LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Jeu de destins – El Hadj A. Abdoulaye Barry – 2002

Quatrième de couverture

« C’est la veille des indépendances et l’Afrique Occidentale Française bouillonne de nombreux frémissements. Le colon consent déjà quelques avantages et responsabilités à une élite noire sortie de l’EPS; ce qui naturellement ne se fait pas sans abus. C’est aussi l’époque où les marabouts et autres charlatans profitent de l’ignorance des populations pour les spolier de leurs biens… Mais le plus grand drame est assurément le choc des mœurs. Accepter le droit de cuissage instauré par le don dans une société traditionnelle musulmane puritaine, dans laquelle toute jeune fille bien éduquée doit arriver vierge au mariage relève parfois de la gageure. L’unique parade se résume parfois à sauver les apparences pour garder l’honneur de la famille intact. Mais il arrive que le drame survienne.« 

Chronique

Un royaume comme tous les autres. Un royaume où le trône est l’objet d’ambition fratricide. L’histoire du monde regorge de ces situations. Quelle différence avec les autres royaumes? Il s’agit de la royauté Peule du Fouta qui se trouve à la veille des indépendances. Comment se passera la prise de pouvoir? Quelle incidence sur ce monde en pleine évolution? Les frères de sang en viendront-ils aux mains?

Jeu de destins nous entraine dans les coulisses de l’histoire des peuls du Fouta. Un peuple pétri de traditions. A travers ce peuple, une saga familiale où pouvoirs occultes et pouvoirs religieux se côtoient dans la pure tradition africaine. Des pouvoirs qui accompagnaient toute accession au trône. Nous assistons à l’évolution d’une famille à travers l’histoire, de la colonisation à la décolonisation et au démantèlement du royaume. Une histoire baignant dans le sang, les batailles, pour le désir du pouvoir. Pour l’honneur. Par vengeance.

Jeu de destins se lit très facilement tant cette saga familiale qui n’a rien à envier aux sagas télévisées nous envoûte. Nous découvrons de nombreuses traditions telles que le partage, l’accueil du voyageur connu ou inconnu, le lévirat, entre autres. Nous découvrons aussi la liberté des femmes dans le choix de leurs époux. Des femmes fortes, conseillères de l’ombre. Des femmes qui jouent des rôles importants dans le destin de leur famille. Dans le jeu de destins.

Note 17/20

9782913326743     Editions Ganndal     278 p.    14€

Publicités

Ashanti le maître des bois sacrés – Marie-Christine Boni -2019

Quatrième de couverture

Le Maître des bois sacrés désigne le léopard, symbole du Pouvoir Suprême détenu par l’Ashanti-héné: souverain de la Confédération ashanti et véritable Dieu sur terre. L’action se situe fin XVIIème, début XVIIIème siècle, au royaume de Koumassi, en Côte de l’or (actuel Ghana), à une époque où les hollandais occupaient les comptoirs commerciaux installés le long du Golfe de Guinée et la traite des esclaves battait son plein.

Ashanti raconte l’ascension au pouvoir d’un jeune prince de sang royal, Osei Toutou (1677-1717), et sa revanche obstinée sur un destin de vassal au service du Tout-puissant et sanguinaire roi de Dinkira. Contraint à l’exil durant treize longues années, après son aventure amoureuse avec la nièce du roi de Dinkira, il fut rétabli  sur le trône. Dès lors, un seul dessein l’animerait: libérer l’Ashanti de sa tutelle et faire de Koumassi le royaume phare de la région, en mettant sur pied une vaste organisation politique et militaire; et en contrôlant le commerce de l’or, des armes et des esclaves.

Chronique

L’histoire du royaume Ashanti comme celle de tous les royaumes africains est ma passion. Aussi, c’est avec beaucoup d’impatience que j’ai abordé ce roman et avec beaucoup d’attention aussi. Un futur roi qui voit le jour. Un grand honneur pour la cour et ses sujets. Que lui réserve l’avenir? Règnera t-il un jour? Sera t-il un bon souverain? Il devra apprendre l’humilité et la justice afin  que la paix règne dans son royaume.

Ashanti- le Maître des bois sacrés nous fait revivre l’époque des grands royaumes, des grands empires Africains. Cette période où l’Afrique animiste scellait des traités avec la nature. Avec les Anciens. Avec les Hommes de Savoir. Avec les Ancêtres. Le destin d’un peuple se noue. Osei Toutou se prépare à son futur devoir. La sagesse sera son guide. Cependant, dans l’ombre, les forces du Mal guettent. Eux aussi désirent ce trône. Les Hommes de Savoir seront les boucliers de ce roi en devenir. Osei devra affronter la haine. La bassesse humaine. Y parviendra t-il?

Au fil des pages, nous renouons avec les traditions ancestrales, la cruauté des sacrifices et de la justice. Le monde du Vodoun  nous enveloppe dans ses filets pour nous montrer la force des croyances. La force des rites. La force des coutumes. La froide beauté des cultes. Un souverain et ses héritiers répondent avec force aux implorations des dieux. Marie-Christine Boni nous fait revivre les fastes des royaumes de l’Afrique d’antan. Ces périodes où les dieux réclamaient des vies, du sang pour protéger un peuple. Leurs désirs étaient des ordres. Les ordres étaient donnés par leurs représentants sur le trône. Représentants donnant jusqu’à leur sang pour les satisfaire et dire, tel la Reine Pokou sacrifiant son fils: « Baouli » (l’enfant est mort). Tel est Ashanti – le Maître des bois sacrés.

Note 20/20

9782956718901  Autoédition   350 p.   19,50€

 

 

Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne 2 – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2019

Quatrième de couverture

Il est une évidence: l’histoire de l’Afrique constitue le plus gros mensonge civilisationnel des plus criminogènes qui ait existé. Elle avait été sciemment falsifiée pour des raisons économiques et culturelles, philosophiques et religieuses, dès l’exploration européenne du continent africain commencée par les Grecs anciens et les Romains. Certes l’histoire de l’Afrique est faite. Une grande diversité de personnalités fortes mais sanguinaires et souvent au service de puissances extracontinentales dont les actes, meurtriers et inhumains, doivent inciter à refuser de sombrer dans l’obscurantisme et dans l’asservissement. Ils doivent plutôt pousser les futures générations à souhaiter davantage une Afrique meilleure et plus éclairée sur les plans matériel, économique, social, spirituel, politique…

Mais l’histoire de l’Afrique est avant tout l’oeuvre des personnalités exceptionnelles dont les actions, les convictions et les principes, ainsi que les rêves, ont respectivement façonné les différentes époques dans le but de baliser le chemin qu’emprunteraient les futures générations. Gens d’armes, guerriers, conquérants et résistants à la colonisation, messianistes, prophètes et hommes d’Eglise, panafricanistes et acteurs politiques en vue des indépendances, intellectuels et militants révolutionnaires…, ils ont souvent connu une mort tragique. Mais, passés à la postérité, ils représentent des modèles auxquels doivent se référer les Africains – l’objectif consistant à renouer avec les gloires étatiques de jadis afin de faire triompher un autre modèle de société. Du point de vue culturel, l’Afrique subsaharienne ne doit en principe avoir aucun complexe au regard des autres continents de la planète. Encore faut-il que les Africains et leurs descendants s’imprègnent davantage de la diversité de leurs philosophies et cultures, les assument  et les intègrent dans les politiques relatives au développement de leurs pays.

Chronique

l’Afrique. Son passé. Son avenir. Son histoire. Une grande richesse. Une grande diversité de héros, de guerriers, de résistants. Des portraits d’hommes et de femmes qui ont construit l’histoire de l’Afrique. Des hommes et des femmes qui ont participé à l’histoire de leur continent. Des personnes malheureusement  méconnues en dehors de leur continent. Ils reprennent vie et nous les accompagnons  sur un bout d’histoire. Sur un moment de leur histoire.

Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne nous brosse un tableau riche de portraits de ces personnalités qui ont marqué leur continent par leur résistance, leur plume, leur politique, leur musique, leur engagement sociétal parfois soulignés par un prix nobel. C’est ainsi que nous découvrons Soundjata Keïta, empereur du Mali, aux côtés de Nelson et Winnie Mandela, en passant par Seydou Badian et Cheikh Anta Diop. Chacun est reconnu dans son domaine, dans ses luttes, dans ses écrits. Les femmes ne sont pas oubliées. Au contraire. Que serait l’Afrique sans les Africaines? Sans ces femmes-piliers, ces mères-courage? Aussi, nous trouvons la reine Pokou qui sacrifia son fils pour son peuple: les Baoulés (du mot « Baouli »: l’enfant est mort). La reine Ranavalona 1ère qui régna sur Madagascar. En passant par Myriam Makéba qui lutta avec force contre l’apartheid et Wangari Maathai, militante écologiste Kényane.

Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne est une invitation à la découverte d’un continent. De son histoire, de sa culture, à travers ses représentants. Une narration simple, ludique pour rappeler au monde que l’Afrique subsaharienne a aussi une histoire, une richesse culturelle et de nombreux enfants qui la représentent dignement à travers le monde.

Note 19/20

9791091580342  Editions l’Atelier de l’Egrégore   449 p.