Entretien avec Fousseni Togola, le philosophe écrivain à l’écoute des maux du peuple Malien

Bonjour, Fousseni Togola, je suis Amélie Diack. C’est un plaisir d’échanger avec un blogueur comme moi. Merci d’avoir accepté.
Bonjour Amélie. Très heureux ce matin de vous avoir rencontré autour de cette table pour un entretien littéraire.
A. D. Moi de même

Pouvez-vous vous présenter auprès des lecteurs et des followers?
9200000078232245Je suis Fousseni Togola. Né en 1989 à Fana, dans la région de Koulikoro, cercle de Dioïla. J’ai fait toutes mes écoles primaires entre les villages vu que mon père, Zancoura Togola, travaillait en tant que fonctionnaire à la compagnie malienne des textiles (CMDT). C’est seulement après mon diplôme d’Étude fondamentale (DEF) à l’école fondamentale de Sanando que je rentre à Ségou, 4e région du Mali, où j’obtins mon baccalauréat en 2008 en série lettre.Exif_JPEG_420 Je possède une Maîtrise en Philosophie obtenue à la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de Bamako. J’ai également un master acquis à l’École Normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Je suis présentement professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et pair éducateur.

Parlez-nous de votre enfance, de vos études ?
obcurantismeUne enfance assez mouvementée et nomade comme je vous l’ai dit au début de cet entretien. Mon père étant un travailleur à la CMDT, j’ai dû découvrir des cultures de différentes localités du Mali. Mon enfance est celui d’un villageois, car ayant passé la majeure partie de mon jeune âge à me faufiler entre différents villages, mais aussi et surtout pour être né dans un village, je connais mieux ces localités que la vie citadine. Toutefois, je me dis que c’est cette vie dans la brousse qui permet d’expliquer tout mon amour pour les études. Car, vous savez ma chère Amélie, dans ces coins, il n’y a pratiquement rien comme loisirs. Dans ces conditions, j’étais obligé de me concentrer sur mes études et51qUpSDsf8L._SX331_BO1,204,203,200_ surtout que j’ai bénéficié d’un père de famille qui se montrait rebelle contre les promenades inutiles des enfants. Tout ce que je faisais, j’étais suivi de près par lui. L’étude n’était plus un choix pour moi et j’ai dû me battre fort au primaire afin de découvrir d’autres réalités, d’autres aventures différentes de ce que je vivais auprès de mes parents. C’est ce qui fera que durant tout mon parcours au second cycle (classe de 7e à la 9e année), j’étais le premier de ma classe. Il convient d’évoquer également mes mésententes avec mon père ; des conflits qui me faisaient fuir constamment. Dans la plupart des cas, ces querelles provenaient des mésententes entre mes sœurs et moi. Tous ces phénomènes ajoutés aux souffrances que vivait ma mère, Sétou Fomba, me motivaient davantage dans mes études.
En ce qui concerne mes études, il convient de vous dire que je suis passé par les lettres 31jbUQZdSIL._SX195_au lycée. J’ai fait la série Lettre et littérature (LL) pour m’inscrire ensuite à la filière langue (anglais) à l’université avant de demander un changement de filière pour la philosophie où j’obtiens une maîtrise avec un mémoire sur la théorie de la falsifiabilité du philosophe anglais, Karl Popper. Pendant que je faisais encore cette classe de quatrième année philosophie, je postule au concours d’entrée à l’École Normale Supérieur où je serai déclaré admis. De là, je sors après une formation de deux ans comme détenteur de master. Il convient également de noter mon passage à l’Institut de Formation des Maitres (IFM) de Kangaba dans la région de Koulikoro que j’abandonnerai au bout d’une année pour ma vocation philosophique. À côté de tous ceux-ci, j’ai bénéficié de plusieurs formations parallèles en informatique, biologie, politique, etc.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ? egalite-hommes-femmes-enigme-a-briser.jpg
Les petites lectures que les professeurs nous soumettaient en classe au cours des séances de lectures ont toujours attiré mon attention. C’est la raison pour laquelle, quand je faisais la classe de la 6e année (CM2), je me rappelle que je possédais un calepin contenant les petites histoires que me racontait mon père ou ma mère et que je prenais le soin de bien noter parce que l’écriture a été ma passion première. C’est à travers ces pratiques ajoutées aux louanges que me faisaient tous mes correspondants à chaque fois que je leur adressais une lettre que je me suis demandé pourquoi ne pas devenir écrivain comme me laissaient entendre certains 51a0a2r0EDL._AC_US218_d’entre eux.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivain ?
En classe de 6e année au primaire. C’était en 2002. À cette période mon grand-frère Daouda Togola faisait encore le lycée. Celui-ci ayant pris goût à la lecture d’Arthur Rimbaud ne cessait de me parler de ce jeune poète précoce. Depuis lors, j’ai commencé à avoir l’amour pour la lecture, la recherche et par ricochet l’écriture. C’est depuis ces temps que j’ai décidé d’écrire sur certains faits majeurs de l’histoire du Mali que m’avait raconté mon père, mais le problème d’édition a fait taire cette ambition en moi.

A.D Je comprends

Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?Du-sommeil-dogmatique-au-reveil-farouche-chronique-de-vamp
Quand j’ai sincèrement décidé de me lancer à proprement parler dans ce métier, j’étais déjà à l’université. La question que m’a posée ma famille était de savoir s’il était possible de gagner ma vie dans ce métier. Ma réponse comme aujourd’hui n’a pas changé : j’écris pour l’amour de l’écriture et des lettres et non pas pour manger dedans. Cette réponse avait choqué notamment ma mère, mais qui finit par comprendre et m’a finalement souhaité bonne chance. Quant à mon père, celui-ci se préoccupait également d’un boulot plus rémunérateur. C’est pourquoi il a eu à maintes reprises à me répéter que le temps de l’écriture ne passera jamais et qu’il m’invite à aller à la quête d’autres métiers. Toutefois, quand j’ai annoncé la sortie de mon premier livre, tout le monde était content et chacun voulait à tout prix le voir, le toucher voire le lire.

AD C’est vrai que pour un auteur, toucher son livre, le montrer à tout le monde est un plaisir sans nom

41DBF9G3wiL._SX331_BO1,204,203,200_De qui ou de quoi vous êtes-vous inspiré pour votre premier roman ?
De mon environnement. Comme pratiquement tous les écrivains et notamment les philosophes qui sont les « fruits de leur temps », les actualités de mon pays m’interpellaient. Le terrorisme battait son plein, les problèmes institutionnels étaient là et je ne voyais aucun de mes professeurs se dire vouloir prendre la plume pour décrypter ces fléaux. Alors cette passivité de ceux que je considérais comme des grands intellectuels a été pour moi une force impulsive. Mon premier manuscrit s’intitule Le terrorisme : Chronique d’un orphelin de guerre. Un livre qui a été réédité à plusieurs reprises.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
Moins d’un mois. Quand j’ai commencé l’écriture de ce bouquin d’une quarantaine de pages, je passais toute la journée cloitré dans ma chambre sans sortir. J’écris et je relis. Il faut reconnaitre Amélie que la satisfaction n’était pas au rendez-vous, car toujours je sous-estimais mes propres capacités et cela malgré que des amis m’aient aidé dans la41n-2DHh5-L._SX195_ relecture. C’est la raison pour laquelle je disais que ce bouquin publié sur Amazon KDP a été à plusieurs reprises enlevé puis remis.

AD Ah ah. C’est le quotidien de tout auteur, relire et réécrire son roman se fait sans fin. Il y a toujours quelque chose à améliorer ou/et à rajouter

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Je dirais mal parce que son auteur n’a jamais eu le courage de le montrer au grand public en se reconnaissant dedans. Ce livre est alors resté inconnu jusqu’à nos jours. Si ce n’est à cette occasion, je ne parle même pas de ce roman au cours de mes entretiens.

AD C’est dommage

41+sGApSjsL._SX331_BO1,204,203,200_Depuis, vous en avez écrit d’autres, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
Je continue à écrire et à publier. Toujours c’est l’anxiété qui s’empare de moi bien vrai que je commence à faire la promotion de ces livres via les réseaux sociaux. Tu vas certes me demander pourquoi être envahi par la peur. Eh, bien, parce que je ne cesse de me demander comment les lecteurs vont accueillir mon livre. Est-ce que les thèmes abordés vont leur plaire. De tas de questions m’envahissent. Mais finalement, j’ai fini par transformer cette anxiété en force pour redoubler d’efforts afin de relever le défi : faire bouger les lignes de la littérature voire de la philosophie au Mali.
AD C’est exactement ça. Le trac qui nous tient jusqu’à la parution du prochain roman. Beaucoup d’écrivains en parlent car ils le vivent intensément

Pensez-vous que la passion d’écrire puisse se transmettre ? Si oui, par quel biais ?51hXhhTHCxL._AC_US218_
L’écriture est une forme de drogue, une fois qu’elle nous pique, plus moyen de s’en débarrasser. Vous savez ma chère Amélie, l’enfant, en voyant à chaque fois son père assis autour de sa table manipulant le clavier, est emporté par la tentation. Il veut l’imiter en manipulant cet outil. Pour la simple histoire, le benjamin de notre famille, à force de me voir chaque jour corriger les copies de mes élèves, se permettait en mon absence de se saisir de mon stylo pour m’imiter. Bref, je réponds par l’affirmatif. La passion d’écrire peut se transmettre.

51vJNdRlpDL._SX314_BO1,204,203,200_Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement?
Évidemment ! C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai embrassé l’écriture. J’ai trouvé qu’il y a trop d’injustice dans le monde. Du coup, je me suis proposé de devenir la « voix des sans voix ». Pour paraphraser Jean Paul Sartre, l’intellectuel est celui qui s’engage pour la cause de sa société. Cette conception sartrienne sur l’intellectuel est restée une vérité pour moi. Outre cela, j’ajouterai également qu’elle constitue pour moi un moyen de perpétuation de l’espèce. L’écrivain ne meurt pas, mais disparait. À ce titre, même si on ne se marie pas, même si nous n’avons pas d’enfants, l’écriture peut remplir toutes ces places.

AD Ce que vous dites là est très beau et très vrai

Quels sont vos futurs projets ? musoya (2)
Deux projets d’écritures en cours. Pour le premier, La Féminitude, qui se publie au sein d’une maison d’édition classique au Mali, paraitra bientôt puisqu’il ne reste plus que l’impression. Quant au second, basé sur ton métier, notre métier, je veux dire le blogging, lui, il sera en ligne dans juste quelques jours. Après ces deux, j’envisage achever un autre livre sur la problématique du développement de l’Afrique et ensuite écrire le deuxième tome de l’Enfant philosophe.

41rAmubRZOL._SX331_BO1,204,203,200_Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
De lire. Pour écrire, il te faut au préalable avoir énormément lu. L’écrivain est comme l’enseignant qui, pour dispenser un cours, doit avoir le maximum d’information afin de donner le nécessaire à ses élèves. Outre la lecture de tous les bouquins importants, il faut l’échange. C’est à travers le dialogue avec autrui que nous résorbons certains points d’obscurité en nous. Ces échanges sont surtout plus fructueux au moment des relectures. Cette étape est énormément importante. Il n’est pas à négliger pour rien au monde. Enfin, il convient d’écrire sur des thèmes qui puissent intéresser tes lecteurs. Chaque écrivain doit être susceptible de connaitre le goût de ses lecteurs afin de s’y conformer.

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien estLe-desir-de-l-eternite-comme-peur-de-la-mort https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Je vois déjà en toi une blogueuse professionnelle. À ce titre, mes suggestions sont moindres. Néanmoins, je te recommande de songer à la monétisation de ton blog, si tu ne l’as pas encore fait, en insérant des affiliations comme Amazon partenaire ou Google Adsense. Avec ceux-ci, vous allez sûrement assez travailler avec les liens qui sont hyper-importants pour le blogueur et notamment pour sa visibilité sur la toile.
AD Merci d’apprécier mon blog. Beaucoup de bloggeurs me conseillent la même chose. Il est vrai que j’y réfléchis

l-orphelin-des-barbus-fousseni-togolaAvez-vous quelque chose à rajouter ?
Je vous remercie pour cet entretien non moins important qui, bien que ne n’étant pas un premier, constitue quand même un entretien de taille dont j’ai bénéficié en tant qu’écrivain. Je tiens, avant de finir, à préciser que les avis des lecteurs ainsi que les critiques littéraires me permettent d’affiner davantage ma plume. J’invite alors les lecteurs, les chroniqueurs, les journalistes, les blogueurs à découvrir mes livres et à ne pas hésiter à me contacter à chaque fois que le besoin se fera sentir. Je serai toujours disponible pour vous afin de répondre à vos questions et recueillir vos suggestions. Car nul ne peut détenir le monopole du savoir.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt.
Tout le plaisir fut pour moi.

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Fousseni Togola, écrivain, philosophe et bloggeur Malien – 1989

Fousseni Togola est né le 19 septembre 1989 à Fana (Mali). Il fait toutes ses études dans son pays et est titulaire d’un Master en philosophie, matière qu’il enseigne actuellement. Il est membre de la Communauté des Bloggeurs du Mali (Comiblog). Il est aussi l’auteur de romans et d’essais qui dénoncent la face obscure des politiciens, de la politique. Voici ce qu’il dit de lui  » La majeure partie de mes ouvrages sont des essais philosophiques et politiques. Jusque-là, je n’ai publié que deux romans dont le second constitue un roman philosophique. « 

Du-sommeil-dogmatique-au-reveil-farouche-chronique-de-vampDu sommeil dogmatique au réveil farouche : chronique de Vampirebougou (bougou signifie ville, village, quartier ou État). Les vampires désignent tous les dirigeants sanguinaires ainsi que tous les citoyens malhonnêtes dans nos régimes démocratiques. Les attitudes que je qualifie de vampiristes sont fréquentes parce que les citoyens se trouvent dans l’État d’inconscience [ce qui explique] le sommeil dogmatique. Ce sommeil annonce toutefois un beau jour parce que ce peuple inconscient et insouciant se réveillera pour lutter contre ces51qUpSDsf8L._SX331_BO1,204,203,200_ attitudes « violationnistes ».

Des démocraties en cause – Chronique de Bidougou : Bi signifie aujourd’hui et dougou veut dire ville, village, quartier, État-  évoque également les maux des démocraties modernes et notamment le changement climatique voire l’insécurité alimentaire. L’accentuation de tous ces problèmes est décrite comme étant de la responsabilité des citoyens, mais sans la résolution desquels la stabilité recherchée par 31Tc0FVZcjL._SX327_BO1,204,203,200_nos États sera difficile d’accès.

L’Enfant philosophe t1 : de la métaphysique Ce roman philosophique constitue une apologie de la condition enfantine dans maints États. Ces êtres considérés comme immatures se voient écarter de toutes les considérations humaines. Je mets en scène un enfant imaginaire qui aborde des questions strictement métaphysiques avec son père. Les questions de la mort, du bien et du mal, de l’au-delà, de l’égalité genre, etc., abordées et résolues partiellement par cet enfant.

Le terrorisme : chronique d’un orphelin de guerre – évoque la situation des enfants41DBF9G3wiL._SX331_BO1,204,203,200_ victimes du terrorisme dans le monde. Seydou est cette figure qui représente toutes ces enfances privées de leur joie de vivre par leur situation d’orphelins, obligées de vivre dans la souffrance et donc de mener des activités illicites voire devenir l’ennemi de leur nation comme fit Seydou qui finit par rejoindre le camp terroriste qui extermina ses parents. Les enfants-soldats constituent une conséquence de cette situation. Il convient de la part de nos États de prendre grand soin de tous ces enfants devenus orphelins pour qu’ils ne rejoignent pas ces groupes terroristes et finissent par devenir des kamikazes.

loupNataba et le Roi Loup – publié sous le pseudonyme T. Fouscovski, évoque le problème du favoritisme, de l’hypocrisie ainsi que des vertus comme le pardon, le compromis, etc. Ce livre est juste le reflet des réalités exactes de la société malienne.

Le Mali de 2013-2018 : du règne de l’obscurantisme – publié sous leobcurantisme pseudonyme T. Fouscovski est une analyse critique sur les épines de la démocratie malienne de ces cinq dernières années. Une démocratie caractérisée par les violations graves des droits de l’homme sur tous les plans et notamment sur le plan de la liberté d’expression, mais aussi de l’inversion totale des valeurs maliennes, des violences dans les espaces universitaires jusqu’au problème du terrorisme voire de la laïcité.

musoya (2)Féminitude : Musoya – Cet ouvrage qui doit bientôt paraître chez Innov Éditions, une jeune maison d’édition malienne qui se veut féministe, évoque la situation que vivent les femmes dans nos sociétés, des sociétés dans lesquelles, elles sont sans voix, déconsidérées. La féminitude se veut alors un cri pour la considération du statut des femmes.

 

 

 

 

 

 

Entretien avec Holy Dolores, jeune poétesse Ivoirienne

Holy Dolores (Marjolaine Goué) est une jeune auteure férue de poésie. Elle est l’étoile montante de la poésie Ivoirienne qu’elle marque de ses rimes, à l’instar de Véronique Tadjo, Suzanne Tanella Boni… Ses mots racontent et marquent une époque de son pays, la Côte d’Ivoire.  Ses mots frappent les mémoires et éveillent les consciences. Ses maux sont aussi ceux d’une terre qui fut blessée par la guerre. Une poétesse à suivre.

Bonjour Holy Dolorès. Merci d’avoir accepté cet interview. Pouvez-vous vous présenter ?
H. DoloresJe m’appelle Marjolaine GOUE dans une première vie où je suis ivoirienne, née dans les années 80 et traductrice.
Et Holy Dolores, dans une seconde vie où je n’ai ni âge, ni pays, ni frontières et dans laquelle vie je poursuis à l’infini ma passion pour l’écriture et la littérature.
Dans une troisième vie, je suis rédactrice et bloggeuse, passionnée de l’Afrique et sa culture. J’aime vivre toutes les vies qui me sont données de vivre. Et peut-être qu’il existe d’autres vies que je n’ai pas encore vécues…
AD* J’adore votre présentation. C’est vrai que la vie est faite de plusieurs vies (rires)

Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?
J’étais une enfant calme, timide et introvertie. D’ailleurs, je n’ai pas beaucoup changé ! (Rires) Je n’avais pas beaucoup d’amis voire aucun. Je préférais la bibliothèque de l’école à la cour de récréation (que je trouvais trop bruyante) ce qui n’aidait pas beaucoup à me socialiser. J’étais toujours plongée dans un monde imaginaire et créatif. Tout est parti deholy dolores là, je pense. Ensuite au lycée, je me suis orientée en littérature et à l’université j’ai fait des études d’Anglais.
AD Hum, tout comme vous j’étais une enfant qui préférait la lecture aux jeux (rires). Je m’isolais beaucoup pour lire ou écrire.

Comment avez-vous découvert votre don pour la poésie ?
Après avoir été lauréate de plusieurs prix scolaires et nationaux j’ai commencé à me prendre au sérieux ! (Rires) Et je me suis dit : ‘‘Ça ne peut être ni la chance, ni le travail. C’est peut-être un don !’’

Quand avez-vous décidé de faire éditer vos poèmes ?
Au début, j’écrivais juste pour le bien-être que cela me procurait et pour le plaisir de me lire ! Puis à partir de 2011, j’ai commencé à fréquenter le cercle des écrivains de Côte d’Ivoire. Je participais aux dédicaces et j’aidais mes confrères à faire vendre leurs œuvres auprès des visiteurs. Cela m’a beaucoup ouvert l’esprit. C’est à ce moment que l’envie d’être publiée m’est venue.

de chair et de sangQu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Cela a été sans surprise pour elle ! Ma famille a toujours pensé que je ne pouvais qu’être écrivain ou quelque chose qui y ressemble ! Je suis connue pour avoir la tête dans les étoiles et sortir de l’ornière préférant l’infini de la créativité imaginaire aux cadres définis.

Quelle a été l’inspiration de votre recueil ? (entre nous, je l’ai adoré) De quoi ou de qui vous inspirez-vous ?
Merci de l’avoir adoré ! L’inspiration de mon recueil a été mon quotidien en Côte d’Ivoire marqué par des épreuves personnelles et un pays en guerre.
AD Oui, très touchant et très fort

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfaite ?
J’ai mis assez de temps pour finaliser ‘‘De chair et de Sang’’ car justement au début jede chair et de sang0 n’écrivais pas des poèmes pour être publiée mais pour assouvir un besoin personnel. J’écris pour vivre. Ainsi, les poèmes de ce recueil retracent plusieurs années de ma vie en Côte d’Ivoire qui couvrent la période de 1998 à 2015. Pour la petite histoire, au lycée, j’écrivais des poèmes pendant les cours de maths pour qu’au moins ces heures servent à quelque chose ! (Rires) Et j’avais bien raison car aujourd’hui quelques poèmes de cette période figurent dans le recueil alors que je ne sais même plus comment calculer une distance dans un repère orthonormé ! Il va sans dire que j’en suis pleinement satisfaite quel que soit le temps mis !
AD (rires) Encore quelque chose de commun : écrire pendant les cours de maths. C’est vrai. Ça fait passer le temps

Comment ce recueil de poésie a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ? Depuis, en avez-vous écrit d’autres ? Comment vous sentez-vous à chaque publication ?
‘‘De Chair et de Sang’’ m’a permis de participer au Salon International du Livre d’Abidjan (SILA 2018) et de faire plusieurs interviews. Les ventes réalisées en France sont convenables car c’est dans ce pays qu’il a été publié. De ce fait, je peux dire que ce recueil de poésie a été bien accueilli dans le monde de la littérature. Après, il faut rester réaliste. Plus je serai connu, plus mes œuvres se vendront comme de petits pains !
J’avais été publiée auparavant en 2012 dans ‘‘Tendresse et Passion’’ une anthologie de poésie regroupant plusieurs auteurs francophones d’Afrique et d’Europe.
holy dolores2Dans mon autre vie, un des articles de mon blog ‘‘l’Autre Afrique’’ a attiré l’attention d’une grande maison d’édition qui m’a sollicitée pour sa reproduction dans un manuel éducatif.
Ainsi à chaque publication (ou reproduction) je sens mon travail valorisé et je me dis qu’après tout, je ne suis pas la seule à aimer ce que j’écris. C’est plutôt rassurant !

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
Oui, je le pense fortement ! Et à mon humble avis, la passion d’écrire peut se transmettre par les gènes. J’en suis un bel exemple ! Ma mère écrivait des histoires pour enfant dans le style de ‘‘Martine’’ mais à l’africaine. Elle nous lisait ses manuscrits (à ma sœur Laurence et moi) lorsque nous étions encore enfants. Je trouvais ses histoires géniales et originales ! Cependant, elle n’a jamais été éditée. A l’époque je n’avais aucune idée que je serai écrivaine un jour, mais c’est sûr que maman m’avait déjà transmis la passion de l’écriture à travers le cordon ombilical.
AD C’est une très belle histoire de transmission d’une passion

Que représente l’écriture pour vous ? Est-elle synonyme d’engagement sociétal ?
Certes l’écriture peut être de façon ultime synonyme d’engagement sociétal pour joindre l’utile à l’agréable mais elle est avant tout un moyen de liberté d’expression. C’est un besoin, un exutoire en vue d’un bien-être personnel. Ensuite, ‘‘S’il a de la chance, l’écrivain peut changer le monde’’ par sa plume engagée comme le dit Arthur Miller.

Quels sont vos futurs projets ?
J’ai des projets pleins la tête, c’est sûr, mais il y a un auquel je pense souvent… Pourquoi ne pas écrire un livre avec vous ? (Je parie que vous ne vous attendiez pas à cette réponse ! Rires.) J’y ai souvent pensé sans vous en avoir parlé ouvertement. J’ai gardé toutes les lettres que nous échangions. Nous pourrions écrire un beau livre épistolaire enholy dolores1 publiant en partie ces courriers qui racontent le vécu quotidien et ô combien différent de chacune dans une même période ! Vous en France, moi, en Côte d’Ivoire, ayant pour dénominateur commun une amitié à toute épreuve et l’amour des cartes postales !
AD Effectivement, je ne m’attendais pas à cette réponse (rires). Je trouve que c’est une excellente idée. J’ai gardé aussi nos échanges. Il faut juste que j’arrive à mettre la main dessus (rires).

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Ne jamais désespérer, ne jamais se sous-estimer et oser la différence!

Quels conseils me donnerez-vous pour améliorer mon blog dont le lien est https://litteratureetecrivainsdailleurs.blog/ ?
Avant tout, j’aimerais vous féliciter pour l’idée de votre blog. Il faut être une grande âme pour vouloir mettre les autres en lumière.
Je ne suis pas une bonne critique mais je vais m’y essayer ! Je vous suggère d’écrire plus sur des sujets originaux, des choses qu’on ne sait pas forcément on qu’on n’aurait lu nul par ailleurs que sur votre blog. Les lecteurs aiment souvent le sentiment de dormir moins bête. Personnellement, j’ai adoré votre article ‘‘Angèle Rawiri – Première romancière Gabonaise – 1954-2010’’. J’y ai découvert cette femme qui a eu plusieurs vies (traductrice, écrivaine, mannequin et actrice). Elle me fait penser à quelqu’un ! (Rires) Et pour comparaison la première romancière ivoirienne est Simone Kaya holy dolores(Écrivaine, infirmière, assistante sociale et de santé). Son œuvre ‘‘Les Danseuses d’Impé-eya’’ est à la fois une mémoire et un mémoire de la période coloniale et de l’ère des États indépendants.
Enfin, je pense que plus d’images sur votre blog le rendra plus attrayant. Par exemple, vous pourriez ajouter une belle image ou carte postale en rapport avec le pays d’origine de l’écrivain que vous présentez.
AD Merci pour mon article. Ce sont de très bons conseils qui arrivent au bon moment car je pensais faire évoluer mon blog qui n’a pas encore fêté son premier anniversaire. L’histoire de Simone Kaya me passionne déjà. On verra…

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
J’aimerais vous remercier pour cette belle lucarne que vous m’offrez sur votre blog. C’est une véritable expression de solidarité entre écrivains ! Je souhaite un plein succès à votre carrière littéraire !
AD Merci beaucoup. Je le fais pour le plaisir car l’Afrique est un continent qui fourmille de nombreux écrivains de valeur qui méritent qu’on les mette en lumière

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt. Vous pouvez retrouver Holy Dolores sur son blog « l’Autre Afrique » où elle présente toutes les richesses culturelles Africainesl’autre Afrique

*AD Amélie Diack

Holy Dolores – Poétesse Ivoirienne

de chair et de sangMarjorie Goué est née en Côte d’Ivoire. Sous le nom de plume de Holy Dolores, elle a publié un recueil de poésie en 2016.  De chair et de sang qui retrace sa vie à travers les épreuves, les joies, les peines vécues. Ce recueil poignant retrace aussi l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire,holy dolores surtout durant la guerre (2001-20011).

Très jeune, elle écrivait des poèmes et a été lauréate de plusieurs prix scolaires et nationaux. Elle écrivait « pour assouvir un besoin personnel« . En 2012, elle a été éditée dans une anthologie de la poésie « tendresse et passion« . Actuellement, Holy Dolores est rédactrice et anime un blog « L’autre Afrique » qui démontre son attachement à son continent et son désir de montrer toutes les richesses culturelles de ce dernier.  L’Autre Afrique Holy Dolores

Entretien avec Mamadou Samb, Homme de Lettres Sénégalais – par Amélie Diack

« Mamadou Samb est un écrivain dont la plume marque la société sénégalaise voire africaine. Au travers de son entretien, nous découvrons un homme, riche culturellement, humble, Humain. Je vous laisse le découvrir  » Amélie Diack

Bonjour Monsieur Samb. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée et mes abonnés aussi.
Tout le plaisir est pour moi. Je vous remercie pour l’honneur que vous me faites en m’offrant si généreusement l’occasion de m’adresser à mes lecteurs et à vos nombreux abonnés. Je vous remercie aussi pour l’intérêt que vous portez à mes productions littéraires en me révélant que vous connaissez déjà tous mes livres qui sont publiés.

A. D.   oh oui, je vous suis depuis un bon moment et ma bibliothèque est riche de vos écrits

Pouvez-vous vous présenter auprès de vos lecteurs ?
A chaque fois que l’on me pose cette question, j’essaie d’avoir du recul pour ne pas donner une image qui me présente comme j’aimerais être ou comme je voudrais que mon interlocuteur me perçoive. L’objectivité et la subjectivité se confondent souvent dans une auto-présentation.
Ceci dit, maintenant je réponds sans hésiter que je suis écrivain… ce titre, montre unede pulpe et d'orange M. Samb fonction que j’exerce et dont la matérialisation est l’existence de plusieurs livres qui portent ma signature. Ecrivain ? Oui, dirais-je après avoir longtemps eu des frayeurs pour accepter de porter ce titre qui en fait ne se décrète pas mais s’acquière à la suite d’une longue expérience qui doit se solder par la production d’un ou de plusieurs livres de fiction. Ecrivain ? Oui, mais me définir ou me présenter comme écrivain serait très réducteur de ma vie et de mes activités qui jalonnent et qui continuent de marquer chaque étape de mon existence. L’écriture est venue à moi au cours de ma carrière administrative d’abord en tant qu’enseignant et ensuite en tant qu’Inspecteur de l’Animation du Développement et Médiateur Pédagogique. Ce turban d’écrivain est resté sur ma tête en tant que Conseiller technique dans plusieurs ministères comme celui de l’Intérieur, de la Décentralisation, de la Petite Enfance, de la famille et de la Femme. L’écriture comme un labeur prégnant, je m’en accommodais avec plaisir et je l’ai réellement acceptée comme titre que lorsque j’ai obtenu certaines reconnaissances comme : Grand Prix des lycéens du Sénégal, Grand Prix Sembène Ousmane du Roman, Nominé au Grand Prix du Chef de l’Etat pour les lettres. Donc en dehors de mes activités professionnelles et annexes comme Expert en Femmes et Développement de l’UA, je suis devenu écrivain sans jamais m’imposer comme tel ou d’en faire un métier en plein temps.

Quels sont vos plus beaux souvenirs d’enfance, de vos études ?
De beaux souvenirs d’enfance, j’en ai eu plein, mais ma meilleure façon d’en parler9791090147270 serait de les regrouper dans des lieux comme :
Ngabou, le village où je passais trois mois par an mes vacances scolaires, avec sa nature verte, ses champs, ses animaux domestiques, ses rivières et lacs.
Le marché de Sandaga où je venais aider mon père dans son commerce et où je me gavais de lecture et de bandes dessinées chez les marchands de vieux journaux et de livres usagés.
Grand-Dakar, le mythique quartier où j’ai grandi dans un cadre familial élargi avec seize frères et sœurs, des tantes, des voisins, des cousines et cousins et autres parents qui tous, ont contribué à forger ma personnalité et ont alimenté mes rêves de jeunesse.
L’internat à l’École Normale William Ponty, où j’ai connu la diversité, la concurrence saine dans un environnement multiculturel, la vie artistique et sa pratique en toute liberté.

Comment avez-vous découvert votre désir d’écrire ?
Mon désir d’écriture s’est progressivement installé en moi à la suite de ma vie d’internat9791090147133 à la prestigieuse École Normale William Ponty où j’étais très actif dans le club culturel, le théâtre et la vie associative.
Ensuite ce désir s’est exacerbé lorsqu’à la fin de mes études, j’occupais mon premier poste en tant que Directeur d’école en Casamance. Plongé dans une nature vierge et florissante, dans une verdure envoûtante et au milieu des merveilleux habitants du village de Séléky, j’avais tout à ma disposition pour exprimer mes sentiments à travers l’écriture.
Ce désir s’est installé et a muri en moi lorsque, rentré à Dakar, j’ai été régulièrement confronté et agressé par des situations où la condition humaine était régulièrement étalée sous mes yeux dans leur dénuement le plus total, aiguisant ainsi ma sensibilité et ne me laissant aucune issue d’indifférence face à la misère et au désarroi qui étaient le lot quotidien des personnes que je côtoyais de près ou de loin. Je reste persuadé que l’écriture est une somme d’expériences, elle ne se décrète pas du jour au lendemain, mais s’acquière progressivement parce que, alimentée objectivement ou subjectivement par un vécu auquel on est concerné directement ou indirectement.

À quel moment aviez-vous décidé de devenir écrivain ?
Je n’ai jamais décidé à un moment précis que je voudrai être écrivain. J’ai toujours eu un recul par rapport à cette appellation, et si ce n’était pas les titres obtenus qui me confirment dans cette corporation, j’allais continuer à écrire sans jamais m’affubler du titre d’écrivain, pas parce que je surf sur une fausse modestie ou que j’ai peur de me faire une grosse tête, mais parce qu’être écrivain est une lourde responsabilité sociétale et est très chargé pour moi. Un livre, une fois écrit et publié, sort du contrôle de l’auteur et est soumis à l’appréciation positive ou négative des lecteurs qui sont seul juges.

Qu’a pensé votre famille de votre désir de devenir écrivain ?
Cela va peut-être étonner plus d’un quand je répondrai que je n’ai jamais eu de problèmesang fantz de conflits ou de télescopages affectifs ou matériels entre mes livres et ma famille. Ma famille est prioritaire et elle est toujours mise en avant dans mes activités. Toute action qui ne contribue pas à améliorer mes relations et l’harmonie avec ma famille est sans ambages mis aux oubliettes.
Je donne du temps à l’écriture mais je ne me laisse pas entrainer dans le sillage qui veut que certains écrivains soient des marginaux qui font semblant de ne pas comprendre leur société ou qui pensent que les autres ont du mal à les comprendre, ainsi vivant comme des extraterrestres qui portent lourdement sur leurs frêles épaules d’humain leur joug d’écrivain.
Ma famille adhère parfaitement à ma passion d’écriture car je fais tout pour que cette affection littéraire ne perturbe ni mes obligations quotidiennes ni mes relations humaines en général et familiales en particulier.

Quelle a été l’inspiration de votre premier roman ? De quoi ou de qui vous êtes-vous inspiré ?
51r0jdfPkwL._UY250_Mon premier roman « De pulpe et d’Orange » édition Enda-tiers monde en 1990.
Est une autobiographie d’une fille-mère, étudiante et prostituée, transposée avec tact pour exprimer à la fois les difficultés d’un certain contexte social et chez Nabou (l’héroïne), la volonté de s’en sortir, pour elle-même et pour son fils.
Dans ce roman, j’ai cherché à travers une longue histoire d’une vie, faire émerger l’essentiel, tout en gardant au récit, sa vérité et sa saveur.
Pour résumer le livre je vais prendre un peu de recul et vous proposer la note (reçue aujourd’hui) d’une lectrice qui s’appelle Aïssata Sawadogo

Ma lecture de « De Pulpe et d’Orange » de Mamadou Samb.
« Ce livre n’est pas un roman à survoler sans chercher à saisir sa profondeur.
Il parle de ces filles à qui la société a tout pris et en exige ce qu’elles n’ont plus, les jugeant sans se demander quel impact elle a eu sur ces filles, ces femmes qui, obligées de vivre dans leur société, sont obligées de se vêtir d’un manteau et d’une personnalité qui ne sont pas les leurs.
L’histoire de cette jeune fille venant d’une famille pauvre qui devait se battre pour avoir un avenir grâce à l’école, qui a eu des hommes malintentionnés sur son parcours et qui a refusé de baisser les bras et compter sur les autres devrait nous interpeller TOUS!
Elle a peut-être choisi de se prostituer (contrainte quand même) comme d’autres auraient fait autre chose mais pas par choix de facilité. Et un choc lui fait fermer cette page!
Un livre à lire absolument!
On ne devrait pas s’arrêter au sous-titre du livre mais investir le personnage et vivre chacune de ses difficultés, craintes, douleurs sans la juger pour sentir le poids aliénant de nos sociétés ».

A. D.   Une très belle lecture, en effet.

Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ? En étiez-vous satisfait ?
J’ai terminé le manuscrit en plus ou moins deux ans et je me souviens que je l’ai écrit dans plusieurs cahiers d’écolier et au crayon comme un élève qui faisait ses devoirs de classe.
Satisfaction ? Oui car ce roman est actuellement à sa troisième réimpression, il est retenu à la bibliothèque universitaire de Paris et est actuellement à plus de quatorze mille exemplaires.

A.D. Toute mes félicitations

Comment ce roman a-t-il été accueilli dans le monde littéraire ?
Bien accueilli oui, mais aussi beaucoup de surprises, de critiques et d’incompréhensions de la part de certains censeurs de la société, car le roman traite de sujets très sensibles et semblait ne pas sortir à son époque et dans son milieu (sociologiquement parlant).

Depuis, vous en avez écrit plusieurs, comment vous sentez-vous à chaque publication ?
J’ai dans ma bibliographie plusieurs œuvres, mais après chaque publication je suis sousNew Phototastic Collage pression, moins par le succès ou non de l’œuvre, mais plutôt par deux sentiments difficilement maîtrisables et qui hantent le sommeil de l’écrivain qui vient de tenir pour la première fois son nouveau livre fraîchement sorti de l’imprimerie :
– le premier sentiment c’est de livrer à l’appréciation des lecteurs et des critiques une production que j’ai murie pendant longtemps dans la solitude, dans l’angoisse et le doute.
Angoisse et doute permanents de n’avoir pas utilisé le mot juste, la phrase appropriée pour partager avec le lecteur mes sentiments, mes remarques, ma description des faits et gestes de mes personnages, les perceptions, les influences des milieux souvent hostiles dans lesquels ils baignent et l’atmosphère dans laquelle je les plonge sans ménagement.
Il est impossible pour un écrivain d’échapper à cette étape qui ressemble à la délivrance d’une parturiente qui vient de livrer à son entourage et au monde un nouveau-né qu’elle a gardé en son sein pendant neuf mois dans la douleur et l’anxiété de donner naissance à un bébé qu’elle ne sera pas la seule à apprécier.
– l’autre sentiment est lié à la production du prochain livre qui devra suivre et par quel bout l’aborder. Le sujet que je vais traiter est-il, et/ou sera-t-il assez intéressant pour mériter d’être écrit ? Est-ce que j’ai encore assez de ressources et de matières pour parler du sujet dont les différentes composantes se bousculent et s’entrechoquent pêlemêle dans ma tête ? Dois-je prendre le temps qu’il faut pour permettre au nouveau-né de prendre son envol ?
Autant de préoccupations qui envahissent l’écrivain et qui ne le quitteront plus jusqu’à la sortie d’un autre livre et le cercle reprendra.

A. D. Je vous comprends. Je traverse en ce moment le même enfer après la parution de mon premier roman et la préparation du prochain.

Quels sont les messages que vous véhiculez à travers vos écrits ?
Ma conviction profonde est que, comme le disait le distingué sage Amadou Hampâté Ba, « Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. »
Les messages que je véhicule à travers mes écrits, tournent essentiellement autour de la Condition Humaine : Il existe des liens tantôt visibles, tantôt invisibles et chaque êtreNew Phototastic Collage0 humain, pour donner un sens à sa vie, doit assumer sa responsabilité quant à ces liens qui forgent notre personnalité et qui font que nous existons. « Exister » dans le sens étymologique du mot : existerer ou exsisterer composé de ex et de sisterer qui est une forme dérivée de Stare (« être debout », « être stable »). Dès la naissance l’être humain cherche à être debout et fait tout pour garder une stabilité dans tous ses actes. Cette recherche de stabilité se poursuit au quotidien et se manifeste instinctivement dans nos comportements et nos relations ; d’abord avec nous-même, ensuite avec les autres et enfin avec notre environnement.
La « Stabilité » comme chez tout un chacun, est une recherche permanente de mes personnages dans leur processus évolutif. L’être n’est pas figé et le fait de se mouvoir dans un univers instable fait qu’il est tout le temps déstabilisé par les vicissitudes de son environnement proche ou éloigné. Par le biais des liens – tantôt visibles, tantôt invisibles – les personnages de mes livres se définissent et assument leur condition humaine en revendiquant leur part d’humanité.
A travers les pages de mes livres, aucun personnage n’est exclu, aucun cadre n’est neutre, aucune nature n’est négligée. Antagonistes et protagonistes se meuvent dans un univers qui se noue et se dénoue et où chacun joue son rôle qui influence et détermine la réaction de l’autre et dessine ainsi l’environnement qui selon le lecteur est jugé comme étant hostile ou favorable à l’épanouissement.

Quels sont vos futurs projets ?
Ecrire… Ecrire tant que j’aurais la possibilité et les moyens de le faire.

A. D. je vous le souhaite de tout cœur

Pensez-vous que la passion d’écrire peut se transmettre ? Si oui, par quel biais ?
La passion d’écriture n’est pas un « témoin » que l’on se transmet comme font les athlètes coureurs de relais. C’est un besoin très intime, une tension forte et inextinguible, gisant dans le tréfonds de l’être et qui comme un magma surgit un jour des entrailles d’un volcan.
Toutefois, elle peut être stimulée par la pratique régulière de la lecture qui permet une exploration psychosociologique de soi-même et des autres.
La lecture est un moyen sûr pour mettre en place les rampes d’envol de cette passion, car chaque livre qu’on parcoure, ouvre largement les portes à un voyage permanent dans l’environnement proche ou lointain des personnages et la découverte permanente et variée de mondes insoupçonnés. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » dit-on ? Je reste persuadé que la lecture assidue est le meilleur véhicule qui conduit inéluctablement vers l’écriture.

Quels conseils pouvez-vous donner à des jeunes auteurs ?
Ne jamais se presser.
Prendre le temps de murir ses idées.
Accepter la censure et le regard des professionnels sur ce que l’on produit.
Ne jamais penser que votre écriture, votre style ou vos idées sont parfaits et à l’abri des critiques.
Rester modeste. Oui… mais le monde de l’écriture est une jungle où il n’y a aucune place à la faiblesse. Comme un fauve, ne jamais lâcher sa proie. Doucement mais sûrement allez-y sans complexe et ne fléchissez jamais devant les obstacles qui de toute façon, inévitablement se dresseront sur votre chemin.

Quels conseils me donnerez-vous pour mon blog ?
Le soleil la fille m; sambQuand vous êtes sur la bonne voie, on ne peut que vous encourager et vous dire de persévérer car ce ne sera pas facile dans un paysage médiatique aussi multiple et diversifié.
Votre réussite dépendra essentiellement de votre professionnalisme et de la qualité de vos productions. Le monde littéraire n’est pas assez investi par des blogs engagés et spécialement orientés vers le livre, la lecture et les acteurs qui tournent autour de l’écriture, de sa diffusion et de sa promotion.
La littérature africaine est florissante, magnifique et très novatrice mais elle est mal exploitée, mal connue et est l’objet de sous-estimation par des intellectuelles (surtout africains) qui ne trouvent leur inspiration que dans les classiques scolaires et les citations désuètes et centenaires, d’écrivains exotiques et inaccessibles dont ils se gargarisent pour se donner bonne conscience lors de leurs exposés et conférences.
Votre Blog, s’il est accessible à nos jeunes professeurs devrait les aider à faireécharpe jumelles connaissance avec les auteurs actuels et les pousser à la lecture car il est regrettable de le dire : beaucoup d’entre eux demandent aux élèves de lire, mais eux ne connaissent de la littérature que les anciens livres au programme scolaire qu’ils ont lus par obligation (lorsqu’ils étaient eux-mêmes élèves), pour essentiellement préparer leurs devoirs et examens.
Malheureusement cette situation perdure et je suis souvent très consterné quand je demande à un professeur de lycée de me citer le dernier livre qu’il a lu, ou de me citer les auteurs de son pays et les livres qu’ils ont produits. Je suis d’autant plus meurtri quand des élèves me disent tristement qu’ils ne se retrouvent pas dans les anciens livres qu’on leur propose au programme et qu’ils trouvent leur lecture contraignante et très rébarbative.
Votre blog devrait aider à comprendre qu’il n’y a pas mieux pour voyager et apprendre sans contrainte dans le bonheur, qu’un bon livre que l’on lit avec plaisir et délectation.

A. D. Je fais de mon mieux. C’est un énorme travail. Cependant, j’adore ce que je fais. En ce qui concerne les professeurs, mon blog est ouvert à tous. Ils peuvent donner le lien à leurs étudiants et même venir y jeter un coup d’oeil. Je les y invite avec plaisir

Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Pour aller vite, il faut aller doucement mais surement.
La réussite est au bout de l’effort, mais il faut que cet effort soit soutenu.

A. D.  Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Au plaisir de vous lire bientôt

Mamadou Samb, écrivain Sénégalais défenseur des droits des femmes – Bibliographie

Mamadou Samb est un écrivain reconnu sur le continent Africain. Il s’agit d’un écrivain pluridisciplinaire. Un touche à tout littéraire. Un écrivain prolifique qui met sa plume au service de la femme Africaine face à certaines traditions aliénantes.

1990 De pulpe et d’Orange – édition Enda-tiers monde51r0jdfPkwL._UY250_
Autobiographie d’une fille-mère, étudiante et prostituée, transposée avec tact par l’auteur, exprime à la fois les difficultés d’un certain contexte social et chez Nabou (l’héroïne), la volonté de s’en sortir, pour elle-même et pour son fils. Dans ce roman, l’auteur a su d’une longue histoire d’une vie, faire émerger l’essentiel, tout en gardant au récit, sa vérité et sa saveur.

1995 Ouly la fille de l’aveugleédition EDJA-Lettres Collection Parlure d’Afrique. leOuly la fille de l'aveugle M. Samb regard d’une jeune fille de 24 ans sur la pauvreté et l’injustice quotidienne dans une société indifférente à ces maux sociétaux

 2003 Le Soleil, la Folle et le Taureau – NEAS – un hommage à la verte Casamance et qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui, victime de la condamnation des ancêtres offensés, provoque contre son gré le malheur de son entourage. Après la mort de ses jumeaux, premières victimes de la malédiction, Néné, soutenue par son mari Gueudjine, tente de se dresser contre les forcesLe soleil la fille m; samb surnaturelles de la forêt sacrée, le couple ira jusqu’au bout de ce combat inégal.

2008 Le Regard de l’Aveugle – éditions EDISAL – Grand Prix Littéraire desle regard de l'aveugle m; samb Lycéens du Sénégal 2011. Pointant un doigt accusateur sur certaines pratiques aliénantes de nos sociétés, l’auteur dans ce roman raconte la vie d’une jeune fille victime comme sa tante de l’excision et de l’infibulation par la mutilation d’une partie intime de leur anatomie. Suit alors pour les deux femmes, mais à des moments différents, une série de déboires liés à l’injustice humaine ou aux mauvais coups du sort. C’est un roman poignant par les thèmes abordés, notamment le problème crucial des mutilations génitales, la pauvreté, les castes, la ville et ses tracas, la prostitution, les enfants abandonnés, la violence, les pertes de valeurs. Et l’auteur évoque tout cela avec un réalisme saisissant, avec un art consommé de la narration.

2011 de Pulpe et d’Orange qui a connu un grand succès est réimprimé pour la troisième fois

Le roman Le Regard de l’Aveugle a été réédité depuis juin 2013 en Tunisie par les éditions CELI avec un nouveau format et une nouvelle couverture

2014 L’écharpe des jumelles – Le 26 septembre 2002, le naufrage du Joola fait plus deécharpe jumelles 1953 morts. Parmi les victimes figure Awa Baldé, une jeune fille peulh. Awa, après avoir sacrifié son honneur pour sauver sa sœur jumelle Adama Baldé d’un scandale familial, fuyait les siens, son village et sa communauté. Réfugiée chez des bienfaiteurs à Ziguinchor, son tragique destin la rattrape et la contraint à prendre le bateau pour Dakar afin de mettre à l’abri son fils. L’histoire d’Awa et d’Adama Baldé reflète la condition féminine et le statut des jeunes filles dans les sociétés africaines. Ce roman met en perspective les comportements insidieux qui perpétuent des traditions rétrogrades, comme le mariage forcé et/ou précoce, les violences faites aux femmes et d’autres pratiques socioculturelles dégradantes.

EXTRAIT
Adama Baldé
Je m’appelle Adama Baldé. Ma ressemblance avec ma sœur jumelle était déroutante : nous étions de vraies jumelles telles que les définit la science. Nous étions comme deux gouttes d’eau, et même ma mère se trompait souvent lorsqu’elle ne faisait pas l’effort de regarder la petite cicatrice qui se trouve sur le dos de ma main gauche.
J’étais la plus turbulente et, avant la blessure qui m’avait causé cette cicatrice qui nous distingue l’une de l’autre, plusieurs fois on avait corrigé Awa à ma place et, à chaque fois, elle criait en vain qu’elle était innocente.
Je suis d’une famille peulh qui s’est sédentarisée depuis plusieurs générations dans la région de Kolda pour partager ses activités entre l’agriculture et l’élevage.
L’ethnie à laquelle appartient ma famille est la somme des traditions que mes ancêtres ont patiemment et longuement moissonnées et engrangées tout au long de leur nomadisme à travers les siècles et les contrées.
Pour garder les traditions et l’héritage des ancêtres intacts, mon père, chef coutumier, s’était retiré à une trentaine de kilomètres de la capitale régionale pour fonder un village avec ses parents et amis pour, disait-il, « fuir la société pourrie des Noirs occidentalisés qui vivent dans l’insolence et le manque de repères. » p41, 42

2015 Les larmes de la Reine – Prince Seydou, un brillant expert-comptable partage depuis plusieurs années une vie harmonieuse avec Mapenda, un homme avec qui il entretient une relation ambiguë, au-delà d’une simple amitié. Dans son désir de changer de vie, il fait la connaissance de Yacine, une jeune institutrice pour laquelle il éprouve des sentiments encore jamais ressentis. Victime d’une machination qui conduit à la mort d’un homme dans des circonstances troubles, il est mis en détention.
Son procès au lieu d’être celui d’un homme en proie à une intrigue, est le théâtre où se dévoilent les secrets qui entourent sa vie.

Pour dire la nouvelle Afrique et faire une excursion dans l’Afrique des grands empires, Mamadou Samb dépeint la probité d’un prince face à l’injustice, la vaillance d’une reine et le courage d’un peuple confrontés à l’adversité de la nature. Il explore les lois du cœur par l’attachement d’un homme à un homme, d’un homme à une femme, d’une mère à son fils et d’une reine à son peuple.

EXTRAIT
« C’était la nuit… Dans l’envoûtante et surprenante ville de Dakar, c’était une nuit comme tant d’autres nuits à la fois insipides, imprévisibles et merveilleuses, qui attendait d’être écourtée comme les autres par le chant du coq ou l’appel du muezzin pour la prière de l’aube, une nuit légèrement éclairée par un mince croissant de lune qui s’aboutait aux lueurs et lumières diffuses de la ville pour répandre sur une belle villa d’un quartier chic une atmosphère feutrée de repos, de calme et de sérénité… » C’est par cette invite sobre et concise que Mamadou Samb entame « Les larmes de la reine ».

2016 Le sang de FantaTHEÂTRE – « Le rang, le sang et l’honneur ne sont pas très souvent utilisés à bon escient dans nos sociétés africaines. Au lieu d’être des leviers susceptibles d’impulser le développement par l’acquisition ou la reconquête des valeurs morales évanescentes qu’ont eu à nous inculquer nos ancêtres, ils sont utilisés pour servir de moyens favorisant une fracture sociale béante. Le rang, le sang et l’honneur sont ainsi devenus le prétexte pour rejeter l’autre, l’avilir, le salir et le prendre de haut.

Avec cette pièce de théâtre, l’auteur a su tirer la sonnette d’alarme et nous ouvrir les yeux sur le caractère socialement dangereux et ravageur des histoires fallacieuses de castes souvent évoquées par des personnes qui ne comprennent rien au sens des valeurs et du sang. »

2017 Les contes de Ndayane – Recueil de 6 contes en 19 Thèmes.
Doudou le jeune citadin va passer les vacances avec son grand-père à Ndayane, le village natal de ses parents. Tous les soirs, en compagnie des autres enfants du village, il va écouter les merveilleux contes de Grand-père Badara. Pour l’auteur, ce recueil composé de 6 contes en 19 Thèmes, vient nourrir notre imaginaire et veut être trois choses à la fois : un jeu, une école d’éducation et de formation, un centre d’apprentissage de l’art de la parole. On retrouve dans chaque conte sa double fonction : celle de divertir et celle d’instruire. Il est accompagné d’une note de lecture pédagogique qui donne des orientations didactiques pour une bonne appropriation des contes.

LIVRES SCOLAIRES Monsieur Samb est co-auteur de plusieurs livres scolaires « LES P’TITS LIONS » publiés aux Editions Hatier :
- Cahier de communication maternelle GS 5/6 ans.
- Cahier de graphisme maternelle MS 4/5 ans.
– Cahier d’éveil scientifique MAT MS 4/5.
- Cahier éducation civique et environnementale G
DISTINCTIONS
– Grand Prix des Lycéens du Sénégal 2011
– Prix Sembène Ousmane du Roman 2017
– Chevalier de l’Ordre National du Lion du Sénégal 2002
– Officier de l’Ordre du Mérite du Sénégal 2011

 

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur. Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20
9782414207633 Ed. Edilivre 120 p. 12€