LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Miki, l’aventurier pique-boeuf – Justine Dédé – 2019

Quatrième de couverture

Rêvant de bonheur, Miki, un bel oiseau, abandonne les siens et s’envole pour la grande ville. Mais celle-ci est inhospitalière, effrayante même. Miki y est malheureux, et décide alors de rentrer chez lui, auprès de sa famille et de ses amis, au cœur de sa terre natale.

Chronique

Qu’est-ce qu’on peut s’ennuyer quand on est un pique-boeuf ! Débarrasser les bœufs des insectes qui les dérange est si valorisant et si fatiguant. Alors, Miki décide de changer d’air et d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. C’est possible. Elle parait plus verte. Mais, c’est si dur.

Miki l’aventurier pique-boeuf est un conte qui nous fait réfléchir sur la force de l’amitié. Sur le rapport à l’autre. Celui qu’on ne connait pas. Celui qui vient d’ailleurs et qui ne nous ressemble pas. C’est aussi une réflexion sur la volonté. Partir, c’est d’abord se préparer. C’est aussi savoir revenir pour prévenir les amis des dangers de l’exil. Des déceptions réelles. Pour les prévenir de la différence entre la destination rêvée et la réalité du terrain. C’est un retour en apothéose pour Miki. Il a fait un long voyage et il a franchi beaucoup d’épreuves et en a tiré de belles leçons.

Miki l’aventurier pique-boeuf est un moyen d’échange entre parents et enfants. De grands moments de complicité. C’est aussi un moyen de pouvoir parler de l’actualité avec les enfants. C’est un roman jeunesse plein de tendresse  et de belles images aux couleurs douces. Couleurs qui raviront les regards. Des couleurs qui transporteront les jeunes lecteurs dans le monde de Miki l’aventurier pique-boeuf.

Note 18/20 

9782343158990   Editions l’Harmattan    29 p.   10€

 

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Kama Sywor Kamanda, conteur, poète et romancier Congolais – 1952

10373072_422223981253523_4059472588191346223_oKama Sywor Kamanda est un écrivain congolais, il est né le 11 novembre 1952 à Luebo au Congo-Kinshasa. Il a fait son droit à l’Université de Liège en Belgique et à l’Université de Strasbourg en France. Après ses études, il est devenu journaliste et puis assistant technique pour une agence de presse. En 1977, Kamanda est obligé de s’exiler pour des raisons politiques. Il consacre son temps à sa 81Y1JJzHfiLcarrière littéraire et aussi à la défense des droits de l’homme en Afrique.

Tour à tour conteur, poète et romancier, Kama Sywor Kamanda a produit une œuvre littéraire considérable et mondialement reconnue. Depuis la parution, en 1967, de son premier ouvrage, Les Contes des veillées africaines, il a écrit des poèmes et divers 51w6a+558GL._UY250_recueils de contes (1988 Les Contes du griot t. I, 1998 Les Contes du griot t. III [La Nuit des Griots ] pour lesquels il a reçu le Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire et en 2000 Les Contes du crépuscule). En 2003, il réédite tous ses contes en version illustrée, puis en oeuvres complètes en 2004. Il s’est distingué par ses contesavec Aimé Césaire littéraires à la fois inspirés par ses expériences personnelles, son imaginaire et les traditions et réalités du continent noir. Récits féeriques, ils sont imprégnés de la culture et de la civilisation de toutes les terres africaines.

En tant que poète, Kamanda Sywor Kama a su redonner un souffle nouveau et de la grandeur à la poésie contemporaine, grâce à la richesse de son langage et à sa maîtrise de la métaphore. La critique et des poètes parmi les plus grands de son temps, dont bfd36f5bc74d377e54fc4820fdc5c711Mario Luzi et Léopold Sédar Senghor, ont souligné la puissance de ses vers et la richesse de son imagerie. Il a reçu de nombreux prix, notamment, en 2009, le Prix Heredia de l’Académie française pour l’édition intégrale de ses oeuvres poétiques. Ses deux recueils de poésie, L’Exil des songes (1992) et Les avec jm le clézio etMyriades des temps vécus (1992) ont été honorés par l’Académie Française.

En tant que romancier, Kamanda n’a cessé de porter en lui son Afrique et ses rêves. Ses écrits révèlent un véritable résistant face aux pouvoirs totalitaires, mais aussi un complice des hommes et des femmes qui luttent en silence pour le respect de leurs droits ou leursans-titre0 survie et celle de avec nadine gordimerleurs enfants. C’est un écrivain engagé, il s’est toujours considéré comme une « âme perdue entre les rêves et les illusions, les joies et les peines du monde africain ». Kama Kamanda a reçu de nombreux prix. En 1987, il a reçu le prix Paul Verlaine de l’Académie française pour son recueil, Chants de Brumes (1986), qui célèbre l’Afrique. Il a aussi reçu le prix Louise Labé en 1990 pour son ouvrage La Somme du Néant (1989). Voici sa bibliographie non exhaustive:

1986 – Les Résignations
1987 – Éclipse d’étoiles
1993 – Les Vents de l’épreuve
1994 – Quand dans l’âme les mers s’agitentl-etreinte-des-mots-de-kama-sywor-kamanda
1994 – Lointaines sont les rives du destin
1995 – L’Étreinte des mots
les-resignations-de-kama-sywor-kamanda1999 – Œuvre poétique
2002 – Le Sang des solitudes
2006 – La Traversée des mirages
2006 – La Joueuse de Kora
2006 – Contes africains (Gründ)
2007 – Au-delà de Dieu, au-delà des chimères
2008 – Œuvre poétique, édition intégrale

 

Béhanzin (1845-1906), le roi requin Roi du Dahomey (1889-1894)

Cette fois, un petit tour dans le passé Africain. Nous ferons juste un petit tour. Je voulais vous présenter ce roi qui fit un discours d’adieu à son peuple et à sa terre, avant l’exil. Ce discours a été prononcé par Béhanzin roi du Danhomey (le ventre de Dan). Je tenais à vous parler de ce roi qui jusqu’au refusa de capituler et de signer le traité qui lui prenait ses terres et son peuple. Il ne signa jamais. Son successeur le fit.

Béhanzin est né vers 1845. Il est le fils de Da Da Glélé Kini Kini. Il régna de 1882 à 1894 et passa le reste de sa vie en exil et en errance. De son vrai nom Hondo (le requin) est connu pour avoir eu une armée féminine (les amazones), de vraies guerrières qui donnaient jusqu’à leur dernier souffle  pour protéger leur roi. La légende dit que ces femmes se coupaient le sein droit pour mieux tirer à l’arc. A l’époque ce genre de chirurgie se faisait sans anesthésie car il prouvait le courage, la bravoure. C’était une question d’honneur. C’est ainsi que Béhanzin leur rendit un vibrant hommage (cf. Discours… sur ce blog) en remerciement des vies perdue pour protéger la sienne.Behanzin-1895

A cette époque une grande partie de l’Afrique était sous colonisation Européenne. Cependant, il restait quelques foyers de rébellion. Le royaume du Danhomey en faisait partie.   Béhanzin ne voulait pas perdre la souveraineté de son royaume. De plus, en tant que roi, il n’avait pas le droit de céder ces terres à qui que ce soit. Même sans royaume, sans terre, il se refusa à signer les traités. C’était une question d’honneur et de respect envers son peuple. Avec ses troupe de guerriers et d’amazones , il fit face aux soldats français. Il les affronta à Cotonou (sous protectorat Français).

Un petit incident était à l’origine de cette bataille. Les soldats de Béhanzin avaient fait feu (avec de vieux fusils) sur une navette au large. Ce que la France trouva insultant et déplacé. Le Colonel DODDS, un métis de saint Louis, fut envoyé pour laver l’honneur de la France. Ce dernier mit fin à cette rebellion en détruisant totalement l’armée de Béhanzin. Résultat: Une hécatombe du côté des insurgés et quelques pertes (10) pour l’armée . Béhanzin accepta le traité de paix car il n’avait tout simplement plus le choix.fils de béhanzin (2)

Malgré cela, il continua à attaquer chaque fois qu’il pouvait. Il fut trahi par un de ses proches et arrêté le 29 janvier 1894, puis déporté en Martinique. Béhanzin souhaita rentrer dans son pays et la France accepta et le débarqua en Algérie où il mourut d’une pneumonie, dix mois après son arrivée (le 10 décembre 1906). Son fils, Ouanilo, resta en Algérie pour finir ses études et devint avocat à Alger. Ce n’est qu’en 1928 qu’il put rapatrier son père et lui offrir les funérailles dignes de ce nom.

LEE HAM

 

Discours de Gbêhin azi bô Ahidjlé Ahossou Gbowélé (Béhanzin) roi du Dahomey (1889 à 1894)

Discours d’un roi déchu (né vers 1845) avant son départ pour un long exil ou plutôt une longue errance. Il sera en résidence surveillée à Fort de France (Martinique)avant d’être assigné à résidence en Algérie jusqu’à sa mort en 1906. 

Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avions décidé de lutter. Nous avions, alors, la certitude de conduire notre armée à la victoire.

Quand nos guerriers s’élevèrent par milliers pour défendre le Danhomey et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux de AGADJA, de TEGBESSOU, de GUEZO et de GLELE.

Dans toutes les batailles, j’étais à leurs côtés. Malgré la justesse de notre cause, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courge et la discipline. Et déjà ma voix éplorée n’éveille plus d’écho.

Où sont, maintenant, les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère? Où est leur chef indomptable GOUDEME YEWE KETOUGAN? Où est leur robuste capitaine GODEGBE CHACHABLOUKOU GODJILA? Qui chantera leur splendide sacrifice, qui dira leur générosité? puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité.

Comment accepterai-je sans eux ne quelconque abdication? Comment oserai-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général?

Non! A mon destin, je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot.

Est vraiment victorieux l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts, le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre?

Partez vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il la liberté. Là-bas on dit que déjà renaît la joie. Là-bas il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.

Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir: un peu d’huile, in peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.

Adieu, soldats, adieu »