LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

La fille adoptive du chérif – Mohamed Diarra – 2016

Quatrième de couverture

Le corps de Zeïna, une orpheline adoptée par la famille du marabout Chérif, a été découvert le matin sur le pas de la porte intérieure du vestibule de la maison familiale. Poignardée à deux reprises au ventre, elle portait des bijoux de valeur et avait, entre le pagne et le nombril un porte-monnaie contenant la somme de 5 000 F. Convaincus que l’argent et le bijoux n’étaient pas le mobile du meurtre, le commissaire Cégélèn et l’équipe  des enquêteurs du commissariat du 20ème arrondissement travaillent à élucider ce crime. Réussiront-ils? Rien n’est moins sûr avec autant de pistes toutes aussi sérieuses les unes que les autres.

Chronique

Une jeune femme est poignardée à l’entrée de sa concession. Les témoins sont nombreux ainsi que les suspects. Qui était cette jeune fille? Pourquoi l’avoir poignardée? L’assassin se trouve t-il dans son entourage? Zeïna semblait avoir une vie normale et semblait être aimée de tout le monde. Surtout de sa famille adoptive. Les apparences sont-elles trompeuses? Le Commissaire Cégélèn et son équipe débutent l’enquête avec philosophie, flegme et de nombreuses déductions. Il leur faut ménager les susceptibilités de tout le monde tout en restant intransigeants, logiques et fermes. Pas facile.

La fille adoptive du Chérif est un roman policier très troublant. L’avancée de l’enquête, lente mais sûre, nous pousse à tout analyser en même temps que l’équipe policière. Nous finissons par trouver tout le monde suspect, même la victime. L’écriture est fluide et la lecture aisée et agréable. Le suspens est présent jusqu’au bout. Nous suivons avec beaucoup d’intérêt l’évolution de l’enquête ainsi que ses rebondissements qui sont nombreux et présents jusqu’à la dernière ligne.

La fille adoptive du Chérif nous fait entrer dans l’intimité  d’une famille traditionnelle patriarcale. Une famille qui se plie donc à la volonté du maître de maison. Est-ce une bonne idée? Cela peut-il être source de problèmes? Quelqu’un peut-il s’ériger contre les desiderata du chef de famille? Peut-être que cela permettrait de mieux comprendre le meurtre de la fille adoptive du Chérif? A voir.

Note 17/20

9782343096827   Editions l’Harmattan    162 p.   17€

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Entretien avec Théo Ananissoh, homme de Lettres Togolais – 1962

9782072733307_1_75Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous dis « qui êtes-vous ? », que répondez-vous ?
Théo Ananissoh, écrivain togolais.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Eh bien ! la maternelle et l’école primaire à Carnot et à Berberati (c’est en République centrafricaine où je suis né en 1962), le collège à Lomé au Togo, le lycée à Dapaong, également au Togo, et l’université à Lomé puis à Paris (La Sorbonne, Paris III).
Un bon souvenir de l’école primaire évangélique à Carnot : les pasteurs suisses qui nous éduquaient. Des femmes douces et patientes. Quelque chose s’est fixé en moi alors pour la vie.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?002496089
J’ai commencé. Enfance merveilleuse en Centrafrique dans les années 60 et 70. Du fait de la profession de mon père (gérant d’un grand magasin de commerce), nous vivions dans des propriétés isolées qu’occupaient les colonisateurs quelques années plus tôt. Ceux-ci y ont laissé beaucoup de livres que j’aimais lire ou essayer de lire. A onze ans, je voulais devenir écrivain. Je suis de près la situation politique générale en Centrafrique. Je voudrais pouvoir y retourner pour un séjour approfondi sur les lieux de mon enfance. Je dois à ce pays de ma naissance un ouvrage – une œuvre littéraire.

41w-RA1FKmL._UY250_A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Je me souviens exactement qu’à l’âge de onze ans, après avoir lu un ouvrage intitulé « La belle histoire de Leuck-le-lièvre » signé de Léopold S. Senghor et d’Abdoulaye Sadji, j’ai demandé à un employé de mon père ce qu’étaient ces deux personnes que je viens de nommer. Il m’a répondu : des écrivains. Cela a suffi. J’ai commencé alors à rêver d’être un jour comme eux, un écrivain. Je n’ai jamais plus éprouvé autre chose que ce désir jusqu’à l’âge adulte.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?
Non. C’était un désir secret. Mes parents ne pouvaient pas comprendre ce que c’est qu’écrire. Au lycée, un de mes profs – un Français qui nous enseignait les maths – a sans-titredeviné mes intentions et m’a encouragé. Je n’ai pas confirmé.

A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
La savane arborée au nord du Togo, à la frontière avec le Burkina. Très belle région aux horizons splendidement dégagés, pas du tout touffue de végétation comme les lieux forestiers de l’Afrique centrale où je suis né et que j’aime aussi mais que je crains.

A.D. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ?
Difficile à dire. Une année à peu près d’écriture et quelques années de relectures plus ou moins régulières dans la mesure où je ne parvenais pas à trouver un éditeur.

41WD2KTG3WL._UY250_A.D. Qu’avez-vous éprouvé après l’avoir écrit ?
Avant cet ouvrage publié chez Gallimard en 2005 sous le titre de « Lisahohé », j’avais écrit des choses jamais satisfaisantes pour moi-même. Avec ce roman, déjà sous forme de manuscrit, j’ai eu enfin un sentiment de confiance quant à mon objectif de devenir écrivain.

A.D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Rien de singulier – heureusement. Quelques voyages et invitations pour en parler – en particulier une invitation à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds en Suisse romande. En février 2005, j’ai participé au festival des Étonnants voyageurs qui se tenait à Bamako au Mali. Une journaliste de Libération couvrait l’évènement. Dans son long papier publié dans le quotidien ensuite, elle m’a consacré quelques lignes accompagnées de ma photo. Une association suisse qui s’occupait de réfugiés africains à Neuchâtel, ayant lu cela, m’a invité à une rencontre9789973580160-200x303-1 littéraire dans une brasserie. Ce sont des protestants là-bas, n’est-ce pas, comme moi. Ils m’ont dit franchement qu’ils m’avaient choisi, moi auteur d’un seul roman, et pas quelqu’un de plus connu parce qu’ils n’avaient pas les moyens de payer plus que le voyage et le logement. Encore aujourd’hui, je reste très heureux de cette invitation. Ce fut une belle soirée de rencontre avec des gens courtois et aimables qui m’ont rappelé les pasteurs chez qui j’étais à l’école primaire. Tous les exemplaires commandés de mon roman ont été achetés. La Suisse est très présente dans mon parcours d’écrivain.

A.D. Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
Mon éditeur chez Gallimard, Jean-Noël Schifano, m’a dit un jour : « Chaque livre publié est une victoire. » Pour qui a l’expérience du milieu, cela est vrai. Je reprends à mon compte cette phrase et le sentiment qu’elle contient.

41ZqJjGKdJL._UY250_A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Transmission involontaire, oui, du simple fait d’être comme on est, je crois. De jeunes interlocuteurs chez moi au Togo me disent ou m’écrivent souvent ceci : « J’aime comme vous êtes. » Je suppose que d’une telle appréciation à l’envie de devenir soi-même écrivain, il n’y a pas une grande distance.

A.D. Que représente l’écriture pour vous ?
Une raison d’être.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
Oui. Je ne l’entends pas au sens étroit ou idéologique mais humain. L’homme se voit vivre ainsi. Se pense, s’observe, se juge. Ça ne peut donc être neutre ou sans raison quant à la condition humaine.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?51VhlIo3DyL._SX195_
Un roman en cours. Je voudrais y sublimer la femme, l’Africaine. Elle est un sujet magnifique.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Mon Dieu ! Il faut beaucoup lire… les auteurs des pays dits anglo-saxons – j’y inclus les romanciers africains anglophones. Aux jeunes auteurs d’Afrique : persévérance (rien n’attend et n’encourage leur talent), éthique, et leur lieu d’origine comme référence, sans cesse.

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Je le trouve bien fait. Mais, je ne suis vraiment pas qualifié dans ce domaine pour en juger ou exprimer des suggestions. Merci de cet intérêt pour les livres et les écrivains.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Merci de vos questions qui m’ont bien plu.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.

New Phototastic Collage entretien

Kétala – Fatou Diome – 2007

Quatrième de couverture

711x400_043_aur_diome_07Que restera t-il de nous? Presque des souvenirs magnifiés, interprétés ou, pire, falsifiés . Inanimés nos meubles, nos habits, nos objets familiers jalonnent le sillage de notre vie. Ils sont les témoins silencieux de nos joies et de nos peines.

Le Kétala, le partage de l’héritage, disperse tout ce que possédait celui ou celle qui n’est plus. Attristés par leur séparation imminente, les meubles et divers objets de Mémoria cherchent un moyen  d’éviter l’éparpillement des traces de leur défunte et aimée propriétaire.

Ma Chronique

Un départ. A jamais. Des vestiges d’une vie. Des objets du quotidien invisibles tant ils ont servi en silence. Un départ qui marque les esprits. Qui fait pleurer la perte. Mais, pas que pour les humains. Imaginez vos objets de la vie courante racontant votre existence. Ils vous connaissent plus que vous ne le pensez. Ainsi est Kétala. L’histoire d’une vie. D’une disparition. D’un amour éternel.

Mémoria est partie. Un jour. Doucement. Lentement. Violemment. Ainsi qu’elle vécut. Nous plongeons dans la vie d’une femme. Une femme qui a aimé et qui a rêvé sa vie. Une femme prisonnière des traditions. Prisonnière d’un amour à sens unique. Nous découvrons sa sensibilité. Sa souffrance. Ses concessions. L’abîme qu’a été sa vie. Ses rêves. Ses désirs avortés.

Kétala est un roman qui nous fait réfléchir aux souvenirs que nous pouvons laisser après notre passage sur terre. Que pensent de nous nos objets? Ceux qui ne s’expriment jamais? Nous découvrons qu’ils se souviennent de nos faits et gestes. Ils nous connaissent et souffrent peut-être de notre absence. Incroyable, non? Ainsi est Kétala, l’histoire d’une vie racontée par des objets inanimés. Des objets pleins d’admiration et d’amour pour la femme qui n’est plus. Pour la femme qui fut et ne sera plus. Des souvenirs partagés avec tendresse avant la séparation. Avant le Kétala.

Ma note 19/20

978290001547    Editions J’ai Lu   289 p.   6€

 

 

Doumbi-Fakoly, écrivain Panafricaniste Malien – 1944

doumbi-fakoly-660x330Doumbi-Fakoly est né le 1er janvier 1944 à Kati (Mali). Il a grandi au Sénégal puis fait des études supérieures en France et obtient un D.E.S. de banque. Il retourne au Mali où il travaille pour la B.I.A.O-Mali jusqu’en 1983, date de son retour en France où il vit actuellement.

Doumbi-Fakoly est un initié de la religion traditionnelle africaine. Il prône la renaissance de l’Afrique par l’abandon des religions abrahamiques et le retour à la spiritualité traditionnelle africaine. Il est l’auteur de littérature de jeunesse, de romans et d’essais. Il aborde des faits de société comme le sida, la religion, le racisme, etc.

Bibliographie

C’est un écrivain prolifique.

s-l3001983 Morts pour la France – un hommage aux Tirailleurs Africains qui ont combattu pour la France durant la seconde guerre mondiale. Les méthodes de recrutement musclé de la France coloniale, les actes de bravoure des soldats africains sur les champs de bataille européens, la tragédie de Thiaroye au Sénégal où quelques uns d’entre eux ont été abattus de sang froid après leur retour en terre africaine, y sont décrits avec clarté.

1984 La retraite Anticipée du Guide Suprême dénonce les dictatures51hyvnnjorl._uy250_ qui étaient monnaie courante en Afrique durant les trente premières années de son indépendance.

1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida relate les malheurs d’une adolescente métisse dont le père africain est injustement accusé d’être md11292651903malade du sida.

1991 Aventure à Ottawa l’histoire d’un chien et d’un chat extra-terrestres recueillis par deux jeunes amis ; un Canadien et un Africain dont les parents vivent au Canada.

1992 Bilal le Prophète  réinstalle le Négro-Africain Bilal dans sa dignité.000159412 Il révèle que ce grand personnage dont les historiens arabes racistes ont falsifié l’histoire et tenté d’occulter le rôle fondamental qu’il a joué dans la naissance et la promotion de l’Islam, n’a jamais été l’esclave de qui que ce soit.

doumbi-fakoly-la-revolte-des-galsenesiennes-livre-368088330_l1994 La Révolte des Galsénésiennes  un hommage à la femme africaine, compagne des millions d’années, pour son amour oblatif de femme-femme et de femme-mère. Afin de redresser la course folle de la barque de la République du Galséné qui glisse dangereusement vers tous les maux, elle n’hésitera pas à déclencher une mémorable double grève du lit et du ménage qui aboutira à la tenue d’une conférence nationale.un-mariage-force-de-doumbi-fakoly-1088735084_l

1997 Le Guide du Panafricaniste – un livret qui donne des réponses claires aux grandes interrogations du Panafricaniste Qu’est-ce que le Panafricanisme ? Quels en sont les dates, les faits marquants et les lieux d’expression ? Quels sont les grands acteurs de ce vaste mouvement qui continue de nourrir l’espérance de millions de personnes dans le Monde Noir ?

1999 Un Mariage forcé raconte la vie d’une jeune lycéenne dont le père a décidé d’interrompre les études pour la marier à un commerçant riche et influent. Brillante élève souhaitant poursuivre sa scolarité, elle ne peut compter que sur le soutien de sa mère adoptive et de sa tante paternelle. Les risques de division et d’éclatement de la grande famille sont réels. Mais la jeune fille trouvera et proposera un compromis convenable à tout le monde.

2000 Afrique, la Renaissance – cet essai tente de passer en revue les raisons véritables de cette situation, ses conséquences dramatiques, tant dans les domaines politique, économique que social et religieux. Et puisqu’il ne faut jamais se contenter de formuler des critiques, si fondées soient elles, l’auteur esquisse des solutions de sortie de crise dignes d’intérêt.

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1983 Morts pour la France
1984 La Retraite anticipée du Guide Suprême
1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida
1991 Aventure à Ottawa
1992 Bilal le prophète
1994 La Révolte des Galsénésiennes
1997 Le Guide du Panafricaniste
1999 Un mariage forcé
2000 Afrique, la Renaissance
2003 Pour une ligue des peuples noirs
2003 On a volé la coupe d’Afrique – jeunesse
2003 À la conquête de la fontaine magique – jeunesse
2004 L’Origine négro-africaine des religions dites révélées
2004 Le Mali sous Alpha Oumar Konaré
2005 L’Origine biblique du racisme anti Noir
2005 Introduction à la prière négro-africaine
2005 Fakoly Prince du Mande,
2005 Anta, grand prêtre d’Atum
2006 Horus fils d’Isis – le mythe
2006 La Colonisation, l’autre crime contre l’humanité – le cas de la France coloniale
2006 Cheikh Anta Diop texte
2006 Mali-Sadio, l’hippopotame de Bafulabé
2006 Le Mali sous Amadou Toumani Touré
2006 Complot contre la jeunesse africaine
2008 Les Chemins de La Maât
2008 Aimé Césaire expliqué aux adolescents
2008 Barack Obama expliqué aux adolescents
2008 Ces Dieux et ces égrégores étrangers qui tuent le peuple noir
2008 La Bible en procès
2009 Horus, fils d’Isis le mythe d’Osiris expliqué
2009 Akhenaton – le sort tragique d’un pharaon mégalomane
2009 L’Islam est-il une religion pour les noirs
2009 Marcus Garvey expliqué aux adolescents
2010 Une veillée au village ; contes du Mali
2010 le Mali 50 ans après – de Modibo Keïta à Amadou Toumani Touré
2010 Le tarot divinatoire Kam
2012 L’occupation du nord du Mali
2013 Le Mali sous Amadou Toumani Touré – Acte 2 – la guerre au nord du Mali
2014 Medu Neter – Paroles du créateur Amon-Râ
2014 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – un an après la nation toujours trahie
2015 Panafricanisme & spiritualité négro-africaine – l’indispensable connexion
2015 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – Après erreur sur la personne – Y a-t-il             quelqu’un pour sauver le Mali ?
2017 Il sera une fois, demain prochain – de la république des Etats-Unis de Kamita Merit   An 6254
2018 Livret sur les rituels kamits (sous la direction de)

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Ama Ata Aïdoo, dramaturge Ghanéenne – 1942

Ama-Ata-Aidoo

Christina Ama Aïdoo est née le 23 mars 1942 à Beadzi Kyiakor au Ghana. Elle a grandi dans la famille royale Fanti.  Elle est l’une des plus grandes dramaturges du Ghana. Elle a été Ministre de l’Education nationale de son pays. Elle démissionne de son poste suite à desdilemna divergences d’opinion. Elle s’exile au Zimbabwe puis aux Etats-Unis d’Amérique. Poète, romancier, critique et auteure de contes, la ghanéenne Ama Ata Aïdoo est considérée comme l’une des grandes plumes d’Afrique.

md22877916761Dans ses écrits, elle aborde souvent la différence philosophique entre le monde occidental et africain. Elle a été l’une des premières féministes africaines. Selon elle, l’idée du nationalisme a été utilisée par les nouveaux dirigeants pour garder les gens opprimés. Elle critique ceux qui conseillent aux Africains éduqués d’aimer leur pays, mais qui sont immédiatement attirés par les avantages matériels des pays développés. Elle croit en une identité africaine, qu’elle voit par le biais d’une perspective féminine.

13511261._UY630_SR1200,630_Elle a été lauréate de plusieurs prix littéraires, y compris le Commonwealth Writers Prize for Best Book en 1992 pour son livre Changes: A love story (Désordres amoureux). En 1999 elle obtient le71YrcMhVYQL Companion of the Star of the Volta, (ordre civil au Ghana) et elle est nommée docteur honoris causa du Mount Holyoke College. Elle fut récompensée en 1987 par le Prix Nelson Mandela of Poetry pour Someone Talking to Sometime. Elle fut la première à être récompensée, en 1992, par la International PEN Women’s Committee Travel Fellowship de l’UNESCO, en plus d’avoir été choisie comme Présidente du African Visions Literature Tour en 1998.

Ses oeuvres

1411409Dans toutes ses œuvres, on retrouve une thématique centrée sur la femme et son rôle dans la société. Pour l’écrivaine, la liberté de l’Afrique est directement liée à la liberté de ses femmes.Dans Anowa (1970), elle réécrit une vieille légendechanges. ghanéenne narrant l’histoire une jeune fille qui veut se marier contre la volonté de ses parents. Cependant, la détermination d’Anowa pour prendre ses propres décisions entraînera des conséquences tragiques. Cette thématique est perceptible dans l’ensemble de son activité littéraire qui inclut notamment des titres attrayants comme No Sweetness Here: A Collection of Short Stories (Pas de Douceur ici : un ensemble d’histoires courtes) (1970), Birds and Other Poems (Oiseaux et autres poèmes) (1988) ou The Girl Who Can and Other Stories (La fille qui peut et Autres Histoires) (1997).

Bibliographie

1969 No stress hereAma Ata Aidoo by NanaKofiAcquah
1977 Our sister Killjoy
1985 Someone talking to sometime
1986 The eagle and the chicken
1989 Birds and other poems
désordre amoureux1992 An angry letter in January
1992 Daughters of Africa
1995 Daylight and darkness
1997 The girl who can and other stories
2008 Ghana where the bed speal
2008 Désordre amoureux (trad)
2012 Diplomatic pounds
2017 After the ceremonies – New and selected poems

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Entretien avec le Dr Ndongo Mbaye, le conteur et poète Sénégalais qui chante les mots

Prendre la parole, dans la tradition africaine, est d’une grande importance. Passer la parole est une grande responsabilité. La poésie a toujours fait partie de l’oralité. Elle était présente dans toutes les cours, pas seulement royales. La poésie permettait de démontrer la part d’humanité en chaque homme. Sa culture. Son amour des traditions et des jeux de mots. Son intelligence. Ndongo Maye est un de ces chantres de la poésie, de la parole. Il sait captiver son auditoire et faire danser les mots.
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Bonjour Ndongo Mbaye, Je suis Amélie Diack. Merci d’avoir accepté cet entretien.
C’est plutôt moi qui vous suis redevable, de m’avoir prêté la parole, qui, en Afrique, ne se donne pas….

Pouvez-vous vous présenter?
Je m’appelle Ndongo Mbaye. Je suis né à Yeumbeul,33073126_602243370133530_2919928379404713984_o dans la banlieue, dans un village traditionnel lébou, très paisible. Ma mère s’appelle Adja Faballa Mbaye et mon père El Hadj Babacar Mbaye. Je suis né le 31 juillet 1952. Dans ma famille , nous étions 14 sœurs et frères très unis, très proches et complices.
Yeumbeul ayant été un village d’agriculteurs, nous avons passé une bonne partie de notre belle enfance, et de notre agréable jeunesse, à jouer, à gambader et à chaparder dans les champs de nos parents et grands-parents, au milieu de la nature. Nous avons donc été forgés par ce milieu , certes rude, mais bucolique , où prévalaient les valeurs de la famille et du travail.

DSC05980_01-1Parlez-nous de votre enfance, de vos études  
Après l’école primaire et mon admission en 6ème, je fus orienté dans la capitale Dakar, au Lycée Blaise Diagne, un lycée célèbre pour ses nombreuses grèves, mais aussi, paradoxalement, pour ses excellents résultats scolaires. Et c’est là où, après mon admission au baccalauréat, avec la mention BIEN, j’ai obtenu une bourse de l’état, pour aller faire ce que l’on appelle encore aujourd’hui, les « prépas», donc les classes préparatoires aux grandes écoles françaises. En vérité, cela faisait partie d’un vaste plan, des lubies du président-ndongo_mbaye-27-10-2016_01.10.02 (2)poète Léopold Sédar Senghor, de faire de nous tous, des normaliens, des agrégés comme lui, des saints cyriens, des polytechniciens etc.
C’est ainsi qu’après mon Hypokhâgne et ma Khâgne, successivement aux Lycée Honoré de Balzac et Jules Ferry à Paris, je suis allé tranquillement poursuivre mes humanités à l’Université Paris X Nanterre, pour y préparer un Doctorat-es-lettres que j’ai soutenu le 15 octobre 1982, sur le sujet : «Les mentalités dans le roman sénégalais: images et présupposés du discours« .
Puis, dans la lancée, j’ai préparé concomitamment un DEA en sociologie, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), et un DESS, en tant qu’auditeur, en New Phototastic CollageDocumentation et Bibliothéconomie, à l’Institut d’Etudes Politiques, plus connu sous le nom de Sciences Po Rue St Guillaume.
Il faut souligner qu’à partir de la licence, en 1977, j’avais déjà commencé à travailler dans l’administration territoriale, notamment à la mairie de Bagnolet, au Centre socio culturel Anne Franck…
Cependant, aussitôt mes études universitaires terminées, je suis rentré au Sénégal, où, pendant 2 années, j’étais enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), spécialement à l’Ecole des Bibliothécaires Archivistes et Documentalistes (EBAD), où j’assurais les cours de catalogage auteurs et matières, de résumé ou analyseNew Phototastic Collage0 documentaire, des systèmes documentaires …
Au bout des ces deux ans, j’ai démissionné, et je suis retourné en France où m’attendait encore mon travail, pour y embrasser une autre profession, et faire DSC05980_01-1carrière ainsi dans les collectivités territoriales, surtout dans les communes, où je jouais le rôle de cadre, Responsable de service .
Mais comme pour moi, l’enseignement est un sacerdoce, et que transmettre est mon crédo, je suis revenu enseigner à l’ENSUT (devenue plus tard Ecole Polytechnique Supérieure), pour aider mon ami et Professeur Libasse Niang, dans la section «Tourisme», où je dispensais des cours et séminaires en communication et sociologie, à travers diverses thématiques. C’est dans ce cadre aussi, que je me suis retrouvé à donner les mêmes cours à l’Institut de Formation en Administration des Affaires (IFAA) avec mon ami le Professeur Mame Birame Diouf..….

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? 34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Dès l’école primaire, en CM2, j’étais fasciné par l’écriture, et surtout par la poésie, d’abord française, puis africaine. Dès lors je voulais devenir professeur de français, journaliste et écrivain…
Mais plus tard, je me suis aperçu que ce n’était qu’un désir, qu’un rêve d’écriture qui était incarné par la figure charismatique de mon Maître, notre Directeur d’école, Monsieur Cheikh Tidiane Seck, un excellent pédagogue, amoureux des lettres, qui m’a fait aimer la lecture. Je le revois encore avec sa guitare, pour nous jouer et réciter «Minuit», «La Chanson du Djoliba» du Guinéen Keïta Fodéba, «Le chant des rameurs», «Souffles« de Birago Diop etc. Ce monsieur, très rigoureux, très exigeant, voulait que nous écrivions sans faute, avec le Plaisir du texte, mais aussi un amour infini de la «belle» littérature.

Nous sommes tous marqués, en général par un professeur qui nous a donné le goût des belles lettres. Pour moi, il s’agit de deux professeurs de français, Oumy Guèye et Madame Renaudot, respectivement au Collège et au Lycée

Amours_SavanQuand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Et évidemment, ce désir n’était qu’enfantin, inconscient en nous. Et forcément, il était différent, et très loin d’une quelconque volonté de devenir réellement écrivain. Je ne sais même pas, et vraiment je ne peux pas l’affirmer ici, si j’ai jamais eu, en dehors de ces rêves d’enfant, la volonté de devenir écrivain. Ou alors, c’était complètement inconscient.
Par contre, j’ai commencé à écrire égoïstement pour moi, dès le lycée, donc tout jeune.
Et plus je prenais de l’âge, plus écrire s’imposait à moi, devenait indispensable, mais toujours pour moi seul, sans aucune intention de publication.
En réalité, être édité ne m’intéressait pas du tout, ne m’effleurait même pas l’esprit.
Je voulais juste écrire, me débarrasser de mes beautés ou démons intérieurs, dans le secret des Dieux , avec le mystère jubilatoire de cette parturition solitaire et singulière.
Il a fallu donc que mes amis, qui me bousculaient pour lire mes écrits, se mettent à me fustiger, à me secouer, pour m’obliger à envoyer au moins un manuscrit à un éditeur.
Ce que je n’ai jamais pu faire.
En fait, c’est mon ami et binôme, le brillant poète, écrivain, enseignant-chercheur ensans sciences cognitives, Amadou Elimane Kane, qui, après une conférence que j’animais à Paris sur «L’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, m’a présenté à un de ses amis écrivain-dramaturge- éditeur, le Congolais Caya Makhélé, Fondateur et Responsable de la maison d’édition Acoria, qui, sans même m’avoir lu (parce qu’il faisait confiance à Amadou Elimane Kane, qui lui avait copieusement parlé de mes poèmes), me proposa sur le champ de me publier. C’était en 2005.
Dès ce moment, ont commencé mes angoisses de devoir me «débarrasser» de mes enfants–textes… La fameuse angoisse de l’écrivain face à ses écrits qui vont le quitter !
Ainsi donc, je n’ai jamais envoyé de manuscrit à l’aveuglette, à des maisons d’édition, afin d’attendre le verdict fatal… C’est dans ces circonstances, qu’en mai 2005, parut mon premier recueil de poésie : «Amours-savanes», aux éditions Acoria (France).

ombre.jpgQu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Vous savez, c’est toujours une joie, du bonheur, et surtout une fierté et un honneur, pour nos parents, de voir leurs enfants embrasser leurs passions, surtout quand il s’agit de devenir écrivain.  D’autant plus qu’ils ont toujours su mon penchant pour la littérature et les langues, depuis ma prime jeunesse .
Quant à mon ex épouse Nanou, qui est Française, elle a, depuis le début de notre belle aventure sentimentale, et de nos délicieuses relations amoureuses, intégré cette dimension de l’homme qu’elle aimait, et qui serait sûrement souvent absent. Mais elle aimait la lecture, et connaissait le prix à payer.
Cependant, et à elle, et à mes deux fils Théo-Daouda et Issa-Timothée, j’ai toujours tenu à leur demander pardon, à travers mes livres, pour le temps que je leur volais, ce temps que je devais leur consacrer, et que j’investissais dans l’écriture, et dans la solitude.
Mais ils ont toujours compris combien c’était essentiel pour moi. Et je crois que telle était aussi leur participation dans la construction et la structuration de mon être, de mon existence, mais aussi leur part d’humanité et d’Amour.

De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
Disons-le tout de suite, et comme vous avez pu le deviner, je ne suis pas du toutNew Phototastic Collage romancier. Je suis, comme aime le dire mon ami Marouba Fall, un écrivant, un poète en la circonstance, et, accessoirement je suis nouvelliste et essayiste.
Mais ma passion, mon terrain de prédilection demeure la poésie, parce que c’est le champ du Partage, du rythme, de la scansion, de la musicalité des mots, de la beauté des images qui en naissent, pour que toute cette floraison de forces mystérieuses et miraculeuses converge vers un seul but : la Magie du poème.
Ce qui m’intéresse donc, c’est cette exaltation jouissive des sens, des signes, de la littérarité du texte, de cet arbre dont parlait si bien le grand écrivain Congolais feu Sony Labou Tansi, cet arbre qui sourd et pousse inconsciemment dans notre ventre, et qui nous fait écrire, pour qu’il fasse plus humain en nous.
En ce qui concerne l’inspiration, tout m’est source d’inspiration. Elle est inclusive, carAmours_Savan elle peut jaillir de partout, de nulle part, avec sa force, sa puissance, sa propre dynamique, qui nous font prendre la plume, qui font parler, rire, hurler, pleurer ou sourire notre calame.
C’est pourquoi, j’ai tendance à affirmer que l’écriture, certes, c’est du bonheur, mais c’est aussi de la souffrance, car elle naît parfois dans des terres très sombres, obscures, impudiques, et que des fois, nous aurions bien voulu qu’elle reste dans ces ténèbres inconnues, pour ne pas assister, impuissants, à notre propre dévoilement, à notre mise à nu. Cette posture est terrible, car une fois sortie et vulgarisée, l’écriture ne nous appartient plus : elle vit sa vie, en dehors de nous. Elle n’a plus besoin de nous pour affirmer sa manifestation. Elle nous échappe complètement, et s’affranchit de notre tutelle.
Pour parler de mon premier recueil de poésie «Amours-savanes», mon inspiration vient justement de ces merveilleux paysages de savanes, notamment ces champs florissants, qui s’étendent à perte de vue, à Keur Samba Kane, et à Mbaufé, royaume d’enfance de ma mère. J’étais (et je le suis encore !) tellement charmé par cette brousse, juste derrière le village, avec la quiétude et la 33073126_602243370133530_2919928379404713984_osérénité qui naissent entre ces arbres, ces buissons, ces chemins…

Je suis heureuse de lire ces mots car en tant qu’auteure (je  ne me considère aucunement comme étant écrivaine), c’est exactement ce que je ressens. Je dis toujours « L’accouchement fut difficile et l’enfant se porte mieux que la mère ». A chaque écrit, nous y laissons une part de nous.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Comme je n’ai jamais projeté de le publier, je ne peux pas vous dire le temps que j’ai consacré à son écriture. Par contre, je peux seulement vous affirmer que, comme le temps ne m’était nullement compté, et que je ne subissais aucune pression, j’ai pris le temps de l’écrire, dans le plaisir de travailler pour soi, et rien que pour soi. Je ne peux pas vous dire non plus, si j’en étais satisfait ou non … mais vous savez qu’un auteur est rarement satisfait de son œuvre .
Mais à la parution du livre, j’ai senti comme une ambivalence, un paradoxe, entre le fait de m’être débarrassé d’un gros poids, et l’angoisse de la naissance de quelque chose de monstrueux, dont je ne maîtrisais pas les effets et les conséquences. Comme si j’entrais dans une cinquième dimension inconnue.

Eh oui, la fameuse angoisse de l’écrivain qui ne le quitte jamais

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Et justement, ce qui est extraordinaire, c’est l’accueil de cet opus dans le milieu littéraire!34465993_610972075927326_2116321280855638016_n
Je me rappelle d’une cérémonie de dédicaces à Paris 11ème, à l’Avenue Parmentier, au restaurant «Grand Place», où j’ai fait des signatures jusqu’à 2 h du matin, heure à laquelle j’ai pu seulement manger…
J’ai eu droit à des interviews, a des passages dans des médias pluriels, et d’autres séances mémorables de dédicaces, comme celle à Choisy Le Roi, la ville où j’habitais, et où j’étais le responsable du service des loisirs des retraités et handicapés depuis de nombreuses années… et où j’ai exercé pendant 26 ans, jusqu’à ma retraite en octobre 2017… Cette après midi là, ce sont mes deux amis et frères, les musiciens –chanteurs-compositeurs feu Seydina Insa Wade, et Meïssa Mbaye, qui sont venus animer en live, bénévolement, ces merveilleux et savoureux moments.
Ce livre a aussi bien marché, parce que, comme un enfant, je lui ai pris la main pour l’accompagner sur les chemins de sa Vie, et qu’il a su grandir, grâce à mes récitals/lectures de poésie, spectacles que je mène, accompagné de grands dialis, joueurs de kora, comme Idrissa Diabaté, Soriba Sakho, Lamine Kouyaté, Moussa Kanouté, et le jeune et talentueux balafoniste, Kamory Kouyaté. Ces échanges fréquents, et sur des scènes très différentes, en France et à l’étranger, ont élargi l’audience de cette écriture, et l’ont fait connaître à d’autres univers.

Depuis, vous en avez écrit d’autres, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
sansDepuis cette première naissance, d’autres ont suivi, toujours avec angoisse et bonheur : «Les lézardes du silence», un recueil de nouvelles «Ombres», un troisième recueil de poésie «Les poètes meurent aussi», et le dernier livre qui est un essai littéraire, écrit sur mon binôme Amadou Elimane Kane, qui a fondé l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yène(ICPR) au Sénégal, dont je suis membre du Comité Scientifique, Directeur des universités d’été, et du Département «Lettres et Culture»; et la maison d’édition «Lettres de Renaissances», dont je suis le Directeur de la collection poésie0536872001461143110 «Paroles arc en ciel».
Dans ce livre, que nous avons écrit à quatre mains avec Isabelle Chemin, professeure documentaliste à l’Académie de Paris : «Amadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine, c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille», nous avons voulu camper un personnage pluriel, dont toute l’œuvre, foisonnante, tend vers l’essentialité de la lecture, l’oralité, l’écriture et la poésie.
En dehors de mes écrits, j’ai participé à plusieurs anthologies poétiques, et à l’écriture d’ouvrages collectifs, comme celui sur Alioune Badara Bèye, Président de l’Association des écrivains du Sénégal, écrivain-dramaturge-poète : «Sur les traces d’Alioune Badara Bèye» Abis éditions et éditions Maguilen ; «Regards sur la Francophonie» éditions Maguilen ; «Poètes pour Haïti» chez l’Harmattan France, et le dernier qui est un ouvrage contre Boko Haram et pour la tolérance, paru aux éditions AfricAvenir à Douala, sous la houlette de mon ami, l’écrivain-essayiste-polémiste Gaston Kelman : «Contre la nuit des ombres; les plumes de la colère».
En ce qui concerne les nouvelles que j’ai écrites (et que je continue à écrire pour honorer Amadou-Elimane-Kaneune commande de mon éditeur Acoria), trois fois lauréat du Concours de nouvelles «J’écris, je lis« organisé par Teham éditions (France), j’ai reçu le premier Prix en 2014, sur le thème de «l’unité», avec ma nouvelle intitulée «La muraille humaine».

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Transmettre la passion de l’écriture, c’est transmettre d’abord la passion de transmettre, de la connaissance de soi, de la confiance en soi, de l’estime de soi; c’est transmettre le goût de l’oralité, de l’écriture, de la lecture; c’est transmettre l’amour de la liberté, l’importance du Partage et de l’Altérité.

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
Je me suis toujours méfié de la notion d’engagement, car elle est rarement clairement définie. C’est une question qu’on m’a posée assez souvent . Et je me rappelle avoir fait DSC05980_01-1une série d’émissions radio sur la CRTV , et de conférences à Yaoundé au Cameroun, avec mon ami Gaston Kelman. Et j’ai tendance à dire que si l’engagement faisait l’écriture d’un beau texte, ça se saurait! Il suffirait alors tout juste d’être engagé pour produire une œuvre littéraire. Or nous savons que cette assertion est fausse.
Par contre, dans l’histoire de l’écriture, et dans l’archéologie littéraire, il est arrivé que l’engagement vienne enrichir la vision d’un auteur, et illuminer une écriture, comme ce fut le cas de grandes figures et noms de la littérature : Simone de Beauvoir , Jean Paul Sartre, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Aragon, Ousmane Sembène, David Diop, Léon Gontran Damas, les auteurs révolutionnaires Malgaches, Paul Dakéyo, Amadou Elimane Kane…
En ce qui me concerne, je ne suis pas un Prophète, un Messie ou un démiurge. Derrière0536872001461143110 mon écriture, il n’y a aucune autre chose à chercher, aucune cause à défendre, aucune mission à remplir ou à trahir, mais juste l’écriture à porter aux nues. En définitive, la seule cause qui vaille la peine d’être défendue à mes yeux, c’est la littérarité d’un texte. En somme, comment un texte peut être qualifié de littéraire, de poétique. Et comme je le disais au début, bien avant d’être publié, j’écris égoïstement pour moi. J’écris pour essayer à tout moment de toucher la grâce de l’écriture. Ce qui, évidemment, est une chose vers laquelle on tend, à la quelle on rêve. Un peu comme un musicien qui cherche désespérément et éperdument à trouver une nouvelle note de musique, et qui, peut-être, toute sa vie va courir derrière ce Graal, cette belle chimère.

Quels sont vos futurs projets ?
Mes projets, c’est avant tout la parution très prochaine, en octobre 2018, d’un nouveau recueil de poésie : «Entre les silences et les bruits, les mots.. », aux éditions Lakalita, suivie de suite de la publication d’un autre recueil poétique par notre maison d’édition «Lettres de Renaissances» (France et Sénégal), puis d’une éventuelle autre sortie à Yaoundé, aux éditions Ifrikiya de mon frère et ami l’écrivain-poète, Jean Claude Owono.

New Phototastic Collage0Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
A de jeunes auteurs, d’ailleurs à de jeunes tout court, je donne toujours ce même conseil : travailler, encore travailler, toujours travailler. Pour ce qui touche plus particulièrement l’écriture: être exigeant avec soi, avoir la patience, écrire, savoir effacer, raturer, réécrire, déchirer, jeter à la poubelle, reprendre l’ouvrage, se relire, corriger toutes les fautes, être rigoureux, avoir une grande humilité, et éviter la grosse tête, ou la «divinisation», ou la «starisation», dès le premier texte publié, ou le premier succès venu…

Des conseils éclairés car l’humilité pousse toujours à aller plus loin dans ses écrits
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Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Votre blog s’améliorera au fil du temps, des rencontres, des échanges, des choix éditoriaux qui l’enrichiront. Il porte déjà, de par son existence, et sa volonté de pérennisation, toutes les qualités déontologiques et professionnelles de sa propre maturation…
Il faut continuer à mieux cerner la complexité des auteurs interviewés, et à extraire les sens, les non-dits, derrière les entre-deux, entre les lignes, même sur les marges, car les Mots sont trop mystérieux, et ils portent en eux leur part de miracle, et/ou d’ambigüité.

Merci de ces conseils. Effectivement, en un an, mon blog a beaucoup évolué et va continuer car je tiens compte des conseils donnés. De plus, pour suivre l’évolution de la Littérature, mon blog est obligé de s’adapter pour mon plus grand plaisir et, je l’espère, celui des lecteurs

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Seule la poésie sauvera le monde, dans cette grande crise que traverse l’humanité, parce que poétiser, c’est faire briller tous les soleils de nos libertés, afin de donner l’espoir à l’homme, par les promesses de ses dons…

C’est aussi faire chanter les cœurs et rendre à l’Humanité ses émotions

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Annette Mbaye d’Erneville, femme de Communication, de Lettres et de Culture Sénégalaise – 1926

MbayedernevilleBagueAnnette Mbaye d’Erneville est née à Sokone (Sénégal) le 23 juin 1926. Elle a fait ses études primaires à St-Joseph de Cluny à Saint-Louis, puis àimagesNTDZZQBX l’Ecole normale de Rufisque  et enfin à Paris où elle a obtenu un diplôme de journaliste radio. Elle est la pionnière des journalistes sénégalais. De retour au Sénégal en 1957, elle fonde la revue qui deviendra en 1964 Awa la Revue de la Femme Noire. Annette a été tour à tour enseignante, poète, journaliste, directrice des programmes de Radio Sénégal. Elle a également été reporter pour la revue Elle, journaliste pour de nombreuses publications et a écrit Mbayeplusieurs livres pour enfants. Elle est aujourd’hui directrice du Musée de la femme Henriette Bathily, créé en 1994 et (situé à Gorée jusqu’en 2014 eternevillechasseur actuellement à la Place du Souvenirs africain et de la diaspora à Dakar). L’essentiel de son œuvre relève de la poésie et de la littérature enfantine. Dans ses poèmes, elle aborde la souffrance, la révolte et l’amour. Sa poésie est nourrie de trahison, de nostalgie, d’humanité, de solitude et de regrets ainsi que de certains aspects de la négritude.

1965 : Poèmes africains
1966 : Kaddu (réédition des poèmes) ernevillechansoernevillepic
1976 : Chansons pour Laïty comptines
1983 : Le Noël du vieux chasseur
1983 : La Bague de cuivre et d’argent (prix Jeune Afrique en 1961)
2003 : Motte de terre et motte de beurre
2003 : Picc l’Oiseau et Lëpp-Lëpp le papillon