LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Les femmes détenues en Algérie – Fadhila Mouzaoui-Koudjil – 2017

Quatrième de couverture

Ce livre porte sur les femmes incarcérées en Algérie et sur leur réinsertion. L’auteure s’interroge sur le sens que les acteurs [prisonniers et personnel pénitentiaire] confèrent aux notions de peine ainsi que les moyens mis en oeuvre pour atteindre cet objectif. Dès lors, l’auteure a élaboré son champ d’investigation par entretiens approfondis et questionnaire lors d’une enquête menée dans des établissements pénitentiaires auprès des femmes et du personnel à mettre en évidence la trajectoire de réinsertion, les stratégies  identitaires, des profils de détenues […]

Chronique

Les matières telles que l’anthropologie, l’ethnologie, la sociologie, sont de grandes passions pour moi. Je me suis toujours intéressée à la question de la prison à travers le monde. Encore plus quand il s’agit de femmes enfermées dans ces institutions. Elles sont épouse, mères, sœurs, filles. Comment vivent-elles leur incarcération? Comment cela se passe t-il pour le Algériennes? Quel regard porte la société Algérienne sur ces femmes?

Les femmes détenues en Algérie est présenté comme un mémoire. C’est une analyse détaillée du Milieu Carcéral, de ses règles, de son mode de fonctionnement et des projet mis en place pour la réinsertion sociale de ces femmes. Ces femmes emprisonnées, détruites par leur statut de prisonnière, par le regard de la société, par l’histoire de leur parcours avant et après l’emprisonnement.

Les femmes détenues en Algérie est un regard critique sur le rôle de la prison dans la vie de ces femmes qui, pour la plupart sont rejetées par la société voire menacées de mort par leur famille (surtout dans le cas de prostitution). Cet essai pointe une situation récurrente dans ce pays: des femmes dont la prise en charge est difficile dans le milieu carcéral. C’est un essai qui ravirait de nombreux travailleurs sociaux.

Les femmes détenues en Algérie nous présente une situation de la femme dans un milieu qui n’a rien de prévu pour elle. Certaines en profitent pour amorcer un nouveau départ entreprenant des études. Cependant, elles ne sont pas très nombreuses. La société n’est pas prête à les accueillir malgré quelques timides programes de réinsertion. La société n’est pas prête à les aider à retrouver leur identité d’avant l’incarcération ou à se réinsérer dans le tissu social.  Finalement, cette analyse pointue  pourrait être le fait de nombreuses femmes à travers le monde. De femmes qui ont les mêmes soucis que les femmes détenues en Algérie.

Note 17/20

9782343136141   Editions l’Harmattan   301 p.   31,50€

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Rachid Boudjedra, écrivain Algérien controversé

Rachid Boudjedra est né le 5 septembre 1941 en Algérie. Il fait des études de philosophie à la Sorbonne. Matière qu’il enseignera avant de devenir conseiller au Ministère de la Culture en Algérie. Il écrit aussi bien en arabe qu’en français. Il est l’auteur de romans, nouvelles, poésie, théâtre, scenarii. C’est un écrivain complexe. Atypique. Révolté. Athée autoproclamé. Surtout, vindicatif. De plus, il adore bousculer les habitudes, les mentalités, parlers des interdits de la société Algérienne.boudjera_726822328

Cette révolte contre l’ordre du monde se ressent dans chacun de ses écrits. On ressent sa colère contre un monde qui n’est pas ce qu’il s’en représente. Lire Rachid Boudjedra, c’est entrer dans un monde torturé. Ses héros sont à la limite de l’obsessionnel. Ce qui rend ses écrits intéressants et fait de Rachid Boudjedra l’un des meilleurs écrivains du Maghreb, bien que décrié suite à ses nombreuses attaques contre ses congénères.

Personnellement, je pense que cet écrivain est une énigme. après avoir lu ses romans, j’ai pensé qu’il était aussi torturé que ses personnages. Le lire est une aventure car on ne sait jamais où l’on va. Ce que j’aime chez lui, c’est sa manière de jeter aux orties les idées des « bien pensants », de la société qui l’entoure, des traditions ancestrales, des non dits.

 

Bibliographie

  • 1965 Pour ne plus rêver – Poésie
  • 1969 La répudiation
  • 1971 La vie quotidienne en Algérie
  • 1971 Naissance du cinéma Algérien
  • 1971 Les 1001 années de la nostalgie
  • 1972 Journal Palestinien
  • 1975 Topographie idéale pour une agression caractérisée
  • 1977 L’escargot entêté
  • 1981 Extinction de voix – Poésie
  • 1981 Le vainqueur de coupe
  • 1982 Le démantèlement
  • 1984 La macération
  • 1985 Greffe
  • 1987 L’insolation
  • 1987 La prise de Gibraltar
  • 1987 La pluie
  • 1991 Le désordre des choses
  • 1992Fils de la haine
  • 1992 Philip Djian
  • 1994 Timimoun
  • 1995 Mines de rien – Théâtre
  • 1995 Lettres Algériennes
  • 1996 Peindre l’Orient
  • 1997 La vie à l’endroit
  • 2000 Fascination
  • 2001 Cinq fragments du désert
  • 2002 Le directeur des promenades
  • 2003 Les funérailles
  • 2007 Hôtel saint Georges
  • 2010 Les figuiers de Barbarie
  • 2014 Printemps
  • 2017 La dépossession
  • 2017 Les contrebandiers de l’histoire – Pamphlet

 

 

 

Regard blessé – Rabah Belamri – 1987

QUATRIEME DE COUVERTURE

Algérie 1962: à la veille de l’Indépendance, dans un village meurtri par sept années de guerre, Hassan âgé de quinze ans, commence à perdre la vue à la suite d’un décollement de rétine. Devant l’impuissance de la médecine moderne à guérir l’enfant, la mère recourt à la magie et aux médecines traditionnelles: marabouts, sorciers et charlatans multiplient les traitements cocasses et dangereux.

L’adolescent vit une double tragédie: les progrès implacables de son mal et l’histoire de son pays faite de douleurs et d’incertitudes. Et pourtant Hassan le merveilleux sait rire et désirer, souffrir et apprendre, visiter sa mémoire en feu et observer la vie autour de lui, tendre, folle et cruelle.

 

MON AVIS

Ma découverte de cet auteur date de plusieurs décennies. J’ai de suite adoré sa plume simple, colorée, humoristique, plongée dans les sentiments, dans l’âme humaine. Intimement. Profondément. Humainement. Ce qui m’a changé d’autres écrivains Maghrébins que j’adore, mais que je trouve souvent torturés. regard blessé

En lisant ce roman, je me suis demandée s’il s’agissait d’une autobiographie. Hassan, le héros, perd la vue durant son adolescence, tout comme l’auteur. Avec beaucoup d’humour, de tendresse, on assiste aux médications plus ou moins folkloriques faites par une mère désespérée de chagrin, d’amour filial. Le regard du jeune Hassan est sans fard. Il est conscient que ces actes aggravent son cas.

Rabah-BelamriOn entre en douceur dans cette histoire. On s’y promène, emporté par la poésie du conteur, par ses mots simples mais si profonds. Comme tout bon conteur, Rabah Belamri sait utiliser les mots, les faire chanter. On se régale à chaque phrase, à chaque chapitre. Cette situation qu’il a vécu pourrait le rendre triste, nostalgique, mais, elle est contée avec beaucoup de talent, d’humour. On plonge lentement dans les ténèbres avec Hassan, imperceptiblement. La cécité nous tombe dessus  nous laissant, comme à Hassan, des souvenirs pleins la tête, des scènes de vie et une envie de vivre incroyable.

Ce roman est un hymne à la vie, à une envie de mordre la vie à pleines dents et à avancer, en gardant en tête les bons comme les mauvais moments, tout en les sublimant avec beaucoup d’humour. Un livre à lire, à relire, encore et encore car c’est une vraie leçon de vie.

 

Rabah Belamri le conteur Algérien 1946 – 1995

Rabah Belamri est né le 11 octobre 1946 à Bougaa en Algérie. En 1962, lors d’un des derniers bombardements de  fin de guerre sur l’hôpital où il se soignait, il perd la vue. Ce qui ne l’empêche pas de continuer ses études à l’école des jeunes aveugles d’Alger. Il arrive à Paris en 1973. Il y débute sa carrière littéraire. Lors d’une intervention chirurgicale dans un hôpital parisien, il perd la vie le 20 septembre 1995.Rabah-Belamri

Comme tout conteur, Rabah Belamri sait faire chanter les mots. Il sait les utiliser pour les rendre poétiques, faire danser les maux, les mots. On se régale à chaque ligne, à chaque paragraphe. L’humour est très subtile et quel que soit le sujet abordé, il n’y voit que le côté profondément humain. Un très bon écrivain qui a disparu, malheureusement, trop tôt.

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1980 L’oeuvre de Louis Bertrand, miroir de l’idéologie colonialiste
  • 1982 Le soleil sous le tamis – récit
  • 1982 La rose rouge – Contes
  • 1982 Les grains de la douleur
  • 1983 Chemin de brûlure – poésie
  • 1985 Le galet et l’hirondelle – Poésie
  • 1986 L’oiseau du grenadier – Contes, proverbes
  • 1986 Proverbes et dictions algériens
  • 1987 regard blessé
  • 1989 L’asile de pierre
  • 1989 Jean Sénac: entre désir et douleur – essai
  • 1989 L’olivier boit son ombre – Poésie
  • 1991 L’âne de Djeha
  • 1991 Enfance, enfance
  • 1992 Femme sans visage
  • 1993 Pierres d’équilibre – Poésie
  • 1994 Mémoire en archipel  récits
  • 1996 Chronique du temps de l’innocence
  • 1998 Corps seul – Poésie
  • 1998 17 contes Algériens
  • 2004 Le bélier de la montagne

 

Mohamed Dib, Un Algérien virtuose des mots (1954-2003)

Mohamed Dib est né le 21 juillet 1954 à Tlemcen en Algérie. Il et expulsé d’Algérie pour ses idées politiques. Il voyagera avant de s’installer en France où il poursuivra sa carrière littéraire. Il a été professeur en Californie dans les années 70. Il s’agit d’un écrivain inclassable. Il a un style qui lui est propre, une écriture qui change à chaque roman. C’est un écrivain qui a écrit des romans, des poèmes, des contes, des essais et une pièce de théâtre jouée en Province. Il est mort le 2 mai 2003 à la Celle Saint Cloud.

Mohammed-DibDe son errance durant son exil, il en fit sa richesse. Son écriture devient un parcours littéraire qui s’adapte à chaque époque, à chaque lieu. Ses écrits racontent la guerre d’Algérie,  l’imaginaire, l’exil, la quête des sens. Chaque mot est précis et mène à la réflexion. Ces mots ne sont pas là par hasard. Ils créent une symphonie, une musique qui touche directement le cœur, l’âme.

 

PRIX LITTERAIRES

  • 1952 Prix Fénéon (La grande maison)
  • 1966 Prix de l’union des écrivains Algériens
  • 1971 Prix de l’Académie de poésie
  • 1978 Prix de l’Association des Ecrivains de langue française
  • 1994 Grand Prix de la Francophonie de l’académie française
  • 1998 Prix Mallarmé (l’enfant-jazz)
  • 2000 Prix des découvreurs (le cœur insulaire)

 

BIBLIOGRAPHIE

  • 1952 La grande maison
  • 1955 Au café – nouvelles
  • 1957 Le métier à tisser
  • 1959 Un été Africain
  • 1959 Baba Febrane – conte
  • 1961 Ombres gardiennes
  • 1962 Qui se souvient de la mer
  • 1964 Cours sur la rive sauvage
  • 1966 Le talisman – nouvelles
  • 1968 La danse du roi
  • 1970  Formulaires -Poésie
  • 1970 Dieu en barbarie
  • 1973 Le Maître de chasse
  • 1975 Omneros – Poésie
  • 1974 Histoire du chat qui boude
  • 1977 Habel
  • 1979 Feu, beau feu
  • 1980 Mille hourras pour une gueuse – Théâtre
  • 1985 Les terrasses d’Orsol
  • 1987 O vive – poésie
  • 1989 Le sommeil d’Eve
  • 1990 Neiges de marbre
  • 1992 Le désert sans détour
  • 1994 L’infante Maure
  • 1994 Tlemcen ou les lieux de l’écriture
  • 1995 La nuit sauvage – nouvelles
  • 1996 L’aube Ismaël – Poésie
  • 1998 Si diable veut
  • 1988 L’enfant jazz -Poésie
  • 1998 L’arbre à dires – nouvelles
  • 2000 Le cœur insulaire – Poésie
  • 2001 Comme un bruit d’abeilles
  • 2001 L’hippopotame qui se croyait vilain – conte
  • 2003 L.A. Trip – roman en vers
  • 2003 Simorgh – Nouvelles
  • 2006 Laëzza – nouvelles