Le chant du destin – Kama Sywor KAMANDA

Je vais où me guide le vent de l’espérance
Et je poursuis l’astre des existences inachevées.
Le chant du destin accable l’humanité
Des plaintes des croyants.
Ouvrage des morts, prière des disciples,
La rivière s’éloigne avec mes langueurs.
Ô parole sacrée, prolonge ta liberté
Où s’enracine la vérité des amours.
Le maître ivre, le commandeur fou,
Mon illusion absolue d’imiter les Dieux,
T’accorde, ô femme,
Emportée dans l’ivresse des songes
Et le vertige des voluptés,
Un sursis à l’immortalité.
Mirage de tous les temps,
Mer d’où s’élancent toutes les passions,
Nature de la beauté,
Ah ! Comme dans le soleil de toutes les vies
Et le sang de tous les désirs,
Tu symbolises les miracles des jours !
Ton plaisir vaincu, tes ambitions dénudées,
Et ton ombre abusée, tu trouves ton refuge
Dans l’alchimie des rêves.
Hélas, j’ai caché mes larmes dans la pierre
Lorsque tes yeux se sont ouverts
Dans l’épouvante tragique du déclin des choses.
Les vastes fleuves de la foi
Inondent mon âme débordée et frémissante
Dans le flux et le reflux du songe
Comme une faucille d’or
Au fond des vagues d’une cascade.
Et sur mon corps passent et repassent
Les eaux de l’Histoire.

Les Résignations

Publicités

L’exil – Kama Sywor KAMANDA

Il s’en est allé, le visionnaire,
Voir naître le soleil dans le ciel des prémonitions,
À travers les nuages de l’imprévu et, à la nuit tombée,
Contempler fleurir l’azur d’étoiles immobiles
Plus immortelles que nos rêves.
Morne, vide et sans force, telle une feuille morte,
L’homme épris de liberté s’évanouit de bravoure
Dans un vertige des émotions,
Vers des lendemains sans peur,
Quand en s’enfonçant en quête de ses racines,
Il se perd dans l’entonnoir de la tornade !
Sans préavis, comme un insaisissable météore,
L’exil se réjouit de ses prétendants exaspérés.
Le migrant erre ainsi, loin des regards familiers,
Incertain et tremblant d’inquiétude,
Dans l’immense abîme sans fond
De l’angoisse sinistre du rituel des passions.
La peur l’étreint, l’espoir le torture
Et son esprit tourbillonne sans fin
Dans la langueur, l’ennui et la révolte,
Vers l’aurore d’un monde inaccessible.
Ses yeux tournés vers l’horizon des remords,
Ses souvenirs se perdent dans la mémoire des sables
Que les typhons confidents charrient
Sur la longue échine de l’humanité
Et révèlent dans l’essaim des songes se mouvant
Dans les plis des destinées des croyances trahies,
Des aspirations inassouvies
Et la solitude impalpable du martyre.

Chants de Brumes

RAMA KAM – David Diop – 1956

Me plaît ton regard de fauve
Et ta bouche à la saveur de mangue
Rama Kam
Ton corps est le piment noir
Qui fait chanter le désir
Rama Kam
Quand tu passes la plus belle est jalouse
Du rythme chaleureux de ta hanche
Rama Kam
Quand tu danses
Le tam-tam Rama Kam
Le tam-tam tendu comme un sexe de victoire
Halète sous les doigts bondissant du griot
Et quand tu aimes
Quand tu aimes Rama Kam
C’est la tornade qui tremble
Dans la chair de nuit d’éclairs
Et me laisse plein de souffle de toi
O Rama Kam !

David Diop, Coups de pilon, 1956

L’éternelle bataille entre le bien et le mal

5,0 sur 5 étoiles

Par Laurynne le 27 août 2018

Format: Format Kindle Achat vérifié

Très agréablement surprise par ce livre. J’ai adoré le voyage. Eh oui c’est un vrai voyage à travers l’Afrique avec ses traditions et ses contes. De plus l’auteure exerce l’art de la description de façon remarquable, si bien que les images défilent devant nos yeux, on s’y croirait vraiment. Le suspense y est de mise aussi, on a hâte de savoir qui va triompher, est ce que le jeune Shouna va choisir le chemin du bien ou du mal. Une rude bataille se livre, avec des images fortes et cruelles, mais l’espoir que le bien triomphe ne nous lâche pas. Et pus je suis arrivée à la fin de ce tome avec une grande déception, celle de ne pas connaitre la suite…J’attends donc impatiemment la suite des aventures du Roi Shouna.

Un monde plein de mystère

 

5,0 sur 5 étoiles
Par Client d’Amazon le 20 septembre 2018
Format: Format Kindle Achat vérifié
Dés les premières lignes, je me suis laissé emporter dans ce curieux univers. J’ai eu la sensation d’entendre les animaux autour de moi, sentir l’ombre pesante de la nuit envahir la pièce. Il y aurait tellement de chose à dire que je préfère relire certains passages particulièrement prenant pour me laisser de nouveau saisir par cette histoire. On a pas la sensation de lire des mots, on a l’impression de les entendre d’un vieux conteur assis sous son arbre.

Amélie Diack, Angéline Monceaux et Lara Lee Lou Ka. Les femmes au clavier, et ça fait du bien…

Giovanni Portelli

Pourquoi ces trois auteures en battle ici et aujourd’hui ? Je dois avouer que depuis Charlie de Fanny Kim, Kuru de Katia Campagne et le Quart d’heure de Gloire de Mari Delle j’ai eu maintes fois l’occasion de me rendre compte que le niveau des auteures indépendantes tenait la dragée haute aux productions masculines.

Bon, je ne suis pas chroniqueur aussi lorsque je parle d’un collègue, je me place en tant que lecteur lambda et donc je vous invite à creuser davantage si vous souhaitez en savoir plus sur ces trois nouvelles auteures dont je vais parler ici, plus ou moins en parallèle.

Vous comprendrez que c’est une recherche de présentation ludique qui nous vaut de mesurer Sheendara à Freesia, et la magie des personnages de Lara à celle des sorciers du monde d’Amélie Diack.

En terme de qualité narrative, on peut dire que les trois auteures tournent bien leurs…

Voir l’article original 580 mots de plus