LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Le silence du totem – Fatoumata Ngom – 2018

Quatrième de couverture

Sitoe Iman Diouf est une brillante anthropologue qui travaille au Musée du Quai Branly. Elle fait, dans les réserves du musée, une découverte mystérieuse qui va bouleverser son existence et la vie qu’elle menait jusque-là avec son mari et son fils…

Chronique

Sitoe, jeune femme sérère (ethnie du Sénégal) a grandi en baignant dans les traditions de ses ancêtres grâce à son grand-père, Gardien des Cultes. Un grand-père qui a toujours répondu avec empressement à ses questions de petite fille curieuse. Ce qui orientera son choix de carrière. Choix qui la confrontera plus tard à peut-être faire face à  ses souvenirs d’enfance.

Le silence du totem est un retour aux traditions et aux cultes des Ancêtres d’une jeune femme moderne qui en a été éloignée par la vie. C’est une redécouverte trépidante de ses souvenirs d’enfance. Des cultes familiaux. Des mystères traditionnels. C’est un voyage initiatique à la redécouverte des totems d’un village. A la découverte d’un peuple. Sitoe devra faire appel à ses souvenirs pour honorer ses ancêtres et peut-être permettre aux totems de retrouver leur terre natale. Cela sera-t-il possible? Comment réagiront ses collègues du Quai Branly? L’appel des totems, des ancêtres sera t-il entendu?

Le silence du totem. Une lecture agréable qui nous emporte dans les rites sérères. Dans les mystères de l’Afrique animiste. C’est un roman qui nous emporte dans des découvertes culturelles et nous fait faire un retour au bois sacré. Rêve ou réalité? Nous suivons une longue enquête qui mettra Sitoe face à elle-même. Face à ses oublis de la terre natale. Face à cette partie de sa vie qu’elle a obturée. Face à l’histoire de sa famille, de son village. Pourra t-elle contenter les totems? Les Ancêtres? Pourra t-elle restaurer ce qui a été amputé? Les totems familiaux accepteront-ils de pardonner? Pourront-ils se réapproprier cette place qui était la leur? Il faudra peut-être faire beaucoup d’efforts pour briser le silence du totem.

Note 18/20 

9782343141794    Editions L’Harmattan   Collection Ecrire l’Afrique   234 p.    21€

 

 

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Le silence des collines – Béatrice Uwambaje – 2019

Quatrième de couverture

Une Rwandaise témoin du génocide revient, 23 ans après, sur les lieux du drame. Entourée de son fils survivant et de ses deux enfants métis, elle tente de rétablir la relation avec ceux qui sont désormais les acteurs d’une société transformée. Le personnage-narrateur, un double qui regarde l’auteur, observe, se souvient, scrute, analyse. A la fois intime et pudique, soon récit oscille entre évocation, litanie, métaphore passé, présent. Un témoignage sensible et puissant  sur ce que peut la littérature après l’irréparable.

Chronique

Nous avons tous entendu parler du génocide qui s’est déroulé au Rwanda. Certains y ont assisté, impuissants devant leur téléviseur. Mutesi en a été victime. Elle y a perdu toute sa famille. Elle y a survécu. Mais, à quel prix! Aujourd’hui, les collines sont silencieuses. Ce qui n’a pas toujours été le cas. On dit souvent que l’assassin revient sur le lieu de son crime. On oublie que la victime aussi. Mais pas pour les mêmes raisons. La victime a besoin de comprendre, d’expier le cauchemar.

Mutesi est retournée dans son pays beaucoup plus tard. Pour comprendre la folie humaine. Pour comprendre à quel moment son monde, si tranquille, s’est écroulé. A quel moment l’humain a perdu son humanité et retrouvé sa bestialité. Pas facile. Surtout quand on doit faire face au mutisme collectif. A la honte collective. Cependant, les souvenirs affluent. Les questionnements aussi. Surtout sur ce moment où l’amitié, la fraternité, la complicité entre voisins ont disparu. Ces moments de partage ont été oubliés. La barbarie a vu le jour et l’humanité a basculé dans l’horreur. Dans le sang. Seul témoin de cette tuerie, le grand arbre devant la maison familiale, gardien des générations et des souvenirs bons ou mauvais.

Le silence des collines est un pèlerinage. Sur un sanctuaire. Sur une terre sacrée profanée un jour de 1994. C’est un pèlerinage dur, nostalgique d’avant l’évènement fratricide. C’est le cheminement d’une douleur longtemps tue. Un pèlerinage qui permet de verser ces larmes enfouies dans son âme. Par pudeur. Par stupeur. Par peur. Un pèlerinage qui permettra d’accepter la vie. D’accepter le fait d’avoir survécu. D’accepter d’avoir le droit de vivre comme les autres. C’est aussi un pèlerinage-tourisme qui démontre à quel point la vie a changé sur cette terre souillée jadis.

Le silence des colines est un écrit entre narration, poésie et souvenirs. Une narration qui nous emporte dans les souvenirs d’une femme dont la vie, un  jour, fut brisée dans la violence. Un écrit qui nous fait revivre les cauchemars d’une victime. Un cauchemar sur les collines de l’horreur qui fut le début d’une longue fuite. Une fuite hagarde. Sanglante. Une fuite facilitée par de bons samaritains. Pendant un temps indéfini. Aujourd’hui, libérée de sa colère, de sa culpabilité, Mutesi écoute le silence des collines.

Note 18/20

9791033401704    Ed. Sépia/L’Harmattan    258 p.    22€

 

 

Kangni Alem, écrivain et homme de théâtre Togolais – 1966

atterrissageKangni  Alemdjrodo est né à Lomé (Togo) le 21 avril 1966. Il a fondé l’Atelier Théâtre de Lomé où il a signé, entre autres, les mises en scène de Mère Courage de Brecht, La Route de Wole Soyinka et Récupérations de Kossi Efoui. Il a notamment publié Rachid couv_174Boudjedra, la passion de l’intertexte (2001), Atterrissage (2002), Cola cola jazz (2002) Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2003, La Gazelle s’agenouille pour pleurer (2003) et une nouvelle intitulée «Les silences du commandant Maîtrier» dans Dernières nouvelles de la Françafrique (2004).

 

Dramaturge et metteur en scène, Kangni Alem est également universitaire, traducteur de 514ZDJEBAJL._SX366_BO1,204,Ken Saro-Wiwa (écrivain Nigérian) et romancier. Il a publié Canailles et charlatans (2005). Son roman Les enfants du Brésil a pour thème le retour en Afrique, dans la dernière moitié du 19ème siècle, des anciens esclaves affranchis du9782916101699 Brésil, les fameux Agudas ou Afro-Brésiliens.

Kangni Alem vit aujourd’hui dans la Banlieue Bordelaise où il poursuit ses activités de dramaturge, de traducteur, de romancier et de critique littéraire. Il a reçu de nombreuses distinctions:

  • 1990 Prix Tchicaya U’Tamsi du Concours Théâtral Interafricain pour Chemins de croix.
  • 2003 Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire pour Cola Cola Jazz.
  • 2005 3e Prix du Prix Littéraire Williams Sassine pour Une Histoire américaine.

41xH4atqr7L._SX210_Dans la légende de l’assassin (2015) un avocat revient sur une affaire de meurtre  qu’il a plaidé. Une affaire où la notion de bien et de mal est liée et où le doute s’invite.

Bibliographie

  • 1991Chemins de Croix, théâtre
  • 1992 La Saga des rois, théâtre
  • 1992 Un Parfum de grenades lacrymogènes, nouvelle
  • 1993 La Gazelle s’agenouille pour pleurer, nouvelle
  • 1994 Nuit de cristal, théâtre
  • 1996 Chronos, nouvelle,
  • 1997 Contes et légendes du pays de la mère rêvée, nouvelle41OcK0H7T-L._SX307_BO1,204,203,200_
  • 2000 Les Filles du masque, texte et photos,
  • 2001 La gazelle s’agenouille pour pleurer
  • 2001 Rachid Boudjedra, la passion de l’intertexte, essai
  • 2002 Atterrissage, théâtre
  • 2002 Cola Cola Jazz, roman
  • 2003 Dernières nouvelles de la Françafrique, nouvelles
  • 2003 Tombés des mains du soleil, photos de Bernard Brisé
  • 2005 Canailles et charlatans, roman
  • 2006 Un Rêve d’Albatros, nouvelles
  • 2006 Une Histoire américaine, dans le recueil Le Camp des innocents
  • 2006 Enfances, recueil
  • 2009 Il me sera difficile de venir te voir, collectif
  • 2009 Esclaves
  • 2015 La légende de l’assassin

 

Entretien avec Amina Seck, auteure, actrice et scénariste Sénégalaise

Bonjour Amina Seck, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview
– Merci, le plaisir est pour moi

Pouvez-vous vous présenter auprès de vos lecteurs ?
– Mon nom c’est Amina Seck, je suis auteure, scénariste et actrice à mes heures perdues. Je suis une femme de culture qui aime tout ce qui touche à la création artistique depuis mon plus jeune âge.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance, vos études ?
– Je suis née et grandie à Dakar, j’ai passé toute mon enfance au quartier populaire de Fass Delorme à côté des parents très strictes notamment mon père un ancien gendarme reconverti en expert-comptable.  Apres mes études secondaires j’ai fait une formation enarton5023 marketing et communication des entreprises.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
– A travers la musique, enfant je voulais être chanteuse donc après l’école je ne faisais qu’écrire de petits textes de chansons et plus tard j’ai tenu un journal intime pendant des années. L’écriture était devenue ma seule liberté durant toute mon adolescence

À quel moment aviez- vous décidé de devenir écrivain ?
– Depuis que j’ai senti qu’à travers l’écriture je pouvais guérir mes maux, dénoncer une injustice, avoir le pouvoir du OUI et de pouvoir les partager en suite.

Qu’a pensé votre famille de votre rêve?
– Ils savent tous que j’écris depuis toujours

Quelle a été l’inspiration de votre premier roman ? De quoi ou de qui vous inspirez-vous ?
imagesJEE7BMQW– « MAUVAISE PENTE » est mon premier roman sorti en novembre 2017 mais le dernier à être écrit. Tout au début de l’écriture de ce roman, je voulais juste parler de la solitude des femmes et mettre l’accent sur la souffrance qu’elles vivent le plus souvent en silence.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfaite ?
– Il m’a fallu quatre mois pour l’écrire. Plutôt fière d’avoir enfin terminé une histoire, ce qui n’est pas encore le cas pour les autres.

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
– Plutôt bien je dirai. Il fait son petit bonbonne de chemin je ne me plains pas.

Depuis, en avez-vous écrit plusieurs ? Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
– Je viens de finir un scenario de court métrage. Soulagée

Quels sont vos futurs projets ?
– Un film court métrage que je souhaite faire avant la fin de l’année et inch’ Allah un26648735_1857845037582525_2045121966_n deuxième roman en 2019

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
– C’est possible mais ce n’est pas mon cas.

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
– Qu’ils ont leur place dans ce mon merveilleux de la littérature, à chacun son style, son chemin et sa chance.

Quels conseils me donnerez-vous pour mon blog dont voici le lien https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
– Je vous remercie d’abord pour cette belle initiative. Le conseil : étant un blog pour faire la promotion des auteurs, il est donc nécessaire de faire beaucoup plus de communication pour une bonne visibilité.

A.D*. C’est vrai. Cependant, c’est un blog qui a moins d’un an. Je m’y attelle et c’est en cours.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
– Juste dire que je déplore ce manque de communication, de visibilité et d’accompagnement des autorités pour les jeunes auteurs sénégalais.

A.D. J’espère que vous serez entendue

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
– Je vous remercie pour cette belle occasion de parler de moi et de mon œuvre

A.D. Merci à vous

 

*A.D. Amélie Diack

Amina Seck – auteure Sénégalaise aux multiples casquettes

imagesJEE7BMQWTitulaire d’une licence en Marketing et communication des entreprises, Amina Seck sort son premier roman « Mauvaise Pente » en 2017. Un roman qui est en fait le journal intime de l’héroïne Alimatou Ly. Cette dernière y dévoile toute sa vie. L’occasion pour l’auteure d’aborder des sujets tabous dans la société sénégalaise (la difficulté des mariages religieux mixtes, l’avortement) ainsi que d’autres qui gangrènent la vie sociétale: L’hypocrisie, l’amour, le rejet, la déception, la trahison. Aminata Seck, au travers de son roman, met en lumière la condition des femmes dans son pays.

Cependant, Amina Seck n’est pas seulement auteure. Elle est aussi comédienne, scénariste et réalisatrice. Selon elle, l’écriture est une thérapie qui aide à la guérison. De plus, l’écriture représente pour elle la liberté, la sensation d’exister, de créer un imaginaire.

https://www.goethe.de/ins/sn/fr/m/kul/sup/ceu/21206246.html

 

 

 

Nimrod – Poète Tchadien – 1959

41X0-gDTGyL._SX210_Nimrod  Bena Djangrang est né le 7 décembre 1959 à Kogom au Tchad. Il fit ses études supérieures en Côte d’Ivoire. Docteur en philosophie, il est aussi romancier, essayiste et poète.et animateur de revue (Aleph, beth, de 1997 à 2000, et Agotem, 2003 à 2005) et éditeur (Le Manteau & la Lyre).. Il a animé quelque temps une chronique de critique littéraire sur le site Web d’Africultures41HK0dMk3bL._SX256_BO1,204,203,200_ intitulée « Phase critique ». Il enseigne la philosophie en France.

Nimrod a reçu entre autres le Prix de la Vocation (1989 pour Pierre, Poussière), le Prix Louis Labé (1999 pour Passage à l’infini), la Bourse Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres (2001 pour Les Jambes d’Alice). Au printemps 2008, Le Bal des princes (roman) et La Nouvelle chose française (essai) ont reçu les Prix Benjamin Fondane, Édouard Glissant et 51CPbeqPlxL._SX195_Ahmadou Kourouma. Nimrod a reçu le Prix Max Jacob en 2011 pour Babel, Babylone (poèmes, Obsidiane) et le Prix Pierrette-Micheloud en 2016 pour Sur les berges du Chari, district nord de la beauté (poèmes, Bruno Doucey). Il fut professeur visiteur à l’université du Michigan (Ann Arbor) à l’automne 2006 ainsi qu’en septembre 2008 pour une résidence d’écriture de six mois. Le magazine Le Matricule des anges (n° 91, mars 2008) et la revue de poésie Autre.

Bibliographie

• 2017 J’aurais un royaume en bois flottés
• 2017 Petit éloge de la lumière nature
• 2016 Sur les berges du Chari, district nord de la beauté, Prix Pierrette-Micheloud,
• 2004 En saison, suivi de Pierre, poussière, poèmes
• 2004 Les éléphants, poèmes, livre d’artiste avec le peintre Décebel,
• 2010 Babel, Babylone, poésie, Prix Max Jacob
• 1999 Passage à l’infini, poèmes (Prix Louise Labé)
• 1989 Pierre, poussière, poèmes, (Prix de la Vocation Fondation Marcel Bleustein-Blanchet)

Gens de brume  2017
L’enfant n’est pas mort  2017
Un balcon sur l’Algérois roman, Prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau 2013
L’or des rivières récit 2012 « Revenant au pays comme chaque année pour visiter sa mère. Nimrod emprunte aux premières lueurs de l’aube les ruelles ocre de son quartier d’antan. Par-delà les années la vieille dame n’a pas bougé, et pour son fils exilé, voyageur lettré de passage en ce monde dont elle préserve l’intemporelle réalité, un sentiment soudain se précise : « C’est ma mère qui invente ce pays. Comme j’ai mis longtemps pour formuler cette idée. Elle est si simple pourtant. Dépouillé depuis toujours de la moindre de mes richesses, surtout lorsque j’ai eu dix-neuf ans – qui est l’âge de la guerre civile -, le pays ne cesse de me piller. Ma mère incarne ce dénuement. Aux poètes tchadiens – présents et à venir – je dédie cette parcelle de nudité que même la fraîcheur matinale dédaigne désormais. Il faut beaucoup d’imagination pour lui trouver un attribut maternel. C’est mon rôle à moi qui suis poète. Ma mère invente le Tchad. » A partir de ce subtil hommage, Nimrod déploie, dans une succession de tableaux, des récits dans lesquels il réenchante les bonheurs passés, évoque les rares moments de partage avec son père, grand absent de sa vie, et revient aux origines de son tempérament contemplatif, comme si dans l’enfance il percevait déjà l’inévitable départ et dès lors s’efforçait de préserver en lui un refuge aux dimensions de l’univers : la poésie est fille de mémoire ».
La nouvelle chose française roman 2008
Le Départ récit, 2005
Les jambes d’Alice, roman,  2001 (Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres) « Les pieds montent et tanguent dans l’espace — qui s’en trouve poli —, atterrissent et, de nouveau, rebondissent. Rien de violent, rien que de la souplesse. L’eau, l’air et le vent sont leur royaume. La sécheresse du sol ne trouble pas la vision que je m’en fais : ces pieds sont vraiment miraculeux, leur détente est un bonheur que tout fétichiste se doit d’adorer. Moi qui cours après le mirage, quelle impression de bien-être, quelle récompense ! D’infimes frémissements me transmettent le rythme de ces pieds, et c’est l’extase à chaque pas !
La distance se creuse entre nous. Dans le soleil progressent Alice et Harlem ; elles sont arrivées au bout de la pente débouchant sur la courbure de la route, prochaine amorce d’une ligne droite jusqu’à l’horizon. On sent que leurs jambes esquissent un virage. C’est d’un même élan que leurs pieds vont et viennent, cadence quelque peu lassante et, cependant, assez véloce pour suggérer des variations que seul pourrait rendre visible un ralenti de cinéma. »

• Visite à Aimé Césaire, essai, Obsidiane, 2013
• Aimé Césaire « Non à l’humiliation » Actes Sud, 2012
Le bal des princes essai 2008 « Aux vieux, je dois cacher une vérité pour le moins anodine : je suis d’ailleurs, même si c’est toujours sur eux que je m’appuie. Mon présent est celui du voyeur, qui ne saurait témoigner de ce qu’il voit tant son discours intègre des références étrangères au milieu. Je sais que le village a raison, la modernité tout comme ; il leur faut seulement dialoguer, et les vieux n’ont pas appris la forme du dialogue moderne. Et c’est épuisant de s’expliquer aux uns et aux autres, de souhaiter que les vieux meurent pour qu’advienne un monde plus homogène. Le passé est ma nostalgie, c’est mon arrière-monde, ma profondeur dans le paysage. Je perds trop de temps en allant d’un monde à l’autre, et je me perds à vouloir expliquer qui je suis, car je n’ai pas besoin de m’expliquer pour être. Là, sur la digue, j’aimerais danser puisque sur la digue, en un jour comme celui-ci, on danse, on frémit. La foule, elle, est des plus sérieuses. L’infini, au loin, cache ou masque un événement considérable. Je suis là en clandestin, et ma joie aussi, et ma peine, et mon chant, et cette souffrance pour trouver un accord rudement négocié entre des langues, des mœurs, des valeurs disparates. Cela m’empêche d’être léger par moments… Sauf quand je suis seul, quand je n’ai pas à justifier ni mes actes ni mes pensées, qui sont solitaires et innombrables, comme le soleil en ce moment. Je le sais : quelquefois, je suis un rayon de lune… »
• Commerce de l’imagination, essai, éd. Mémoire d’encrier, Montréal, novembre 2005
• Tombeau de Léopold Sédar Senghor, essai, Le Temps qu’il fait, 2003
• En majesté, le soleil rouge et noir. Sur la peinture de Colette Grandgérard, essai, Aleph, beth, ouvrage à tirage limité

Littérature jeunesse
• Rosa Parks, non à la discrimination raciale, roman, 2008, coll. « Ceux qui ont dit non ».
• Non à l’individualisme, collectif,  2011, coll. « Ceux qui ont dit non ».
• Aimé Césaire, non à l’humiliation, roman, A2012, coll. « Ceux qui ont dit non ».
• Non à l’indifférence, collectif, Actes Sud Junior, 2013, coll. « Ceux qui ont dit non ».
• Léon-Gontran Damas, poète jazzy, éditions À dos d’Âne, Paris, 2014.
• Non à l’intolérance, collectif, Actes Sud Junior, 2015, coll. « Ceux qui ont dit non ».