Un pont de lumière pour le fleuve – Sada Weïndé Ndiaye – 1999

Quatrième de couverture

Tamchott et Wouro-Wâlo  sont deux communautés que sépare un fleuve. En réalité, cette voie d’au est le cordon ombilical sans lequel Safalas et Wolos seraient des étrangers vivant dans des ghettos. Entre eux, le commerce se fortifie d’une parenté à plaisanterie qui autorise tout. Alors, pourquoi pas le flirt, voire l’amour?

Paulèle, la petite Wâlo, était plus naturellement destinée à son « pays » Salif Maïram Gaye qu’au Safala Bahi Ahmed. Mais les talents d’intrigante de Lalla Aïcha vont brouiller les cartes au profit de son frère Bahi. Ce contre quoi Salif s’oppose. Si bien que la passion gagne les esprits et les cœurs. Salif est assassiné. Et c’est la vendetta avec prise d’otages.

Ma Chronique

Une histoire qui semble déjà écrite pour Paulèle, jeune femme du Wâlo. Un destin d’épouse déjà tracé. Il est évident qu’elle épousera Salif qu’elle connait depuis si longtemps. Salif qui fait du commerce sur le fleuve. Cependant, Lalla Aïcha, qui vit de l’autre côté du fleuve souhaite que cette jeune fille du Wâlo soit à son frère. Elle intriguera fortement pour obtenir gain de cause. Batailles, enlèvements, tout sera fait pour y parvenir.

Sur ce fleuve qui peut représenter le fleuve Sénégal dans la région nord du pays, la vie suit son cours. Ce fleuve sépare deux peuples Les Wâlos et les Maures dont il rythme la vie. Il est le cordon, le lien qui unit deux styles de vie différents et qui se complètent. Ce roman raconte ces mouvements sporadiques qui animent de temps en temps cette région sénégalo-mauritanienne. Mouvements qui peuvent être sanglants et dont les origines sont souvent méconnues ou insignifiantes. Ce qui n’empêche pas, en temps de paix, que les deux peuples soient liés. Parfois par le lien du sang.

Malgré les remous qui secoueront les deux communautés, Paulèle pourra t-elle choisir? Les protagonistes trouveront – ils un moyen de faire la paix? les exactions des deux côtés de la berge cesseront-elles? Saïda Weïndé Ndiaye nous fait vivre au rythme du fleuve séculaire. Au rythme des ambitions. Des choix des peuples. A l’abri du pont de lumière sur le fleuve

2723611248   Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal   171 p.   4,57€

 

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Mbaam dictateur – Cheikh Aliou Ndao – 1997

Quatrième de couverture

L’histoire se déroule dans un pays d’Afrique ou d’ailleurs. Mbaam dictateur y règne, vit, gouverne. Las déployer sous la férule et les caprices du tyran, le peuple se tourne vers le pouvoir occulte des ancêtres. Un devin maître de l’invisible l’aide à se débarrasser de Mbaam dictateur sans verser de sang. Exclu du monde des humains, le tyran est précipité dans l’univers des bêtes. Grâce au devin, voici Mbaam Dictateur devenu un mort vivant. Présent et absent. Condamné à se mouvoir dans l’énigme jusqu’à la fin des temps. Où commence l’âne et où finit le dictateur, se demande t-il?

L’auteur

cheikh-aliou-ndaoSidi Ahmed Aliou Cheikh Ndao est né le 3 août 1933 à Bignona (Casamance) au Sénégal. Après avoir fait ses études secondaires au Sénégal et en France, il entreprend des études universitaires à Grenoble. Il a été professeur d’anglais. En homme de Lettres, il a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes.

Avec ses confrères dont Cheikh Anta Diop, il a, dans les années 1940/1950, posé les bases de l’alphabet ouolof, en se référant aux études de Cheikh Anta Diop: les liens entre l’Egypte pharaonique et le Ouolof. Aussi, dès 1990, Cheikh Aliou Ndao décide d’écrire dans sa langue et milite à cet effet. Il fait les traductions de ses oeuvres en français. Ce qui est le cas de Mbaam Dictateur.

Le Roman

Dans cour familiale, un âne réfléchit et s’étonne car il réfléchit en humain. Il agit enmbaam-dictateur humain et ne mange pas de paille, ni d’herbes. Autour de lui, les gens ne parlent que de la disparition du dictateur. Personne ne sait où il est et nul ne s’en plaint. Au contraire. Mbaam a pitié de cet homme haï de tous. Cet homme dont tout le monde parle n’avait que des tares, des défauts et Mbaam le juge. Sans concession. Puis, vint le déclic. La stupeur. L’indignation. Les souvenirs.

Un jour. Un matin comme les autres. Un dictateur se réveille dans sa luxueuse chambre. Mais, quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va plus. Il se réveille dans la peau d’un animal: un âne (Mbaam). Que se passe t-il? Rêve? Cauchemar? La vie ne sera plus la même. Cet homme adulé par certains, craint par d’autres se trouve en fâcheuse cheikh-aliou-ndaoposture: Il doit quitter le palais sans être vu.

Mbaam dictateur est écrit avec beaucoup d’humour. Un humour que Cheikh Aliou Ndao maîtrise entièrement dans ces écrits. Le lecteur se surprend à rire aux éclats malgré l’histoire tragique de ce dictateur qui ressemble à tous ceux qui ont régné sur le continent. Ces derniers auraient pu partager le sort de cet âne. Au fil des pages, nous entrons dans la vie de cet âne, avant et après la transformation. Les regrets, le repentir lui permettront-ils de recouvrir son apparence humaine? Est-ce trop tard pour l’âne dictateur?