Entretien avec Fara Ndiaye dit Fara Poète – Poète Sénégalais – 1989

51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nFara Ndiaye est né à Saint Louis du Sénégal en 1989. Ne vous fiez pas à son âge car « la valeur n’attend point le nombre des années » et Fara Ndiaye le prouve bien. Il est président et fondateur du collectif parlons Poésie. C’est ainsi qu’il a pu faire éditer Le livre de cris et d’encre  qui est une anthologie publiée en mars 2018 chez maître du jeu éditions.

A.D. Bonjour Fara Ndiaye, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée
Bonjour Amélie, c’est pour moi un plaisir que vous portiez l’attention sur ma modeste51188958_301177723934401_7982015338852122624_n personne.

A.D Pouvez-vous vous présenter?
Se présenter est parfois un rude exercice s’il s’agit de parler de soi, alors je vais utiliser les propos de Khalil Gibran qui disait « je suis à l’aise sur toutes les questions sauf la question qui es tu ? » Mais n’empêche, pour ne pas être prolixe, je dirai que je me nomme Fara Ndiaye, je suis enseignant de formation, je sers dans l’I E F de Kanel mais j’habite à Saint-Louis. En même temps, je suis un féru des mots. Enfin, je dirai que je suis l’initiateur et le coordonnateur général du collectif Parlons Poésie qui a publié une anthologie titrée de cris et d’encre en mars dernier.

A.D. Votre surnom est Fara Poète. Je suppose que c’est par rapport au slam ?
En fait, ce surnom m’a été donné par des condisciples, c’est sans doute pour mon 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nobsession à l’écriture, en particulier de la poésie

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Pratiquement j’ai fait toutes mes études à Saint Louis. Ah des souvenirs! Je garde dans ma boite crânienne autant de souvenirs que même le verbe n’aurait pu suffire pour les y sortir. Non j’exagère! J’avoue que les meilleures relations amicales, que je garde jusqu’à présent, je les ai tissées à l’école. Certains de mes professeurs aussi m’ont beaucoup marqué. Mais à l’école j’étais un élève du genre bizarre, je voulais toujours m’auto-former.51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Pouvez-vous nous parler de vos souvenirs d’enfance?
J’étais un enfant curieux et très têtu. Je faisais tout ce qu’on m’interdisait. Un jour, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque khalif général des mourides avait donné ndiggel à Cheikh Bethio et ses talibés, de venir à khelcom pour faire des travaux champêtres de fin d’hivernage, sans même aviser mes parents j’y suis allé. Mais devinez quoi, à mon retour j’ai été farouchement fouetté. Justement pour vous dire que je faisais tellement de bêtises. Mais au fil du temps, j’ai su que chaque bêtise faite était une expérience pour moi, donc une nouvelle connaissance acquise. Et aujourd’hui, ces bêtises transformées en connaissances m’ont forgé dans la vie.

A.D. Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
51293372_2238620133127540_2838017357295648768_nJe ne connais pas d’écrivain dans ma famille, donc je ne crois pas qu’il soit un héritage familial. Par contre, j’aimais la lecture, et je l’aime toujours d’ailleurs. Il m’arrivait parfois en marchant dans les rues, de ramasser des papiers volants qui portaient des écrits, et de les lire. C’est peut être la lecture qui m’a poussé à l’écriture. Ecrire et lire sont deux verbes qui ont un dénominateur commun.

A.D. Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
Il peut sembler prétentieux pour moi de dire que je suis un écrivain. Mais je dirai simplement que j’écris. Et cela, depuis tout petit.

A.D. En avez-vous parlé à votre famille ? Qu’en a-t-elle pensé ?IMG-20180406-WA0075
Ma maman et mes sœurs me disaient toujours que j’allais devenir fou. Car elles me voyaient tout le temps dans mon petit coin en train d’écrire et de papoter sans relâche avec moi-même. C’est fou !

A.D. Quelle a été votre source d’inspiration pour votre premier roman ?
Je travaille sur mon premier roman. Ce n’est pas encore sorti. Donc je m’abstiens d’en parler, si vous me le permettez.

A.D. Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Ecrire, c’est d’abord pour moi un don de Dieu. Il y’a des gens qui ont une soif d’écriture, mais gribouiller des 51170911_981354968726554_5678167526631014400_nmots sur des papiers serait pour eux une vraie quête de mine d’or. Par contre, d’autres sans le moindre effort, écrivent avec dextérité. Nous sommes tous des porteurs de mots et de maux, mais nous ne sommes pas tous des alchimistes des mots.

A.D. Que représente l’écriture pour vous?
Ecrire pour moi est une source de libération, de quête de soi, mais aussi de soulagement. C’est comme un bébé qui atteint son terme dans le ventre de sa maman, il tient coûte que coûte à sortir, car pour lui c’est le seul moyen de se soulager. C’est le même processus parfois avec l’inspiration, quand elle se pointe, on est obligé de lui frayer un exutoire pour qu’elle se déverse afin que nous soyons nous aussi libres.

A.D. L’écriture est-elle synonyme d’engagement?
Si engagement dans l’écriture veut dire, être un défenseur ou un avocat de son peuple, je51188958_301177723934401_7982015338852122624_n dirai simplement que ce n’est pas toujours le cas, car nous n’avons pas tous les mêmes préoccupations.

A.D. Vous êtes écrivain, poète et slameur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis dans l’écriture, et dans l’art oratoire aussi. L’écriture et l’oralité sont liées. Donc il n’y a pas trop de choses à dire car c’est le côté pile et le côté face sur une même pièce de monnaie.

A.D. Une telle carrière est-elle difficile à gérer ?
Tout est dans l’organisation et la méthode. Il suffit juste d’avoir une maitrise de soi, ensuite de faire peu d’effort pour s’en sortir. Mais il faudra savoir aussi qu’écrire n’est pas facile.

A.D. Quels sont vos futurs projets ?
Pour mes projets personnels, je dirai publier les livres que j’ai déjà écrits. Pour le collectif parlons poésie, je travaille avec un éditeur pour voir comment mettre en place une 51240454_2326499691008606_5984915911977467904_nanthologie africaine, avec des auteurs de nationalités différentes.

A.D. Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Je suis très proche des jeunes qui sont des passionnés de lettres. Je sais aussi que beaucoup d’entre eux ont des talents inouïs. Mais il faut qu’ils sachent que l’œuvre artistique demande du travail et de la patience. Il ne faut pas que nous jeunes, soyons des culs de plomb dans l’exercice littéraire, cela exige un travail laborieux. Vous allez me permettre aussi d’ajouter les propos de A Hampâté Ba qui disait « si vous voulez faire une œuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains».51193944_830929647266419_2475702106707722240_n

A.D. Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien esthttps://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/?
C’est un blog que j’aime bien. Maintenant il faut assurer une bonne communication, en parler à d’autres pour plus de visibilités. Parler aussi des thèmes qui touchent les jeunes comme le slam par 51165102_285796232058455_1061147652743233536_nexemple. Inviter si possible des auteurs à faire des débats en ligne sur leurs œuvres ou des thèmes donnés.

A.D. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Je voulais justement interpeller les autorités compétentes afin qu’elles misent sur la jeunesse, si réellement elles veulent éviter l’obsolescence de la culture. La jeunesse fait énormément d’efforts dans l’art, je pense aux jeunes poètes, slameurs, romanciers, nouvellistes…qui n’attendent que des coups de pouce pour émerveiller le monde.

A.D. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt
Je vous remercie Amelie. Ce fut un réel plaisir pour moi.

Doumbi-Fakoly, écrivain Panafricaniste Malien – 1944

doumbi-fakoly-660x330Doumbi-Fakoly est né le 1er janvier 1944 à Kati (Mali). Il a grandi au Sénégal puis fait des études supérieures en France et obtient un D.E.S. de banque. Il retourne au Mali où il travaille pour la B.I.A.O-Mali jusqu’en 1983, date de son retour en France où il vit actuellement.

Doumbi-Fakoly est un initié de la religion traditionnelle africaine. Il prône la renaissance de l’Afrique par l’abandon des religions abrahamiques et le retour à la spiritualité traditionnelle africaine. Il est l’auteur de littérature de jeunesse, de romans et d’essais. Il aborde des faits de société comme le sida, la religion, le racisme, etc.

Bibliographie

C’est un écrivain prolifique.

s-l3001983 Morts pour la France – un hommage aux Tirailleurs Africains qui ont combattu pour la France durant la seconde guerre mondiale. Les méthodes de recrutement musclé de la France coloniale, les actes de bravoure des soldats africains sur les champs de bataille européens, la tragédie de Thiaroye au Sénégal où quelques uns d’entre eux ont été abattus de sang froid après leur retour en terre africaine, y sont décrits avec clarté.

1984 La retraite Anticipée du Guide Suprême dénonce les dictatures51hyvnnjorl._uy250_ qui étaient monnaie courante en Afrique durant les trente premières années de son indépendance.

1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida relate les malheurs d’une adolescente métisse dont le père africain est injustement accusé d’être md11292651903malade du sida.

1991 Aventure à Ottawa l’histoire d’un chien et d’un chat extra-terrestres recueillis par deux jeunes amis ; un Canadien et un Africain dont les parents vivent au Canada.

1992 Bilal le Prophète  réinstalle le Négro-Africain Bilal dans sa dignité.000159412 Il révèle que ce grand personnage dont les historiens arabes racistes ont falsifié l’histoire et tenté d’occulter le rôle fondamental qu’il a joué dans la naissance et la promotion de l’Islam, n’a jamais été l’esclave de qui que ce soit.

doumbi-fakoly-la-revolte-des-galsenesiennes-livre-368088330_l1994 La Révolte des Galsénésiennes  un hommage à la femme africaine, compagne des millions d’années, pour son amour oblatif de femme-femme et de femme-mère. Afin de redresser la course folle de la barque de la République du Galséné qui glisse dangereusement vers tous les maux, elle n’hésitera pas à déclencher une mémorable double grève du lit et du ménage qui aboutira à la tenue d’une conférence nationale.un-mariage-force-de-doumbi-fakoly-1088735084_l

1997 Le Guide du Panafricaniste – un livret qui donne des réponses claires aux grandes interrogations du Panafricaniste Qu’est-ce que le Panafricanisme ? Quels en sont les dates, les faits marquants et les lieux d’expression ? Quels sont les grands acteurs de ce vaste mouvement qui continue de nourrir l’espérance de millions de personnes dans le Monde Noir ?

1999 Un Mariage forcé raconte la vie d’une jeune lycéenne dont le père a décidé d’interrompre les études pour la marier à un commerçant riche et influent. Brillante élève souhaitant poursuivre sa scolarité, elle ne peut compter que sur le soutien de sa mère adoptive et de sa tante paternelle. Les risques de division et d’éclatement de la grande famille sont réels. Mais la jeune fille trouvera et proposera un compromis convenable à tout le monde.

2000 Afrique, la Renaissance – cet essai tente de passer en revue les raisons véritables de cette situation, ses conséquences dramatiques, tant dans les domaines politique, économique que social et religieux. Et puisqu’il ne faut jamais se contenter de formuler des critiques, si fondées soient elles, l’auteur esquisse des solutions de sortie de crise dignes d’intérêt.

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1983 Morts pour la France
1984 La Retraite anticipée du Guide Suprême
1988 Certificat de Contrôle Anti-Sida
1991 Aventure à Ottawa
1992 Bilal le prophète
1994 La Révolte des Galsénésiennes
1997 Le Guide du Panafricaniste
1999 Un mariage forcé
2000 Afrique, la Renaissance
2003 Pour une ligue des peuples noirs
2003 On a volé la coupe d’Afrique – jeunesse
2003 À la conquête de la fontaine magique – jeunesse
2004 L’Origine négro-africaine des religions dites révélées
2004 Le Mali sous Alpha Oumar Konaré
2005 L’Origine biblique du racisme anti Noir
2005 Introduction à la prière négro-africaine
2005 Fakoly Prince du Mande,
2005 Anta, grand prêtre d’Atum
2006 Horus fils d’Isis – le mythe
2006 La Colonisation, l’autre crime contre l’humanité – le cas de la France coloniale
2006 Cheikh Anta Diop texte
2006 Mali-Sadio, l’hippopotame de Bafulabé
2006 Le Mali sous Amadou Toumani Touré
2006 Complot contre la jeunesse africaine
2008 Les Chemins de La Maât
2008 Aimé Césaire expliqué aux adolescents
2008 Barack Obama expliqué aux adolescents
2008 Ces Dieux et ces égrégores étrangers qui tuent le peuple noir
2008 La Bible en procès
2009 Horus, fils d’Isis le mythe d’Osiris expliqué
2009 Akhenaton – le sort tragique d’un pharaon mégalomane
2009 L’Islam est-il une religion pour les noirs
2009 Marcus Garvey expliqué aux adolescents
2010 Une veillée au village ; contes du Mali
2010 le Mali 50 ans après – de Modibo Keïta à Amadou Toumani Touré
2010 Le tarot divinatoire Kam
2012 L’occupation du nord du Mali
2013 Le Mali sous Amadou Toumani Touré – Acte 2 – la guerre au nord du Mali
2014 Medu Neter – Paroles du créateur Amon-Râ
2014 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – un an après la nation toujours trahie
2015 Panafricanisme & spiritualité négro-africaine – l’indispensable connexion
2015 Le Mali sous Ibrahim Boubacar Keïta – Après erreur sur la personne – Y a-t-il             quelqu’un pour sauver le Mali ?
2017 Il sera une fois, demain prochain – de la république des Etats-Unis de Kamita Merit   An 6254
2018 Livret sur les rituels kamits (sous la direction de)

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Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-momi2elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”. Cette partie de mon nom interroge mon humanité et ma condition de mortelle pour ne pas dire, un appel ou rappel à plus d’humilité.
Mon nom spirituel ou post-nom Ata Ye Mieko Momi veut dire “L’Homme persévérant (celui qui ne renonce pas jusqu’à avoir eu la meilleure solution à un problème”. Momi, dont l’équivalent au Cameroun Moumie, veut dire Homme, Virilité.

AD Parlez-nous des souvenirs votre enfance, de vos études ?
1551522_10153815469365173_1505154004_n-loxi9xdcjlhwqxe7tvkdewribmawazkpn930nka1u0MM Mes souvenirs d’enfance sont très riches, riches des lieux que j’ai pu voir de mes yeux, et y séjourner : Sénégal, Suisse, Israël, France… Et surtout le pays, la forêt équatoriale, mon école à Kinshasa mais aussi celles lors de mes séjours hors du pays… Bref, il y a beaucoup à dire sur mes souvenirs865_img3 d’enfance. Tout un roman…
Pour ce qui est de mes études, elles furent très linéaires jusqu’à mes secondaires et mes études supérieures. Vous savez, s’assumer seul et suivre des cours ou formations qualifiantes, ce n’est pas chose aisée mais j’ai su avoir mon diplôme d’assistant comptable.
AD Je comprends cela car j’ai fait le même parcours ; travailler et faire des études. C’est dur mais enrichissant.
MM Tout à fait. Ça forge le caractère et la vision ainsi que les lignes directrices de la vie.

AD Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
MM C’est un désir qui m’est venu bien avant d’acquérir le statut d’écrivain. J’ai commencé d’abord comme auteur-compositeur gospel, puis dans un collectif hip hop et de fil en aiguille, lorsque j’ai commencé à acquérir une véritable conscience politique panafricaine, j’ai commencé à écrire d’abord des articles pour des dossiers politiques sur le Congo, ensuite sur la communauté congolaise et africaine en Belgique.
L’écriture, celui des livres, est donc un prolongement de celle qui a débuté dans la musique. Le souci du partage d’idées, d’avis, d’opinion et de mes pensées.750-xempire-ntu

« Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants. »

AD Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
51irpjndv+l._ac_us218_MM C’est avec l’arrivée de ma fille aînée, Nyasha, que j’ai réellement commencé à écrire. Le souci de la transmission est devenu un moteur de mon existence en devenant père. Car comme mon père, et mentor, j’ai eu à cœur cette envie de transmettre ce que j’ai reçu de mes ascendants à mes enfants.
Donc j’ai vraiment décidé de devenir auteur lorsque j’ai écrit ce carnet de notes devenu un livre, assez intimiste, MEMOIRE DE PATERNITE, où je tiens un monologue en direction de ma fille1 aînée alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère. Et le Destin a voulu que la dernière page de la dernière feuille de mon carnet de notes soit celui du jour de la naissance de ma fille.
Après quelques années, j’ai eu le désir de lui écrire une petite histoire sur une princesse guerrière africaine car je voulais lui créer un imaginaire épique et fantastique qui lui parle de l’Afrique, qui lui donnera envie de se plonger dans l’histoire de ce continent et ses peuples. Et c’est en écrivant la trilogie, LES CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU, que je me suis réellement rendu compte que l’écriture était en moi et que j’ai un don : celui d’écrire une quantité phénoménale de livres en peu de temps. D’ailleurs la trilogie, donc trois livre d’environ 290 à 350 pages en six mois seulement…
AD C’est émouvant et impressionnant.
MM Merci

AD Qu’a pensé votre famille de votre désir d’écrire ?
51rt+6d8x2l._uy250_MM Dans ma famille, tout le monde sait que mon père, en plus de ses fonctions diplomatiques et ministérielles, était aussi un homme de lettres. Il a été professeur dans l’enseignement secondaire et ensuite supérieur et avait publié trois livres avant ses 35 ans. Pour dire la vérité, les membres de ma famille n’étaient pas vraiment au courant, sauf ma mère et quelques proches très portés sur la culture et la littérature. C’est avec le51ir0qducdl._uy250_ temps, et les sorties de livres, les prix, les invitations ici et là pour parler et exposer mes publications que de plus en plus de membres de la famille ont pris conscience qu’il y avait un écrivain dans la famille. Donc, beaucoup se disent que c’est « normal » car comme on dit «le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre qui l’a porté».
AD En fait, c’est un passage de flambeau en quelque sorte.
MM C’est exactement ça. Nous sommes là. Raison pour laquelle d’autres, nos aïeux, ont existé.

AD De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
MM Clairement, la reine Nzinga de Ngola. Elle est la femme monarque et guerrière par excellence qui a été réellement mon inspiration pour le personnage de la trilogie les CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU à qui j’ai donné le nom de NEHESHA. Ensuite, il y a toute l’histoire ou les histoires d’Afrique, les mythologies, les légendes et autres contes populaires. Je voulais faire un mix de toutes ces choses et les condenser en un seul récit.
AD Il faut dire que pour ce qui est de l’imaginaire, nous sommes très gâtés en Afrique. Il y a l’embarras du choix.
MM Oui, il faut se donner la peine d’aller chercher en profondeur les idées… Dans les profondeurs de notre Histoire, de nos croyances, légendes et mythes.
choniques

AD Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
51oftibk6il._ac_us218_MM La trilogie ? En six mois. Ensuite il y a eu le temps de la relecture, des corrections. C’est celui qui a pris le plus de temps.
Satisfait ? Oui, mais avec le temps, j’ai dû y apporter des modifications en ajoutant plus de dialogues entre les personnages. Mais dans l’ensemble, oui, j’en suis très satisfait. Tellement satisfait que j’ai écrit 11 hors-séries dans lesquels je raconte les histoires personnelles de personnages clés, de leur naissance au contexte de la trilogie.
AD J’adore. Il faut que je lise cette trilogie car j’aime l’histoire des reines guerrières africaines.
MM Nos héros et héroïnes du passé ne demandent qu’à revenir à la vie pour nous 41q+br5i8kl._ac_us218_transmettre force et puissance d’esprit, d’intelligence et de créativité

A59925eae3d866D Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
MM En général, je dirai qu’il est bien accueilli mais… Il y a toujours ce frein lié aux types de lectures qui semblent coller aux africains et parmi lesquels les romans d’épic fantasy, de science-fiction n’ont pas trop leur place. Donc ce fut assez galère de faire connaître et reconnaître mes livres. Et même à l’heure où je vous parle, je lutte encore car… Il y a un réel manque d’intérêt de structures médiatiques, associatives et événementiels qui devraient accordercover1 plus d’importance à ce type de littérature, surtout dans la sphère des livres africains d’expression francophone.
AD Je confirme. J’écris de la fantasy et je fais face à ces freins. Mais, petit à petit le bouche à oreille fonctionne. C’est très difficile.
MM C’est un genre littéraire dont les africains ont besoin mais aussi, par lequel ils ont été bercés via les contes et légendes anciens. Mais il nous faut passer à un niveau supérieur: l’épic fantasy et l’agro futurisme pour faire revivre ces histoires de nos terroirs.

« À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » « 

cover ebookAD Depuis, en aviez-vous écrit d’autres ? comment vous sentez-vous à chaque publication ?
MM Oui, j’ai écrit beaucoup d’autres, plus de trois quart de mes projets de livres sont encore au stade de maquette, c’est à dire, la structure du livre avec les idées principales, action par action, scène par scène, est déjàsans titre0 faite pour plusieurs livres.
Ceux publiés à ce jour sont :
Le premier hors-série de la trilogie LE JAMAANU ANCIEN : RECITS SUR LES DIEUX.
KEMETOS LE NOUVEAU PARADIGME, trois des sept livres sont déjà publiés
OTIS – WAY OF LIFE – EP 1
À chaque publication, je me sens accompli, libéré d’un poids « moral » mais en même temps j’ai cette envie de continuer à écrire pour continuer à sortir d’autres histoires car j’en ai tout plein que j’aimerai faire connaître, des histoires touchant à beaucoup de thématique dans le cinéma, par exemple, mais avec des africains ou afro-descendants et l’Afrique en centre du sujet…

AD Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
51oftibk6il._ac_us218_MM Oui, j’en suis convaincu. Je l’expérimente avec ma fille aînée. Un bon écrivain est d’abord un bon lecteur, c’est à dire, une personne qui aime lire, qui trouve le temps et le plaisir dans la lecture.
Moi, je raconte beaucoup d’histoires à mes enfants, j’en invente quasiment une tous les soirs (rire). Je mets dans la tête de mes enfants beaucoup d’images et je les aide à se construire un imaginaire en les aidant à comprendre le monde qui les entoure et à pouvoir raconter, eux aussi, des histoires. Par exemple, lorsque je donne à mes deux filles une lecture à faire, je leur demande ensuitecover-recto de m’expliquer avec leurs mots ce qu’elles ont compris mais aussi de m’écrire une ligne de l’histoire avec leurs mots.
AD C’est une très bonne idée. Est-ce qu’elles vous disent ce qu’elles ressentent en écrivant un bout d’histoire?
MM Je peux sentir la Vie en elles lorsqu’elles me racontent leurs histoires, du moins la passion avec laquelle elles aiment me raconter les lumières qui s’allument dans leurs têtes. J’adore, vraiment. La créativité est un don qui nous rapproche du Divin.

« L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective « 

AD Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
arcanesMM L’écriture, c’est le souci de la transmission. Transmission d’expériences, de sentiments, de projets, d’idées, de techniques, de pensées. L’écriture est un outil de développement de l’intelligence collective car elle permet de partager avec celui qui lit, peu importe son éloignement ou sa différence culturelle, des choses que sans l’écriture on ne pourrait que partager avec son environnement direct, avec le risque de la déformation du récit comme cela peut arriver avec l’oralité.
Donc oui, c’est clairement un engagement car en écrivant on s’engage à dire des choses, à transmettre des choses, des pensées, des mots qui sont nôtres ou dont on est dépositaire. Des pensées et mots que l’on assume pour ce qu’ils sont et deviendront après notre mort.
AD Ce que vous dites est extrêmement beau et vrai.
MM Merci beaucoup.

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AD Quels sont vos futurs projets ?
MM Pour ce qui est de la littérature, mes projets sont les adaptations : je suis sur deux voire trois projets d’adaptation en bande dessinée, des adaptations en anglais de certains de mes livres, des adaptations en livres audio et de films d’animation.
AD Alors, on va croiser les doigts pour vous.
MM Doigts et orteils!!!  (rires)


imagesf5atlafoAD Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?

MM Je leur dirai que c’est une passion qui prend et demande du temps comme toutes les passions. Soyez des rêveurs avant tout, des gens qui aiment apprendre sur le monde, des gens qui aiment lire et surtout sachez qu’un livre est une projection de son esprit, de sa pensée, vers une autre personne. Tenez-en compte afin que le proverbe qui dit «la 59925eae3d866lecture est le nourriture de l’esprit», soit pour vous un socle. Car celui qui écrit est celui qui nourrit le lecteur. Soyez de bons cuisiniers des lettres. ET un cuisinier doit aimer apprendresans titre0 d’autres recettes, se remettre en question et surtout tester de nouveaux plats.

AD Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
MM Je dirai qu’il faudrait faire un peu plus de publications vidéos, pas forcément avec vous à l’image, mais du son et de l’image car il existe un public qui n’aime pas prendre le temps de lire mais qui prendra le temps de regarder une vidéo qui dira exactement la même chose qu’un article écrit.
AD J’y pense car de nombreux auteurs m’en ont parlé. C’est un de mes projets pour la nouvelle année.
MM Alors lancez-vous sans tarder! Il faut libérer la parole de l’Africain et consolider notre imaginaire par notre vision du monde c’est à dire notre paradigme renouvelé.

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AD Avez-vous quelque chose à rajouter ?
MM Non, rien d’autre

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

 

Amina Seck – Interview avec Biscottes littéraires – 7 Janvier 2019

« Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et la plus noble tâche: celle d’enfanter et donner la vie. »

BL: Bonjour Amina SECK. Veuillez-vous présenter s’il vous plaît.
AS: Je suis auteure, scénariste, réalisatrice sénégalaise mais à la base, j’ai fait une formation en Comptabilité, en Marketing et Communication des entreprises. J’ai servi pendant plus de 15 ans dans des entreprises commerciales et de communication mais aujourd’hui je suis une femme qui travaille et évolue dans le monde de la culture, entre la littérature et le cinéma. Mon premier roman est publié en novembre 2017 aux éditions « Diaspora Académie » et s’intitule « Mauvaise pente ».

BL: Le statut de la femme en Afrique subsaharienne a-t-il vraiment évolué selon vous quand on voit que subsistent encore les pesanteurs culturelles?
Quels sont les indices qui vous permettent de l’affirmer?
AS: La femme en Afrique a encore du chemin à faire. Le travail consiste à changer d’abord la mentalité des africains, Homme comme Femme, pour arriver à un résultat positif et ce changement commence dans les foyers. Il faut que les parents arrêtent de maintenir seulement les garçons à l’école et d’abonner les filles aux tâches ménagères et de leur faire croire que la réussite sociale d’une fille c’est le mariage.
Mais il est aussi important de faire une analyse sur le statut de la femme africaine d’avant, pendant et après la colonisation pour se rendre compte d’une amélioration, d’une évolution qui chaque jour monte encore d’une marche. Les femmes africaines deviennent présidentes de la république, chefs d’entreprise, écrivaines. Elles sont devant de la scène, elles s’expriment et s’imposent à la face du monde.

BL: Quelle est, d’après vous, la part qui revient à la femme africaine dans la situation qui lui est faite? Autrement dit, comment les femmes se rendent-elles la pente mauvaise et dangereuse sous nos cieux?
AS: La femme en Afrique est formatée dès le bas âge à être une personne faible, programmée pour le second rôle. Sa part de responsabilité dans cette situation qui lui est faite, c’est l’acceptation, la résignation, le silence, la peur et ce besoin permanent d’être protégée et soutenue par les hommes.

BL: Quand on sait que le taux d’analphabétisme des femmes reste encore élevé sous les tropiques, n’est-ce une utopie, du moins une gageure, que de s’adresser à ces dernières dans une langue qu’elles ne comprennent pas, puisque fondamentalement dans « Mauvaise pente » vous parlez des femmes aux femmes?mauvaise-pente_amina_seck_biscottes-littéraires

AS: « Mauvaise Pente » est un roman écrit par une femme qui raconte l’histoire d’une femme et qui a comme cible les femmes et aussi les hommes.
Pour répondre à la question, je puis vous confesser que plus de la majorité des exemplaires écoulés ont été achetés par des femmes. C’est encourageant. Mais il faut reconnaître que l’analphabétisme constitue l’un des facteurs, je dirais même, le plus important qui fait que la femme africaine n’arrive pas à se trouver un chemin de sortie face à sa condition. C’est plus fréquent dans les zones rurales où, toujours attachée à la tradition, les femmes de chez nous ont du mal à s’émanciper et à s’affirmer. Mais ce n’est pas toujours de leur faute si elles n’ont pas accès à l’éducation quand on sait que parfois au manque de motivation, s’ajoute aussi celui d’infrastructures ou de moyens pour envoyer ou maintenir les filles a l’école. Je suis consciente de ces pesanteurs sociales. C’est pourquoi, comme j’ai un message à passer, je joins à la littérature le cinéma. C’est ainsi qu’est né mon intérêt de me lancer dans le cinéma et faire des films qui parlent des femmes aux femmes.

BL: Dans ce cas, pourquoi n’avoir pas écrit plutôt en Wolof, par exemple ou une autre langue du Sénégal?
AS: (Rires) Je ne peux pas écrire en wolof et je le lis difficilement.

BL: Ecrire, pour une femme en Afrique, de quoi cela relève principalement, pour vous? De la nécessité ou de la passion?
AS: La passion tout d’abord. L’écriture pour moi est une sorte de liberté, mon parloir. Un engagement personnel ou citoyen pour participer au changement. Jusqu’à présent, je n’écris que sur les femmes, c’est ma façon de lutter contre les violences faites au genre. Une femme qui écrit en Afrique est une femme qui s’affirme à travers ses écrits.

BL: N’est-ce pas s’engager sur une pente glissante, que de quitter « son pain » pour la plume et la planche?
AS: Il faut reconnaitre que ce n’est pas chose facile mais c’est une décision qui n’est pas prise sur un coup de tête. J’étouffais dans les bureaux pendant toutes ces années, or je suis une femme de terrain. J’aime aller à la rencontre d’autres personnes pour échanger, apprendre, rire et me sentir libre. Nous avons tous un chemin à suivre, un destin à vivre. Et la petite histoire c’est que le monde artistique me fascine, j’adore être avec les artistes, ils sont créatifs, beaux, libres et ils sourient à la vie. Heureux celui qui ose souffrir pour se refaire.

BL: Votre premier roman s’intitule « Mauvaise pente ». Qu’est-ce qui en a motivé l’écriture?
AS: « Mauvaise Pente » est le cinquième à être écrit et le premier à être publié.
Au début je voulais juste mettre l’accent sur la solitude des femmes. Et ce roman connu aujourd’hui sous le vocable de « Mauvaise Pente » s’intitulait « Seules » mais après l’histoire d’Alimatou Ly s’est imposée à moi et je me suis laissée aller sur cette pente.

BL: Pourquoi avoir commencé les publications par « Mauvaise pente »?
AS: J’étais très sensible à cette histoire et les autres manuscrits avaient vraiment besoin de plus de recherches pour être parfaits.
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BL: Parlez-nous un peu du processus et de toutes les péripéties qui ont conduit à l’édition et à la publication de votre premier roman.
AS: Mon premier souci c’était l’argent pour supporter le coût de publication. Alors je me suis mise à envoyer des demandes de subvention dont je n’ai reçu aucune réponse, même pas de ma commune d’arrondissement (rires). Ce n’était peut-être pas important pour eux mais pour moi c’était une nécessité. Je m’accrochais à ce livre, à sa publication, je ne lâchais pas, je ne voulais pas abandonner. Je rencontre mon éditeur une année après avoir terminé le manuscrit qui accepte de m’éditer et le roman voit le jour encore une année après, ce qui fait deux ans.

BL: On entend dire que Gustave Flaubert aurait affirmé : « Madame Bovary, c’est moi. ». Amina Seck pourrait-elle confesser : « Alimatou Ly, c’est moi »?
AS: Alimatou Ly ce n’est pas Amina Seck.

BL: Quand on se confie à son journal intime et qu’à la fin on le publie, n’est-ce pas se trahir soi-même ou divulguer un secret qu’on aurait bien voulu garder pour soi?
AS: Certainement, mais pour le cas d’Alimatou ce n’était point un secret, tout ce qu’elle a écrit dans son journal était des choses qu’elle a vécu au sein de sa propre famille. Parler à son journal était une façon de s’exorciser, d’éteindre le feu qui consumait son intérieur et d’entendre sa propre voix pour ne pas disparaitre dans son malheur.

BL: A la fin, aurait- on tort de dire qu’Alimatou Ly n’a récolté que ce qu’elle a semé, quand on la voit coucher, à 18 ans, avec le copain de sa meilleure amie?
AS: Elle a eu tort, oui, mais, loin de défendre mon héroïne envers qui j’ai beaucoup de compassion (rires), 18 ans, c’est un âge méchant ; l’adolescence est une période méchante, menteuse, égoïste et hypocrite qui te fait croire que tout ce que tu fais est mieux que tout ce que tu ne fais pas. Sa faute, c’est qu’elle a eu confiance au désir, à la passion, à la curiosité et à l’amour.

BL: Aurait- elle tort de croire à l’amour et d’y mettre toute sa confiance?
AS: Non. Nous croyons tous au premier Amour jusqu’à ce qu’il devienne notre pire cauchemar.

BL: C’est-à-dire?…
AS: Alimatou est comme toutes ces jeunes filles inconscientes livrées à elles-mêmes dans leur besoin et recherche d’amour et de compassion qu’elles ne reçoivent pas toujours à côté d’une mère dure et insensible.

BL: Vous peignez le portrait d’un personnage sans religion. Que voulez-vous traduire concrètement?
AS: Concrètement, nous n’avons pas de religion à la naissance. On devient chrétien, musulman, juif ou autres en suivant la religion de nos parents.

BL: Être célibataire jusqu’à 46 ans, comment peut-on se sentir? A cet âge, peut-on encore remonter la pente?
AS: On peut toujours remonter la pente, quel que soit son statut, son âge ou son environnement. Il suffit juste de se battre et de vouloir revoir la lumière.amina-seck

BL: Quelle est la ligne de démarcation entre féminisme et féminité? Pourquoi selon vous, certaines personnes sont réticentes face au féminisme?
AS: Selon moi, le féminisme est la continuité de la féminité. Il est clair qu’avant d’être féministes, nous sommes d’abord des femmes qui s’acceptent. Nous n’avons pas besoin de ressembler à autre chose pour réclamer des droits et lutter pour l’égalité ou contre la violence.
Il n’y a peut-être pas de réticence mais plutôt une incompréhension. Elle est très répandue l’habitude de voir les femmes au second plan toutes silencieuses et soumises. Et voir du coup des femmes qui osent parler et réclamer des droits, cela peut laisser des hommes pantois ou stupéfaits. Mais, on n’a pas le choix, on ne peut plus se laisser faire, on ne peut plus continuer de vivre en fermant les yeux sur certaines injustices. Les temps ont changé et tout changement, en Afrique ou partout ailleurs, fait peur.

BL: Alors, de quel féminisme vous revendiquez-vous? Celui qui pense que la garde de l’enfant, la cuisine et le ménage doivent revenir à l’homme ou celui qui croit que la parité dans l’administration, c’est 50% de femmes et 50% d’hommes, faisant fi des compétences et des aptitudes? Quel est votre féminisme en réalité?
AS: A l’âge de cinq ans déjà, je gardais et gérais mes petits cousins et plus tard avant mes dix ans et malgré mon statut d’écolière, j’avais rejoint la cuisine et savais faire toutes les tâches ménagères. C’est quelque chose qu’on ne perd jamais, donc, je n’ai aucun problème pour ça. Ce n’est un secret pour personne qu’une femme qui ne s’occupe pas bien de son foyer l’expose à la dislocation.
Mon féminisme prône le maintien des filles à l’école, qu’elles aient accès à l’éducation, à la formation. Qu’elles puissent être autonomes et libres professionnellement, qu’elles aient le droit à la parole et arrivent au sommet par leurs compétences.
Je suis une féministe raisonnable qui connait ses limites, ses faiblesses mais aussi ses forces. En tant que femmes, nous avons la plus douloureuse et noble tâche, celle d’enfanter et donner la vie. A part diriger une prière quelles que soient nos religions respectives, nous pouvons être devant et gérer comme les hommes sinon mieux.

BL: Incarner deux personnages en soi n’est pas aisé. Vous êtes à la fois écrivaine et cinéaste. Comment modérez-vous en vous les ardeurs de l’un et de l’autre? Quelles relations ces deux facettes entretiennent-elles et quelles sont leurs influences sur votre plume?
AS: Tous les deux débutent par l’inspiration et l’écriture. Le cinéma est aussi une passion pour moi depuis mon enfance comme la littérature. L’une n’empêche pas l’autre bien que différentes parce que le scenario est beaucoup plus difficile que le roman. C’est plutôt compliqué quand je dois jouer ou réaliser. Mais, je m’organise en fonction de mes priorités, et pour dire vrai, il y a plus d’actions et d’activités dans le cinéma (ateliers, festivals, tournages et rencontres) contrairement à la littérature.seck-amina-biscottes-littéraires

BL: Parlez-nous de vos projets en matière de littérature.
AS: « Mauvaise Pente » est toujours en promotion après un an. Je participe aux salons et fais une tournée dans les lycées du pays. Un deuxième roman est en chantier et sera disponible peut-être début 2020, incha Allah.

BL: Votre mot de fin
AS: Mon mot de la fin, c’est un cri de cœur à l’endroit des jeunes filles . » Prenez votre vie en main. Le mariage seul ne constitue pas une réussite sociale. Prenez le temps de vous aimer, de vous connaitre, de vous comprendre. Étudier, se former, travailler, se surpasser, c’est beaucoup plus important et payant que de s’accrocher à la bourse d’un homme. »
Je tiens aussi à remercier Biscottes littéraires, ainsi que ma famille, mes amis et toutes les personnes qui m’ont soutenue et m’ont accompagnée dans la réalisation de ce roman. Un grand merci à mon éditeur, mon ami et oncle, Mr Mamadou Kandji, qui dès le début a cru en moi. Merci à tous les lecteurs et à tous ceux qui se procureront mon livre. Que Dieu vous bénisse et vous la santé et la joie de toujours soutenir les auteurs.

 

 

Mbuze Momi, écrivain et homme de conscience Congolais – 1979

« Je suis de cette génération, éduquée, décomplexée et 51irpjndv+l._ac_us218_visionnaire qui sait que ce que nous avons reçu et emmagasiné, nous nous devons de le restituer« .

Mbuze Noogwani Ataye Mieko Momi est né le 11 juin 1979 à12247029_10156272772175173_7709082768276789043_n Kinshasa, en République démocratique du Congo.  Il vit actuellement en Belgique et travaille dans la comptabilité. A l’annonce de l’arrivée de son premier enfant, il publie en 2012, son premier livre qui retrace les mois précédents sa première paternité «Mémoire de paternité». Puis, en 2013, il publie le premier tome «Genèse et conquêtes» d’une trilogie épique et fantastique «Les 1chroniques de Ntu» qui raconte l’histoire d’un royaume africain imaginaire du 16ème siècle. En 2014 il publie le second tome « Les chroniques de l’empire Ntu : La Forteresse de Katombé-Mongè« , ainsi que le Tome 3 « Les chroniques de l’empire Ntu: La restauration de l’Empire« .

Après avoir perdu son père, son mentor, il décide de prioriser51rt+6d8x2l._uy250_ sa culture ainsi que la tradition bantou. C’est ainsi qu’il a décidé de mettre en place plusieurs projets et a fondé plusieurs associations. Il a créé et préside:

  • l’association à but non lucratif panafricaine BanaMboka.com, qui vise à proposer un ouvrage numérique de référence du patrimoine historico-culturel des civilisations et sociétés d’Afrique Noire, depuis l’origine de l’humanité.
  • 51ir0qducdl._uy250_la plateforme internet http://www.ingeta.com qui signifie « qu’il en soit ainsi » en Kikongo, le cri de tous Congolais qui souhaite changer la destinée de son pays. Cette plateforme centralise toutes les actualités congolaises et les met à la portée de la population et de la diaspora.
  • le concept socioéducatif/politique «Campus Congo» http://www.mbuze.com/campus.
  • le concept débats socio-politique « Masolo« .
  • le Projet de développement agroalimentaire et énergie en province de l’Équateur en République Démocratique du Congo.

 

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Ama Ata Aïdoo, dramaturge Ghanéenne – 1942

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Christina Ama Aïdoo est née le 23 mars 1942 à Beadzi Kyiakor au Ghana. Elle a grandi dans la famille royale Fanti.  Elle est l’une des plus grandes dramaturges du Ghana. Elle a été Ministre de l’Education nationale de son pays. Elle démissionne de son poste suite à desdilemna divergences d’opinion. Elle s’exile au Zimbabwe puis aux Etats-Unis d’Amérique. Poète, romancier, critique et auteure de contes, la ghanéenne Ama Ata Aïdoo est considérée comme l’une des grandes plumes d’Afrique.

md22877916761Dans ses écrits, elle aborde souvent la différence philosophique entre le monde occidental et africain. Elle a été l’une des premières féministes africaines. Selon elle, l’idée du nationalisme a été utilisée par les nouveaux dirigeants pour garder les gens opprimés. Elle critique ceux qui conseillent aux Africains éduqués d’aimer leur pays, mais qui sont immédiatement attirés par les avantages matériels des pays développés. Elle croit en une identité africaine, qu’elle voit par le biais d’une perspective féminine.

13511261._UY630_SR1200,630_Elle a été lauréate de plusieurs prix littéraires, y compris le Commonwealth Writers Prize for Best Book en 1992 pour son livre Changes: A love story (Désordres amoureux). En 1999 elle obtient le71YrcMhVYQL Companion of the Star of the Volta, (ordre civil au Ghana) et elle est nommée docteur honoris causa du Mount Holyoke College. Elle fut récompensée en 1987 par le Prix Nelson Mandela of Poetry pour Someone Talking to Sometime. Elle fut la première à être récompensée, en 1992, par la International PEN Women’s Committee Travel Fellowship de l’UNESCO, en plus d’avoir été choisie comme Présidente du African Visions Literature Tour en 1998.

Ses oeuvres

1411409Dans toutes ses œuvres, on retrouve une thématique centrée sur la femme et son rôle dans la société. Pour l’écrivaine, la liberté de l’Afrique est directement liée à la liberté de ses femmes.Dans Anowa (1970), elle réécrit une vieille légendechanges. ghanéenne narrant l’histoire une jeune fille qui veut se marier contre la volonté de ses parents. Cependant, la détermination d’Anowa pour prendre ses propres décisions entraînera des conséquences tragiques. Cette thématique est perceptible dans l’ensemble de son activité littéraire qui inclut notamment des titres attrayants comme No Sweetness Here: A Collection of Short Stories (Pas de Douceur ici : un ensemble d’histoires courtes) (1970), Birds and Other Poems (Oiseaux et autres poèmes) (1988) ou The Girl Who Can and Other Stories (La fille qui peut et Autres Histoires) (1997).

Bibliographie

1969 No stress hereAma Ata Aidoo by NanaKofiAcquah
1977 Our sister Killjoy
1985 Someone talking to sometime
1986 The eagle and the chicken
1989 Birds and other poems
désordre amoureux1992 An angry letter in January
1992 Daughters of Africa
1995 Daylight and darkness
1997 The girl who can and other stories
2008 Ghana where the bed speal
2008 Désordre amoureux (trad)
2012 Diplomatic pounds
2017 After the ceremonies – New and selected poems

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