LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Et je suis restée debout, vivante – Evelyne Abondio – 2017

Quatrième de couverture

Trois femmes sont contraintes de renoncer au monde tel qu’elles l’ont toujours connu. Le virage que prend le destin est l’occasion, pour ces femmes intelligentes, sensibles et généreuses, de faire le point sur leurs rêves, leurs ambitions. Les épreuves traversées les forcent à se débarrasser du superflu pour percevoir que l’essentiel se trouve au cœur de leur conscience. Utilisant le fil rouge de la guerre, l’auteure dit la difficulté à être une femme, lorsque la marche du monde dérape vers la violence. Mais en creux se dessine l’espoir, la grâce et la puissance silencieuse de la femme quand elle fait le choix du refus.

Chronique

Trois femmes. Trois destins. Un point commun: la guerre. Une même volonté à se révolter et à faire face. Trois femmes. Trois caractères. Une même force. Une même énergie face à l’inqualifiable. Elles se nomment Emeraude, Flora, Fatima. Des vies racontées. Des vies construites avec douleur. Avec peine. Mais des vies assumées. Une vie aux prises avec l’anarchie extérieure? Et si le chaos les réunissait?

Et je suis restée debout, vivante traite de sujets très lourds avec, parfois, une pointe d’humour qui rend la lecture très agréable. C’est un roman à trois voix. Trois cris hurlant la paix dans le chaos. Trois cris hurlant la peur, la terreur, le désespoir. Trois femmes face à l’inconnu. Face à l’horrible inconnu. Celui qui vous souffle le cœur, vous tord les boyaux et vous empêche de rester debout. Mais elles ont tenu tête à cette terreur. Comment faire autrement, quand le monde s’écroule autour de vous? Quand la vie se dissèque sous les coups de boutoir du malheur, de la poisse, de la violence?

Et je suis restée debout, vivante. Un titre qui dit la force de ces femmes unies par les pertes d’êtres chers. Unies par la volonté de paix sur une terre ravagée par la folie des hommes. Trois femmes que le destin a arcbouté comme des lianes sous le poids de la douleur. Sous le poids des horreurs subies et tues au plus profond de leur âme. Trois femmes qui, sans avoir froid aux yeux et la tête haute, peuvent affirmer: et je suis restée debout, vivante.

Note 18/20

9782848591582     Editions Zinedi     158 p.    16€

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Les femmes détenues en Algérie – Fadhila Mouzaoui-Koudjil – 2017

Quatrième de couverture

Ce livre porte sur les femmes incarcérées en Algérie et sur leur réinsertion. L’auteure s’interroge sur le sens que les acteurs [prisonniers et personnel pénitentiaire] confèrent aux notions de peine ainsi que les moyens mis en oeuvre pour atteindre cet objectif. Dès lors, l’auteure a élaboré son champ d’investigation par entretiens approfondis et questionnaire lors d’une enquête menée dans des établissements pénitentiaires auprès des femmes et du personnel à mettre en évidence la trajectoire de réinsertion, les stratégies  identitaires, des profils de détenues […]

Chronique

Les matières telles que l’anthropologie, l’ethnologie, la sociologie, sont de grandes passions pour moi. Je me suis toujours intéressée à la question de la prison à travers le monde. Encore plus quand il s’agit de femmes enfermées dans ces institutions. Elles sont épouse, mères, sœurs, filles. Comment vivent-elles leur incarcération? Comment cela se passe t-il pour le Algériennes? Quel regard porte la société Algérienne sur ces femmes?

Les femmes détenues en Algérie est présenté comme un mémoire. C’est une analyse détaillée du Milieu Carcéral, de ses règles, de son mode de fonctionnement et des projet mis en place pour la réinsertion sociale de ces femmes. Ces femmes emprisonnées, détruites par leur statut de prisonnière, par le regard de la société, par l’histoire de leur parcours avant et après l’emprisonnement.

Les femmes détenues en Algérie est un regard critique sur le rôle de la prison dans la vie de ces femmes qui, pour la plupart sont rejetées par la société voire menacées de mort par leur famille (surtout dans le cas de prostitution). Cet essai pointe une situation récurrente dans ce pays: des femmes dont la prise en charge est difficile dans le milieu carcéral. C’est un essai qui ravirait de nombreux travailleurs sociaux.

Les femmes détenues en Algérie nous présente une situation de la femme dans un milieu qui n’a rien de prévu pour elle. Certaines en profitent pour amorcer un nouveau départ entreprenant des études. Cependant, elles ne sont pas très nombreuses. La société n’est pas prête à les accueillir malgré quelques timides programes de réinsertion. La société n’est pas prête à les aider à retrouver leur identité d’avant l’incarcération ou à se réinsérer dans le tissu social.  Finalement, cette analyse pointue  pourrait être le fait de nombreuses femmes à travers le monde. De femmes qui ont les mêmes soucis que les femmes détenues en Algérie.

Note 17/20

9782343136141   Editions l’Harmattan   301 p.   31,50€

Un pont de lumière pour le fleuve – Sada Weïndé Ndiaye – 1999

Quatrième de couverture

Tamchott et Wouro-Wâlo  sont deux communautés que sépare un fleuve. En réalité, cette voie d’au est le cordon ombilical sans lequel Safalas et Wolos seraient des étrangers vivant dans des ghettos. Entre eux, le commerce se fortifie d’une parenté à plaisanterie qui autorise tout. Alors, pourquoi pas le flirt, voire l’amour?

Paulèle, la petite Wâlo, était plus naturellement destinée à son « pays » Salif Maïram Gaye qu’au Safala Bahi Ahmed. Mais les talents d’intrigante de Lalla Aïcha vont brouiller les cartes au profit de son frère Bahi. Ce contre quoi Salif s’oppose. Si bien que la passion gagne les esprits et les cœurs. Salif est assassiné. Et c’est la vendetta avec prise d’otages.

Ma Chronique

Une histoire qui semble déjà écrite pour Paulèle, jeune femme du Wâlo. Un destin d’épouse déjà tracé. Il est évident qu’elle épousera Salif qu’elle connait depuis si longtemps. Salif qui fait du commerce sur le fleuve. Cependant, Lalla Aïcha, qui vit de l’autre côté du fleuve souhaite que cette jeune fille du Wâlo soit à son frère. Elle intriguera fortement pour obtenir gain de cause. Batailles, enlèvements, tout sera fait pour y parvenir.

Sur ce fleuve qui peut représenter le fleuve Sénégal dans la région nord du pays, la vie suit son cours. Ce fleuve sépare deux peuples Les Wâlos et les Maures dont il rythme la vie. Il est le cordon, le lien qui unit deux styles de vie différents et qui se complètent. Ce roman raconte ces mouvements sporadiques qui animent de temps en temps cette région sénégalo-mauritanienne. Mouvements qui peuvent être sanglants et dont les origines sont souvent méconnues ou insignifiantes. Ce qui n’empêche pas, en temps de paix, que les deux peuples soient liés. Parfois par le lien du sang.

Malgré les remous qui secoueront les deux communautés, Paulèle pourra t-elle choisir? Les protagonistes trouveront – ils un moyen de faire la paix? les exactions des deux côtés de la berge cesseront-elles? Saïda Weïndé Ndiaye nous fait vivre au rythme du fleuve séculaire. Au rythme des ambitions. Des choix des peuples. A l’abri du pont de lumière sur le fleuve

2723611248   Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal   171 p.   4,57€

 

Le chant du destin – Kama Sywor KAMANDA

Je vais où me guide le vent de l’espérance
Et je poursuis l’astre des existences inachevées.
Le chant du destin accable l’humanité
Des plaintes des croyants.
Ouvrage des morts, prière des disciples,
La rivière s’éloigne avec mes langueurs.
Ô parole sacrée, prolonge ta liberté
Où s’enracine la vérité des amours.
Le maître ivre, le commandeur fou,
Mon illusion absolue d’imiter les Dieux,
T’accorde, ô femme,
Emportée dans l’ivresse des songes
Et le vertige des voluptés,
Un sursis à l’immortalité.
Mirage de tous les temps,
Mer d’où s’élancent toutes les passions,
Nature de la beauté,
Ah ! Comme dans le soleil de toutes les vies
Et le sang de tous les désirs,
Tu symbolises les miracles des jours !
Ton plaisir vaincu, tes ambitions dénudées,
Et ton ombre abusée, tu trouves ton refuge
Dans l’alchimie des rêves.
Hélas, j’ai caché mes larmes dans la pierre
Lorsque tes yeux se sont ouverts
Dans l’épouvante tragique du déclin des choses.
Les vastes fleuves de la foi
Inondent mon âme débordée et frémissante
Dans le flux et le reflux du songe
Comme une faucille d’or
Au fond des vagues d’une cascade.
Et sur mon corps passent et repassent
Les eaux de l’Histoire.

Les Résignations

Abdulai Sila – écrivain Bissau Guinéen – 1958

Abdulai Sila est né le 1er avril 1958 à Catio, en Guinée Bissau. Il est ingénieur, économiste et écrivain. Il écrit en portugais et enrichit ses textes de créole portugais. Il n’y a qu’un de ses romans qui a été traduit en français. ultime tragédie

Dans ses écrits, il aborde les relations entre la communauté portugaise et le peuple durant la colonisation. Il aborde plus souvent la relation entre les hommes (la domination de l’homme par l’homme), la condition de laabdulai silla femme, son émancipation, sa liberté, ainsi que celle de l’homme, en général

Dans Ultima tragédie, son seul roman traduit en français, il décrit le destin d’une femme. Destin qu’il lie à celui de l’Afrique. Une femme qui ne semble pas faite pour le bonheur. Qui, malgré tous ses efforts est poursuivie par la malchance jusque dans ses derniers retranchements. Le destin de l’Afrique est-il de toujours jouer de malchance?

 

Bibliographie

  • 1994 Eterna Paixao
  • 1995 Ultime Tragédie
  • 1997 Mistida