LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Les mirages du bonheur- Marième Fall Diol – 2019

Quatrième de couverture

Aisha est une jeune fille sénégalaise issue d’une famille aisée. Habituée à la redondance d’une vie dorée, sa vie bascule le jour où elle apprend qu’elle est enceinte. Grâce au soutien indéfectible de sa famille, elle pourra survoler ces moments difficiles, se refaire à travers la reprise de ses études et pouvoir recadrer sa vie pour atteindre ses objectifs d’antan. Elle rencontrera son grand amour et fera un beau mariage qui comblera ses proches, mais, hélas, son bonheur sera éphémère.

Chronique

Une annonce terrible dans une société qui crie haro très facilement sur la personne qui ne respecte pas les règles. Une société qui taillade sans état d’âme toute personne qui ne se conforme pas à ses lois. Faire cette annonce s’avère difficile car elle hypothèque un avenir. Aisha, jeune fille de bonne famille, est enceinte. Pire, elle est mère célibataire. Ce que ne tolère pas la société sénégalaise. Comment réagiront ses parents à l’annonce de cette nouvelle? Comment réagira la famille agrandie?

Les mirages du bonheur nous fait plonger au cœur de la société sénégalaise et de ses discordances. Une société où la femme est souvent désignée en cas de soucis. Divers sujets sont abordés: l’infertilité masculine, la virginité, le viol, la pédophilie, la grossesse hors mariage, les aléas du mariage. Nous faisons connaissance avec une société schizophrène qui donne d’une main ce qu’elle reprend de l’autre. Nous le découvrons à travers la vie de Aisha et de sa famille.

Peu à peu nous accompagnons cette jeune mère célibataire dans les turpitudes de la vie. C’est connu, un malheur ne vient jamais seul. Cette lecture addictive et agréable nous emporte au fil des mots dans des destins si différents. Si forts. Si durs. Les pages se tournent avec curiosité et aussi une sorte de compassion-admiration pour les femmes de la famille. Pour leur force. Pour leur dignité. Nous les soutenons discrètement dans leur force de croire en un avenir meilleurs malgré les mirages du bonheur.

Note 17/20

9782343174273   Editions l’Harmattan    238 p.   21,50€

 

 

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Les noces féroces – Julian T. Tiofack – 2018

Quatrième de couverture

« Je voyais des mains qui avançaient dans le noir…. Je regardais sa peau anormalement terne sous la lumière du jour, et je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était à cause d’elles, de ces mains! Que c’étaient elles qui venaient la rendre ainsi. La noircir. La salir…Je n’avais pu vivre que de supputations jusqu’alors, ne sachant comment me situer  entre les interdits arbitraires et les vieilles querelles d’autrefois, me demandant si les convoitises supposées étaient réelles, et quel visage il fallait donner à l’horreur. Je n’avais rien pu voir en allant jusqu’au pays des ombres. Pourtant, maintenant, j’avais l’impression que tout était vrai, aussi vrai que ce pied qui  traînait au sol maintenant, et que je ne ressentais plus. »

Chronique

Dans une cour comme il en existe beaucoup en Afrique, un enfant s’amuse en compagnie des ses amis, de sa fratrie. Pourtant, queque chose ne tourne pas rond. Que se passe t-il? Cela a-t-il un rapport avec sa mère malade? Au fait, de quoi souffre cette dernière? Pourquoi tant de secrets? La vie de Harmann ne ressemble pas à celle de tout enfant de son âge. Il est responsable malgré lui de sa famille.

Les noces féroces nous dépeint le quotidien d’un groupe d’amis. Le quotidien d’une famille où la vie se déroule en fonction  de la maladie de la mère. « Ils » l’attaquent de nuit. Qui sont-ils? Existent-ils vraiment ou font-ils partie de ce mystère qui entoure tout en Afrique? Pourquoi cette femme et personne d’autre?  Le mystère s’épaissit au fil des pages que nous tournons avec curiosité tant l’intrigue est grande. Comment faire pour trouver le coupable?  Pour trouver l’ombre de la nuit à l’origine de tout ce mal?

Les noces féroces nous conte l’histoire d’un mystère où la réalité et la magie se mettent en branle pour nous plonger dans une grande intrigue. Pour nous plonger dans un monde connu des seuls initiés. Hermann  veut tenter de percer ce mystère avec ses amis. La curiosité est un vilain défaut. Surtout sur ce continent de magie. Hermann est-il prêt pour cette aventure? Réussira t-il son enquête? Y a t-il un prix à payer? Hermann devra peut-être aller au bout de lui-même pour répondre à toutes ces questions. Un traitre peut en cacher un autre. C’est un roman qui se lit d’une traite tant nous sommes embarqués dans une histoire intrigante racontée par un enfant. Une si terrible histoire. Si invraisemblable. Mais, en Afrique, tout se sait. Tout se fait. Tout se tait. Même les noces féroces.

Note 18/20

9782343149622   Ed. L’Harmattan   Coll. Encres Noires   94 p.   12€

La Mata-Hari des îles – Anne Nabaha – 2019

Quatrième de couverture

Voici l’histoire d’une fille des îles qui rêva toute jeune de devenir une princesse. Ses parents étaient de justes représentants de la société insulaire, demeurant imperméables au monde extérieur. Ils cherchaient à l’étouffer, à la mettre dans le droit chemin. Mais cette enfant curieuse bravait sa famille dont elle ne supportait pas l’étroitesse d’esprit. En grandissant, elle devenait une adolescente au physique d’une femme enfant, subissant la convoitise des hommes. Devenue femme, elle arborait le physique d’une poupée Barbie mais elle était une vraie tigresse pour préserver sa famille. Après plusieurs liaisons destructrices, elle se rappelait son rêve d’enfant, se transformer en princesse, pendant de trop brefs moments, sur les pistes de danse. Un jour, son prince charmant vint danser avec elle et l’histoire aurait dû se terminer par un beau « ils furent heureux… ». Mais l’homme qu’elle aimait allait la décevoir. Meurtrie, bafouée, perdue. Elle surmontait finalement ces épreuves, se transformant en une créature connue dès lors sous le nom de Mata-Hari des îles.

Chronique

Nous le savons tous. Un enfant a besoin d’amour pour s’épanouir. Pour s’affirmer. Pour se sentir en sécurité. Peu importe la situation financière des parents pourvu que l’amour et le respect priment dans sa vie. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Certains de ces enfants se révoltent. Deviennent violents. D’autres cachent leur souffrance sous un masque d’indifférence. De souffrances tues.

Dans la Mata-Hari des îles, des enfants grandissent dans la haine, la violence, l’incurie, l’ignorance de leur existence par leur parents sauf quand il s’agit de les maltraiter. Une vie à la dure. Un père égocentrique, radin, violent, manipulateur, sadique. Une mère victime. Une mère tortionnaire. Une mère acceptant son statut de victime comme on accepte son destin. Avec stoïcisme. Des enfants en pièces détachées. Maltraités. Malmenés. Tétanisés par la peur du patriarche. Par la peur de réveiller la violence parentale. L’une d’entre eux sera le réceptacle de toute cette violence qui, loin de la briser, en fera une femme forte. Saura t-elle aimer un jour? Sa vie sera t-elle le reflet de celui de ses parents?

Avec une écriture simple qui facilite la lecture, nous découvrons une vie de misère financière. Une misère de tendresse. Une absence d’amour et de relation familiale. Une vie où l’égoïsme prime pour une raison vitale: échapper à la violence, à la tyrannie du maître de maison. Nous assistons à la difficulté des enfants à se reconstruire. A la difficulté à avoir un semblant de vie. Une vie fabriquée à la force des poignets. Une vie fabriquée pièce par pièce. Avec force. Avec douleur. Avec acharnement  et un instinct de survie au-delà du possible. Quitte à devenir la Mata-Hari des îles.

Note 17/20

9782343166537    Editions L’Harmattan     304 p.    26,50€

 

 

Coeur insomniaque – Sophie Adonon – 2012

L’auteure

Sophie-AdononQui dit que le roman policier est une affaire d’hommes en Afrique? Sophie Adonon a fait une entrée fracassante dans ce domaine littéraire. Cette Béninoise est née en 1964 et vit en France depuis 1983. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est rentrée de plein pied dans le Polar et a fait un carton plein dès le départ. Dire qu’elle est juriste à la base!

Ses trois premiers romans (Le sourire macabre 2011, cœur insomniaque 2012, le plat qui se mange froid 2011) se déroulent au Bénin et le quatrième en France (Paroles d’immondices 2013). Le commissaire AZA (chapeau en Fon) est un dandy très cultivé, toujours tiré à quatre épingles et le fils chéri de sa maman. Entre ses enquêtes, il vit avec la femme idéale pour lui et sa mère.

Vous cherchez un rythme trépidant, des coups de feu, une chasse-poursuite? Que nenni, le commissaire est trop classe pour ça. Les enquêtes sont réglées doucement, mais sûrement, au rythme Africain. Tout arrive au bon moment, en bonne intelligence.

Le livre001919010

Un petit garçon ramasse ce qu’il pense être deux balles sur une plage, deux banals objets qui vont transformer la vie de ses parents en épouvante… Le pique-nique à la plage devient une terrible affaire criminelle… Ce que le petit Léon prenait pour des jouets, ce n’étaient pas vraiment des balles de jeu comme il le croyait, mais deux cœurs humains…

Et qui dit deux cœurs humains en balade, dit deux cadavres sans cœur. Le commissaire Lionel Aza se voit confier cette nouvelle enquête.

Trois prétendants…un mari – Guillaume Oyônô Mbia – Acte 1

Ondua – Ah Matalina, n’est-ce pas que Juliette elle-même revient de Dibamba aujourd’hui?

Matalina – Oui, aujourd’hui. Elle m’a écrit qu’elle arriverait cet après-midi.

Atangana – Quelle heureuse coïncidence ! Vous savez, Ndi, le jeune cultivateur qui avait versé cent mille francs de dot pour elle arrive cet après-midi Également. On m’annonce aussi que (Un temps) euh enfin, un autre prétendant, un grand fonctionnaire de Sangmélima, vient me rendre visite aujourd’hui ! (Un peu emballé) Me rendre visite à moi, vous entendez ? (Ton confidentiel.) Là -bas, en ville, on attend longtemps avant de lui adresser seulement la parole ! (murmures d’admiration parmi les assistants.)

Bella – (fièrement) Un vrai blanc ! Ma petite Juliette va épouser un vrai blanc ! Ah Nane Ngk !

Matalina – (qui voudrait bien être à la place de Juliette) Quelle chance ! Ma cousine est vraiment née avec une étoile sur le front ! Épouser un homme si riche ! la veinarde ! Elle aura bientôt des tas de robes, des jupes en tergal, des perruques blondes, elle aura tout !

Ondua – (sentencieux) Ah Atangana, mon frère ! Voilà l’occasion ou jamais de te faire accorder un fusil sans les complications d’usage !

Abessolo – (très vite) Oui, ne rate pas une telle occasion ! Tu sais qu’on te fait subir de longues attentes chaque fois que tu te présentes devant les bureaux administratifs ! Maintenant que tu auras un si grand homme comme gendre, je parie que tous les fonctionnaires de Sangmélima s’empresseront de te servir !

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Makrita – (heureuse de cette information) N’est-ce pas ? (À Juliette) Ton père te donne un mari très travailleur, Juliette ! Ah, si tu avais vu le jour où Oyônô et lui me défrichaient mon champ d’arachides de cette année ! (…)

Abessolo(impatienté) Oui, mais nous ne voulons plus de lui ! Il faut que Juliette épouse le fonctionnaire ! (…)

Juliette – Mais comment voulez-vous que je…

Bella – (sévèrement) Juliette ! Une fille ne parle pas quand son père parle ! (…)

Juliette – Tu veux donc que j’accepte de me laisser vendre comme une chèvre ? Mais je suis un être humain ! J’ai de la valeur !

Matalina – Bien sûr que tu as de la valeur, Juliette ! On t’a déjà dit que Ndi, le jeune planteur d’Awaé, a versé cent mille francs pour t’épouser. Le grand fonctionnaire qu’on attend cet après-midi versera encore beaucoup plus d’argent. Est-ce que tout cela ne te montre pas que tu as de la valeur ? […]

Abessolo – Et qui d’autre veux-tu que nous regardions ? Tu es la fille la plus instruite de la famille ! Il faut aussi que ton frère Oyônô paie la dot de la fille qu’il veut épouser à Ebolowa. (Un temps : Abessolo sait qu’il va avancer un argument de poids) D’ailleurs, est-ce que tu nous as déjà dédommagés de toutes ces dépenses faites pour tes études à Dibamba et ailleurs ?

Petite chronique d’une passionnée – un avis

Ma petite chronique :
je découvre la plume fluide et envoûtante de Amélie Diack, que je remercie pour ce service presse. Nous entrons dans un univers fantastique de contes et légendes Africaines.
Shouna est né, et plus rien ne sera jamais comme avant. Il est né pour régner en Maître, roi des animaux de la forêt. Issu de Diolor, mère maudite infertile et repoussée de tous pour s’être assise sur un mortier enfant (offense envers les Dieux), et d’un père veuf Ndiogou, qui eu pitié de la pauvre fille, il grandit dans la forêt avec sa cour et ses serviteurs.
Seul, il cherchera à découvrir la vie de ses ancêtres afin de savoir quelle direction prendre. Le monde dans lequel il évolue est maudit. De suspense en rebondissements le début du roman sera complètement bouleversé. Des découvertes surprenantes et inattendues.
Les animaux de la forêt sont la cour de Shouna, même les astres sont soumis, la lune et le soleil brillent en fonction de ses humeurs ingérables.
Mais Shouna cherche à comprendre, fait-il vraiment parti du monde des ténèbres ? Est-il né pour perpétuer le mal ? Ses parents lui ont-ils dit toute la vérité ?
J’ai été littéralement envoûtée par l’écriture fluide et poétique de l’auteure, par le mythe africain et l’ambiance terrifiante. j’ai hâte de retrouver les personnages si effrayants soient-ils.
Ma petite note : 8.5/10