Annette Mbaye d’Erneville, femme de Communication, de Lettres et de Culture Sénégalaise – 1926

MbayedernevilleBagueAnnette Mbaye d’Erneville est née à Sokone (Sénégal) le 23 juin 1926. Elle a fait ses études primaires à St-Joseph de Cluny à Saint-Louis, puis àimagesNTDZZQBX l’Ecole normale de Rufisque  et enfin à Paris où elle a obtenu un diplôme de journaliste radio. Elle est la pionnière des journalistes sénégalais. De retour au Sénégal en 1957, elle fonde la revue qui deviendra en 1964 Awa la Revue de la Femme Noire. Annette a été tour à tour enseignante, poète, journaliste, directrice des programmes de Radio Sénégal. Elle a également été reporter pour la revue Elle, journaliste pour de nombreuses publications et a écrit Mbayeplusieurs livres pour enfants. Elle est aujourd’hui directrice du Musée de la femme Henriette Bathily, créé en 1994 et (situé à Gorée jusqu’en 2014 eternevillechasseur actuellement à la Place du Souvenirs africain et de la diaspora à Dakar). L’essentiel de son œuvre relève de la poésie et de la littérature enfantine. Dans ses poèmes, elle aborde la souffrance, la révolte et l’amour. Sa poésie est nourrie de trahison, de nostalgie, d’humanité, de solitude et de regrets ainsi que de certains aspects de la négritude.

1965 : Poèmes africains
1966 : Kaddu (réédition des poèmes) ernevillechansoernevillepic
1976 : Chansons pour Laïty comptines
1983 : Le Noël du vieux chasseur
1983 : La Bague de cuivre et d’argent (prix Jeune Afrique en 1961)
2003 : Motte de terre et motte de beurre
2003 : Picc l’Oiseau et Lëpp-Lëpp le papillon

 

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Kama Sywor Kamanda, conteur, poète et romancier Congolais – 1952

10373072_422223981253523_4059472588191346223_oKama Sywor Kamanda est un écrivain congolais, il est né le 11 novembre 1952 à Luebo au Congo-Kinshasa. Il a fait son droit à l’Université de Liège en Belgique et à l’Université de Strasbourg en France. Après ses études, il est devenu journaliste et puis assistant technique pour une agence de presse. En 1977, Kamanda est obligé de s’exiler pour des raisons politiques. Il consacre son temps à sa 81Y1JJzHfiLcarrière littéraire et aussi à la défense des droits de l’homme en Afrique.

Tour à tour conteur, poète et romancier, Kama Sywor Kamanda a produit une œuvre littéraire considérable et mondialement reconnue. Depuis la parution, en 1967, de son premier ouvrage, Les Contes des veillées africaines, il a écrit des poèmes et divers 51w6a+558GL._UY250_recueils de contes (1988 Les Contes du griot t. I, 1998 Les Contes du griot t. III [La Nuit des Griots ] pour lesquels il a reçu le Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire et en 2000 Les Contes du crépuscule). En 2003, il réédite tous ses contes en version illustrée, puis en oeuvres complètes en 2004. Il s’est distingué par ses contesavec Aimé Césaire littéraires à la fois inspirés par ses expériences personnelles, son imaginaire et les traditions et réalités du continent noir. Récits féeriques, ils sont imprégnés de la culture et de la civilisation de toutes les terres africaines.

En tant que poète, Kamanda Sywor Kama a su redonner un souffle nouveau et de la grandeur à la poésie contemporaine, grâce à la richesse de son langage et à sa maîtrise de la métaphore. La critique et des poètes parmi les plus grands de son temps, dont bfd36f5bc74d377e54fc4820fdc5c711Mario Luzi et Léopold Sédar Senghor, ont souligné la puissance de ses vers et la richesse de son imagerie. Il a reçu de nombreux prix, notamment, en 2009, le Prix Heredia de l’Académie française pour l’édition intégrale de ses oeuvres poétiques. Ses deux recueils de poésie, L’Exil des songes (1992) et Les avec jm le clézio etMyriades des temps vécus (1992) ont été honorés par l’Académie Française.

En tant que romancier, Kamanda n’a cessé de porter en lui son Afrique et ses rêves. Ses écrits révèlent un véritable résistant face aux pouvoirs totalitaires, mais aussi un complice des hommes et des femmes qui luttent en silence pour le respect de leurs droits ou leursans-titre0 survie et celle de avec nadine gordimerleurs enfants. C’est un écrivain engagé, il s’est toujours considéré comme une « âme perdue entre les rêves et les illusions, les joies et les peines du monde africain ». Kama Kamanda a reçu de nombreux prix. En 1987, il a reçu le prix Paul Verlaine de l’Académie française pour son recueil, Chants de Brumes (1986), qui célèbre l’Afrique. Il a aussi reçu le prix Louise Labé en 1990 pour son ouvrage La Somme du Néant (1989). Voici sa bibliographie non exhaustive:

1986 – Les Résignations
1987 – Éclipse d’étoiles
1993 – Les Vents de l’épreuve
1994 – Quand dans l’âme les mers s’agitentl-etreinte-des-mots-de-kama-sywor-kamanda
1994 – Lointaines sont les rives du destin
1995 – L’Étreinte des mots
les-resignations-de-kama-sywor-kamanda1999 – Œuvre poétique
2002 – Le Sang des solitudes
2006 – La Traversée des mirages
2006 – La Joueuse de Kora
2006 – Contes africains (Gründ)
2007 – Au-delà de Dieu, au-delà des chimères
2008 – Œuvre poétique, édition intégrale

 

La littérature Afro-Antillaise au XXIème siècle

La littérature Afro-Antillaise connaît actuellement de grands changements. C’est vrai, le mouvement Négritude a fait son temps. Disons que c’est ce que pense la nouvelle génération. Wole Soyinka a bien affirmé que « le tigre ne crie pas sa tigritude« , paroles qu’il a essayé de renier des années après. Oui, il a justement exprimé tout haut ce que beaucoup d’écrivains noirs pensaient tout bas de ce mouvement.

Par contre, il faut reconnaître que ce mouvement lui a permis de lancer cette phrase. Sans ce dernier qu’il décrie, son écriture et son statut d’écrivain n’auraient pas été reconnus. Il a juste marqué la fin d’une époque et le début d’une autre: Celle de la nouvelle générations qui était reconnue du fait de la reconnaissance de son statut d’Humain ayant une pensée, une mémoire et des rêves. Surtout ils avaient le droit de s’exprimer aux yeux du monde entier.

La nouvelle génération Africaine qui vivait la réalité post coloniale, post indépendance, pouvait faire part de sa frustration et des problèmes qui découlaient d’une société moderne en prise avec les tradition, les us et coutumes. Ils se sentaient écartelés entre les deux. Ils voulaient bénéficier des deux statuts pour enfin avancer paisiblement. Actuellement, ces écrivains ont fait du chemin. Ils investiguent de nouveaux genres (Policier entre autre).

La nouvelle génération Antillaise a aussi fait du chemin. Les Anciens dont Césaire ont  raconté, ont fait comprendre à la terre entière l’humanité des anciens esclaves et leur droit à vivre comme n’importe quel citoyen. Les jeunes, eux, sont passés à la vitesse supérieure. Ils parlent de leur créolité, de leur droit à apprendre, à écrire leur langue,  avec leur différence qui, pour eux est une richesse, de leur droit à faire évoluer leur société.

Cette littérature Afro-Antillaise est d’une richesse extrême, d’autant plus que ces écrivains s’épanouissent dans tous les domaines littéraires. Pour comprendre l’histoire, l’état de leur société, il suffit juste de les lire car cette dernière se reflète dans leurs écrits. Ils savent mettre le doigt là où il fait mal. Les lire est un vrai bonheur. Je vous parlerai d’eux et de leur vision future de leur pays, leur continent. Bonne lecture!

Désiré Bolya Baenga 1957 – 2010

Alors nous continuons notre escapade dans le monde policier de la littérature Noire. Je vais vous présenter un auteur, qui comme la plupart des écrivains de ce vaste continent qu’est l’Afrique, Partent en nous laissant en héritage de véritables diamants bruts ou merveilleusement taillés.

Bolya fait partie de ces écrivains africains qui partent trop tôt, en laissant derrière eux une bibliographie qui n’a rien à envier aux plus grands. Il est né le 19 juin 1957 à Kinshasa (République. Démocratique du Congo). Il a reçu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1986 pour son roman cannibale.les-cocus-posthumes-de-bolya

Bolya a porté différentes casquettes. Il a écrit des essais, à été journaliste, puis écrivain. Pas d’ordre précis. Ne cherchez pas. Il a mené ces différentes vies, ensemble et de front.  Bolya a exploité ce genre littéraire avec brio. Il a écrit deux romans policier avant de disparaître le 10 août 2010 à Paris.

Ses deux romans policiers se déroulent à Paris. Malgré ce fait, il nous fait découvrir des coutumes antédiluviennes, oubliées de tous, sauf d’une ethnie qui a gardé bien secrète une tradition matrilinéaire (j’adore les mots savants qui donnent mal au crâne. ça veut dire que les règles sociales sont régies par les femmes. En gros, les femmes portent le pantalon et les mecs subissent): la polyandrie. Je sais, ça fait rêver, les filles. Avoir plusieurs maris, qui en plus d’être disponibles au lit, font la vaisselle, le ménage et, surtout, se taisent. la-polyandre-de-bolyaC’est le paradis sur terre.

Les cocus posthumes nous fait voyager dans le monde du pouvoir à travers le monde. On y découvre l’esclavage sexuel, les sacrifices humains. Vous ne rêvez pas. J’ai bien dit Humains.

La polyandre, ainsi que le dit le titre, traite de ce fait. La femme polyandre vit secrètement sa tradition. La question qui se pose est: L’inspecteur va-t-il s’amouracher de cette superbe femme et accepter de rejoindre le harem masculin?

Dans ses romans, il met en scène un Inspecteur, Robert Nègre. Cet homme a tout vu, tout entendu. Enfin, il le croit. Oui, mais non. il découvre encore pire que ce qu’il pensait savoir. La noirceur de l’âme humaine fait vaciller sa bonhomie. Cependant, il reste professionnel. Les enquêtes sont très fines et Robert Nègre se joue des idées reçues de tout le monde. De toutes manières, il a ses propres idées complètement chamboulées par ce qu’il découvre au fur et à mesure de son enquête. Il reste stoïque, enfin, en façade, il est complètement déstabilisé intérieurement. En tant que policier, il va au plus profond de la noirceur humaine.

Ces deux livres sont admirables. Il y a des moments où vous allez pleurer de rire, et d’autres, où l’envie de rentrer dans le livre pour tabasser un personnage vous prend à la gorge. Ce sont des livres qui, tout en restant dans Paris et ses quartiers chauds, font que l’exotisme vient frapper à notre porte. A lire impérativement .

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Cannibale roman 1986
  • l’Afrique en kimono – Repenser le développement Essai 1993
  • L’Afrique à la japonaise. Et si l’Afrique était mal mariée Essai 1995
  • la polyandre roman 1998
  • Les cocus posthumes roman 2001
  • Afrique, le maillon faible, Essai 2002
  • La profanation des vagins  2005

 

 

 

MES ECRIVAINS A MOI

Non, non, ne vous inquiétez pas. je ne suis pas tombée sur la tête. En ce qui concerne la moquette, je n’en ai pas chez moi. D’ailleurs, je ne fume même pas. Mais vous avez bien lu, je parle bien de « mes écrivains ». Ceux qui ont traversé ma vie. Rapidement. Discrètement.

Je ne suis pas une passionaria, ni une fan échevelée qui court après tout écrivain qui bouge. Quoique, si j’avais été en présence de feu Naguib Mahfouz, j’aurai hurlé comme une malade avant de… m’évanouir à ses pieds. Mais, comme une diva. Si, si. Bien sûr.

Au cours de ma vie et à travers mes tribulations d’aide-soignante (entre nous, une super période de ma vie), j’ai eu à rencontrer des écrivains. Au hasard des hospitalisations, des soirées antillaises de Dakar, j’ai fait la connaissance de certains auteurs. Parfois, ce sera par le biais d’une tierce personne que ces rencontres auront lieu. De ces rencontres, je pourrai vous en parler. Pas pour faire ma fière, mais juste pour partager un petit moment, une anecdote avec vous.  Alors, à bientôt

BERNARD BILIN DADIE 1916 Ecrivain centenaire 

Bernard Dadié est né le 10 janvier 1916 à Assinie en Côte d’Ivoire. Il est l’écrivain-phare de ce pays. Il a grandi sous la colonisation. Ce qui imprègne tous ses écrits.
Bernard Dadié a fait ses études à Grand Bassam (Côte d’Ivoire) puis, à l’école William Ponty (Sénégal). C’est à ce moment qu’il commença à écrire (pièces de théâtre). Il écrivit toujours à son rythme. Il créa ses « chroniques » au travers desquelles, il étudiait et préservait les autres cultures
Par ailleurs, il eut une grande carrière politique débutée lorsqu’il était étudiant car il était un membre actif du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) jusqu’en 1947. Il y écrivit des articles pour leur journal « Réveil ». Il fut activiste et participa au mouvement Négritude. Son combat pour l’indépendance de son pays, lui valut d’être emprisonné de 1949 à 1950. Il occupa plusieurs postes politiques dont celui de Ministre des Affaires Culturelles de 1977 à 1986.

 

PRIX

  • 1965 Grand Prix littéraire d’Afrique Noire  (Patron de New York)
  • 2016 Prix UNESCO/UNAM
  • 2016 Grand Prix des Mécènes de l’édition
  • 2017 Grand Prix des associations littéraires

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Assimien Déhilé, roi du Sanwi  Théâtre 1936
  • Les villes(Chroniques) 1933
  • Le sens de la lutte Article 1949
  • Afrique Debout Poésie 1950
  • Légendes africaines Nouvelles 1954
  • Le pagne noir Contes 1955
  • La ronde des jours Poésie 1956
  • Climbié Roman 1956 – Autobiographie
  • Un nègre à Paris Roman (chroniques) 1959
  • Patron de New York Roman (chroniques) 1964
  • Hommes de tous les continents Poésie 1967
  • La ville où nul ne meurt Roman (chroniques) 1968
  • Les voix dans le vent Théâtre 1970
  • Monsieur Thôgo-Gnini  Théâtre 1970
  • Papassidi maître escroc Théâtre 1973
  • Iles de tempête Théâtre 1973
  • Mhoi Ceul  Théâtre 1979
  • Commandant Thoureault et ses Nègres Nouvelles 1980
  • Les jambes du fils de Dieu Nouvelles 1980
  • Carnets de prison 1984
  • Béatrice du Congo Théâtre 1995

 

LE CONTE DANS LA SOCIETE AFRICAINE

Ne vous inquiétez pas. Pas de discours redondants. Pas de mots pour se gargariser les cordes vocales. Juste une petite introduction dans l’univers de nos contes.

Noooonnn! Pas de couples heureux avec plein d’enfants. Exit le happy end et compagnie. Les contes Africains sont réalistes au possible car calqués sur le quotidien, le vécu.

A travers ces petites histoires, sont véhiculées la culture, la tradition, l’éducation. Donc, exit la langue de bois. En Afrique, le héros tombe malade, pleure, rit, meurt, subit des punitions les plus sévères ou est comblé de tous les honneurs. Tout dépend de ses actions. Le public est loin d’être passif. Il participe par des chants voire des danses. Il arrive qu’à la fin d’un conte, une énigme soit posée au public. A travers ces histoires sont véhiculés les proverbes, la parole des Sages, des Ancêtres. Ces proverbes sont souvent la clé des énigmes posées.

Les animaux, souvent présents, sont humanisés. La tradition veut qu’il fut une époque où les hommes et les bêtes se côtoyaient et entretenaient des relations d’amitié et/ou de protection. Des pactes étaient passés entre certains clans, certaines familles et des animaux. Les hommes les nourrissaient et en prenaient soin en échange de leur protection contre les forces du mal. Ainsi, ces animaux-tabous ne pouvaient ni être tués, ni mangés par les hommes. Cette tradition perdure encore de nos jours dans la plupart des sociétés traditionnelles.

Donc, il est normal qu’ils apparaissent dans les contes. Tout le monde peut s’identifier à l’un d’eux. C’est plus facile. De plus, n’oublions pas que traditionnellement, la religion primaire en Afrique était l’animisme. Donc, animaux et bois sacrés! Eh oui, en Afrique, la belle au bois dormant aurait bénéficié de l’aide des sorciers ou aurait été réveillée par un homme ayant des pouvoirs spécifiques.

Alors, le jour où vous lirez un conte Africain, attendez vous à y voir votre quotidien, les chants en moins.