Coeur insomniaque – Sophie Adonon – 2012

L’auteure

Sophie-AdononQui dit que le roman policier est une affaire d’hommes en Afrique? Sophie Adonon a fait une entrée fracassante dans ce domaine littéraire. Cette Béninoise est née en 1964 et vit en France depuis 1983. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est rentrée de plein pied dans le Polar et a fait un carton plein dès le départ. Dire qu’elle est juriste à la base!

Ses trois premiers romans (Le sourire macabre 2011, cœur insomniaque 2012, le plat qui se mange froid 2011) se déroulent au Bénin et le quatrième en France (Paroles d’immondices 2013). Le commissaire AZA (chapeau en Fon) est un dandy très cultivé, toujours tiré à quatre épingles et le fils chéri de sa maman. Entre ses enquêtes, il vit avec la femme idéale pour lui et sa mère.

Vous cherchez un rythme trépidant, des coups de feu, une chasse-poursuite? Que nenni, le commissaire est trop classe pour ça. Les enquêtes sont réglées doucement, mais sûrement, au rythme Africain. Tout arrive au bon moment, en bonne intelligence.

Le livre001919010

Un petit garçon ramasse ce qu’il pense être deux balles sur une plage, deux banals objets qui vont transformer la vie de ses parents en épouvante… Le pique-nique à la plage devient une terrible affaire criminelle… Ce que le petit Léon prenait pour des jouets, ce n’étaient pas vraiment des balles de jeu comme il le croyait, mais deux cœurs humains…

Et qui dit deux cœurs humains en balade, dit deux cadavres sans cœur. Le commissaire Lionel Aza se voit confier cette nouvelle enquête.

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Mbaam dictateur – Cheikh Aliou Ndao – 1997

Quatrième de couverture

L’histoire se déroule dans un pays d’Afrique ou d’ailleurs. Mbaam dictateur y règne, vit, gouverne. Las déployer sous la férule et les caprices du tyran, le peuple se tourne vers le pouvoir occulte des ancêtres. Un devin maître de l’invisible l’aide à se débarrasser de Mbaam dictateur sans verser de sang. Exclu du monde des humains, le tyran est précipité dans l’univers des bêtes. Grâce au devin, voici Mbaam Dictateur devenu un mort vivant. Présent et absent. Condamné à se mouvoir dans l’énigme jusqu’à la fin des temps. Où commence l’âne et où finit le dictateur, se demande t-il?

L’auteur

cheikh-aliou-ndaoSidi Ahmed Aliou Cheikh Ndao est né le 3 août 1933 à Bignona (Casamance) au Sénégal. Après avoir fait ses études secondaires au Sénégal et en France, il entreprend des études universitaires à Grenoble. Il a été professeur d’anglais. En homme de Lettres, il a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes.

Avec ses confrères dont Cheikh Anta Diop, il a, dans les années 1940/1950, posé les bases de l’alphabet ouolof, en se référant aux études de Cheikh Anta Diop: les liens entre l’Egypte pharaonique et le Ouolof. Aussi, dès 1990, Cheikh Aliou Ndao décide d’écrire dans sa langue et milite à cet effet. Il fait les traductions de ses oeuvres en français. Ce qui est le cas de Mbaam Dictateur.

Le Roman

Dans cour familiale, un âne réfléchit et s’étonne car il réfléchit en humain. Il agit enmbaam-dictateur humain et ne mange pas de paille, ni d’herbes. Autour de lui, les gens ne parlent que de la disparition du dictateur. Personne ne sait où il est et nul ne s’en plaint. Au contraire. Mbaam a pitié de cet homme haï de tous. Cet homme dont tout le monde parle n’avait que des tares, des défauts et Mbaam le juge. Sans concession. Puis, vint le déclic. La stupeur. L’indignation. Les souvenirs.

Un jour. Un matin comme les autres. Un dictateur se réveille dans sa luxueuse chambre. Mais, quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va plus. Il se réveille dans la peau d’un animal: un âne (Mbaam). Que se passe t-il? Rêve? Cauchemar? La vie ne sera plus la même. Cet homme adulé par certains, craint par d’autres se trouve en fâcheuse cheikh-aliou-ndaoposture: Il doit quitter le palais sans être vu.

Mbaam dictateur est écrit avec beaucoup d’humour. Un humour que Cheikh Aliou Ndao maîtrise entièrement dans ces écrits. Le lecteur se surprend à rire aux éclats malgré l’histoire tragique de ce dictateur qui ressemble à tous ceux qui ont régné sur le continent. Ces derniers auraient pu partager le sort de cet âne. Au fil des pages, nous entrons dans la vie de cet âne, avant et après la transformation. Les regrets, le repentir lui permettront-ils de recouvrir son apparence humaine? Est-ce trop tard pour l’âne dictateur?

 

Amina Seck – auteure Sénégalaise aux multiples casquettes

imagesJEE7BMQWTitulaire d’une licence en Marketing et communication des entreprises, Amina Seck sort son premier roman « Mauvaise Pente » en 2017. Un roman qui est en fait le journal intime de l’héroïne Alimatou Ly. Cette dernière y dévoile toute sa vie. L’occasion pour l’auteure d’aborder des sujets tabous dans la société sénégalaise (la difficulté des mariages religieux mixtes, l’avortement) ainsi que d’autres qui gangrènent la vie sociétale: L’hypocrisie, l’amour, le rejet, la déception, la trahison. Aminata Seck, au travers de son roman, met en lumière la condition des femmes dans son pays.

Cependant, Amina Seck n’est pas seulement auteure. Elle est aussi comédienne, scénariste et réalisatrice. Selon elle, l’écriture est une thérapie qui aide à la guérison. De plus, l’écriture représente pour elle la liberté, la sensation d’exister, de créer un imaginaire.

https://www.goethe.de/ins/sn/fr/m/kul/sup/ceu/21206246.html

 

 

 

Les victimes du vent d’est – Manuel Lopes – 1996

Quatrième de couverture

Au Cap-Vert, les premières pluies annoncent l’espoir de nouvelles récoltes de maïs sauf si le redoutable vent venu des côtes africaines se met à souffler en brûlant tout sur son passage comme une tornade de feu. Sur l’île de San Antaõ, il y a ceux qui plantent dès les premières gouttes, ceux qui attendent des signes plus certains de pluies bénéfiques et même ceux qui en sont réduits à consommer les semences. Mais, tous risquent d’être les nouvelles victimes du vent d’est qui mène un combat inégal et meurtrier.

Mon avis

vent d'estDes paysans, braves, vaillants, face au destin. Face aux aléas de la vie. Du temps. Ainsi va la vie sur une île du Cap-Vert. Le destin de différentes familles, plus ou moins bien loties face au redoutable vent d’est qui ne consume pas que les plantes, mais aussi les humains, leur vie, leur destin. Manuel Lopes nous campe une belle galerie de portraits. De destins. D’hommes et de femmes. En attente de la fin de ce malheur qui les frappe. Qu’auriez-vous fait à leur place? Quel aurait été votre comportement face à l’innommable? Face à ce malheur qui les frappe, l’humain se révèle. Pas forcément sous ses meilleurs jours.

Les victimes du vent d’est est un roman très fort. Très dur. Très humain. Si humain!! Des hommes et des femmes qui ont l’habitude du malheur. Des hommes et des femmes qui sont arrivés au bout de l’espérance. Qui ne trouvent plus beaucoup de solutions de survie. Dès lors, les caractères se révèlent. Certains subissent. D’autres deviennent tyranniques. Quelques-uns restent sereins.

Dans les victimes du vent d’est, la destinée de ces hommes et de ces femmes représente le destin du Cap-Vert et de ses habitants. Un pays qui reste debout face à la pauvreté et qui continue d’aller de l’avant. En effet, sur cette île de Sao Antaõ, même arrivés au bout du désespoir suprême, les iliens continuent à espérer. Un meilleur destin. De nouvelles pluies. Une nouvelle vie. Malgré l’absence des autres: les victimes du vent d’est...

Extrait

C’était un enfant éveillé, serviable, assez maigre, beaucoup plus grand que Lela, bien que plus vieux seulement d’un an et demi; sur la chemise faite d’un sac de farine de blé qui lui cachait pudiquement le sexe, il portait toujours une bande de sisal attachée à la taille. La bande de sisal était un signe distinctif de travail parmi les gamins prétendant être des hommes. Un enfant portant une ceinture sur le ventre a des devoirs, car une ceinture signifie un endroit pour mettre le couteau de travail… […]

Le temps passant et les pluies devenant plus rares, le nombre de rigoles diminuait peu à peu, dès lors, les terres irriguées se trouvaient de plus en plus près de la source. Enfin la réserve d’eau devint une flaque, une tache humide nourrissant quelques maigres douzaines d’ignames, près de la pierre usante et moussue. Il retrouva difficilement la source. La mare avait disparu. Il ne restait plus que la roche désolée, des blocs de pierres noires et lisses, des cailloux. Une cascade d’eau trouble tombait en zigzaguant et en moussant entre les rochers.

 

 

Les derniers de la rue Ponty – Serigne M. Guèye – 2009

Quatrième de couverture

Un jeune homme étrange qui se dit déjà mort et prétend être un ange, Gabriel, atterrit au Sénégal. Silhouette haute, allongée par son grand manteau aux poches si remplies de billets qu’on les croirait sans fond, Gabriel sillonne Dakar en quête de rédemption peut-être, d’une forme de salut certainement…

L’auteur

Disiz1Serigne Mbaye Guèye, plus connu sous le nom de Disiz ou Disiz la Peste est né le 22 mars 1978 à Amiens (France). Il est rappeur et à ses heures perdues, écrivain.  c’est ainsi qu’en 2005, il écrit son premier roman René, un roman d’anticipation qui dépeint la vie d’un jeune homme dans une France gouvernée par l’Extrême Droite. Puis, en 2009, sort les derniers de la rue Ponty aux Editions Naïves.

Roman

 rue ponty disizDe nuit, dans les rues de Dakar, une ombre se déplace. Humain? Fantôme? Elle Pose son ombre, sa protection sur une fratrie à la rue. Bon ou mauvais présage? Un roman qui nous emmène dans les profondeurs de la société sénégalaise. Différentes rencontres. Différents portraits. Différentes histoires. Tristes. Touchantes. C’est un roman écrit à la première personne. Récit d’un homme qui va au bout de sa foi. De sa douleur. Un homme-ange qui ne peur résister aux sirènes de Cupidon. Homme dans sa vie. Ange dans ses actions. Quelle est la réalité de cet homme?

Extrait P. 95-96

« Ce jeune garçon qui, pour oublier qu’il vend son corps à de monstrueux touristes rouges, renifle des tornades de solvants organiques, inhale ces vapeurs maléfiques, mais ô combien apaisantes. Elles lui feront passer une nuit tranquille, car elles dissoudront la masse poisseuse et noire des cauchemars de sa vie. Cette passerelle vers l’oubli, cette bouffée de joie envahit ses alvéoles pulmonaires et atteint son cerveau en un flash rapide, qui le transporte vers l’ivresse. Il se sent léger et éloigné de l’épaisseur du monde. Il s’endort, bercé par la mer, tous ses cauchemars enfermés dans un petit flacon de vernis à ongles, tels des génies dans la lampe d’un jeune Aladin qui n’a plus de vœux. »