LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Fatime Fatou Fatoumata – Chantal Serrière – 2005

Chronique

Trois petites filles pleines de joie. Trois fillettes africaines qui jouent et vivent comme toutes les fillettes du monde. Elles jouent à faire comme les grands aussi. Toutes les fillettes du monde se reconnaitront en elles. C’est si beau. Si plein de vie.

Fatime Fatou Fatoumata est une petit livre superbe pour les enfants à partit de trois ans. C’est un petit livre qui invite à l’apprentissage de la lecture. C’est un petit livre dédié aux petites filles du monde entier. Entre nous, les petits garçons aussi seront curieux de le découvrir. Une curiosité à satisfaire volontiers.

Les caractères sont imprimés en gros. Ce qui facilite le décryptage et la lecture des mots. Des mots simples. Des phrases courtes qui aident à la compréhension du texte. Les croquis de Aboubacar Demba Bangoura sont faits à la gouache et ont des couleurs chaleureuses. Les pages, assez épaisses, permettent la prise en main par les enfants et, ainsi, se déchirent difficilement.

Les enfants découvrent la vie de petites filles dans un village africain. Ils découvrent aussi leurs jeux, leurs centres d’intérêt. Fatime Fatou Fatoumata sont pleines de vie, de joie comme tout enfant de leur âge. Des enfants qui se plairont à comparer leur vie à celle de ces trois fillettes. Ce qui donnera lieu à de nombreux échanges avec les parents. Echanges d’autant plus intéressants qu’à cet âge, l’imagination est débordante. De très agréables moments de partage parents-enfant en perspective.

Note 17/20

9782313326453  Editions Ganndal    16 p.   4€

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Grand Sanga, maître féticheur, preneur de sorciers – Boubacar Diallo (1er) – 2018

Quatrième de couverture

Oumar Kindi et Oumar Kenda sont reçus au BEPC. Mais qu’est-ce qui pousse leur mère à croire qu’ils sont poursuivis par une sorcière? De ville en ville, Oumar Kindi cherche à échapper à son sort. Qui pourra le délivrer?

Chronique

Des jumeaux heureux d’avoir réussi leur BEPC contrairement à leur demi-frère. Et si la co-épouse de leur mère décidait de se venger par jalousie? Et si elle était une sorcière? Voilà qu’Oumar Kindi tombe malade. Et si c’était vrai? Lui aurait – elle jeté un sort? Comment faire pour lui échapper?

Nous les accompagnons dans leur exil à travers le monde pour échapper à la sorcière. Oumar Kindi arrivera t-il à maitriser cette peur qui prend possession de tous ses sens? Finira t-il par croire ce que dit sa mère? Au fait, quels sont les signes qui prouvent qu’il est victime de sorcellerie? Avec beaucoup d’humour et un brin de folie, nous accompagnons ce jeune homme dans sa fuite en avant et dans ses grands moments de doute.

La lecture est aisée et facilitée par les croquis qui ornent chaque page et nous font sourire de cette situation tragi-comique. Les doutes d’Oumar Kindi se forgent de coincidence en coincidence. Et ce grand sorcier que l’on dit renommé, arrivera t-il à trouver celui qui en veut aux jumeaux? Les rituels s’enchaînent ainsi que les désenvoûtements. La vie continue. Oumar arrivera t-il à démêler le vrai du faux? Devra t-il croire le Grand Sanga, Maître féticheur, preneur de sorciers?

Note 18/20

9782350450926   Editions Ganndal    Collection La case à Palabres   54 p.   4€

L’orage – Kidi Bebey & Irina Condé – 2017

Chronique

En Afrique subsaharienne, les jours de pluie, à part la première, celle des mangues, sont des jours bénis pour les enfants. Ils se jettent en dessous pour se baigner avec un énorme plaisir. Pour s’amuser comme des fous. Sauf en cas d’orage. Evidemment. Tous connaissent un conte, une légende sur cette pluie qui tombe. Bakary est comme tous les enfants. Même s’il aime la pluie, il est terrorisé par l’orage. Heureusement que maman est là parce que même s’il se sent grand, un orage c’est vraiment impressionnant.

Irina Condé nous régale de ses superbes dessins si réalistes. L’orage peut servir à l’apprentissage de la lecture. Il aborde le sujet des peurs et comment y faire face. Comment ne plus les ressentir. Il permet aussi d’aborder le dépassement de soi. L’estime de soi. Surtout l’orage permet aux parents de faire comprendre à leur enfant qu’il n’est pas dégradant de perler de ses peurs. Bakary va-t-il trouver une solution à sa peur irrationnelle de ce phénomène naturel? Connait-il les raisons qui poussent la pluie à tomber, le tonnerre à gronder? Un superbe moment de partage parents-enfant. De beaux moments de complicité en perspective.

Note 17/20

9782350450841  Editions Ganndal     24 p.   6,50€

Bobo a peur du chien – Saliou Bah – 2017

Chronique

Un enfant a toujours peur de quelque chose qui agresse son univers et chamboule son innocente assurance. Pour le jeune Bobo, c’est un chien qui est l’intrus dans sa vie. Alors, imaginez les stratégies qu’il peut mettre en place quand il doit passer devant le chien du quartier pour aller chez son ami. Un gros chien.

Bobo a peur du chien est aussi un livre pour l’apprentissage de la lecture. Irina Condé a fait de magnifiques illustrations aux couleurs vives. Les personnages sont superbement esquissés et très réalistes. L’histoire est belle  et tout enfant peut se reconnaitre en Bobo et parler de ces animaux qui doivent leur paraitre énormes.

Bobo a peur du chien est aussi un histoire pleine d’humour et qui a une belle leçon de morale. Elle amorce la discussion sur le dépassement de soi. le dépassement de ses peurs. Sur la notion d’évitement. C’est un joli conte dans lequel tout enfant trouve sa place. Ce qui peut stimuler l’échange verbal dans la famille. Une superbe lecture

Note 18/20 

9782350450643   Ed. Ganndal    20 p.   7€

Le voyage de papa – Saliou Bah – 2013

Chronique

Partout à travers le monde, la relation d’un enfant avec ses parents est très importante. Alors, imaginez le désarroi du petit Bobo quand, un matin, à son réveil, son père brille par son absence. Où est-il? Pourquoi n’est-il pas là? Que se passe t-il?

Le voyage de papa est un petit livre illustré pour les enfants de plus de trois ans.  Cependant, les parents peuvent le lire aux plus jeunes, en leur montrant les images. Au vu de leur imagination, ces petits enfants pourraient s’approprier l’histoire, s’identifier à Bobo. Un bel échange en perspective avec les parents sur la notion de la perte, de l’absence, de l’éloignement. Les parent pourraient questionner, en parallèle, la manière d’agir de leur enfant dans cette situation.

Certains mots sont expliqués, ce qui enrichit leur vocabulaire et leur permet de verbaliser leurs sentiments avec leurs propres mots. Les dessins sont superbes et réalistes. Les couleurs douces attirent le regard du jeune lecteur. Les traits sont légers. Au fil des pages, nous suivons les recherches et les questionnements du petit Bobo. Comment se terminera son aventure? Son père rentrera -t-il? Un très beau livre.

Note 18/20

9782350450445   Editions Gaandal   16 p.   7€

– Un garçon pas comme les autres – Sidjidani Soumaïla – 2019

Quatrième de couverture

Une jeunesse mahoraise au temps des bangabanga... Je rencontrais une toute belle fille. D’humeur libertine, souriante et radieuse, elle m’était sans complexe irrésistible. Ses gros yeux illustraient la bonne santé. Tombés amoureux l’un de l’autre elle acceptait de rester jusqu’à tard ce soir là dans mon Banga… Empris des rythmes lointains des tambours, assis sur cette grosse pierre… Cependant, à la télévision ils annonçaient un autre assassinat au journal de vingt heures.

Chronique

Le premier amour ne s’oublie pas. Comment faire, quand on habite à Mayotte, que l’on est amoureux, que l’on a envie de vivre entièrement son amour et que l’on est sans le sou? Même si on a construit son banga?

Un garçon pas comme les autres est un petit roman déroutant. Déroutant par sa construction qui est un mélange de narration, de récit autobiographique et de théâtre. Un style dans lequel l’auteur semble à l’aise. Déroutant par son vocabulaire. En lisant certaines phrases, il y a une forte impression d’une traduction sans filtre, du mahorais au français, de certaines phrases. Ainsi, certaines expressions laissent perplexes mais restent compréhensibles. Les polyglottes savent que c’est une habitude inconsciente. L’impression qui s’en dégage est que l’auteur est face à nous et nous raconte son histoire. Avec la candeur et l’impatience d’un adolescent. Déroutant par le temps utilisé: l’imparfait, faisant fi du présent et du passé simple.

Malgré tout, l’histoire est belle. Pleine de candeur. Le personnage semble se dédoubler en racontant son histoire. A certains moments, il prend de la distance par rapport à certaines anecdotes. A d’autres moments, il parle de lui à la troisième personne ou en usant de son prénom. Malgré tout, la lecture se fait d’une traite  et emporte le lecteur  dans un monde particulier. Tout cela laisse à penser que c’est un garçon pas comme les autres.

Note 14/20

9782370970480   KomEdit/L’Harmattan   72 p.    9€

Miki, l’aventurier pique-boeuf – Justine Dédé – 2019

Quatrième de couverture

Rêvant de bonheur, Miki, un bel oiseau, abandonne les siens et s’envole pour la grande ville. Mais celle-ci est inhospitalière, effrayante même. Miki y est malheureux, et décide alors de rentrer chez lui, auprès de sa famille et de ses amis, au cœur de sa terre natale.

Chronique

Qu’est-ce qu’on peut s’ennuyer quand on est un pique-boeuf ! Débarrasser les bœufs des insectes qui les dérange est si valorisant et si fatiguant. Alors, Miki décide de changer d’air et d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. C’est possible. Elle parait plus verte. Mais, c’est si dur.

Miki l’aventurier pique-boeuf est un conte qui nous fait réfléchir sur la force de l’amitié. Sur le rapport à l’autre. Celui qu’on ne connait pas. Celui qui vient d’ailleurs et qui ne nous ressemble pas. C’est aussi une réflexion sur la volonté. Partir, c’est d’abord se préparer. C’est aussi savoir revenir pour prévenir les amis des dangers de l’exil. Des déceptions réelles. Pour les prévenir de la différence entre la destination rêvée et la réalité du terrain. C’est un retour en apothéose pour Miki. Il a fait un long voyage et il a franchi beaucoup d’épreuves et en a tiré de belles leçons.

Miki l’aventurier pique-boeuf est un moyen d’échange entre parents et enfants. De grands moments de complicité. C’est aussi un moyen de pouvoir parler de l’actualité avec les enfants. C’est un roman jeunesse plein de tendresse  et de belles images aux couleurs douces. Couleurs qui raviront les regards. Des couleurs qui transporteront les jeunes lecteurs dans le monde de Miki l’aventurier pique-boeuf.

Note 18/20 

9782343158990   Editions l’Harmattan    29 p.   10€