LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Les palmiers sanglants – David Noga – 2017

Quatrième de couverture

La République de San Feliz est, en 2045, l’Etat le plus prospère d’Afrique Centrale. Le chômage y est inexistant, sa population est éduquée, et la démocratie fait son oeuvre… Un havre de paix au cœur du bassin du Congo. Soudain, huit meurtres rituels viennent remettre en cause la quiétude d’une nation. Opposant historique au pays de l’Oncle Sam, le président Kwame n’a d’autre choix que de faire appel à la police new-yorkaise -le NYPD- pour l’aider à élucider une affaire qui risque de faire basculer sa patrie dans la guerre civile. L’enquêteur désigné n’est autre que le lieutenant Ellington, le meilleur flic de New York. Fils d’un émigré sénégalais, Ellington accepte une mission qui, pense t-il, sera l’occasion de renouer avec ses racines ancestrales. Au cœur de l’Afrique Centrale démarre alors une enquête épineuse, qui vire brutalement au cauchemar lorsqu’apparaissent les premières tensions ethniques. Les têtes tombent comme des mouches. Devant l’implication manifeste de l’ONU, la Maison Blanche décide de prendre les choses en main. A leur tour, la CIA, le FBI, la NSA et le NCIS entrent donc en piste! Sous pression, et bouc émissaire idéal, Ellington se lance dans une course judiciaire ultime, au péril de sa vie et de celle qu’il aime….

Chronique

Au milieu du 21ème siècle, un Etat africain riche. Très riche. Mais, la paix qui y règne ne semble pas être la panacée des grandes puissances mondiales. Une paix qui sera troublée par la découverte de pendus dans différents villages. Que se passe t-il? Crimes rituels ou meurtres délibérés? Pourquoi faire appel au NYPD alors que la police locale a tous les moyens d’effectuer l’enquête? Est ce une manipulation? Comment s’en sortira l’Inspecteur de police Américain?

Nous entrons de plein pied dans un thriller énigmatique. La situation n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Moss devra compter avec les politiciens, les traditionnalistes. Les rebondissements sont nombreux et l’intrigue est aussi noueuse qu’un vieux bâton. Nous nous interrogeons beaucoup sur les tenants et les aboutissants de ces crimes dont le modus operandi ne varie pas. Y aurait-il une forte impression de manipulation afin de soumettre un pays totalement libre et indépendant financièrement à la volonté de puissances étrangères? Pourquoi une telle force d’intrusion dans  une enquête à priori  normale? La richesse du pays dérange t-elle tant que cela? Qui tire les ficelles? Autant de questions que se pose le lecteur.

Les palmiers sanglants est un roman qui nous parle de nostalgie. De diaspora. De recherche de racines. Un roman qui nous parle de ce désir de retrouver la terre mythique des Ancêtres. Nous découvrons aussi le désir du pouvoir. Cette soif inextinguible qui peut animer des êtres sans foi ni loi. Nous découvrons le machiavélisme à l’état pur. Quelles sont les attentes de ces assassins? Comment se terminera cette enquête? Moss Samba-Ellington aura du fil à retordre sous les palmiers sanglants.

Note 17/20

9782343129983    Editions l’Harmattan    Collections Encres Noires   286 p.   23€

 

 

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Tout sauf le caleçon – Moussa Dienne – 2019

Quatrième de couverture

Tout sauf le caleçon est un roman qui, à travers l’emprisonnement d’un professeur et de certains de ses élèves, rend compte de l’essentiel de la vie carcérale et du chemin qui y conduit. Il parle de l’Ecole et de la prison en suscitant la précieuse remise en cause de bon nombre d’idées et de règles. Il fait clairement transparaître l’impérieuse nécessité d’une réflexion profonde à propos des lois et des procédures pénales ainsi que de l’institution qu’est la prison. Et il interpelle directement les décideurs ainsi que les professionnels de la police et du Droit quant à une gestion globaliste de la sécurité et des sanctions et non point une focalisation  sur la répression de l’insécurité, comme il est malheureusement le cas dans nos Etats.

Chronique

La prison, quel que soit le pays est connue pour retirer toute humanité à ceux qui y entrent. Les humiliations déshumanisantes y sont nombreuses. Morsine Kane, professeur de mathématiques, va le découvrir à ses dépens. Son arrestation fait du bruit dans le milieu scolaire. Sa découverte du monde carcéral et de ses actes humiliants va crescendo. Au grand dam de Morsine qui souhaite plus que tout garder son intégrité. Pourra t-il le faire? Comment se déroulera son séjour carcéral? Son mental sera t-il assez fort pour tout supporter?

Tout sauf le caleçon, un titre qui prête à sourire si tout ne se passait pas dans le milieu carcéral. Si un homme ne luttait pas désespérément pour préserver son honneur. Son humanité. Si un homme ne luttait pas contre un système froid, machiavélique et violent. D’une violence sourde. D’une violence calculée. Un système que nous découvrons au fil de notre lecture. Une lecture fluide qui nous entraîne entre le milieu scolaire, les forces policières et les hommes politiques.

Tout sauf le caleçon est l’histoire d’une âpre lutte. La lutte vitale d’un homme prêt à tout pour garder sa dignité. Est-il prêt à payer le prix d’un tel choix? Sait-il s’il supportera ce milieu qu’il ne connait pas si bien? Sa lutte sera forte.  Désespérée. Une lutte libératrice? Peu importe. Il est prêt à tout supporter. Il est prêt à tout perdre. Sauf sa dignité. Tout, sauf le caleçon.

Note 17/20

9782343174181    Edition l’Harmattan     230 p.    21€

La Mata-Hari des îles – Anne Nabaha – 2019

Quatrième de couverture

Voici l’histoire d’une fille des îles qui rêva toute jeune de devenir une princesse. Ses parents étaient de justes représentants de la société insulaire, demeurant imperméables au monde extérieur. Ils cherchaient à l’étouffer, à la mettre dans le droit chemin. Mais cette enfant curieuse bravait sa famille dont elle ne supportait pas l’étroitesse d’esprit. En grandissant, elle devenait une adolescente au physique d’une femme enfant, subissant la convoitise des hommes. Devenue femme, elle arborait le physique d’une poupée Barbie mais elle était une vraie tigresse pour préserver sa famille. Après plusieurs liaisons destructrices, elle se rappelait son rêve d’enfant, se transformer en princesse, pendant de trop brefs moments, sur les pistes de danse. Un jour, son prince charmant vint danser avec elle et l’histoire aurait dû se terminer par un beau « ils furent heureux… ». Mais l’homme qu’elle aimait allait la décevoir. Meurtrie, bafouée, perdue. Elle surmontait finalement ces épreuves, se transformant en une créature connue dès lors sous le nom de Mata-Hari des îles.

Chronique

Nous le savons tous. Un enfant a besoin d’amour pour s’épanouir. Pour s’affirmer. Pour se sentir en sécurité. Peu importe la situation financière des parents pourvu que l’amour et le respect priment dans sa vie. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Certains de ces enfants se révoltent. Deviennent violents. D’autres cachent leur souffrance sous un masque d’indifférence. De souffrances tues.

Dans la Mata-Hari des îles, des enfants grandissent dans la haine, la violence, l’incurie, l’ignorance de leur existence par leur parents sauf quand il s’agit de les maltraiter. Une vie à la dure. Un père égocentrique, radin, violent, manipulateur, sadique. Une mère victime. Une mère tortionnaire. Une mère acceptant son statut de victime comme on accepte son destin. Avec stoïcisme. Des enfants en pièces détachées. Maltraités. Malmenés. Tétanisés par la peur du patriarche. Par la peur de réveiller la violence parentale. L’une d’entre eux sera le réceptacle de toute cette violence qui, loin de la briser, en fera une femme forte. Saura t-elle aimer un jour? Sa vie sera t-elle le reflet de celui de ses parents?

Avec une écriture simple qui facilite la lecture, nous découvrons une vie de misère financière. Une misère de tendresse. Une absence d’amour et de relation familiale. Une vie où l’égoïsme prime pour une raison vitale: échapper à la violence, à la tyrannie du maître de maison. Nous assistons à la difficulté des enfants à se reconstruire. A la difficulté à avoir un semblant de vie. Une vie fabriquée à la force des poignets. Une vie fabriquée pièce par pièce. Avec force. Avec douleur. Avec acharnement  et un instinct de survie au-delà du possible. Quitte à devenir la Mata-Hari des îles.

Note 17/20

9782343166537    Editions L’Harmattan     304 p.    26,50€

 

 

Un jour. Un moment

C’est arrivé. Un jour. A un moment. Un moment furtif. Immobile dans le temps. Un temps furtivement lent. Furtivement long. Le genre de moment qui vous marque. Qui vous fait oublier l’instant. L’instant présent. L’instant important. Plus important que le souffle de la vie. Ce moment là….

C’est arrivé. Personne ne l’a su. Personne n’a voulu le savoir. C’est arrivé. Dans une indifférence générale. Un moment invisible. Lumineusement invisible. Bruyamment 10497894_799442173422869_5660438184091002731_oinsonore. Un jour qui semble être comme un autre. Mais si unique. Si insaisissable. La nouvelle est tombée…

Une nouvelle incroyablement violente. D’une violence crasse. D’une violence sans nom. Le genre de violence qui balaye tout sur son passage. Qui vous laisse à genoux. Sans voix.dream-2227457__340 Sans souffle. Une tempête. Un raz de marée. Tout à été balayé. Emporté. Noyé. Brisé. Même l’horloge du temps. L’horloge de la vie.

Il s’en est allé. Il a tiré sa révérence. Il s’est enfui. Il a fui. Sur la pointe des pieds. Doucement. Sournoisement. Il s’en est allé. Laissant la place au silence. Au terrible silence. Silence de désespoir. Silence du culpabilité. Silence… Il n’est plus. Il ne sera peut-être plus. Pas la peine de le chercher. Il est resté introuvable. Il a louvoyé entre les moments de la vie. Il s’est éclipsé. Il s’en est allé, oubliant cette marionnette branlante de la vie. Il s’en est allé. Sans un regret. Sans un regard en arrière. Le bonheur….