LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

A TOUTES LES MÈRES DU MONDE – Le Poète de Ndayane

(à nos mamans parties avant nous !)

Notre aube éternelle
Notre fleur de Jasmin
Notre lune de miel.
Notre univers serin !
Ô Doux néon bleu
De nos rêves fabuleux !
Que sur toi s’étale,
Mère bien aimée,
La grâce divine pour tes larmes
Tant de nuits sur nos peines tombées !
Habituée du silence à peiner
Pour nos doux lendemains, que Dieu
T’accorde la Paix de l’âme
Et t’accueille dans les prés sublimes de l’Éden !
Amine !

 

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Lettre d’Amadou Hampâté Ba (1901-1991) adressée à la jeunesse africaine (2ème partie) – 1985

Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns les autres ; Mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d’enrichissement mutuel.

De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N’ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s’enrichirait-on soi-même ?

A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre sont toujours plus enrichissantes, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a  » ma  » vérité et  » ta  » vérité, qui ne se rencontreront jamais.  » LA  » Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de  » sa  » vérité pour faire un pas vers l’autre…

Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle … connaître une fantastique rencontre de races et d’idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers.

Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d’ivoire. Tous les Etats, qu’ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d’une guerre internationale. Qu’ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu’un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux avant qu’il ne soit trop tard ?

L’interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l’humanité est comme une grande usine où l’on travaille à la chaîne : Chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l’usine.

Actuellement, en règle générale, les blocs d’intérêt s’affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d’esprit, d’avantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu’internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle, il ne saurait y avoir de développement.

Je me tourne maintenant vers vous, jeunes africains noirs. Peut-être certains d’entre vous se demandent-ils si nos pères avaient une culture, puisqu’ils n’ont pas laissé de livre ? Ceux qui furent pendant si longtemps nos maîtres à vivre et à penser n’ont-ils pas presque réussi à nous faire croire qu’un peuple sans écriture est un peuple sans culture ?

Mais, il est vrai que le premier soin de tout colonisateur quel qu’il soit (à toutes les époques et d’où qu’il vienne) a toujours été de défricher vigoureusement le terrain et d’en arracher les cultures locales afin de pouvoir y semer à l’aise ses propres valeurs.

Heureusement, grâce à l’action de chercheurs tant africains qu’européens, les opinions ont évolué en ce domaine et l’on reconnaîtra aujourd’hui que les cultures orales sont des sources authentiques de connaissances et de civilisation. La parole n’est-elle pas, de toute façon, mère de l’écrit, et ce dernier n’est-il pas autre chose qu’une sorte de photographie du savoir et de la pensée humaine ?

Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d’abord, l’approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de se mieux connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l’extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.

Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin de vingtième siècle, à l’aube d’une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu’il y ait, non rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d’une époque par l’autre.

Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d’avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seul !

Si les conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre ! Et lorsque vous voulez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la vie, sous tous ses aspects !

Certains d’entre vous diront peut-être : «  c’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! « . Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu’il n’y a pas de  » petit incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l’on ne sait jamais, au départ de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au départ, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café…

Mirage – Samir Allayle

J’ai cru…J’ai cru voir
La lumière envahir mon soir
Mon coeur et mon âme crièrent
Est ce que DIEU a exaucé tes prières
Mais ce n’est qu’une illusion
Et ma nuit n’a pas de conclusion
Longue, longue et languissante
De moi elle a fait de moi une proie appétissante
Elle a sucé ma jeunesse, ma vie
De ma destinée elle a fait une orgie
A quand ma nuit prendra fin?
A quand éclairera l’aube mon matin ?

FEMME ! – Mlle F. Feuz Faye

Femme !
Femme à la beauté flexible
Femme digne dans l’âpre combat du jour
Femme pétrie dans le silence qui forge
Oh ! Femme…
Femme je te salue !
Femme valeureuse
À l’image de celles de Nder
Femme, je te chante !
Femme dont la parole fait foi,
Oh ! Aline Sitoé Diatta
Femme, gloire à toi !
Femme – Persévérance dans l’effort qui élève
Sokhna Diarra Bousso Bamba !
Oh ! Mame vénérable, je m’incline !
Je m’incline Mother Theresa
Maman au cœur d’or
Immortelle dans le cœur des mortels !
Ah ! Vous femmes,
Tendresse et générosité aux quatre vents !
Femmes parures du ciel,
Sourires étoilés des âmes
Présence vivifiante des cœurs
Oh ! Femmes, grandeur et beauté exquises
Illuminant les nuits sublimes du Couchant,
Sur vous femmes, amine,
Que soit éternelle la Grâce du Seigneur !

Petite fleur lointaine – Omar Dabo

Entre Absence et Abstinence
Les mots s esquivent
Les mots périclitent
Les élans de nos cœurs
Dépérissent dans le désert infini
De privations
Ce creuset d interdits
Où viennent s échouer
Toutes mes foulées passionnelles
Toutes mes envies d orages
Où se fossilisent
Tous mes désirs de pluies séminales
Tous mes désirs de torrents catalyseurs
Les mots de rebellent
Les mots s effacent
Je m incrusterai dans les phonèmes du silence
Pour invoquer ton Nom
Je dirai ton nectar
Qui embaume la morosité des cieux
Je dirai ton éclat
Qui nourrit les bûchers de jouvence
Ton Nom est Amour
Ton Nom est Espérance
Mais qu importe les mots
Assis en scribe sur les berges de l interdit
Je dévalerai cette immensité de feux
De tempêtes
J escaladerai l Himalaya
Et je traverserai la jungle de l Amazonie
Pour retrouver les douces ondulations
Du fleuve
Le fleuve de nos rencontres
Te retrouver
Me retrouver
Retrouver l équilibre
La foi
Ressusciter
Vivre…
Dans un acte fusionnel
Nous esquisserons la ronde inaugurale
La danse rituelle des premières fois
Qu importe les mots
Ma douce et lointaine petite fleur
Qu importe les interdits
Je serai bien à l heure
De la Pollenisation

Yeumbeul, le 12 mai 2019.

MURMURE DES OMBRES

Longtemps ils sont partis, tous ces vieux compagnons !
Pieds nus sur la rosée des prés, de par les monts
Sous les chants des oiseaux ou au creux des vallons
Nous errions riant aux grands éclats
en sourdine le doux murmure des ruisseaux.

Oh ! Chers vieux compagnons des chemins des champs !
Je me rappelle, jadis, et l’entends encore
Sympathique, je l’entendrais toujours,
L‘écho de vos voix nostalgique !

En mes songes de vieux pasteur
Vos sourires font mes soleils et mes lunes !
Bien longtemps qu’ils sont partis
Par de là leurs regards absents
Par de là leurs mots suspendus
J’écoute avec l’aube la dialectique sacrée des masques !

Le souffle silencieux des ombres,
C’est le salut nostalgique de mes compagnons
Partis dès l’aube des temps, et qui
Demeurent si bavards dans mon cœur meurtri.

Le Poète de Dey-Ann.

 

Ombre – Samir Allayle – 2019

Ombre, parfum enivrant d’ambre
Ombre au visage délicieux sombre
Ombre cruelle, quel est le nombre
De victimes tombée sous ton charme?

Ombre, amour désiré de ma vie
Ombre, souveraine mon amie
Ombre, radieuse compagnie
Tu as vaincu mon coeur sans armes

Ombre bien aimée, amour fatal
Ombre, grand amour sans rival
Ombre au faible attrait pâle
Pour toi j’ai épuisé mes larmes

Déesse d’amitié et d’amour
Sombre spectre de mes jours
Ombre, à quand ton retour
Mon coeur et mon âme t’attends en calme.

D.