LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Sous les fleurs, des larmes – Maïmouna Koné – 2015

Quatrième de couverture

Sarah a tout ce dont peut rêver une jeune fille: villa, chauffeur, piscine, argent…., il ne lui manque qu’une chose, l’amour de ses parents. Quand son ami Célestin quitte la ville c’est le désespoir. Sa cousine a beau faire, Sarah s’enfonce dans la déprime. Célestin réussira t-il à la sortir de là?

Chronique 

Une jeune fille qui a une vie aisée. Un ami qui la soutient envers et contre tout. Seule ombre au tableau, des parents qui  brillent par leur absence dans son quotidien. Pourquoi? L’aiment-ils vraiment? Comment leur signifier son état d’esprit, son désespoir?

Sous les fleurs des larmes est l’histoire d’une amitié. L’histoire d’une vie qui ne demande qu’à s’épanouir. Une vie de solitude. De tristesse. Une vie qui n’est pas en adéquation avec les souhaits de Sarah. Cette dernière n’en peut plus de ne pas exister aux yeux de certains et un peu trop pour d’autres. Cette vie vaut-elle la peine d’être vécue? Si elle disparaissait ses parents s’en rendraient-ils compte? Au bout de combien de temps? A part Célestin, peut-elle accorder sa confiance à d’autres? Se faire de nouveaux amis?

Nous sommes les témoins des turpitudes d’une enfant qui veut fuir sa vie dans une cage dorée. Partir loin. Très loin. Ne jamais revenir. Mais pour aller où? A qui parler de ce poids qui ne la quitte pas? A qui parler de ses parents fantômes? Comment expliquer cette souffrance qui tue, qui vide de l’intérieur? Comment trouver les mots pour réclamer un geste d’amour de la part de ses parents? Comment se sentir normale? Comment se sentir comme un enfant lambda? Ses parents changeront – ils un jour?

Sous les fleurs, des larmes est un roman où les émotions se suivent et ne se ressemblent pas. C’est un roman de tendresse, de force, de douceur pour une enfant perdue. Pour une enfant qui se cherche avec une grande peur de ne jamais se retrouver. Avec la forte impression de n’être utile à personne. Même pas à elle-même. Une enfant qui sait que sous les fleurs sont cachées des torrents de larmes.

Note 18/20

9782350450568   Editions Ganndal   Collection Gos & Gars   100p.   3,90€

 

Publicités

La dernière lettre – Salla Dieng – 2008

Quatrième de couverture

La narratrice, Salimatou, qui finit de purger une longue peine de prison, se décide enfin à écrire à son ami d’enfance de toujours, Serge, pour lui avouer les raisons de ce long silence.

Chronique

Une amitié entre deux adolescents. Une amitié qui dure malgré la séparation et la vie de chacun. Combien de temps durera -t-elle encore? Puis une séparation. Par la vie. Par le cours du temps. Un jour, un courrier. Celui de la parole longtemps muselée. Un courrier qui raconte une peine. Une douleur. Intense. Forte. Une douleur doucement destructrice. Pourquoi un si grand silence? Que s’est-il passé?

La dernière lettre est un aveu troublant. Un aveu touchant comme il y en a si rarement. C’est le cri d’une femme. C’est le hurlement d’une femme en gésine de la douleur. De la perte. De la disparition. C’est un appel à la rédemption. Un appel au souvenir. Un appel au pardon. C’est un courrier qui explique l’inexplicable et qui tente de répondre aux nombreux « pourquoi » et « comment ».

La dernière lettre nous parle d’une descente aux enfers. Lente. Inéluctable. Une descente que nous accompagnons au fil des pages. Au fil des chapitres.  En tournant ces pages, nous découvrons l’envol brisé d’un être à la fleur des rêves. Le rêve brisé d’une colombe assoiffée d’amour et de paix. Et cet ami qui lit cette missive! Cet homme qui lit les tripes noués et le cœur en miettes. Cet homme qui essaie de comprendre. Cet homme qui découvre un secret qui le cloue sur place et qui réveille des souvenirs profondément enfouis.

Il fut un temps. Un temps si loin et si proche. La période de l’innocence. Une période qui ressemble si bien au grand calme avant la tempête. Une tempête qui balaie tout sur son passage. Une tempête emportant les êtres comme des fétus de paille, les laissant brisés et la plume à la main. Une plume écrivant l’inexplicable. Une plume écrivant le besoin du pardon. Une écriture émouvante de la dernière lettre.

Note 19/20

9782708707870    Ed. Présence Africaine    180 p.   10€

 

 

L’or de Ninkinanka – Sokhna Benga – 2018

Quatrième de Couverture

Aïda, jeune femme dakaroise, deux ans après le décès accidentel de son mari, apprend qu’elle est endettée. Elle fait confiance à Marie, son amie d’enfance pour surmonter cette épreuve. Les deux trentenaires vont reprendre une nouvelle vie de bourgeoise, fréquenter les plus hautes personnalités de la ville. Plusieurs évènements bouleversants et mystérieux vont changer le cours de cette vie rêvée…

Chronique

En Afrique, il ne faut jamais jouer avec les légendes. Le prix demandé par les djinns est souvent supérieur à la volonté humaine. L’or de Ninkinanka réclamera peut-être le prix du sang. Le prix des sens. Le prix du désir. Le prix garanti pour une légende. Deux amies. Deux âmes sœurs. Deux destins. Une amitié solide qui a survécu aux vicissitudes de la vie. Deux jeunes femmes si différentes et si complémentaires. Leur amitié survivra t-elle à l’amour, à la cupidité, au mensonge, au mystère?

L’or de Ninkinanka est le récit de deux solitudes. De deux cœurs abimés par le chagrin. Par la douleur. Par le deuil d’un amour qui ne fut jamais. C’est l’histoire d’un rêve qui se tisse en filigrane. D’un rêve qui se réalisera peut-être. Deux femmes unies par le rêve de l’absent. L’histoire de deux amies qui vivent différemment leur solitude et qui croient, sans se l’avouer, en des lendemains meilleurs. Des lendemains qui chantent l’aisance, le bonheur. Comment y accéder sans perdre son âme? Sans se brûler les ailes tel le papillon de nuit sur la flamme d’une bougie?

Le récit est rythmé par la solitude d’un cœur qui ne bat que pour vivre. Une vie étrange et dure. Dès le début, nous sommes pris dans les filets de la curiosité. De la hâte de savoir. De ce besoin irrépressible d’avoir une baguette magique pour tout changer. Le suspens dure jusqu’au bout. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Aïda et Marie s’en rendront peut-être compte. Un jour. Avec ou sans l’or de Ninkinanka.

Note 19/20

9791090147294   Teham Editions   243 p.   15€