bref, il y a beaucoup à dire sur mes souvenirs865_img3 d’enfance. Tout un roman…
Pour ce qui est de mes études, elles furent très linéaires jusqu’à mes secondaires et mes études supérieures. Vous savez, s’assumer seul et suivre des cours ou formations qualifiantes, ce n’est pas chose aisée mais j’ai su avoir mon diplôme d’assistant comptable.
AD Je comprends cela car j’ai fait le même parcours ; travailler et faire des études. C’est dur mais enrichissant.
MM Tout à fait. Ça forge le caractère et la vision ainsi que les lignes directrices de la vie.

AD Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
MM C’est un désir qui m’est venu bien avant d’acquérir le statut d’écrivain. J’ai commencé d’abord comme auteur-compositeur gospel, puis dans un collectif hip hop et de fil en aiguille, lorsque j’ai commencé à acquérir une véritable conscience politique panafricaine, j’ai commencé à écrire d’abord des articles pour des dossiers politiques sur le Congo, ensuite sur la communauté congolaise et africaine en Belgique.
L’écriture, celui des livres, est donc un prolongement de celle qui a débuté dans la musique. Le souci du partage d’idées, d’avis, d’opinion et de mes pensées.750-xempire-ntu

« Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants. »

AD Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
51irpjndv+l._ac_us218_MM C’est avec l’arrivée de ma fille aînée, Nyasha, que j’ai réellement commencé à écrire. Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants.
Donc j’ai vraiment décidé de devenir auteur lorsque j’ai écrit ce carnet de notes devenu un livre, assez intimiste, MEMOIRE DE PATERNITE, où je tiens un monologue en direction de ma fille1 aînée alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère. Et le Destin a voulu que la dernière page de la dernière feuille de mon carnet de notes soit celui du jour de la naissance de ma fille.
Après quelques années, j’ai eu le désir de lui écrire une petite histoire sur une princesse guerrière africaine car je voulais lui créer un imaginaire épique et fantastique qui lui parle de l’Afrique, qui lui donnera envie de se plonger dans l’histoire de ce continent et ses peuples. Et c’est en écrivant la trilogie, LES CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU, que je me suis réellement rendu compte que l’écriture était en moi et que j’ai un don : celui d’écrire une quantité phénoménale de livres en peu de temps. D’ailleurs la trilogie, donc trois livre d’environ 290 à 350 pages en six mois seulement…
AD C’est émouvant et impressionnant.
MM Merci

AD Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
51rt+6d8x2l._uy250_MM Dans ma famille, tout le monde sait que mon père, en plus de ses fonctions diplomatiques et ministérielles, était aussi un homme de lettres. Il a été professeur dans l’enseignement secondaire et ensuite supérieur et avait publié trois livres avant ses 35 ans. Pour dire la vérité, les membres de ma famille n’étaient pas vraiment au courant, sauf ma mère et quelques proches très portés sur la culture et la littérature. C’est avec le51ir0qducdl._uy250_ temps, et les sorties de livres, les prix, les invitations ici et là pour parler et exposer mes publications que de plus en plus de membres de la famille ont pris conscience qu’il y avait un écrivain dans la famille. Donc, beaucoup se disent que c’est « normal » car comme on dit «le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre qui l’a porté».
AD En fait, c’est un passage de flambeau en quelque sorte.
MM C’est exactement ça. Nous sommes là. Raison pour laquelle d’autres, nos aïeux, ont existé.

AD De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
MM Clairement, la reine Nzinga de Ngola. Elle est la femme monarque et guerrière par excellence qui a été réellement mon inspiration pour le personnage de la trilogie les CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU à qui j’ai donné le nom de NEHESHA. Ensuite, il y a toute l’histoire ou les histoires d’Afrique, les mythologies, les légendes et autres contes populaires. Je voulais faire un mix de toutes ces choses et les condenser en un seul récit.
AD Il faut dire que pour ce qui est de l’imaginaire, nous sommes très gâtés en Afrique. Il y a l’embarras du choix.
MM Oui, il faut se donner la peine d’aller chercher en profondeur les idées… Dans les profondeurs de notre Histoire, de nos croyances, légendes et mythes.
choniques

AD Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
51oftibk6il._ac_us218_MM La trilogie ? En six mois. Ensuite il y a eu le temps de la relecture, des corrections. C’est celui qui a pris le plus de temps.
Satisfait ? Oui, mais avec le temps, j’ai dû y apporter des modifications en ajoutant plus de dialogues entre les personnages. Mais dans l’ensemble, oui, j’en suis très satisfait. Tellement satisfait que j’ai écrit 11 hors-séries dans lesquels je raconte les histoires personnelles de personnages clés, de leur naissance au contexte de la trilogie.
AD J’adore. Il faut que je lise cette trilogie car j’aime l’histoire des reines guerrières africaines.
MM Nos héros et héroïnes du passé ne demandent qu’à revenir à la vie pour nous 41q+br5i8kl._ac_us218_transmettre force et puissance d’esprit, d’intelligence et de créativité

A59925eae3d866D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
MM En général, je dirai qu’il est bien accueilli mais… Il y a toujours ce frein lié aux types de lectures qui semblent coller aux africains et parmi lesquels les romans d’épic fantasy, de science-fiction n’ont pas trop leur place. Donc ce fut assez galère de faire connaître et reconnaître mes livres. Et même à l’heure où je vous parle, je lutte encore car… Il y a un réel manque d’intérêt de structures médiatiques, associatives et événementiels qui devraient accordercover1 plus d’importance à ce type de littérature, surtout dans la sphère des livres africains d’expression francophone.
AD Je confirme. J’écris de la fantasy et je fais face à ces freins. Mais, petit à petit le bouche à oreille fonctionne. C’est très difficile.
MM C’est un genre littéraire dont les africains ont besoin mais aussi, par lequel ils ont été bercés via les contes et légendes anciens. Mais il nous faut passer à un niveau supérieur: l’épic fantasy et l’agro futurisme pour faire revivre ces histoires de nos terroirs.

« À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » « 

cover ebookAD Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous sentez-vous à chaque publication ?
MM Oui, j’ai écrit beaucoup d’autres, plus de trois quart de mes projets de livres sont encore au stade de maquette, c’est à dire, la structure du livre avec les idées principales, action par action, scène par scène, est déjàsans titre0 faite pour plusieurs livres.
Ceux publiés à ce jour sont :
Le premier hors-série de la trilogie LE JAMAANU ANCIEN : RECITS SUR LES DIEUX.
KEMETOS LE NOUVEAU PARADIGME, trois des sept livres sont déjà publiés
OTIS – WAY OF LIFE – EP 1
À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » mais en même temps j’ai cette envie de continuer à écrire pour continuer à sortir d’autres histoires car j’en ai tout plein que j’aimerai faire connaître, des histoires touchant à beaucoup de thématique dans le cinéma, par exemple, mais avec des africains ou afro-descendants et l’Afrique en centre du sujet…

AD Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
51oftibk6il._ac_us218_MM Oui, j’en suis convaincu. Je l’expérimente avec ma fille aînée. Un bon écrivain est d’abord un bon lecteur, c’est à dire, une personne qui aime lire, qui trouve le temps et le plaisir dans la lecture.
Moi, je raconte beaucoup d’histoires à mes enfants, j’en invente quasiment une tous les soirs (rire). Je mets dans la tête de mes enfants beaucoup d’images et je les aide à se construire un imaginaire en les aidant à comprendre le monde qui les entoure et à pouvoir raconter, eux aussi, des histoires. Par exemple, lorsque je donne à mes deux filles une lecture à faire, je leur demande ensuitecover-recto de m’expliquer avec leurs mots ce qu’elles ont compris mais aussi de m’écrire une ligne de l’histoire avec leurs mots.
AD C’est une très bonne idée. Est-ce qu’elles vous disent ce qu’elles ressentent en écrivant un bout d’histoire?
MM Je peux sentir la Vie en elles lorsqu’elles me racontent leurs histoires, du moins la passion avec laquelle elles aiment me raconter les lumières qui s’allument dans leurs têtes. J’adore, vraiment. La créativité est un don qui nous rapproche du Divin.

« L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective « 

AD Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
arcanesMM L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective car elle permet de partager avec celui qui lit, peu importe son éloignement ou sa différence culturelle, des choses que sans l’écriture on ne pourrait que partager avec son environnement direct, avec le risque de la déformation du récit comme cela peut arriver avec l’oralité.
Donc oui, c’est clairement un engagement car en écrivant on s’engage à dire des choses, à transmettre des choses, des pensées, des mots qui sont nôtres ou dont on est dépositaire. Des pensées et mots que l’on assume pour ce qu’ils sont et deviendront après notre mort.
AD Ce que vous dites est extrêmement beau et vrai.
MM Merci beaucoup.

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AD Quels sont vos futurs projets ?
MM Pour ce qui est de la littérature, mes projets sont les adaptations : je suis sur deux voire trois projets d’adaptation en bande dessinée, des adaptations en anglais de certains de mes livres, des adaptations en livres audio et de films d’animation.
AD Alors, on va croiser les doigts pour vous.
MM Doigts et orteils!!!  (rires)


imagesf5atlafoAD Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

MM Je leur dirai que c’est une passion qui prend et demande du temps comme toutes les passions. Soyez des rêveurs avant tout, des gens qui aiment apprendre sur le monde, des gens qui aiment lire et surtout sachez qu’un livre est une projection de son esprit, de sa pensée, vers une autre personne. Tenez-en compte afin que le proverbe qui dit «la 59925eae3d866lecture est le nourriture de l’esprit», soit pour vous un socle. Car celui qui écrit est celui qui nourrit le lecteur. Soyez de bons cuisiniers des lettres. ET un cuisinier doit aimer apprendresans titre0 d’autres recettes, se remettre en question et surtout tester de nouveaux plats.

AD Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
MM Je dirai qu’il faudrait faire un peu plus de publications vidéos, pas forcément avec vous à l’image, mais du son et de l’image car il existe un public qui n’aime pas prendre le temps de lire mais qui prendra le temps de regarder une vidéo qui dira exactement la même chose qu’un article écrit.
AD J’y pense car de nombreux auteurs m’en ont parlé. C’est un de mes projets pour la nouvelle année.
MM Alors lancez-vous sans tarder! Il faut libérer la parole de l’Africain et consolider notre imaginaire par notre vision du monde c’est à dire notre paradigme renouvelé.

phpmre88f

AD Avez-vous quelque chose à rajouter ?
MM Non, rien d’autre

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt